Ivan Fedele à Présences 2016

Fedele foto-Masotti-FEDELE-due_bra_1_180x180Ivan Fedele (né en 1953). Formé dès 10 ans au Conservatoire de Milan comme Luca Francesconi, Ivan Fedele, doué pour le piano, suit aussi l’enseignement d’Azio Corghi et de Franco Donatoni. Corghi le mène au bout du chemin de l’écriture, lui révélant “tout les secrets du répertoire”. A Paris dans les années 80 pour étudier à l’Ircam, Fedele intègre très vite la technologie dans son travail de compositeur ; il découvre la musique spectrale. La relation au Festival Présences se concrétise rapidemment avec la commande successive d’un Concerto pour piano puis pour violoncelle, respectivement pour les éditions de 1994 et 1997.

Concerts Présences 2016. Les 11, 12 et 13 février 2016 seront jouées plusieurs partitions d’Ivan Fedele : le 11 février (Orchestre national d’île de France : Times like that), puis surtout (création française) respectivement : Lexikon II par le Philharmonique de Radio France, le 12 février ; puis ce sont deux oeuvres, Palimpsest et Moroloja kè erotika (également en création française), le samedi 13 février (Studio 104, 17h) par le Quatuor Prometeo. Enfin, Syntax, même jour, même lieu à 20h (par le Philharmonique de Radio France).

Le panthéon de Fedele comprend Stravinsky, Webern (il a la révélation en écoutant les Variations opus 27 en 1965 à 27 ans), mais aussi Domenico Scarlatti, Beethoven et Bartok, les français Boulez et Grisey, sans omettre, le maître du chromatisme exacerbé, Gesualdo pour lequel il finit d’écrire un quatuor – hommage.

L’engagement d’Ivan Fedele se réalise dans l’enseignement (selon la discipline que lui a inculqué Donatoni), c’est une éthique qui prolonge et complète son activité de compositeur. Et c’est un vrai bonheur pour le pédagogue de voir que ses élèves sont programmés comme lui à Présences 2016 : Marco Momi, Lara Morciano, Stefano Bulfon, Sébastien Rivas, Pasquale Corrado… Francesconi aurait pu faire sienne sa devise ” ma liberté, au bout du compte, est la valeur qui m’engage le plus au sein de la société”… et de rajouter, d’une indépendance triomphale : “l’œuvre personnelle d’abord ; la commande, c’est ce qui arrive après”. Pour autant, l’homme libre définit sa culture propre par un enracinement selon ses rencontres, ses voyages et  sa propre sensibilité ; Ivan Fedele définit la musique italienne par son articulation, la couleur, la clarté de l’harmonie et aussi… “le jeu imprévisible”, car “le contrepoint n’est pas que flamand, voyez Palestrina!”.

Ivan Fedele avoue l’influence sur son écriture  de Donatoni et Berio, Messaien et les Spectraux ; il veille à prendre de la distance avec les contemporains germaniques qui cultivent à outrance et de façon systématique l’esthétique du son bruité.

Les citations et extraits des propos recueillis proviennent d’un entretien du compositeur avec Christian Wasselin publié dans le dossier de presse du Festival Présences 2016.

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