CD. Rameau : Les Indes Galantes (Hugo Reyne, 2013)

rameau-les-indes-galantes-hugo-reyne-simphonie-marais-cd-CD. Rameau : Les Indes Galantes (Hugo Reyne, 2013)… Parlons de l’Å“uvre d’abord. S’il y a bien un “cas” Hippolyte et Aricie, scandale retentissant et coup de génie sur la scène lyrique et tragique en 1733, il y eut bien un nouvel accomplissement tout autant capital dans l’art français avec Les Indes Galantes de 1735/1736…. Au début des années 1730, le quinqua Rameau y renouvelle considérablement le genre de l’opéra ballet légué par Lully et Campra (L’Europe Galante de 1697), mais le Dijonais va plus loin et ose plus fort : la galanterie ici unit les parties disparates (les quatre entrées), et la danse unifie le propos avec l’essor du ballet héroïque et d’action.

 

 

 

Hugo Reyne souligne l’éclat poétique des Indes Galantes de Rameau

Live viennois enthousiasmant

 

Mais, exigence du sens oblige, et soucieux d’une dramaturgie pas que décorative, Rameau et son librettiste Fuzelier, développent aussi une satire de la société française (comme l’a fait Montesquieu dans ses Lettres persanes de 1721) : sous couvert de badinerie exotique (Les Indes sont orientales donc persanes, mais aussi occidentales, donc des Amériques), les deux satiristes pourfendeurs tendent le miroir (comme dans Platée) à leurs contemporains, et Rameau si peu courtisan et frappé de lucidité quant à la comédie humaine, y épingle les travers les plus ignobles du genre humain. L’homme en société est un monstre que la candeur et l’innocence du bon sauvage sait dénoncer par contraste. La sociabilité corrompt le coeur humain que la musique de l’enchanteur Rameau sait retrouver à sa source : le prétexte exotique et le registre amoureux et tendre permettent de réaliser cette miraculeuse redécouverte. Un retour aux sources d’une certaine manière que la magie d’une musique enchanteresse réactive… Lire notre critique complète des Indes Galantes de Rameau par Hugo Reyne