COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE. Halle-aux-Grains,le 8 fév 2019. Brahms, Schumann. Capitole de Toulouse / Ch Zacharias.

christian_zacharias_328COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE. Halle-aux-Grains, le 8 février 2019.  Brahms.Schumann. Choeur du Capitole. Orchestre  du Capitole de Toulouse. Christian Zacharias. Les retrouvailles de Christian Zacharias et de l’Orchestre du Capitole, ce soir avec le Choeur du Capitole, sont marquées par un partage de musicalité de grande beauté. Les deux pièces vocales avec orchestre de Brahms qui ouvrent le concert sont très belles et chaque texte rend hommage au romantisme avec Hölderlin et Schiller. Toutes deux nous rappellent le fameux Ein Deutsches Requiem mais de manières opposées, apportant leur pierre à cette vaste architecture philosophique sur la mort. La plainte de Nänie sur la perte de la beauté et le deuil nécessaire est plus emprunte de résignation quand des moments de révolte sont présents dans le chant du Destin. La beauté du choeur rencontre la profondeur de l’Orchestre et Brahms signe là, deux chefs d’oeuvre trop rarement entendus en concert. Le chœur du Capitole a l’opulence nécessaire et la qualité des nuances également. L’équilibre et la noblesse caractérisent cette interprétation.

Christian Zacharias, musicien suprême

La direction de Christian Zacharias est faite de gestes délicats, sculptant les phrases et équilibrant finement les plans. Puis, dans la pièce de concert de Schumann, Allegro appassionato, le piano et l’orchestre débutent comme de la musique de chambre avec en particulier le cor de Jacques Deleplancque… d’une profondeur métaphysique. La pièce se développe pour entraîner tout l’orchestre mais l’exercice de direction depuis le piano n’est pas si convaincante, même si la virtuosité est entièrement mise au service de l’expression. Le bis donné par le pianiste à la grande joie du public comme des musiciens de l’orchestre est un pur bijoux de poésie et d’humour. Il invite Schubert l’autre ” grand romantique” avec deux courtes pièces en forme de Landler.

Après l’entracte, le chef revient avec son élégante démarche pour offrir une interprétation lumineuse de la Quatrième symphonie de Schumann (mais qui est en fait sa deuxième symphonie). Ici dans ses recherches de musique pure, alors que ce sont surtout les textes qui l’inspiraient, Schumann a conservé la forme en quatre mouvements ; mais il a osé un développement organique d’un court motif qui parcourt toute l’oeuvre. Cette modernité et cet agencement subtil sont rendus parfaitement lisibles par la direction de Christian Zacharias. Quand d’autres chefs ostensiblement viennent sur scène sans partition, lui la pose devant lui, mais ne s’en occupe plus, tout concentré sur le partage avec les musiciens. Les nuances dosées parfaitement, les couleurs magnifiques de l’orchestre, apportant une beauté constante à cette interprétation. L’intelligence et la musique libre, sont toutes au service de la musicalité la plus belle qui soit. Christian Zacharias est un grand chef qui a donné toute sa mesure dans cette symphonie de Schumann que le public a applaudi à tout rompre. Tant, entre autres, l’envolée du final aurait pu déplacer des montagnes dans un grand souffle romantique.

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Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 8 février 2019. Johannes Brahms (1833-1897) : Nänie, pour choeur et orchestre, Op.82 ; Schicksalslied (Le chant du destin), pour choeur et orchestre, Op.54 ; Robert Schumann (1010-1856) : Introduction et Allegro appassionato, pour piano et orchestre en sol majeur,Op.92 ; Symphonie n°4 en ré minier, op.120. Choeur du Capitole, chef de chœur, Alfonso Caiani ; Orchestre National du Capitole de Toulouse; Christian Zacharias, piano et Direction. Illustration : © Klaus Rudolph

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