ANGERS NANTES OPERA : La Double Coquette de Dauvergne et Pesson

double-coquette-angers-nantes-opera-presentation-critique-compte-rendu-classiquenewsNANTES, ANGERS. La Double Coquette, du 10 au 20 mai 2017. ComposĂ© en 1753, La Coquette trompĂ©e d’Antoine Dauvergne est une miniature en un acte pour trois chanteurs et orchestre, emblĂšme de l’opĂ©ra-comique naissant. Nerveuse et palpitante, la partition met en scĂšne des espiĂšgleries galantes dignes de Marivaux. Comme un Ă©cho, comme un miroir en rĂ©sonance, le compositeur contemporain GĂ©rard Pesson compose de nouvelles sections musicales et dramatiques pour envelopper ce petit bijou baroque , jouant des rĂ©fĂ©rences et saveurs tantĂŽt classiques, tantĂŽt trĂšs modernes. En dĂ©coule un labyrinthe qui donne Ă  rĂ©flĂ©chir, dans un mĂȘme geste, sur les rĂšgles sociales et les relations hommes / femmes, au XVIIIe siĂšcle et aujourd’hui. La production a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© le sujet d’un enregistrement discographique, saluĂ© par la rĂ©daction de classiquenews.
DOUBLE COMPOSITEURS POUR UNE DOUBLE COQUETTE… C’est que, facteur de sa rĂ©ussite, les nouvelles musiques de Pesson dialoguent avec les sĂ©quences virevoltantes et trĂ©pidantes de Dauvergne, qui fut un gĂ©nie lyrique en matiĂšre de comĂ©die amoureuse : on lui doit un autre joyau comique, Les Troqueurs, rĂ©vĂ©lĂ© par William Christie il y a 30 ans, et qui donne la mesure d’un tempĂ©rament musical qui put rĂ©pondre en français Ă  la concurrence de l’opĂ©ra buffa venu d’Italie.
L’intrigue amoureuse est exquise ; la musique, des plus suaves. Les instrumentistes de l’ensemble baroque Amarillis, le compositeur GĂ©rard Pesson, le poĂšte Pierre Alferi s’invitent Ă  la table d’Antoine Dauvergne du XVIIIe. CrĂ©Ă©e Ă  Hong Kong en 2015, cette production Ă  2 voix de La Double Coquette fait escale Ă  Nantes et Ă  Angers.
Dans la trame originelle, Florise se travestit pour sĂ©duire la coquette Clarice qui est en train de draguer son amant, Damon. Sur la scĂšne, les jeunes-lĂ  font la fĂȘte, s’aiment sur Facebook, vivent intensĂ©ment le dĂ©sir et la tromperie. L’opĂ©ra-bouffe signĂ© en 1753 est un bijou de marivaudage qui collectionne des perles comiques, entre truculence et parodie. Il n’en fallait pas davantage pour inspirer le compositeur contemporain, GĂ©rard Pesson qui instrumente et harmonise le vaudeville final, quand Pierre Alferi reprend le livret et renverse la fin. Les coeurs Ă©prouvĂ©s rĂ©sisteront-ils Ă  la duretĂ© des quiproquos et la folie des malentendus ? Comme dans Cosi fan tutte de Mozart ou l’opĂ©ra baroque vĂ©nitien du XVIIĂš, l’opĂ©ra exprime cruautĂ© et les vertiges de l’amour


 

 

 

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La Double Coquette
Musiques d’Antoine DAUVERGNE (1713-1797)
et GĂ©rard PESSON (1958- /)
Livret de Jean-Joseph VADÉ (1720-1757)
repris par Pierre ALFERI (1963- /)

Isabelle Poulenard et MaĂŻlys de Villoutreys, sopranos
Robert Getchell, ténor
Ensemble Amarillis
HĂ©loĂŻse Gaillard et Violaine Cochard, direction musicale
Fanny de Chaillé, mise en scÚne

 

 

 

Angers – Grand ThĂ©Ăątre
Mercredi 10, jeudi 11 mai 2017

 

Nantes – Le Grand T
Lundi 15, mardi 16, jeudi 18, vendredi 19, samedi 20 mai 2017

 

 

 

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http://www.angers-nantes-opera.com/coquette.html

 

 

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cd amarillis dauvergne pesson troqueurs double coquette cd critique compte rendu classiquenews juin 2015 Dauvergne_Pesson_aCD, compte rendu critique. Dauvergne : Les Troqueurs.
La Double coquette (version GĂ©rard Pesson, 2014) 1cd NoMadMusic, 2011. Le vrai sujet des Troqueurs (1753) est l’échange par les fiancĂ©s de leurs promises respectives comme si les dulcinĂ©es pouvaient ĂȘtre gĂ©rĂ©es comme des marchandises. Pas sur cependant que les renversements de serments soient si bĂ©nĂ©fiques que cela : Lubin qu’un contrat engage Ă  Margot prĂ©fĂšre Fanchon elle-mĂȘme promise Ă  Lucas ; aussi quand ce dernier se plaint trĂšs vite de Fanchon, Lubin propose l’échange qui convient Ă  son compĂšre. Ainsi le troc peut-il se rĂ©aliser. Ici en version chambriste, Les Troqueurs s’affirment tel un dĂ©licieux divertissement rustique et Ă©lĂ©gant dans lequel Dauvergne continuateur de Rameau sur le plan de l’inventivitĂ© comme de la vivacitĂ©, se pique d’italianisme car l’heure est aux Bouffons ultramontains : en pleine Querelle des Bouffons oĂč les parisiens reçoivent le choc du dĂ©lire comique alla napolitana, Dauvergne trouvant le ton parfait entre loufoque et subtilitĂ© dans le droit chemin du Pergolese de La Serva  Padrona. En LIRE +

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