CD, coffret événement, annonce. Claudio Abbado & Berliner Philharmoniker – The Complete Deutsche Grammophon Recordings (60 cd Deutsche Grammophon)

abbado claudio berliner philharmoniker orchestra by classiquenews deutsche grammophon set box review cd critique compte rendu par classiquenews claudio abbado maestro_CD, coffret événement, annonce. Claudio Abbado & Berliner Philharmoniker – The Complete Deutsche Grammophon Recordings (60 cd Deutsche Grammophon). Coffret miraculeux léguant l’héritage symphonique du plus grand chef de la seconde moitié du 20è. Chef lyrique et symphonique, Claudio Abbado a su comme rarement allier élégance, subtilité et… puissance. De Verdi à Mahler, ses lectures se font de plus en plus essentielles, de moins en moins démonstratives (à l’inverse de beaucoup de ses confrères dont la baguette reste expressive certes, mais clinquante).
Quatre années après sa mort, le chef né à Milan en 1933 et décédé en 2014, ne cesse avec le recul, d‘éblouir par la profondeur intérieure dont il savait parer ses interprétations de Mozart et Beethoven, à Verdi et Wagner. Ses Mahler emportent nettement l’adhésion car le geste se fait aussi économe qu’intense et profond : un modèle du genre et qui fait de Abbado, le meilleur mahlérien de sa génération, après les Kubelik ou Bernstein.
Le présent coffret édité par DG Deutsche Grammophon, se concentre sur une période féconde dans ce sens : puissance et finesse introspective (une qualité dans le cas de la seconde valeur qui fait souvent défaut à l’orchestre berlinois). Certes on va nous traiter de critique abusif et radical, mais force est de constater que le Berliner sous la conduite de Rattle (qui vient de cesser sa coopération avec la phalange allemande) a sonné moins profond et  poétique que sous la « règne » précédent, celui de Claudio Abbado.
L’auditeur y trouve d’abord, l’intégrale des 9 Symphonies de Beethoven dont la 9è (Berlin, 2000) regroupe des chanteurs exceptionnellement investis auprès du chef (Mattila, Urmana, Moser, Quasthoff). Puis l’intégrale des 5 Concertos pour piano (avec Maurizio Pollini, trouble et élégant, puissant et viscéral (Berlin, 1992 / 1993).
De Brahms, voici l’intégrale des Symphonies (2 versions de la Symphonie n°2, de 1967 et de 1988), complétée par les 2 Concertos pour piano avec Alfred Brendel (1986 et 1991), puis Maurizio Pollini (1995 / 1997). Sans omettre le Concerto pour violon dans 3 versions (Shlomo Mintz, 1987 ; Viktoria Mullova, 1992 ; Gil Shaham, live de mai 2000). Coup de maître également : Ein Deutsche Requiem (avec Studer, Schmidt, 1992).

Superbe leçon de scintillement éthéré, le cd25 dédié à Debussy (Prélude à l’Après midi d’un faune, Nocturnes, suite Pelléas et Mélisande, de 1999) : une session captivante où l’orchestre se met au diapason de la couleur et du timbre.

Abbado claudio-abbadioAutres accomplissements entre autres, en terme de poésie orchestrale absolue : le Journal d’un Disparu de Janacek (cd28, 1987 avec le ténor Philip Langridge) ; Les tableaux d’une exposition de Moussorgski (version Ravel – cd43, 1993) – le ballet Roméo et Juliette (extraits) de Prokofiev de 1996 ; le Concert n°3 de Prokofiev avec Kissin (1993) et Argerich (1967) ; mélodies avec orchestre et Vier Letzte Lieder de Richard Strauss (avec Karita Mattila, 1998).
Deux cycles retiennent l’attention du mélomane le plus exigeant : Mahler et Verdi. Du premier, MAHLER, c’est quasi une intégrale des Symphonies sur la durée, exceptées les 2 et 10 – avec mention spéciale pour la n°8 des Mille de 1994 ; que l’on songe à l’économie et le détail malgré la démesure du cycle et des effectifs… voilà ce que réussit ici le chef particulièrement inspiré, d’une humilité inscrite dans la profondeur (cd37 et 38).
CLIC_macaron_2014Du second, VERDI, plusieurs ouvertures et préludes extraits d’opéras en apprendraient aux maestros autoproclamés « verdiens » (cd 52, 1996) ; surtout, l’intégrale du dernier opéra, Falstaff avec Bryn Terfel dans le rôle titre (2001), où brillent l’intelligence facétieuse et pourtant sombre du maestro, et aussi quelques joyaux dans le même double registre, poétique et tragique, la Nannetta de la soprano Dorotea Röschmann (ou le Ford de Thomas Hampson). Coffret événement, CLIC de classiquenews de la rentrée 2018.
Grande critique développée à venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

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