André Messager : Passionnément, 1926

Messager : Passionnément. Tours, Opéra, les 27, 28, 29 et 31 décembre 2013   …   Ni trop de gravité, ni trop de sérieux, l’amour léger et volage : la recette des comédies musicales de la Belle Époque est bien connue. Après l’Amour Masqué, notre promenade avec Messager se prolonge, en compagnie d’une brillante équipe menée par Jacques Duparc. Ce joyaux lyrique idéal en temps de fêtes est un nouveau jalon de l’exploration de ce répertoire très populaire à son époque, servi par une qualité musicale tissée dans la finesse et la subtilité.

 

messager_andre_portrait_250_Créé au Théâtre de la Michodière, le 16 janvier 1926, Passionnément incarne le mieux l’idéal théâtral et lyrique de Messager alors septuagénaire, et aussi l’esprit pétillant nostalgique de L’Entre-Deux-Guerre, ses Années Folles, bercées d’insouciance et de claire appétit de vivre…
Très influencée par le musical hall (Polin Mayol), la nouvelle comédie musicale de Messager s’apparente à un théâtre vocal sans démonstration lyrique où s’affirme surtout le développement du drame et de la comédie : pas de choeur, pas de ballets ni de grands solos mais surtout deux bons chanteurs-acteurs dans les 2 rôles sentimentaux (Ketty et Robert).
Les airs subtilement intégrés aux dialogues parlés précipitent l’action offrant aux 3 portraits de femmes, des figures particulièrement abouties : l’épouse négligée, la maîtresse exclusive et possessive, la femme de chambre manipulatrice… auxquelles il convient d’ajouter des profils tout aussi prometteurs : le jeune dandy plutôt dépensier, l’époux trahi et manipulé …
Dans le genre de l’opérette légère, Passionément épingle les travers humains avec une verve et une finesse digne d’un Guitry. Sur le plan de l’écriture musicale, Messager se montre l’égale d’un Haendel ou d’un Mozart : sa virtuosité mélodique s’associe à l’élégance d’une inspiration jamais mécanique. Du très grand art.

 

Comédie musicale en trois actes
Livret d’Albert Willemetz et de Maurice Hennequin
Création le 16 janvier 1926 à Paris

Orchestre Symphonique Région Centre-Tours

Direction : Emmanuel Trenque
Mise en scène : Jacques Duparc
Décors : Christophe Vallaux
Costumes : Opéra de Tours
Lumières : Marc Delamézière

Ketty Stevenson : Catherine Dune
Julia : Chloé Chaume
M. Le Barrois : Jacques Lemaire
Le Capitaine Harris : Ronan Nédélec
Auguste : Jacques Duparc
Hélène Le Barrois : Cécile Galois
Robert Perceval : Régis Mengus
William Stevenson : Didier Henry

 

 

Comments are closed.