FESTIVAL CLASSICOFOLIES 2018. ENTRETIEN avec Caterina Marcel, Présidente de l’Association Music’ARTE

CLASSICOFOLIES-2018-festival-mars-2018-vignetteFESTIVAL CLASSICOFOLIES 2018. ENTRETIEN avec Caterina Marcel, Présidente de l’Association Music’ARTE qui organise chaque année le festival CLASSICoFOLIES, dans plusieurs villes du Lot et de l’Aveyon. Là, en marge des salles de concerts des grands centres urbains, le festival invite orchestres et solistes renommés, et offre aux scolaires, et au grand public, – souvent à tous ceux pour qui le classique est un genre élitiste et inaccessible, l’immersion inoubliable dans le bain orchestral et instrumental. Effacer les barrières sociales, favoriser le plus grand partage possible, croiser les disciplines et le profil des artistes, élargir toujours l’expérience du concert classique à tous… sont quelques uns des défis du Festival CLASSICoFOLIES et de l’association Music’ARTE qui en porte chaque année le fonctionnement et l’organisation. Entretien exclusif pour mieux comprendre les enjeux d’un événement crucial hors des métropoles et des grands équipements culturels…

 

 

 

LE CLASSIQUE POUR TOUS, HORS DES GRANDES VILLES…

 

 

 

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CLASSIQUENEWS : Comment se déroule le festival ? Pour quels publics?

CATERINA MARCEL : Le festival CLASSICoFOLIES se déroule dans des villes chargées d’Histoire. Pour chacune d’entres elles, un lieu est mis en valeur par les clips vidéo du festival et par la présence des artistes qui visitent les lieux ou réalisent un petit Showcase promotionnel. Pour le viaduc de Millau, les artistes arrivent dans des voitures anciennes sur le lieu. Lieux et sites investis ainsi par le festival CLASSICoFOLIES 2018 :
- Rodez (concerts le 15 mars à l’Amphithéâtre ; nous investirons probablement la cathédrale l’année prochaine),

- Millau et le Viaduc (concerts le 16 mars, Théâtre de la Maison du Peuple),
- Figeac : probable animation et accueil sur la Place de L’Ecriture (concert à l’Espace François Mitterrand le 17 mai),
- Cahors et le Pont Valentré : apéritif et accueil de la Camerata Fiorentina avec au piano, Marina Di Giorno, notre directrice artistique (concerts à l’Espace Valentré le 18 mai),
- Enfin Séverac D’Aveyron :  accueil du jeune public, au château en fin de matinée (s’il fait beau) pour les ateliers pédagogiques en plein air avec le chef Claude Roubichou et Marina Di Giorno, au piano (concerts le 1er juin 2018).

Nous veillons aussi particulièrement à l’accessibilité de nos événements, grâce à une politique de prix très attractive. Nos tarifs sont très préférentiels, de 5 à 30 euros maximum et pour tout public, du CP aux Terminales dans l’après-midi ; et en soirée tout public (tarifs : 20-25 ou 30 euros) ; pour les étudiants, tarif spécial à 8 ou 10 euros pour les concerts du soir.

 

 

 

 

CC : Quels sont les critères artistiques qui assurent à la programmation sa cohérence et sa singularité ?

CM : Le concept de la programmation est toujours original et sort des sentiers battus. Elle est en majeure partie symphonique et concertante (donc avec des orchestres) mais pas seulement puisqu’ il y a également des récitals et de la musique de chambre. En ce qui concerne l’élaboration des programmes, il y a toujours un concerto pour clavier et un concerto ou autre pièce avec un autre instrument « vedette » (donc plusieurs solistes) qui est mis en exergue notamment pour le programme scolaire.
Cette année, c’est le cas ainsi avec le Concerto de Ravel en sol (piano), avec dans le Danzon n° 2 de Marquez (où les percussions sont à l’honneur avec le piano) ; et aussi à Séverac (1er juin), ou aux côtés du même Danzon n°2, nous programmons le Concerto de Chostakovitch concerto n° 1 opus 35… pour piano, trompette et orchestre.

