CHATEAUBRIAND ET LA MUSIQUE

CHATEAUBRIAND, un solitaire épris de musiqueCHATEAUBRIAND. Né en 1768 (Saint-Malo en Bretagne), décédé à Paris le 4 juillet 1848, Chateaubriand est le génie du romantisme français (et non pas son « précurseur » comme on peut le lire ici et là injustement : le mouvement des idées et de la sensibilité héritier des Lumières à la fin du XVIIIè, est déjà incarné par les Souffrances du Jeunes Werther de Goethe (1774), lequel pour le coup est bien le précurseur d’un esthétisme émotionnel et fantastique dont Chateaubriand est bien le génie le plus accompli (René, ou les effets des passions, 1802). D’obédience politique plutôt monarchiste (il sera Ministre des Affaires étrangères sous la Restauration) – à la différence d’un Hugo plutôt républicain et contre tout présidentialisme : de fait ennemi contestataire de Napoléon III qui l’exile à Guernesey), Chateaubriand affirme son intelligence fascinante sur le plan littéraire. Il invente et lègue des mythes dont se saisiront les compositeurs. A l’égal d’un Byron par exemple.

Voyageur du Nouveau Monde et de Méditerranée. Dans ses écrits circule une libre pensée qui voyage et qui affirme son ouverture de voyageur du monde : l’exotisme est une expérience vécue sur site et non plus un fantasme poétique. L’Amérique du nord où il voyage (en 1791 à l’époque de la Révolution française : Philadelphie, New York, Boston, Lexington…jusqu’aux chutes du Niagara) lui inspire des types humains d’une nouvelle origine et d’une dimension passionnelle inédite : Atala, – ou la recherche du bon sauvage dont JJ Rousseau a transmis la quête (1801, à 33 ans, c’est son premier grand succès qui est aussi un réquisitoire à peine masqué pour les vertus du christianisme), Les Natchez (1826), comme les peuples de Méditerranée (comme le peintre Delacroix qui rejoint l’Algérie), car Chateaubriand quadragénaire parcourt les pays méditerranée dont il témoigne dans Itinéraire de Paris à Jérusalem en 1811.

Un temps favorisé par Bonaparte devenu Napoléon, Chateaubriand se détourne de l’Empire et rentre clairement dans l’opposition aux bonapartistes. En 106, il réalise un grand tour d’Orient en quête d’inspiration pour son grand roman sur le christianisme (Grèce, Asie Mineure, Palestine, l’Egypte sont parcourus pendant l’année 1806).

L’écrivain – mis à l’écart par Napoléon, s’installe alors dans une retraite confortable dans la Vallée aux loups (Chatenay-Malabry) : il y restera 11 années, obligé finalement de vendre sa propriété miraculeuse, ermitage aménagé par lui même, contenant même des espèces d’arbres américains qu’il a rapporté de ses voyages.

A la Vallée aux loups, Chateaubriand écrit nombre de ses ouvrages majeurs : Les Martyrs (1809), Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811, année de son élection comme immortel, c’est à dire de son entrée à l’Académie française, en succession au fauteuil du poète révolutionnaire Marie-Joseph Chénier). Empêché de prononcer son discours de réception par Napoléon, Chateaubriand ne pourra siéger sous la Coupole qu’à la Restauration. Avec l’aide de Talleyrand qui l’a toujours défendu et favorisé, Chateaubriand devient ambassadeur en Suède, puis après les Cent jours, il est nommé ministre d’état et Pair de France (1815). En ultraroyaliste, Chateaubriand est couvert d’honneurs et de privilèges… jusqu’en 1824, où il remercié par le gouvernement de Villèle. Chateaubriand devient alors libéral et rentre dans l’opposition, écrivant dans Le Journal des Débats, sa défense de la liberté de la presse, et du peuple grec.

 

 

 

Oeuvres majeures :

Atala ou les Amours de deux sauvages dans le désert (1801)

René, ou les Effets des passions (1802)

Le Génie du christianisme (1802)

Les Martyrs (1809)

Les Aventures du dernier Abencerage (1826) – Théodore Dubois s’inspire du roman de Chateabriand pour son opéra Aben Hamet…

Les Natchez (1827)

Mémoires d’Outre-Tombe (1848)

 

 

GIRODET Atala_au_tombeau,1808,Girodet_de_Roussy_-Trioson,_Louvre.

 

Illustration : Atala au tombeau, par Girodet (1808)

 

 

____________________

 

 

A VENIR : les opéras et les oeuvres symphoniques inspirés par l’oeuvre de Chateaubriand

Comments are closed.