Compte-rendu, concert. Montauban, le 11 mars 2017. A. Scarlatti, Pergolèse. Léger, Bündgen. Les Passions. Jean-Marc Andrieu, direction.

Les Passions Landrieu Les Passions critique classiquenews -bis-Rire-Montauban-11 mars 2017©JJ.AderCompte-rendu, concert. Montauban, le 11 mars 2017. A. Scarlatti, Pergolèse. Léger, Bündgen. Les Passions. Jean-Marc Andrieu, direction. La quatrième édition des Passions Baroques à Montauban a connu un lustre particulier en proposant concerts et manifestations sur quatre week-ends. En ouverture de cette saison, c’est la grandiose Passion selon Saint-Jean de JS Bach, le 25 février, qui a débuté une série de quatre concerts à Toulouse, Albi et Pamiers, non sans éclat. Mentionnons  tout particulièrement la grâce et la pureté des voix de la Maîtrise du Conservatoire. Master Class, lecture, causerie, concert de violon baroque ont ensuite déroulé leurs charmes pour cette édition 2017.
Le dernier rendez-vous a été particulièrement émouvant ce samedi avec un concert de musique sacrée italienne. La soprano Magali Léger et le contre-ténor Paulin Bündgen ont interprété avec beaucoup de musicalité et d’émotion deux pièces vocales dédiées à la Vierge. L’orchestre en dimension chambriste, avec deux violons, un alto, un violoncelle, une contrebasse, un théorbe et l’orgue a été l’écrin d’une grande délicatesse pour la vocalité délicatement ornée des deux chanteurs. Mêlant leurs voix de manière complémentaire et exquise dans les duos, le charme belcantiste de ces pièces a fait chavirer le public. Le Salve Regina de Scarlatti comme le Stabat Mater de Pergolèse alternent airs et duos. Magali léger a un soprano lumineux, capable de volupté mais elle sait aussi voiler le brillant du timbre pour évoquer la douleur. Ses airs ont été un vrai enchantement. Paulin Bündgen a une voix plus droite, toujours très homogène. Le même phrasé délicat, les mêmes nuances subtiles, la même capacité à s’écouter font de leur duo, une vraie rencontre artistique.
Les musiciens des Passions, sous la direction dansante de Jean-Marc Andrieu, respirent avec les solistes comme un seul être. Dans cette interprétation, ces deux pièces doloristes ont donc gagné en naturel et en bonheur d’écoute. Tout était pur, simple, évident. Aucune recherche d’effet, toute la beauté de la musique et du texte mêlés. Cette manière de faire de la musique a particulièrement touché le public. N’est ce pas cela faire de la musique ? Respirer ensemble ? Et ne l’oublie-t-on pas trop souvent lorsque des chanteurs se servent un peu trop des oeuvres pour mettre en valeur leur art ? Ce soir, c’est le génie des compositeurs qui a été mis à l’honneur surtout à se souvenir que Pergolèse nous a laissé un tel chef d’oeuvre juste avant sa mort à 26 ans…. Merci aux Passions Baroques de Montauban d’avoir offert un si beau moment pour terminer en toute émotion cette belle édition 2017.

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Compte-rendu concert. Montauban. Théâtre Olympe de Gouges le 11 mars 2017. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Salve Regina ; Giovanni Battista Pergolèse (1710-1736) : Stabat Mater ; Magali Léger, soprano ; Paulin Bündgen, contre-ténor ; Les Passions. Jean-Marc Andrieu, direction. Illustration : © J.J. Ader / Les Passions

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