André Cluytens

cluytens andre un francais a bayreuth wagnerien es meriteBiographie du chef AndrĂ© Cluytens. NĂ© en 1905 Ă  Anvers (Belgique), le chef AndrĂ© Cluytens est mort en 1967 Ă  Neuilly sur Seine. Il a marquĂ© l’interprĂ©tation de la musique symphonique française en particulier romantique (Berlioz, Bizet, Franck, Debussy, Ravel
) en un Ăąge d’or interprĂ©tatif propre aux annĂ©es 1950 et 1960. NĂ© flamand d’un pĂšre directeur d’opĂ©ra et chef d’orchestre Ă  Anvers et d’une mĂšre cantatrice, le jeune Augustin futur AndrĂ© avait tout pour devenir un maestro symphoniste, nĂ© pour diriger l’opĂ©ra. En 1927, Ă  22 ans, il remplace son pĂšre pour Les PĂȘcheurs de perles 
 premiĂšre expĂ©rience qui dĂ©cide de sa vocation musicale. Cluytens assure la crĂ©ation de SalomĂ© de Strauss en Belgique puis Ă  partir de 1932, passe en France oĂč il dirige Ă  Toulouse ‘Capitole), Lyon, Bordeaux, Vichy
 NaturalisĂ© français en 1939, Augustin devient AndrĂ© la veille de la guerre. Pendant les annĂ©es 1940, sa carriĂšre cependant se poursuit avec succĂšs : suspectĂ© Ă  la LibĂ©ration, il est cependant blanchi en 1946 et reprend son activitĂ© artistique. Il dirige l’OpĂ©ra Comique (1946-1953), l’Orchestre de la SociĂ©tĂ© des Conservatoires dĂšs 1942
 Chef reconnu, AndrĂ© Cluytens est invitĂ© Ă  diriger le Philharmonique de Berlin (de 1952 Ă  1966). Le chef fin et dramatique, passionnĂ© de culture française, est aussi, surtout un wagnĂ©rien de trĂšs haut vol : il dirige Ă  Bayreuth dĂšs 1955, Ă  l’invitation de  Wieland Wagner, admiratif de sa direction et de la sonoritĂ© de Cluytens (les deux hommes prĂ©senteront ensuite leur travail Ă  Paris dans les annĂ©es 1960 – Cluytens Ă©tant devenu directeur de l’OpĂ©ra parisien : cf. TannhaĂŒser de 1963) ; Vienne l’accueille avec Tristan und Isolde, et La Scala lui confie sa TĂ©tralogie. Les annĂ©es 1950 sont les plus fastes pour un maestro partout cĂ©lĂ©brĂ© pour sa subtilitĂ© et la fiĂšvre dramatique dont il est capable d’instiller en complicitĂ© avec les instrumentistes des orchestres qu’il dirige. En 1955, il est le premier français Ă  diriger rĂ©guliĂšrement Ă  Bayreuth (TannhaĂŒser, Les MaĂźtres Chanteurs, Parsifal et Lohengrin) ; il dirige le philharmonique de Vienne aux Etats Unis (1956), assure la crĂ©ation de la PremiĂšre Symphonie de Dutilleux Ă  la tĂȘte de New York Philharmonique (novembre 1957), enregistre Ă  Berlin avec le Philharmonique de Berlin l’intĂ©grale de Beethoven entre 1957 et 1960. C’est l’époque aussi oĂč (en 1960), Cluytens redevient belge, et dirige l’Orchestre national de Belgique qu’il hisse Ă  son niveau d’excellence jamais connu aprĂšs lui.

cluytens andre chef orchestre maestro classiquenewsEn 1965, il revient Ă  Bayreuth pour y diriger Parsifal (succĂ©dant alors Ă  Knappertsbush) : admiratifs et saisis, les spectateurs applaudissent alors pour la premiĂšre fois dans l’histoire du festival wagnĂ©rien, entre chaque acte : sacrilĂšge et consacration ! Outre son dramatisme stylĂ©, la direction d’AndrĂ© Cluytens frappe par son sens de l’équilibre, de la clartĂ©, son hĂ©donisme transparent et pourtant trĂšs dramatique, une Ă©lĂ©gance innĂ©e, toutes qualitĂ©s infĂ©odĂ©es Ă  une intelligence de l’architecture qui impose le chef lyrique ou symphonique. Cette alliance entre sensualitĂ© et discipline forge un style inimitable partagĂ© par le plus grands interprĂštes. Communiquant avec prĂ©cision et mesure, distillant son fameux sourire et l’éclat de son regard, AndrĂ© Cluytens savait transmettre ses idĂ©es aux musiciens qu’il dirigeait dont la soprano Anja Siljia (SalomĂ© lĂ©gendaire), et trĂšs proche du maestro dans les derniĂšres annĂ©es de sa vie. Le chef rare musicien sincĂšre et entier, perfectionniste et poĂšte, savait transformer l’interprĂ©tation en expĂ©rience humaine, artistique et mystique d’une intensitĂ© inouĂŻe. Le legs Ă©ditĂ© par Membran s’agissant des premiĂšres rĂ©alisations wagnĂ©riennes Ă  Bayreuth est donc incontournable. Un must pour tout wagnĂ©rien comme pour tout amateur de direction symphonique inspirĂ©e.

