COMPTE-RENDU, concert. LILLE, ONL : Hitchcock symphonique, sam 31 oct 2020, Nouveau SiĂšcle.

VERTIGO-PSYCHOSE-Hitchcock-orchestre-national-de-lille-hermann-classiquenews-concertCOMPTE-RENDU, concert. LILLE, ONL : Hitchcock symphonique (Psychose, Vertigo, extraits), sam 31 oct 2020, Nouveau SiĂšcle. MalgrĂ© le confinement, l’Orchestre National de Lille maintient son activitĂ© pour notre plus grand plaisir. La soirĂ©e traverse, – Halloween et Toussaint oblige-, des paysages intĂ©rieurs tendus d’une grande force psychologique, Ă©cho Ă  l’écriture labyrinthique du sorcier Hitchcock. Plusieurs extraits de deux films marquants sont jouĂ©s sur la scĂšne de l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille, sans public, en diffusion sur internet, depuis la chaĂźne Youtube de l’Orchestre National de Lille.
En une musique haletante comme une course Ă  l’inĂ©luctable issue tragique, les cordes  Ă©grĂšnent leur mĂ©lodie entĂȘtante traversĂ©e de secousses aigres : la musique du New Yorkais Bernard Hermann pour Psychose de 1960 (PrĂ©lude, la ville) se dĂ©ploie comme une formidable immersion symphonique, Ă  la fois mystĂ©rieuse et suspendue, que les musiciens de l’ONL – cordes seules tout d’abord, expriment avec une clartĂ© tĂ©nĂ©breuse idĂ©ale. Le motif amoureux de “Marion” berce un temps, Ă©chappĂ©e fugitive en eaux poisseuses. Mais la mĂ©canique implacable de Hermann s’accomplit ; mĂȘme sans les images du film, la puissance Ă©vocatrice du compositeur est terriblement efficace : jusqu’aux cordes suraigus comme des coups incisifs de “Meurtre”, sĂ©quence musicale dĂ©sormais mythique. Sous la direction trĂšs aĂ©rĂ©e de Ernst Van Tiel, les instrumentistes masquĂ©s convainquent par leur sens des respirations, une Ă©coute dĂ©cuplĂ©e, un son d’un criante voluptĂ© : est-ce la disposition plus distancĂ©e qui opĂšre ainsi ?

Changement de climats avec l’Ă©toffe plus scintillante de Vertigo (Sueurs froides, 1958), tous les pupitres (cors, harpes, clarinettes, cĂ©lesta
) semblent distiller une petite musique intĂ©rieure de plus en plus ample aux rĂ©sonances somptueuses et solennelles, puis confuses et menaçantes comme l’intranquillitĂ© d’un cauchemar, comme si la musique manifestait clairement l’activitĂ© de la psychĂ© dont l’image Ă  l’écran serait le produit et le prolongement. Le jeu des timbres, le dialogue entre les pupitres, la construction prenante de plus en plus menaçante confirment le talent fantastique, ses Ă©carts lyriques souvent vertigineux de Bernard Hermann (intimisme d’Au coin du feu) dont les sons et les alliages ont beaucoup ƓuvrĂ© Ă  la rĂ©ussite et Ă  l’impact visuel des scĂ©narios d’Hitchcock. On berce constamment entre rĂȘve et rĂ©alitĂ©, Ă  la frontiĂšre de la conscience et de la volontĂ© (“ScĂšne d’amour” finale), du souvenir Ă  la rĂ©itĂ©ration plus brumeuse (Ă©vocation Ă©thĂ©rĂ©e, arachnĂ©nenne de “la Fille” / “La couleur des cheveux”)
 la conception relĂšve du cheminement proustien : la subtilitĂ© de l’évocation marque de façon indĂ©lĂ©bile l’esprit ; la violence et la force de l’épisode sont d’autant plus prenantes que le motif musical est d’une fluiditĂ© immatĂ©rielle, d’une lĂ©gĂšretĂ© aussi ineffable que dĂ©chirante ; en cela la tenue des musiciens de l’Orchestre Lillois captive d’un bout Ă  l’autre : le final de Vertigo a mĂȘme des accents wagnĂ©riens comme rĂ©flexion enivrĂ©e, interrogation Ă©perdue et obsessionnelle sur le mystĂšre de l’amour. A l’initiative de l’ON LILLE Orchestre National de Lille, l’expĂ©rience symphonique est un festival de nuances et d’accents, et au-delĂ , un formidable appel Ă  l’imaginaire. Heureuse proposition digitale qui berce et nourrit l’ñme en ces temps de confinement.

