CD, coffret événement. CLAUDIO ABBADO : The Opera Edition, MOZART, ROSSINI – 1/2 (Deutsche Grammophon)

Opera-edition-60-cd CLAUDIO ABBADO coffret cd set box deutsche grammophon claudio Abbado review cd la critique par classiquenews cd dvd livres operasCD, coffret événement. CLAUDIO ABBADO : The Opera Edition, MOZART, ROSSINI – 1/2 (Deutsche Grammophon). La somme éditée par DG Deutsche Grammophon saisit immédiatement par la cohérence et la finesse du legs artistique et esthétique du magicien Abbado. Le pilier de la discographique lyrique ici restituée met l’accent sur la trilogie : Mozart, Rossini, Verdi. Des 3 c’est le plus récent le mieux servis, avec pas moins de 6 ouvrages enregistrés : de Aïda à Simon Boccanegra sans omettre le fabuleux DON CARLOS donc chanté en français, dans la version parisienne en 5 actes (avec le premier bellifontain et ses paysages cynégétiques témoins de la rencontre amoureuse entre les jeunes gens bientôt déchirés, Carlos et Elisabeth… ). On doit à Claudio Abbado, l’intelligence de cette audace de 1984 – une époque où l’on chantait plutôt Don Carlo (sans « s ») donc dans la version italienne en 4 actes. C’est dire l’acuité d’un esprit de défricheur, soucieux toujours de la vérité et de la justesse des sources. Dans ce premier focus, nous mettrons en avant la valeur de ses Mozart et Rossini.

ABBADO claudio maestro 2017 coffret set bex opera edition Claudio_Abbado_65Les Noces de Figaro sont les plus anciennes (Vienne, 1994), à la tête des Wiener Philharmoniker : Abbado électrise par cette instinct doué de grâce (qui fait aussi la réussite toute en finesse de ses Rossini) : le plateau est royal avec la Comtesse de Sheryl Studer, le Cherubino – ardent, convulsif de Cecilia Bartoli, la Susanna de Sylvia McNair : un parterre d’individualités féminines, piquantes, profondes. Must absolu car Abbado nous rappelle combien Les Noces sont avant tout, l’opéra des femmes. Puis son Don Giovanni (Ferrare, 1997) libère la liberté d’un éros serti de mille nuances (grâce à la juvénilité rayonnante du Chamber Orchestra of Europe. Simon Keenlyside bouillonne, irradie de sensualité sauvage, féline.Et, première victime, la plus amoureuse, l’Elvira de Soile Isokoski éblouit de la même étoffe, éperdue, ardente.  Enfin ce qui prime dans La Flûte Enchantée (Modena, 2005), c’est la vie et le relief des planches sur toute autre considération, avec diamant éblouissant par sa vérité et sa gravité juste, la Pamina de Dorothea Röschmann.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)Le Mozart de Claudio Abbado touche par cette élégance qui parle vrai. Même vérité matinée de finesse et de vérité virtuose chez Rossini : le chef réunit dans chaque production la crème de la crème du chant rossinien, jubilatoire en verve et intelligence théâtrale. Evidemment les 2 versions du Barbier de Séville occupent le devant de la série : 1971 avec le trio assoluto Berganza, Alva, Prey (Lindoro, Rosina, Figaro)… ici l’élégance le dispute à l’agilité la plus subtile. Must absolu (Londres, LSO London Symphony Orchestra). 21 ans plus tard, même chef, mais plateau et lieu différent : Ferrare, Chamber Orchestra of Europe. Une nouvelle génération de chanteurs s’emparent alors de la facétie mordante, raffinée du pétillant Rossini : Domingo réinvente Figaro avec une grâce naturelle tandis que le diamant ciselé, parfois minaudant de la diva des divas, capricieuse et boudeuse à souhait de Kathleen Battle n’offre aucune sensualité mais reste pure agilità.

rossini_portraitRévélations dans ce registre rossinien : L’Italiana in Algeri (Vienne 1987 avec l’Isabella proche du sublime de l’imprévisible Agnès Baltsa), La Cenerentola (Edinburg, 1971 qui permet à la mezzo Berganza de chanter et Rosina et Angelina la même année…). Saluons aussi Le Voyage à Reims / Il Viaggio a Reims (Live du Festival de Pesaro 1984, archive anthologique du cycle italien), servi par un plateau de vedettes lyriques : Gasdia, Valentini Terrani, Ricciarelli, Araiza, Rameay, Raimondi, l’infatigable et subtil Enzo Dara, Leo Nucci. Ce qui frappe aussitôt dans la direction de Claudio Abbado, c’est l’équilibre idéal entre précision, clarté, souplesse et vérité du discours orchestral. Chaque situation dramatique est remarquablement exprimée, souvent intensifiée par le choix des personnalités vocales que le chef a su choisir pour caractériser en profondeur et en sincérité les personnages et leurs confrontations…

Jonas Kaufmann est RadamèsOpéras connexes qui éclairent tout autant le magicien diseur, l’orfèvre orchestral soucieux d’intelligibilité : Fidelio de Beethoven (avec en vedette Jonas Kaufmann dans le rôle du prisonnier épuisé mais sublime Florestan / Lucerne, août 2010 : c’est l’une des approches lyriques du maestro parmi les plus réussies des récentes) ; la curiosité absolue, autre emblème de son sens du défrichement (déjà évoqué avec le choix du Don Carlos en français), Fierrabras de Franz Schubert (Live de Vienne, de mai 1988 avec Mattila, Hampson, Laszlo Polgar dans le rôle-titre, Studer)…

A VENIR… Dans notre volet final (CLAUDIO ABBADO : The Opera Edition, Deutsche Grammophon 2/2), nous distinguerons surtout ses Verdi (pas moins de 6 ouvrages donc : Macbeth, 1976 / Simon Boccanegra, 1977 / Un Ballo in maschera, 1980 / Don Carlos, 1983 et 1984 / Aida, 1981 / Falstaff, 2001 ; et aussi Wagner (Lohengrin, Vienne, 1992), Berg (Wozzek, 1987), Debussy (Pelléas, Vienne, janvier 1991), Moussorgsky, Bizet (1977)…

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CLIC D'OR macaron 200CD, coffret événement. CLAUDIO ABBADO : THE OPERA EDITION (60 cd Deutsche Grammophon). Voici un coffret à offrir et à partager pour Noël et les Fêtes de la fin 2017. LIRE AUSSI NOTRE PRESENTATION du coffret CLAUDIO ABBADO : THE OPERA EDITION (60 cd Deutsche Grammophon).

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