DVD, coffret événement, compte rendu critique. BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS : Bausch, Keersmaeker, Robbins… (3 dvd Bel Air classiques)

dvd pina bausch keersmaker robbins millepied dvd ballet opera paris critique ballet review dvd par classiquenews bac614-digistack-3-bd-3d-operadeparis-e1506953768478DVD, coffret événement, compte rendu critique. BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS : Bausch, Keersmaeker, Robbins… 3 dvd Bel Air classiques. Le coffret édité par Bel Air reprend quelques uns des meilleurs titres précédents, dans son catalogue dédié au Ballet. Si le Ballet de l’Opéra de Paris, cultive une spécialisation historique dans l’interprétation raffiné, millimétrée pour le grand répertoire, le contenu du coffret indique à l’inverse, et de façon complémentaire, sa réussite égale dans la danse contemporaine. Les 3 programmes ainsi distingués par la réédition souligne l’apport majeur dans l’histoire de la compagnie parisienne, des écritures modernes de Pina Bausch, Anne Teresa de Keersmaeker, Robbins et le fugace Millepied.

CLIC_macaron_2014Ainsi on ne saurait trop célébrer l’accomplissement dans le métier des danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris, que représentent Orphée et Eurydice de Pina Bausch, Rain d’Anne Teresa de Keersmaeker, et un “Hommage à Jerome Robbins”, dix ans après sa disparition. Alors donnés au Palais Garnier, « temple de la danse classique » : les 3 sommets chorégraphiques incarnent un âge d’or du Ballet français dans l’interprétation de la danse moderne et contemporaine.

L’ORPHÉE DE PINA… A la fois onirique et tragique, le chef d’œuvre de Pina Bausch, Orphée et Eurydice (d’après l’Opéra de Gluck créé pour Paris – filmé en février 2008) symbolise le mieux le génie de la chorégraphe allemande décédée en juin 2009. Pina réalise une manière d’opéra dansé (« tanzopera ») : par le corps et ses convulsions et vertiges sublimés, la chorégraphe exprime l’impuissance et la souffrance du poète dépassé par le sentiment amoureux qui l’inspire et le détruit dans le même temps. En offrant aux personnages chantés, une enveloppe corporelle saisissante par sa fragilité dévoilée, – réalisant ainsi et leur ‘moi chantant’ et leur ‘moi dansant’-, Bausch rétablit la puissance humaine et tragique de l’opéra classique du Chevalier Gluck, lui-même porteur d’une révolution lyrique à son époque. Tout en sublimant le chant corporel des figures de l’opéra de 1774, Pina Bausch décrit ce qui relie le corps à la terre, son attache terrestre qui scelle son inéluctable fragilité… le sublime et l’humain se réconclie dans un spectacle déchirant de vérité et de poésie.

RAIN. D’après la partition majeure de Steve Reich, Music for Eighteen Musicians (1976), Rain renouvelle l’exactitude quasi mathématique de la danse dont la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker déduit surtout une polyphonie personnelle, « mikado coloré », « trajectoires infinies des danseurs »… dans l’enchevêtrement scénographié des corps, la conceptrice exprime le sublime de l’individuel et du collectif. « L’unité et la démultiplication » orchestrent une symphonie du mouvement incarné, qui relie aussi ses propres oeuvres en un cycle d’autocitations qui par exemple reconnecte Rain avec Drumming (1998), de Steve Reich ; mais aussi In Real Time (2000), œuvre théâtrale inspirée du roman Rain de Kirsty Gunn, – évocation allusive du sauvetage par une jeune femme de son petit frère noyé. Tout le travail de la chorégraphe s’inscrit dans un balancement entre déconstruction critique et reconstruction abstraite. Toujours se définit, s’identifie le langage corporel dans cette quête où la transformation et la métamorphose pilotent le flux chorégraphique. Un must absolu pour comprendre et saisir dans sa violence créative le geste de la chorégraphe contemporaine.

HOMMAGE À JEROME ROBBINS
Dix ans après sa disparition en juillet 1998, le Ballet de l’Opéra rendait hommage à Jerome Robbins en 2008. Après le New York City Ballet, Robbins a travaillé comme « sa seconde maison », avec l’Opéra de Paris : Paris / New York, l’équation désigne un sommet de l’élégance transtlantique où rayonne la lisibilité absolue des figures, l’angle acrobatique et fluide des silhouettes, à la fois, nerveuses, expressives, toujours hautement décoratives voire sophistiquées. A travers cette quête du Beau, Robbins régénère la danse classique à l’aune des rythmes urbains, ceux du XXè, dont il fait une transe raffinée, faussement décorative et abstraite.
En Sol, chorégraphié pour 2 solistes et un groupe de danseurs, sur le Concerto en sol de Maurice Ravel, rétablit la relation de la partition ravélienne avec ses origines américaines, style jazzy évidemment, mais aussi insouciance superélégante de Broadway ;
In The Night et The Concert rendent hommage à Frédéric Chopin : Robbins interroge la matière et la direction même des Nocturnes, dont il déduit d’éblouissants pas de deux, comme métaphores de l’amour, labyrinthes et ivresses enchantées. Autodérision et décalage, The Concert revisite sur le mode comique, le déroulement d’un récital de piano, avec ses péripéties incongrues, humoristiques, nouveau miroir et incursion très personnelle, de l’élégance Robbins revisitant la scène burlesque, dans l’esprit de la comédie musicale américaine. Cette facilité à croiser les styles pour que naisse sa propre odyssée poétique, souligne dans le même sens, la réussite de ses ballets pour West Side Story de Bernstein.

