La Flûte enchantée à Salzbourg 2018

MOZART : The New complete Edition 225RADIO. BR Klassik, le 27 juil 2018, 19h. MOZART : La FLÜTE ENCHANTÉE. En direct de Salzbourg. Ce pourrait bien être la production phare de cet été à Salzbourg : La Flûte enchantée de Mozart, éternel et inusable conte lyrique dont la féerie et la hauteur morale touchent toujours avec autant de puissance comme de finesse. Mozart ne laisse pas seulement un opéra maçonnique (qui commence dans les ténèbres de l’ignorance : l’empire de la Reine de la Nuit ; puis porte inéluctablement vers son final lumineux, éblouissant, à mesure que la vérité du temple et la noblesse d’âme de Sarastro se dévoilent…), pénétré par l’esprit et les valeurs des Lumières (sagesse, discrétion, mesure, loyauté), un opéra en langue allemande noblement populaire, un sommet d’écriture, autant virtuose que d’une sincérité désarmante, c’est aussi surtout un nouvel ouvrage où le compositeur lui-même très fin analyste du coeur et de l’âme humaine, exprime les sentiments humains avec une poésie désarmante. En cela l’acte II (car le I est un cadre où s’exposent les protagonistes comme s’ils se présentaient au spectateur), est le plus passionnant. Tous les registres de ce drame à clés, rituel d’initiation, conquête par Tamino des valeurs morales qui le conduisent au coeur de sa promise Pamina, facétie et drôlerie du personnage de l’oiseleur Papageno (double prosaïque du prince Tamino)… Au delà des situations, c’est bien l’ordre du monde et de la société qui se précisent, à travers la lutte du bien contre le mal (Reine de la nuit contre le gardien du Temple, Sarastro)… présence protectrice des 3 garçons, guides de Tamino et Papageno dans leur cheminement formateur / provocations masquées des 3 dames (créatures instruites par la Reine de la Nuit pour manipuler, séduire, tromper…). De sorte qu’ici règne le monde des illusions face auxquelles Mozart et le librettiste (et directeur de théâtre) Shikaneder (lequel jouait aussi à la création à Vienne en 1791, le rôle de Papageno, si proche du peuple), inventent un nouvel opéra et dévoilent les vertus du discernement et de la culture. Mêmes trompés par la Reine de la Nuit et ses dames, le prince Tamino disitngue le vrai du faux, détecte la sincérité sous le masque de la flagornerie… Les apparences trompent ; jamais la réalité de l’âme. Il ne faut pas se tromper sur ses vrais amis. Si tant est que nous soyons capable comme Tamino (initié par Sarastro) de les identifier en démasquant les escrocs déguisés.
Parmi les temps forts et les scènes essentielles de l’acte II, ne pas manquer en particulier ces 3 tableaux éblouissants par leur force poétique et émotionnelle:

 

 

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1- SAGESSE et PROTECTION DE SARASTRO… Dans l’acte II, les masques tombent. La Reine de la nuit qui soignent chacune de ses apparitions à Tamino, feignant de le mener vers l’amour (de sa fille Pamina dont le jeune homme est tombé amoureux), dévoile son âme noire et manipulatrice. C’est Sarastro qui en une marche d’introduction à l’acte, expose ses projets : il fera triompher l’amour naissant entre Pamino et Tamina pour éradiquer le Mal tenace (La Reine de la Nuit) : son grand air, claire référence à la sagesse de l’Egypte ancienne (O Isis und Osiris) exprime cette vision lumineuse où l’Amour sincère sort vainqueur.

 

 

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2- PAMINA TORTURÉE… Alors que Tamino sait contrer chaque menace et séduction des 3 Dames (qui n’hésitent pas à parler de Sarastro comme d’un diable), l’infâme geôlier Monostatos qui détient prisonnière la pauvre Pamina, tente de la séduire et de la violenter (air : Alles Fühlt der Liebe Freuden) : violence faite aux femmes, la scène est une torture pour la jeune femme, manipuler par sa mère qui lui enjoint aussi de poignarder Sarastro (air : Der Hölle Rache). Mais le sort de Pamina n’est pas fini : elle croise Tamino alors en plein voeu de silence, et s’oppose au mutisme de son promis. Abandonnée, trahie, Pamina songe à la mort dans l’air le plus bouleversant de l’opéra : Ach, ich fühl’s.

 

 

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3- AMOUR VAINQUEUR… le rituel initiateur s’achève pour Tamino qui doit prouver sa valeur morale. Deux hommes d’armes le conduisent vers son ultime épreuve pour laquelle il a souhaité que Pamina soit à ses côtés (Tamino mein!). Contre tempêtes et catastrophes, agressions et obstacles en tout genre, le couple uni protégé par la flûte enchantée, traverse sain et sauf les périples. La musique maçonnique, au moyen de l’orchestre et du choeur affirme ici l’inspiration la plus éloquente de Mozart qui construit ensuite un final éblouissant (comme les oratorios de Haydn, La Création et Les Saisons), dont l’éclat chasse les ténèbres (Reine de la nuit, dames, Monostatos sont engloutis) : l’amour et la valeur triomphent.

La nouvelle production présentée au Festival de Salzbourg devrait séduire, comptant un chef réputé pour son sens du détail ; mais aussi un plateau vocal dominé par le Sarastro de Mathias Goerne…

 

 

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RADIO, BR KLASSIK en direct du Festival de Salzbourg
Vendredi 27 juillet 2018, 19h
https://www.br-klassik.de/programm/radio/ausstrahlung-1461938.html

Distribution :

Sarastro – Matthias Goerne
Tamino – Mauro Peter
Königin der Nacht – Albina Shagimuratova
Pamina – Christiane Karg
Papageno – Adam Plachetka
Papagena – Maria Nazarova

Erzähler: Klaus Maria Brandauer

Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
Wiener Philharmoniker
Direction : Constantinos Carydis
Mise en scène / régie : Lydia Steier

TELE. ARTE, diffuse de son côté la production de Salzbourg, en direct aussi, images en sus, le samedi 4 août 2018, à partir de 20h45.

 

 

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