Gustav Mahler : Kindertotenlieder (1901-10904)

Mahler_gustav_profilEté 1907 à Maiernigg (Carinthie, Autriche):  Gustav Mahler passe comme d’habitude ses vacances au contact direct de la nature. Il a déjà composé les Kindertotenlieder (1901-1904): chant des enfants morts, immersion grave et pudique dans l’affliction la plus désenchantée et pourtant digne. Une diphtérie violente emporte à Maiernigg l’aînée de ses deux filles Maria Anna, seulement âgée de 4 ans et demi… Préssentiment étrange et troublant… de fait le cycle des 5 Kindertotenlieder est l’un des plus bouleversants témoignages de Mahler, père bientôt endeuillé.

 

 

Pour les enfants morts…

 

Etrange correspondance de faits: sur les poèmes de Rückert, qui lui-même avait perdu ses deux enfants, Mahler non encore endeuillé, témoigne de sa fascination bouleversé sur le thème des enfants morts: adolescent, il a ressenti très profondément la mort de son cadet direct Ernst à 13 ans, alors qu’il en avait 14 ans: frère adoré et amèrement regretté… d’autant qu’avant lui, était décédé Isidor son aîné qu’il ne connut jamais et que Ernst fait partie des 7 jeunes frères qui s’éteindront au sein de la famille … Etrange parenté des souffrances et des expériences: le fils de Rückert hélas disparu à cause d’une diphtérie, s’appelait également.. Ernst.

La mère de Maria Anna, Alma Mahler reprocha à son époux son choix de mettre en musique des textes aussi bouleversants, y voyant dans l’épreuve tragique qu’ils durent surmonter, la marque d’une malédiction… Le destin allait frapper encore le couple Mahler: Gustav dont on diagnostique une insuffisance cardiaque aggravé en 1907 également, meurt 4 ans plus tard (1911) et Alma remariée avec l’architecte Walter Gropius perd 30 années après sa fille Manon âgée de 18 ans: c’est l’ange du célèbre Concerto pour violon de Berg, Concerto  “à la mémoire d’un ange”...

1. Nun will die sonn’so hell aufgehn (le soleil va maintenant se lever radieux)

2. Nun seh’ich wohl warum so dunkkle flammen (Enfin je comprends pourquoi de si sombres flammes jaillissaient de vos yeux)

3. Wenn dein M¨tterlein (Lorsque ta petite mère rentre dans ta chambre)

4. Oft denk’ich, sie, sind nur ausgegangen (Je me dis souvent qu’ils n’ont fait que sortir)

5. In diesem wetter, in diesem braus (Par ce temps, dans cette tourmente)