Edouard Lalo : La Jacquerie, 1895

castronovo-cahrles-carre-582logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, vendredi 24 juillet 2015, 20h. Edouard Lalo : La Jacquerie, 1895. Fiesque de 1868 fut un Ă©chec, Le Roi d’Ys (1888), le fruit d’une genèse difficile… sur le chemin lyrique, Edouard Lalo collectionna les avatars comme les jalons d’une suite maudite : La Jacquerie crĂ©Ă© en 1895 ne dĂ©roge pas Ă  la règle. Ce fut mĂŞme son ultime malĂ©diction. Le compositeur dĂ©cède pendant la composition en 1892. Et Ă  partir du schĂ©ma global et de l’orchestration quasi achevĂ©e du premier acte, le très wagnĂ©rien Arthur Coquard dĂ©cide de terminer le dernier opĂ©ra de Lalo. Sans la main complète de son concepteur, l’ouvrage ressucite Ă  Montpellier dans l’assemblage post mortem signĂ© de Coquard : en rĂ©sultent 4 actes de 20 mn chacun avec des effets propres au grand opĂ©ra romantiques hĂ©ritĂ© de Meyerbeer (scènes spectaculaires tels ballets et choeurs d’envergure), vocalitĂ© verdienne (baryton et mezzo) et wagnĂ©rienne (tĂ©nor et soprano) mĂŞlĂ©es. Pour autant la première main de Lalo, la reprise de Coquard, en dĂ©pit des effets ambitieux de l’ensemble… font-ils un bon opĂ©ra ? Dramatiquement tendu, psychologiquement profond voire juste ? Et l’Ă©tat fragmentaire laissĂ© par Lalo ne fait-il pas malgrĂ© tout une action composite dĂ©sĂ©quilibrĂ©e ? IntensĂ©ment dramatique, plus tragique que sentimentale, l’oeuvre vit Ă  Montpellier une nouvelle chance… La partition est crĂ©Ă©e Ă  Monte-Carlo, le 9 mars 1895, puis Ă  l’OpĂ©ra-Comique le 23 dĂ©cembre suivant. A dĂ©couvrir sur France Musique, le 24 juillet 2015 Ă  partir de 20h. 
La distribution regroupe la Blanche de VĂ©ronique Gens, et deux chanteurs dĂ©jĂ  sollicitĂ©s in loco pour une prĂ©cĂ©dente rĂ©surrection : ThĂ©rèse de Massenet-, Nora Gubisch et l’excellent Charles Castronovo (dans le rĂ´le du hĂ©ros Robert, cĹ“ur vaillant, amoureux de Blanche). Souhaitons que tous dĂ©fendent avec ardeur, une composante clĂ© de l’opĂ©ra français : l’intelligibilitĂ©. Le tĂ©nor Castronovo jamais en mal d’intensitĂ©, sait pour sa part allier Ă©nergie et articulation… C’est l’argument majeur de cette recrĂ©ation attendue Ă  Montpellier.

EDOUARD LALO (1823-1892) : LA JACQUERIE (1895)
En direct du Corum / Opéra de Montpellier
Opéra en 4 actes achevé par Arthur Coquard (1846-1910)
Livret Édouard Blau et Simone Arnaud – Version concert

Orchestre Philharmonique de Radio France
Chœur de Radio France
Patrick Davin direction
Chef de chœur Michel Tranchant
Chef de chant Brigitte Clair
VĂ©ronique Gens soprano : Blanche de Sainte-Croix
Nora Gubisch mezzo-soprano : Jeanne
Charles Castronovo ténor : Robert
Boris Pinkhasovich baryton : Guillaume
Christophoros Stamboglis baryton-basse : Le Comte de Sainte-Croix
Patrick Bolleire basse : Le Sénéchal
Enguerrand de Hys ténor : Le Baron de Savigny

 

 

Synopsis
 


Acte I : la dot, objet de la révolte. 
France, milieu du XIVè. Près de Beauvais, dans son château féodal, le comte de Sainte-Croix prépare le mariage de sa fille Blanche avec le baron de Savigny. Le seigneur impose à ses serfs de fournir la dot : les paysans sont exaspérés et menés par Guillaume et venu de Paris, Robert, pensent à la révolte.
Acte II : Robert, meneur des rĂ©voltĂ©s. 
Dans les bois, les paysans jurent de mettre fin au servage en se rĂ©voltant contre le comte : se distinguent deux tempĂ©raments : le brutal Guillaume (“Ă  mort!”), le plus raisonnĂ© et juste Robert (“justice!”). Robert contre l’avis de sa mère Jeanne, est nommĂ© chef de la Jacquerie.
Acte III : l’assassinat du comte. 
Au château du comte de Sainte-Croix, les “Jacques” rĂ©voltĂ©s surgissent avec fracas pendant la fĂŞte de fiançailles de Blanche.  Le comte rĂ©pond avec mĂ©pris : il est assassinĂ©. Robert sauve de justesse la vie de Blanche, qui l’avait sauvĂ© Ă  Paris lors d’une Ă©meute. 



Acte IV : la rĂ©pression et la mort de Robert. 
Dans une chapelle en ruines, au milieu de la forĂŞt, Les Jacques sont pourchassĂ©s par la troupe des Seigneurs fĂ©dĂ©rĂ©s. Robert retrouve Blanche et lui avoue son amour mais Guillaume accuse le jeune homme de trahison : il souhaite Ă  tout prix sauver la fille du comte. Les Seigneurs surgissent mais Guillaume poignarde Robert, laissant seule Blanche qui se retire au couvent.