CD, compte rendu critique. PHILIP GLASS : Pianos works, oeuvres pour piano. Vikingur Ólafson, piano (1 cd Deutsche Grammophon)

vikingur-olafsson-glass cd review classiquenewsCD, compte rendu critique. PHILIP GLASS : Pianos works, oeuvres pour piano. Vikingur Ólafson, piano (1 cd Deutsche Grammophon). Le feu dans le GLASS… Quasiment 1h20 de bonheur musical, en un temps recomposé, dans ce flux qui se joue des rythmes et des ruptures harmoniques propre à créer cette temporalité hypnotique dont Glass sait nous régaler depuis près de 50 ans… L’islandais Vikingur Olafsson a sélectionné un cycle d’Études, extraites des deux Recueils édités et validés par le compositeur au minimaliste richement suggestif. Pour les 80 ans de Philip Glass, le pianiste Olafsson, diplômé de la Juilliard School de New York, véritable icône de la modernité en Islande, créateur de bon nombre de nouvelles œuvres, fondateur de son propre label aussi, nous régale dans cette succession de climats aux teintes subliminales, dans un toucher précis et clair, miraculeusement sobre, qui nuance décisive, fait toute la part à l’atténuation et la poésie sonore. C’est que le trentenaire (32 ans en 2017) a travaillé avec Glass. Une sorte d’adoubement officiel a été proclamé, soulignant la justesse artistique qui sans cela, s’impose d’elle même, à travers ces 13 sections, dont le début et la fin sont repris de « Opening » extraits de Glassworks (1981) et retravaillé dans ce reprise final par Christian Badzura.

 

 

Le pianiste Vikingur Ólafsson fait jaillir des études de Philip Galss, une activité miroitante poétique …

JEUX MULTIPLES SOUS LE GLASS….

 

Il en découle un jeu d’une rare subtilité intérieure qui fait jaillir sous l’apparente et sévère répétition circulaire et elliptique, une activité souterraine continue, perpétuelle, aux reflets miroitants, qui expriment des métamorphoses sonores infinies, à la fois nostalgiques, sombres, délicatement tragiques. Toute la musique de Glass est une réflexion sur l’écoulement du temps en une rythmique qui remodèle la scansion naturelle. La notion de répétiton prône un arrêt sur image, une suspension d’un temps idéal, qui fait l’économie d’une contrainte d’un développement irréversible et inexorable. Toujours l’énoncé se reproduit, se réitère, comme s’il souhaitait reprendre celui qui l’a précédé mais autrement. Tout découle ce qui précède, en renouvelant à chaque section, une vision neuve : le jeu d’Olafsson permet d’inscrire cet esthétique à la fois créative et nostalgique dans un flux organique homogène et cohérent. Du grand art.
La variations, l’écho, sa résonance (plus riche en réalité que le lseul phénomène de dédoublement qui s’affiche dans le visuel de couverture de l’album : portrait du pianiste et son reflet, mêlés…) étant premiers dans cette démarche du miroitement, Olafsson a commandé à l’arrangeur Christian Badzura la réécriture / transcription de Opening et de l’Etude 2 pour Quintette (ici avec les fabuleux complices du Siggi Tsring Quartet), de sorte que 1001 nuances de gris, jamais identtiques s’offrent à nous dans ce fabuleux kaleidoscopes de scintillements suspendus, – grisaille captivante par sa richesse chromatique même. L’album DG est le meilleur enregistrement paru en 2017 célébrant les 80 ans de Philip Glass. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017.

 

 

 

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CD, compte rendu critique. PHILIP GLASS : Pianos works, oeuvres pour piano. Vikingur Ólafson, piano (1 cd Deutsche Grammophon) – enregistrement réalisé en octobre 2016 à Reykjavik, Islande. CLIC de CLASSIQUENEWS

 

 

 

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