CD, coffret Ă©vĂ©nement. AndrĂ© Cluytens : le son Wagner dont rĂȘvait Wieland

600201_front300dpiCD, coffret. AndrĂ© CLUYTENS : conducting Wagner – Bayreuth live (1955, 1957, 1958). L’Ă©diteur Membran nous rĂ©gale : au moment oĂč Bayreuth peine Ă  convaincre et déçoit plutĂŽt annĂ©e aprĂšs annĂ©e par la faiblesse des mises en scĂšne et la confusion artistique qui pilote les choix et orientations du festival, le label Membran rĂ©Ă©dite en 10 cd, le legs wagnĂ©rien du chef AndrĂ© Cluytens sur la Colline Verte : un hĂ©ritage propre aux annĂ©es 1950 qui incarne un Ăąge d’or dans l’histoire de Bayreuth… Car Cluytens par son sens du drame et son intelligence sonore offrait enfin Ă  Wieland Wagner, directeur et metteur en scĂšne sur la Colline, ce son dont il avait toujours rĂȘvĂ©… EvĂ©nement dans l’histoire de la Colline Verte quand le chef français dirige pour la premiĂšre fois Ă  Bayreuth TannhaĂŒser de Wagner en 1955 : c’est le premier Gaulois dans la place. Wieland Wagner ne devait plus pouvoir se passer de sa direction affĂ»tĂ©e et dramatique qui laisse le chant se dĂ©ployer sur un tapis orchestral ciselĂ©. En 1956, Cluytens dirige la nouvelle production des MaĂźtres Chanteurs conçue par Wieland Wagner, puis Parsifal (en 1957 remplaçant Hans Knappertsbuch) ; enfin Lohengrin en 1958. TĂ©moin des rĂ©alisations de l’heure (le renouveau de Bayreuth dans les annĂ©es 1950), Anja Silva prĂ©cisa qu’en Cluytens, Wieland Wagner avait trouvĂ© le chef capable de lui offrir enfin la sonoritĂ© wagnĂ©rienne tant recherchĂ©e. NĂ© Belge en 1905 (Anvers), Cluytens ne tarde Ă  prendre la nationalitĂ© française : il devient directeur musical de la SociĂ©tĂ© des Concerts du Conservatoire Ă  Paris (alors occupĂ©, 1943) puis dirige l’OpĂ©ra-Comique (1947-1953). Cluytens meurt Ă  Paris en 1967. En 1965, le maestro revient Ă  Bayreuth diriger Parsifal : pour la premiĂšre fois dans l’histoire du Festival wagnĂ©rien, – consĂ©cration ou sacrilĂšge, les spectateurs mĂ©dusĂ©s applaudissent entre les actes ! …

 

 

 

AndrĂ© Cluytens : le son Wagner dont rĂȘvait Wieland

 

cluytens andre un francais a bayreuth wagnerien es meriteUn français Ă  Bayreuth. Le coffret de 10 cd Ă©ditĂ© par Membran comprend l’intĂ©grale des opĂ©ras Lohengrin (1958, avec Astrid Varnay, Sandor Konya, Ernest Blanc dans les rĂŽles d’Ortrud, Lohengrin et Telramund sans omettre l’immense Leonie Rysanek en Elsa), TannhĂ€user (1955 avec Wolfgang Windgassen, Dietrich Fischer Dieskau dans les rĂŽles de TannhĂ€user et Wolfram) et Les MaĂźtres Chanteurs de Nuremberg (1957 avec Gustav Neidlinger, Elisabeth GrĂŒmmer dans les rĂŽles de Sachs et Eva). Parution annoncĂ©e le 26 juin 2015. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

LIRE aussi notre biographie d’AndrĂ© Cluytens

 

 

 

Centenaire du ténor Wolfgang Windgassen (1914-1974)

Windgassen-Wachter-1963-275NĂ© en 1914 Ă  Annemasse (Haute-Savoie), Wolfgang Windgassen incarne le tĂ©nor wagnĂ©rien par excellence, loin des caricatures actuelles qui s’entĂȘtent Ă  imposer l’image d’un hurleur surpuissant, poitrinĂ©, sans Ă©clat ni nuances. La preuve apportĂ©e par Windgassen marque l’histoire des grands interprĂštes Ă  Bayreuth dont le sens du verbe, la clartĂ© plutĂŽt que la vocifĂ©ration laissent un standard d’excellence encore aujourd’hui difficile Ă  renouveler. FormĂ© au chant par ses parents, -tous deux chanteurs lyriques, Wolfgang est recrutĂ© par Wieland Wagner Ă  Bayreuth en 1951 (pour y chanter Froh et dĂ©jĂ  Parsifal) : il y chante tous les rĂŽles importants, assurant parfois en quelques semaines, plusieurs parties dans des opĂ©ras diffĂ©rents, attestant d’une santĂ© sidĂ©rante : Lohengrin, Tristan, Siegmund (Walkyrie), Siegfried (Ring), Walther (Les MaĂźtres Chanteurs), et bien sĂ»r, Parsifal.

Centenaire du ténor allemand légendaire Wolfgang Windgassen, héros bayreuthien

A Bayreuth, il s’affirme sous la baguette de grands chefs dont Clemens Krauss (Bayreuth 1953), Joesph Keilberth et Eugen Jochum (pour Lohengrin), et dans les annĂ©es 1960 : Sawallisch, Solti (qui l’engage pour sa premiĂšre intĂ©grale discographique stĂ©rĂ©o du Ring : 1958-1966 oĂč le tĂ©nor allemand chante un siegfried anthologique), enfin Karl Böhm.

Au dĂ©but des annĂ©es 1970, il s’illustre dans la mise en scĂšne, puis, de 1970 Ă  sa mort en 1974 (8 septembre), dirige l’opĂ©ra de Stuttgart, une ville qui avait accueilli ses annĂ©es de perfectionnement. Chez Windgassen, l’intelligence du chanteur, comblĂ© par une technique de diseur exceptionnel, se mariait Ă  un jeu d’acteur souvent irrĂ©sistible. Wolfgang Windgassen a Ă©tĂ© aussi un excellent RadamĂšs (Aida de Verdi).

 

Illustration : Wolfgang Windgassen (debout) Ă  Bayreuth