Compte-rendu, concert. Lyon, le 27 janvier 2018. Brahms, Martinu, Bach. Sol Gabetta / Alan Gilbert

Compte-rendu, concert. Lyon, Auditorium Maurice Ravel, le 27 janvier 2018. Brahms, Martinu, Bach. Sol Gabetta (violoncelle), Alan Gilbert (direction). Alors que ses obsĂšques avaient lieu le lendemain, c’est Ă  Paul Bocuse que le concert de ce soir Ă©tait dĂ©diĂ©. Le chef amĂ©ricain Alan Gilbert – grand habituĂ© de la Capitale des Gaules (sa sƓur n’est autre que le Premier violon de l’ONL !) – lui a rendu un vibrant hommage, d’autant plus appuyĂ© qu’il le connaissait bien ! Mais la musique reprend vite ses droits, et c’est avec la TroisiĂšme Symphonie de Brahms que dĂ©bute la soirĂ©e. L’ancien directeur musical du New York Philharmonic (pendant 8 ans) obtient des instrumentistes lyonnais une louable respiration interne et rend trĂšs lisibles les diffĂ©rents plans sonores des deux premiers mouvements, ce qui permet de caractĂ©riser avec beaucoup de prĂ©cision chaque tableau harmonique. Dans les deux derniers mouvements, les violons dĂ©ploient une saisissante Ă©nergie, et le sublime thĂšme du troisiĂšme mouvement libĂšrent des couleurs chargĂ©es de nostalgie et de retenue. Enfin, la phalange lyonnaise fait preuve d’un surplus d’unitĂ© dans un final aux Ă©lans embrasĂ©s.

 

 

ALAN-GILBERT-SOL-GABETTA-concert-critique-par-classiquenews-alansmile--copyright-Chris-Lee

 

Le chef Alan Gilbert © Chris Lee

 

 

En seconde partie, c’est le rare Concerto pour violoncelle N°1 de Bohuslav Martinu qui est offert au public de l’Auditorium Maurice Ravel, avec rien moins que Sol Gabetta comme soliste, l’une des violoncellistes les plus recherchĂ©es et acclamĂ©es de la planĂšte. CrĂ©Ă© Ă  Berlin en dĂ©cembre 1931, le concerto pour Violoncelle H.196, est retravaillĂ© Ă  la fin des annĂ©es trente, avec une rĂ©orchestration plus nourrie, mais cette version dĂ©finitive ne sera crĂ©Ă©e qu’en mars 1956, Ă  Helsinki. MalgrĂ© son poids plume, c’est avec incroyable fougue – pour ne pas parler de hargne – que la soliste argentine se lance dans le motif d’introduction. La libertĂ© de ses phrasĂ©s – aussi agiles que capricants -, et sa force de caractĂšre font forte impression. De mĂȘme, la variĂ©tĂ© des couleurs et la richesse des nuances, tout au long des trois mouvements, alliĂ©es Ă  une ampleur sonore assez prodigieuse dans les passages plus virtuoses soulĂšvent l’enthousiasme du public dans un finale endiablĂ©e. MalgrĂ© l’insistance de l’auditoire, l’artiste n’offrira pas de bis


AprĂšs une courte pause pour changer chaises et pupitres, la plus commune Suite pour Orchestre N°3 de Bach est donnĂ©e Ă  entendre par une Ă©quipe de musicien resserrĂ©e et jouant debout. Gilbert en livre une interprĂ©tation extrĂȘmement vivante qui maintient constamment l’intĂ©rĂȘt, grĂące Ă  l’intelligence et la cohĂ©sion bien Ă©quilibrĂ©e des diffĂ©rents instrumentistes. De quoi mettre en joie malgrĂ© le temps maussade qui rĂšgne Ă  l’extĂ©rieur en cette froide journĂ©e de janvier !

 

 

————————

 

 

Compte-rendu, concert. Lyon, Auditorium Maurice Ravel, le 27 janvier 2018. Brahms, Martinu, Bach. Sol Gabetta (violoncelle), Alan Gilbert (direction) — Illustration : © Chris Lee

 

 

Comments are closed.