Otello de Verdi Ă  Sao Paolo

VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402Sao Paolo, Teatro Municipal. Verdi : Otello. Les 12, 14, 15, 17, 18, 21, 22, 24, 27 mars 2015. Avec Kunde, Kos, Esteves, sous la direction de Neschling et dans la mise en scène de Del Monaco.  Ici s’affronte deux virilitĂ©s : l’une manipulatrice et destructrice, Iago ; l’autre, lumineuse mais influençable, Otello. Chypre est le théâtre de la vengeance haineuse du premier : Iago (baryton) qui prĂ©cipite la chute de son rival le capitaine Cassio (qu’il enivre) et dont il fait insidieusement l’amant supposĂ© de DesdĂ©mone ; ainsi, Iago suscite aussi la folie du gĂ©nĂ©ral victorieux : rongĂ© par le soupçon quant Ă  la loyautĂ© fidèle de son Ă©pouse DesdĂ©mone. DĂ©truit et atteint, Otello finit par la tuer puis se suicider en comprenant son erreur et la machination dont il est la victime aveugle. Verdi et Boito ont portraiturĂ© avec soin le visage diabolique de Iago dont il font un ĂŞtre façonnĂ© par le mal et la jalousie (son credo mephistofĂ©lique au dĂ©but du II). C’est lui qui tire les ficelles, avec d’autant plus de facilitĂ© que DesdĂ©mone, Otello, Cassio paraissent bien crĂ©dules voire passifs sur l’Ă©chiquier de ses intrigues. Otello semble mĂŞme impressionnable et faible : il gifle et violente son Ă©pouse devant les ambassadeurs vĂ©nitiens (III), avant d’Ă©touffer son Ă©pouse au IV… Fervent admirateur de Shakespeare (avec Schiller), Verdi atteint au sublime tragique dans ce drame noir et crĂ©pusculaire oĂą le hĂ©ros s’aperçoit trop tard de son aveuglement haineux et criminel. Après avoir composĂ© surtout de sublimes rĂ´les pour voix de baryton (souvent des pères aimants et gĂ©nĂ©reux : tels Stiffelio, Rigoletto, Boccanegra…), Verdi offre Ă  tous les tĂ©nors les plus dramatiques, un superbe rĂ´le mettant en avant surtout leur performance d’acteur. C’est logiquement dans ce rĂ´le que la planète lyrique attend l’indiscutable et charismatique Jonas Kaufmann.

boutonreservationOtello de Verdi au Teatro Municipal de Sao Paolo.
Les 12,14,15,17,18,21,22,24,27 mars 2015.
Avec Kunde, Kos, Esteves,
sous la direction de Neschling et dans la mise en scène de Del Monaco.