CD, critique. MENDELSSOHN. Orpheus chamber orchestra / Jan Lisieck, piano (1 cd Deutsche Grammophon 2018)

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 icĂŽne du marketing actuel, le jeune pianiste déçoit dans ce programme qui souligne d’évidentes faiblesses dans le jeu et la musicalitĂ©. Son Mendelsssohn est plutĂŽt (et rien que
) martial et sec (Concerto n°1 crĂ©Ă© Ă  Munich en 1831) : le piano comme l’orchestre chantent avec difficultĂ© ; le clavier Ă©tant plus percussif que vraiment Ă©nigmatique et allusif : plus beethovĂ©nien que schumannien. Beethoven est citĂ© au dĂ©but de l’Allegro final. L’interprĂšte s’en tient Ă  une lecture littĂ©rale, pure virtuositĂ© extĂ©rieure sans aucun nuance intĂ©rieure, avec un clavier qui martĂšle et sature dans la cadence finale. Tout cela manque quand mĂȘme de profondeur (et ce malgrĂ© le moelleux des violoncelles en dialogue): mais est ce bien discutable diront les plus motivĂ©s et dĂ©fenseurs du jeu du pianiste, 
 dans une sĂ©rie de partitions guĂšre inspirĂ©es par l’introspection ? MĂȘme la sonoritĂ© de l’orchestre de chambre, d’une Ă©lĂ©gance qui fut mozartienne et haydnienne, l’Orpheus, manque de souplesse comme de tendresse.

Le caractĂšre plus tragique et l’énoncĂ© fin du n°2 opus 40, en mi mineur, crĂ©Ă© Ă  Leipzig en 1837, brille d’une nuance nerveuse qui aurait mĂ©ritĂ© une lecture lĂ  encore moins dure, moins tendue ; on comprend que la jeunesse et la beautĂ© font beaucoup pour l’image et le rayonnement mĂ©diatique d’un jeune pianiste ; il reste qu’en Ă©coute aveugle, sa sonoritĂ©, son imagination et sa facultĂ© de nuances font dĂ©faut : osons Ă©crire que sans dĂ©mĂ©riter, l’instrumentiste joue toutes les notes, et bien, mais sans aucun arriĂšre plan intĂ©rieure, ni investissement Ă©motionnel manifeste. La lecture reste linĂ©aire, aux accents lissĂ©s, prĂ©visibles, sans surprises. Monochrome et plate, la palette expressive du jeune homme manque singuliĂšrement de richesse, de trouble, de diversitĂ©. Sans les ruptures de rythmes et d’harmonies comme de mĂ©lodies, le Concerto n°2 fait surgir 
l’ennui.
Alors sans l’orchestre, que valent les Variations sĂ©rieuses jointes en complĂ©ment ? MĂȘme constat d’une lecture uniforme et expressivement limitĂ©e. L’artiste encore jeune, donc perfectible, ignore tout pianissimo, jusqu’au quadruple « p ».

Le Rondo capriccioso et son sublime Andante est « massacré » par un jeu martelé, uniformément forte, un cri percussif qui radicalise la langueur pourtant inscrite dans cet opus le plus chopinien de Mendelssohn (et le plus tendre).
MĂȘme son « presto leggiero » manque de finesse ; tout cela est jouĂ© avec de gros sabots, et une Ă©paisseur qui s’enlise
 non, non : peut mieux faire. OĂč est l’extrĂȘme agilitĂ© aĂ©rienne de Puck dans cette ronde Ă©chevelĂ©e qui convoque toute la poĂ©sie et l’imaginaire shakespeariens ? C’est une rĂ©duction des nuances Ă  l’essentiel, Ă  l’image du visuel de couverture au fort voire violent contraste … PassĂ© sous sa moulinette, le Mendelssohn de Lisiecki, affadi, dĂ©vitalisĂ©, est rĂ©duit Ă  une exĂ©cution scolaire. Est ce suffisant pour convaincre ?

 

 

 

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CD, critique. MENDELSSOHN (Concertos pour piano 1 et 2, 17 Variations sĂ©rieuses opus 54
), Orpheus chamber orchestra / Jan Lisiecki, piano (1 cd Deutsche Grammophon – durĂ©e : 1h03 mn, 2018)

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