Compte-rendu, concert. Toulouse, le 5 mars 2018. Glazounov. Chostakovitch. Repin, Orch Nat Capitole / Sokhiev.

repin_vadim violon russe par classiquenewsCompte-rendu, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 5 mars 2018. Glazounov. Chostakovitch. Vadim Repin, violon ; Orchestre National du Capitole de Toulouse. Direction, Tugan Sokhiev. Il y a dans l’entrĂ©e en scĂšne de Vadim Repin et Tugan Sokhiev quelque chose de princier chez les deux musiciens, le premier plus lointain, le second trĂšs ouvert Ă  la communication. Avec le Concerto de Glazounov, Vadim Repin domine sans aucune hĂ©sitation dĂšs ses premiĂšres notes, une partition fleuve ouvrant le romantisme et les thĂšmes d’allure populaire vers la musique de film dans une hybridation complexe toujours trĂšs sĂ©duisante. L’orchestration est riche, les nuances sont subtiles. Les mouvements s’enchaĂźnent sans rupture de continuitĂ©. La cadence est intĂ©grĂ©e avec beaucoup de naturel et rĂ©alisĂ©e Ă  la perfection. Vadim Repin semble vivre la musique dans le mĂȘme souffle que Tugan Sokhiev ; le soliste Ă©coute avec attention les musiciens de l’orchestre, les moments chambristes ont la souplesse attendue. Pourtant, il y a dans le jeu de Vadim Repin comme une distance, une retenue singuliĂšre. Oui, comme un prince superbe qui se sentirait un peu seul. En bis l’orchestre et le soliste ont prĂ©parĂ© un grand solo du Ballet Raymonda, toujours de Glazounov. Un peu plus de chaleur anime le jeu du soliste, quand la direction de Tugan Sokhiev se fait plus sentimentale dans cette page romantique.

 

 

 

Vadim Repin et Tugan Sokhiev, princes de la musique

 

 

SOKHIEV-maestro-chef-toulouse-capitole-presentation-critique-par-classiquenews-sokhiev_c_marc_brennerEn deuxiĂšme partie de concert, poursuivant son intĂ©grale des symphonies de Chostakovitch, Tugan Sokhiev et l’Orchestre du Capitole semblent dĂ©coller vers les cimes. La symphonie n°12, est une oeuvre de commande du rĂ©gime soviĂ©tique Ă  la gloire de LĂ©nine, est empreinte de grandeur, avec une science de l’écriture confondante, mais il a une sorte d’ironie secrĂšte qui sourde par moments. Tugan Sokhiev sait Ă  ravir doser dans une grandeur spectaculaire des pointes de distanciation ironique. Les musiciens de l’orchestre sont tous admirables de couleurs, de timbres, de prĂ©cision. On ne peut rĂȘver orchestre plus Ă  l’aise dans la musique de Chostakovitch hors de Russie. Le travail rĂ©gulier avec Tugan Sokhiev permet une sorte de familiaritĂ© et d’évidence qui fait merveille dans cette musique trĂšs construite. La plus grande complexitĂ© est ici pure beautĂ© et le public est subjuguĂ© ; il rĂ©serve un triomphe au chef et Ă  l’orchestre. Mais il n’y aura pas de bis aprĂšs ce triomphe car tous doivent s’envoler pour Paris oĂč le lendemain soir le mĂȘme concert enflammera la grande salle de la Philharmonie. DiffusĂ© depuis sur le net, le concert a Ă©tĂ© retransmis en direct et peut se visionner : nos impressions toulousaines se confirment. Sokhiev et Repin sont deux princes. Et en raison de la taille de la salle et de son acoustique si belle, les nuances de l’orchestre dans la symphonie de Chostakovitch semblent dĂ©cuplĂ©es Ă  la Philharmonie de Paris. Et deux bis magnifiques rĂ©compensent l’enthousiasme du public parisien.
Nous retrouverons l’Orchestre du Capitole pour Carmen dans la fosse du Capitole et en concert Ă  la Halle-aux-Grains, Ă  la fin du mois, aprĂšs leur tournĂ©e au Japon en ce mois de mars 2018.

 

 

 

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Compte-rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 5 mars 2018. Alexandre Glazounov (1865-1936) : Concerto pour violon et orchestre op. 82 ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 12 « L’AnnĂ©e 1917 », op.112 ; Vadim Repin, violon ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Direction, Tugan Sokhiev. Illustration : © Marc Brenner

 

 

 

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