 

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REVOIR Musiques de Psychose et Vertigo / Hitchcock par l’ON LILLE

 

 

 

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CONCERT DISPONIBLE EN REPLAY, sur la chaüne YOUTUBE de l’ON LILLE Orchestre National de Lille :
https://www.youtube.com/watch?v=BmVsG0gU81U

Extraits de PSYCHOSE
[Titre original : Psycho]
Film d’Alfred Hitchcock, États-Unis, 1960
PrĂ©lude – La Ville / Prelude – The City
Marion
La chambre d’hîtel / Hotel Room
Le meurtre / The Murder
Le marais / The Swamp
Le porche – Les escaliers – Le couteau / The Porch – The Stairs – The Knife

 

 

Extraits de VERTIGO
[Titre français : Sueurs froides]
Film d’Alfred Hitchcock, États-Unis, 1958
Prélude & Le toit / Prelude & Roof-top
Au coin du feu / By the Fireside
Le cauchemar / The Nightmare
Le passé / The Past
La fille / The Girl
La couleur de cheveux / The Hair Color
Scùne d’amour / Love scene

Musique de Bernard Herrmann
Mise en scùne d’Alfred Hitchcock

 

Orchestre National de Lille
Ernst van Tiel, direction
Fernand Iaciu, Violon solo

 

 

Concert Williams, Herrmann, Barber Ă  l’OpĂ©ra de Tours

John+Williams+PNG+VersionTours, OpĂ©ra. Concert Williams, Herrmann, Barber, les 25 et 26 janvier 2014. Musique et cinĂ©ma au programme des deux concerts – les premiers de l’annĂ©e 2014 de la saison symphonique 2013-2014 Ă  l’OpĂ©ra de Tours-, des 25 et 26 janvier 2014.
Immersion tout d’abord dans le film de Hitchcock, Psychose grĂące Ă  la musique composĂ©e pour le film par Bernard Herrmann : l’impact du son Ă  l’image frappe immĂ©diatement l’imaginaire du spectateur, la fameuse scĂšne du crime sous la douche gagne grĂące aux cordes troublantes et menaçantes, un vrai climat d’angoisse et de peur. Le film d’Hitchcock n’ a rien perdu de son aura comme l’indique le trĂšs grand succĂšs de la nouvelle sĂ©rie Bates Motel qui rĂ©tablit l’enfance de Norman Bates, le fils schizo de Psychose… en soulignant en particulier, la relation fusionnelle de Norman avec sa mĂšre.

Psychose, Star Wars : musiques du cinéma américain

Suit en fin de partie, le lyrisme Ă©chevelĂ© de l’une des sagas les plus stimulantes au grand Ă©cran : Star Wars rĂ©alisĂ© par George Lucas. C’est Steven Spielberg qui recommande Williams pour la musique de Star Wars…  Ă©pique, sidĂ©rale, mystĂ©rieuse. John Williams a composĂ© la bande son de nombreux longs mĂ©trages, tous des succĂšs phĂ©nomĂ©naux, soulignant l’impact de la combinaison son/images quand elle est rĂ©ussie : Les dents de la mer (1975), Rencontres du troisiĂšme type (1977), Superman (1978), Les aventuriers de l’arche perdue (1981), L’Empire du Soleil (1987) qui marque l’apogĂ©e d’une inspiration couronnĂ©e par plusieurs oscars.
La musique de Star War remonte Ă©galement Ă  1977. Williams composera ensuite la bande son de L’empire contre attaque (1980) puis La menace fantĂŽme (1999). D’une sensibilitĂ© romantique et instrumentale, Williams opĂšre comme Wagner, en crĂ©ant une totalitĂ© organique grĂące au jeu des motifs musicaux (leitmotiv), lesquels caractĂ©risent une situation, un personnage, un climat… thĂšmes de la force, thĂšme principal, d’Obi-Wan Kenobi, de Luke Skywalker, de la princesse LeĂŻa de Yoda, trompettes de la marche impĂ©riale… autant de motifs dont les tableaux visuels sont durablement inscrits dans l’imaginaire collectif de tous les cinĂ©philes.

Entre ces deux Ă©popĂ©es symphoniques riches en suggestions visuelles, – un vrai dĂ©fi pour l’orchestre dirigĂ© par Jean-Yves Ossonce-, le Concerto pour violon de Samuel Barber : ainsi s’accomplit le triptyque amĂ©ricain du premier concert 2014 de l’OSRCT. Le Concerto pour violon de Barber date de 1940, portant parfois avec une fantaisie dĂ©concertante, des inflexions nettement jazzy (mouvement 1).

Ce sont trois oeuvres nouvelles dans le rĂ©pertoire de l’OSRC-T, pour une incursion dans la musique symphonique amĂ©ricaine.

Opéra de Tours
OSRCT
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
saison symphonique 2013-2014

Samedi 25 janvier 2014, 20h
Dimanche 26 janvier 2014, 17h

Fanny Clamagirand, violon
Jean-Yves Ossonce, direction

Bernard Herrmann
Suite pour orchestre “Psycho”

Samuel Barber
Concerto pour violon, op.14

John Williams
Star Wars, Suite symphonique

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Illustration : John Williams, le gĂ©nial compositeur de la musique de Star Wars, mais pas seulement … (DR)