Fils spirituel autoproclamé, le chorégraphe et très fugace directeur de la danse de l’Opéra parisien, Benjamin Millepied, – qui fit ses débuts auprès de Jerome Robbins à New York –, lui dédie sa seconde création à Paris, « Triade ». Le chorégraphe moderne revisite avec la complicité du compositeur Nico Muhly, parfois de façon trop systématique, la notion de relation et de tissu humain. sans atteindre à la fluidité proche de la grâce de son modèle new yorkais, Millepied incarne aujourd’hui, bon an mal an, l’héritage actuel du Robbins, chorégraphe et poéte de la société humaine.

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DVD, coffret événement. BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS : Bausch, Keersmaeker, Robbins… 3 dvd Bel Air classiques – CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2017 – cadeau idéal pour les fêtes de Noël 2017.

COFFRET BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS [DVD & BLU-RAY]

ORPHÉE ET EURYDICE
 / Musique : Christoph Willibald Gluck (1714-1787)
Chorégraphie et mise en scène : Pina Bausch
Décors, costumes et lumières : Rolf Borzik
Orpheus Yann Bridard (danseur) • Maria Riccarda Wesseling (mezzo-soprano)
Eurydike Marie-Agnès Gillot (danseuse) • Julia Kleiter (soprano)
Amor Miteki Kudo (danseuse) • Sunhae Im (soprano)
Balthasar-Neumann Chor & Ensemble
Direction musicale : Thomas Hengelbrock
Réalisation : Vincent Bataillon

RAIN
 / Musique : Steve Reich (1936*) | Music for Eighteen Musicians
Chorégraphie : Anne Teresa de Keersmaeker
Décors et lumières : Jan Versweyveld
Costumes : Dries Van Noten
Avec Valentine Colasante • Muriel Zusperreguy
Christelle Granier • Sae Eun Park
Léonore Baulac • Amélie Lamoureux
Laura Bachmann • Vincent Chaillet
Nicolas Paul • Daniel Stokes
Ensemble Ictus
Synergy Vocals
Direction musicale : Georges-Elie Octors
Réalisation : Louise Narboni

HOMMAGE À JEROME ROBBINS :

En Sol
 / Musique Maurice Ravel
Chorégraphie Jerome Robbins
Avec Marie-Agnès Gillot danseuse étoile
Florian Magnenet

Triade – Première mondiale
Musique : Nico Muhly (commande de l’Opéra national de Paris)
Chorégraphie et costumes Benjamin Millepied
Avec Marie-Agnès Gillot danseuse étoile
Laëtitia Pujol danseuse étoile
Audric Bezard
Marc Moreau

In the Night
Musique Frédéric Chopin
Chorégraphie Jerome Robbins
Avec Clairemarie Osta danseuse étoile
Benjamin Pech danseur étoile
Agnès Letestu danseuse étoile
Stéphane Bullion premier danseur
Delphine Moussin danseuse étoile
Nicolas Le Riche danseur étoile

The Concert
Musique Frédéric Chopin
Chorégraphie Jerome Robbins
Avec Dorothée Gilbert danseuse étoile
Stéphane Phavorin premier danseur
Alessio Carbone premier danseur
Emmanuel Thibault premier danseur
Orchestre de l’Opéra national de Paris
Direction musicale Koen Kessels
Réalisation : Vincent Bataillon

FICHE TECHNIQUE
Enregistrement HD : Palais Garnier (Opéra de Paris) | 2008 (Orphée et Eurydice | Hommage à Jerome Robbins) • 2014 (Rain)
Date de parution : 10 novembre 2017
Distribution : Outhere Distribution France

3 DVD [DIGISTACK]
Référence : BAC613
Code-barre : 3760115306134
Durée : 289 min.
Orphée et Eurydice : 104 min.
Rain : 74 min.
Hommage à Jerome Robbins : 111 min.
Image : Couleur, 16/9, NTSC
Son : PCM 2.0, Dolby Digital 5.1
Code région : 0

3 BLU-RAY [DIGISTACK]
Référence : BAC612
Code-barre : 3760115306141
Durée : 289 min.
Orphée et Eurydice : 104 min.
Rain : 74 min.
Hommage à Jerome Robbins : 111 min.
Image : Couleur, 16/9, Full HD
Son : PCM 2.0, DTS HD Master audio 5.1
Code région : A, B, C

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