CD, compte rendu critique. HEGGIE : Great Scott (Joyce DiDonato, 2 cd Erato, 2015)

Didonato joyce cd great scott dallas opera cd review critique cd par classiquenews 71rq6SO3EGL._SL1494_CD, compte rendu critique. HEGGIE : Great Scott (Joyce DiDonato, 2 cd Erato, 2015). Né en 1961, l’américain Jake Heggie a montré de réelles capacités dans l’écriture d’un opéra contemporain, accessible, audible. On se souvient de son Dead man walking, où à San Francisco en 2000, brillait la créatrice Susan Graham. Ex attaché de presse de l’Opéra californien, Heggie a aussi écrit des mélodies pour Frederica von Stade (ici Winnie Flato) qui reconnut aussitôt la qualité d’un style taillé pour le chant et l’opéra; enregistré sur le vif à Dallas en 2015 (en octobre au moment de la création de l’ouvrage), Great Scott ne révolutionne en rien la forme et le genre lyrique mais demeure très attachant. En cela il prouve son efficacité. Librettiste de Dead man walking en 2000, Terrence Mcnally signe aussi le texte livret de Great Scott et justifie les nombreux emprunts du compositeurs dans l’histoire lyrique du XIXè, (Rossini, Verdi, …) car il s’agit d’un opéra dans l’opéra. Pendant l’acte I, l’action est celle des répétitions d’un opéra méconnu de … Bazzetti (Rosa Dolorosa, fille de Pompei), avant que l’on assiste à la représentation au II.
Outre l’excellente (d’une indiscutable longévité exemplaire) FV Stade, très amusée, inspirée par l’écriture néoverdienne de Heggie, tout repose surtout sur le talent polymorphe, drôle, pétillant même mais aussi parfois profond de Arden Scott soit la rayonnante… Joyce Di Donato, sirène du Kansas, qui démontre l’ambitus flexible de sa voix à vocalises, sachant sublimer une partition qui manque parfois d’inspiration et de réelle personnalité (l’air Vesuvio , « mon unique ami », acte I reste dans les esprits comme un tube à suivre…). Comme Rufus Wainwright (et son dernier opéra Prima Donna, salué aussi par classiquenews), Great Scott n’ouvre pas de portes inconnues ni ne surprend réellement. L’opéra de 2015 a l’avantage pas si faible, de plaire et de séduire. Pour autant l’opéra au XXIè ne doit il être que pur divertissement ?… A chacun d’en juger. Que l’on prenne par exemple une oeuvre apparemment légère comme My Fair lady (Loewe), récemment produite par l’Opéra de Tours (pour les fêtes de fin d’année 2017), on demeure surpris par le regard critique, mordant sur la « bonne » société anglaise du XIXè. Ici rien de tel, aucune vision critique ou parodique,… malheureusement. Rien qu’un opéra d’aujourd’hui assez convenu et prévisible qui avec facétie certes et efficacité, singe et parodie les poncifs de la langue lyrique, romantique et postromantique…

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CD, compte rendu critique. HEGGIE : Great Scott (Joyce DiDonato, 2 cd Erato, live, création à Dallas, 2015) — Avec Joyce DiDonato, Ailyn Pérez, Frederica Von Stade, Nathan Gunn, Anthony Ross Costanzo / The Dallas Opera Orchestra and Choru / Patrick Summers, direction.

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