classicofoliesLe programme musical  du soir (20h30) offre un prélude de 30 minutes  (conçu comme une sorte d’Ouverture des ClASSICOFOLIES 2018), à des artistes appartenant à plusieurs domaines. Cette année, la comédienne humoriste Sarah Pébereau assure la première partie, dans l’esprit du croisement des arts ; puis pour le concert du 1er juin, – ultime concert de l’édition 2018, nous organisons un final avec les jeunes talents chanteurs parrainés par Music’Arte. C’est une journée Marathon Musical, en plusieurs étapes et un véritable défi pour sensibiliser et faire en sorte que les générations et les goûts les plus variés se croisent ; c’est une expérience grand public qui permet à de nombreuses personnes qui n’avaient jamais assisté à des concerts de musique classique, de découvrir un répertoire et vice versa. Le choix des orchestres de réputation internationale, l’exigence du grand répertoire, diverses créations en perspective pour étoffer encore notre programmation, et peut-être pour l’avenir le plaisir de rajouter des compositeurs de notre temps pour provoquer des rencontres à tous les niveaux, visent toujours l’excellence. Il faut être conscient que la musique classique sortie des grands centres culturels, est totalement inconnue voire vécue comme inaccessible intellectuellement par une majorité de personnes.
Un travail énorme, titanesque qui est l’idéal, poursuivi par notre association Music’Arte, est mis en place depuis 5 ans pour tenter de séduire un public de prosélytes.
Nous défendons le concept d’une programmation originale et singulière pour sortir le Classique de son austérité habituelle, grâce à un plateau d’artistes où le croisement des arts permet d’aborder le CLASSIQUE (qui reste la partie la plus importante de la soirée) dans un contexte plus ludique. Illustration : portrait ci dessus : la pianiste Marina di Giorno (directrice artistique des CLASSICoFOLIES).

 

 

 

 

CNC : Quels sont les 2/3 temps forts de l’édition 2018 (ceux en particulier, emblématiques de votre ligne artistique) ?

CM : Tous les concerts sont majeurs. Les 5 dates sont les plus emblématiques de notre ligne de conduite. Puisque ces 5 dates regroupent tout le festival intergénérationnel de l’après-midi (2 sessions à 14h, puis 15h30).

 

 

 

 

CNC : Quelle est l’expérience que vit le festivalier à chaque édition ?
En particulier, quelle expérience vit chaque jeune au sein du festival ?

CM : Le festivalier (résidant dans les villes où se déroule le festival) découvre un répertoire musical peu fréquemment diffusé. Pour beaucoup, les spectateurs entendent pour la première fois, le répertoire classique… un monde qui ne leur parlait absolument pas ; beaucoup en ressortent surpris et enchantés. Heureusement il y a aussi les groupes qui s’intéressent à la musique où qui ont la volonté et la curiosité de découvrir.
Certaines villes sont plus ouvertes à la programmation classique mais ce n’est pas la majorité et nous remarquons que c’est toujours le même public (cadres). Or Music’Arte oeuvre pour la démocratisation de la musique classique : nous cherchons à sensibiliser les couches sociales les plus défavorisées.
Quant aux jeunes, ils vivent un moment unique et suspendu lors de ce grand rassemblement fraternel autour de la musique classique.

Nos objectifs sont  :
1) susciter des passions,
2) surtout habituer et former l’oreille à l’écoute et à la découverte d’émotions… Un enfant interviewé par France 3 a dit :  « je ne connaissais pas cette musique mais elle a touché mon coeur »,
3) diffuser la culture musicale (chaque participant travaille les programmes en amont et lors de notre intervention avec les ateliers ),
4) former un nouveau public de mélomanes ; permettre à toutes les couches sociales, la découverte de ce grand patrimoine musical qui reste disons le clairement, une affaire d’élite. Il fallait s’attaquer à cette grande pyramide sociale et commencer là où réside l’éducation pour tous : l’école. Music’Arte et sa directrice artistique, fondatrice de ces projets uniques avec les CLASSICoFOLIES, lancent un grand défi d’autant que Music’Arte est une association à but non lucratif.

 

 

 

 

Propos recueillis en mars 2018.

 

 

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LIRE AUSSI notre présentation générale du Festival CLASSICoFOLIES 2018, en Occitanie, du 15 mars au 1er juin 2018 

 

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