CD, coffret événement, annonce. SHAPING THE CENTURY, VOL. 1 — série “20 C” (28 cd Decca / Deutsche Grammophon)

decca deutsche grammophon shaping the century volume 1 1900 - 1949 28 cd review presentation classiquenewsCD, coffret événement, annonce. SHAPING THE CENTURY, VOL. 1 — série “20 C” (28 cd Decca / Deutsche Grammophon)…  CLASSIQUES DU XXè siècle : la série « 20 C » (pour XX century), nouvelle collection dédiée aux modernité du siècle passé… Decca et Deutsche Grammophon nous offrent ici certains de leur meilleurs enregistrements pour constituer une manière de somme magistrale récapitulant l’histoire musicale du XXè siècle, en sélectionnant les compositeurs et les oeuvres qui depuis 1900, et jusqu’à 1949 – pour ce premier opus qui souhaitons le soit complété par un autre coffret complémentaire-, ont marqué esthétiquement l’histoire musicale occidentale, européenne et américaine.

Le programme (malheureusement non expliqué par un livret global justifiant le choix ainsi défendu), regroupe 28 cd (24 programmes titres), mais chacun des cd ou double cd contenant sa notice originelle (en anglais et allemand seulement). L’auditeur plonge de façon concertée et dans une chronologie fondamentale, jalonnée de pièces maîtresses dans l’histoire de la musique de 1900 à 1949, par décennies.

Chaque opus / cd, offre dans sa notice, un déroulé chronologique qui inscrit l’oeuvre enregistrée dans le contexte des principales œuvres du 20ème siècle, avec article en anglais du musicologue et essayiste Nigel Simeone (coordinateur de la série « 20C »). Les plus grands chefs-d’œuvres orchestraux du post-romantisme et de la musique moderne (impressionniste, dodécaphonique ou encore musique concrète) de Malher, Sibelius, Debussy, Strauss, Schoenberg, Berg, ou encore de Varèse sont présentés dans des enregistrements de référence par les grands chefs d’orchestre de ces dernières années dirigeant les plus prestigieux ensembles au monde.

Pour ce premier coffret qui embrasse la première moitié du XXè, 5 séquences, 5 décennies récapitulent l’évolution de l’écriture musicale.
Pour la séquence 1900-1909 : place à Debussy (La Mer), Richard Strauss (Salome), Sibelius (Symphonies 3, 6 et 7) sans omettre le cycle fondamental Central Park in the Dark de Charles Ives.
Pour la section 1910-1919 : place à Mahler (10è Symphonie), Schoenberg (Pierrot lunaire), Stravinsky (et son Sacre de 1913), Vaughan Williams (A London Symphony), enfin Berg (3 pièces pour orchestre).

1920-1929 : ce sont ensuite, en une période plus étoffées et riche de sensibilités et tempéraments créatifs, Szymanowski (Symphonie n°3, chant de la nuit), Zemlinsky (Symphonie Lyrique), Janacek (Sinfonietta : Taras Bulba…), Varèse (Amériques, Arcana, Ionisation…); Weill : Die Dreigroschenoper ; enfin, Webern : Symphonie n°21.

De l’Entre deux guerres, soit entre 1930 et 1939 : s’élève le chant de Walton (Symphonie n°1), Orff, prêtant allégeance aux Nazis (Carmina Burana de 1937 dans la lecture incisive de James Levine à Chicago en 1984, avec June Anderson entre autres), Shostakovich (Symphonie n°5), Bartok (musique pour cordes, percussion et célesta), Copland (Billy the kid)…

Pendant la seconde guerre, soit entre 1940 et 1949 : Prokofiev (Sonate pour piano 6), Tipett (A Child of our time), Britten (Peter Grimes, chef d’oeuvre lyrique de 1945), Cage (Sonates et Interludes), Messiaen (Turangalila Symphonie) et Franck Martin (Concerto pour cordes : en un style exalté, tendu, porteur d’inquiétudes et de tensions, miroir d’un temps troublé).

Chaque auditeur peut ainsi réviser ou découvrir les grands compositeurs du XXè, – du moins la première moitié du siècle, devenu classique, sujet d’une analyse critique à développer. Le temps et le recul permettent à présent de réaliser ce travail de mémoire et de compréhension, connaissance prise de tous les éléments et travaux réalisés pendant le siècle écoulé. C’est une exceptionnelle opportunité de plonger dans l’aventure orchestral, lyrique, concertante du siècle précédent. Les mondes imaginaires se bousculent ; les manières aussi des grands chefs se précisent, chacun avec leur spécificité, et leur goût, révélant des engagements artistiques souvent très convaincants.

CLIC_macaron_2014GRANDS CHEFS ENGAGES, MODERNITES AMERICAINES… On redécouvre ainsi entre autres : le geste sidérant d’intensité précise et claire de Christoph von Dohnanyi dans Salome de Strauss (celle de Catherine Malfitano en 1994) ; les Sibelius de Colin Davis (1975) ; le génie dramatique et lyrique de Kurt Weill (John Mauceri dirige Ute semper et René Kollo à Berlin en 1988) ; Pierrot lunaire de Berg par Pierre Boulez avec Christine Schafer en 1997) ; … aux côtés des compositeurs européens, dont bon nombre s’exilent aux States à partir des années 1930, fuyant la barbarie nazie, anglos-saxons et natifs américains se distinguent : Ralph Vaughan Williams : A London Symphony de 1914 (par Roger Torrington) ; Symphony n°1 de William Walton de 1935 (par Andrew Litton) ; Billy the kid de Aaron Copland (créé en 1939, contemporain donc de Carmina Burana, ici par David Zinman en 1993) ; A Child of our time de Michael Tippett de 1944 (par Colin Davis avec Jessye Norman entre autres, en 1975) ; Charles Ives (onirisme néoclassique orchestral de Central Park in the dark de 1946, ici par Bernstein à New York en 1988 ; enfin Sonates et Interludes de John Cage de 1949 (Piano préparé de John Tilbury, Petersham, décembre 1974), dernier oeuvre illustrant le propos et la période chronologique de ce premier volume Shaping the Century, d’une initiative captivante. Grande critique du coffret “20 c Shaping the Century” / “la conception d’un siècle“, sur classiquenews.com, à venir. A suivre.

+ d’Infos : http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/20c-shaping-the-century-vol-1-1900-1949/

En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/20c-shaping-the-century-vol-1-1900-1949/#0ik87SlQP5J3PQFM.99

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