Palmyre massacrĂ©e : l’arc de triomphe est dĂ©truit

SYRIA-CONFLICT-PALMYRA-JIHADISTS-FILESPalmyre citĂ© martyre. L’arc de triomphe est dĂ©truit. Sous le joug de l’Etat Islamique (Daech),depuis le 21 mai dernier, le pompei syrien disparait peu Ă  peu dans l’indiffĂ©rence mondiale. Les nouvelles de la citĂ© antique de Palmyre (210 km au NE de Damas), joyau archĂ©ologique de première valuer ne cessent d’être alarmantes, suscitant une sĂ©rie de pertes irrĂ©parables pour l’humanitĂ©. C’est choc après choc : après la destruction du lion d’Al-lat, du temple de Baal / BĂŞl, les djihadistes ont dĂ©truit dimanche 4 octobre 2015, l’admirable arc de triomphe composĂ© de 3 arches. « Nous vivons une catastrophe » dĂ©clare Mamoun Abdelkarim, chef des antiquitĂ©s syriennes. En septembre, plusieurs tours funĂ©raires ornĂ©es de superbes reliefs sculptĂ©s ont Ă©tĂ© dynamitĂ©s. SituĂ© entre la rue Ă  colonnades et le centre de la citĂ©, l’arche monumental Ă©tait le fleuron et l’emblème de la perle du dĂ©sert syrien (classĂ© au patrimoine mondial). Prochain objectif visĂ© par Daech : dĂ©truite Ă  prĂ©sent l’amphithéâtre et la colonnade qui jouxte l’ex arc de triomphe. En aoĂ»t, les djihadistes n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  dĂ©capitĂ© le chef des AntiquitĂ©s de Palmyre, alors âgĂ© de 82 ans. Au total, depuis le dĂ©but de la guerre en Syrie, plus de 900 monuments et sites antiques ont Ă©tĂ© dĂ©truits, aux cĂ´tĂ©s des 240.000 morts.

Prochain monument dans le collimateur de Daech, la sublime colonnade de Palmyre :

Syria : Palmyra antique city captured by the Islamic state

Palmyre (Syrie), cité martyre a perdu son joyau, le temple de Bêl

palmyre cite syrie cite martyr ete 2015

 

 

Palmyre (Syrie), citĂ© martyre a perdu son joyau, le temple de BĂŞl, dynamitĂ© et dĂ©finitivement dĂ©truit par le groupe Ă©tat islamique. Après la destruction importante le 24 aoĂ»t dernier, du temple de Baalshamin, l’Organisation des Nations unies a confirmĂ© lundi 31 aoĂ»t que des images satellite indiquaient la destruction du temple de BĂŞl, monument le plus spectaculaire de la citĂ© antique. Le groupe Etat Islamique (EL) en avait revendiquĂ© la destruction plus tĂ´t dans la journĂ©e. Le temple de BĂŞl, une rangĂ©e de colonnes proche ont bel et bien Ă©tĂ© dĂ©truits, selon un communiquĂ© de l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (Unitar).

 

khaled-al-kassad-syrie-palmyreMi-aoĂ»t 2015, les djihadistes avaient exĂ©cutĂ© l’ancien directeur des AntiquitĂ©s du site, l’érudit Khaled Al-Assaad (il avait 82 ans et a Ă©tĂ© dĂ©capitĂ© le 18 aoĂ»t 2015). Khaled Al-Assaad Ă©tait l’un des rares spĂ©cialistes capables de lire le palmyrĂ©nien ancien, d’identifier et authentifier les statues et reliefs. MalgrĂ© des menaces directes, l’archĂ©ologue et chercheur n’avait jamais quittĂ© le site dont il Ă©tait l’âme.

 

 

Palmyre martyrisĂ©e : le lion d’Al-lat / AthĂ©na n’est plus

palmyre-lion-d-al-lat-athena-detruit-Palmyre martyrisée. Les islamistes ayant conquis le site antique de Palmyre ont détruit des statues anciennes et le fameux lion d’Al-lat, borne monumentale (3m de haut, 15 tonnes) jusque là fière emblème située à l’entrée du musée de Palmyre. « C’est le plus grave crime commis par les djihadistes contre la patrimoine syrien » précise le responsable du département des musées de Syrie, Maamoun Abdelkarim. Découverte en 1977, datée du 1er siècle avant JC, le lion rugissant a la gueule ouverte, et tient entre ses pattes une gazelle remarquablement détaillée, manifeste raffiné, à la fois symboliste et réaliste de l’art animalier propre aux sculpteurs de Palmyre. Le lion est l’animal gardien de la déesse Al-lat, déesse préislamique, assimilée à Athéna à l’âge d’or de Palmyre au IIIè siècle après JC, et depuis lors le félin magnifique était appelé lion d’Athéna. Sa destruction fait suite au pillage de nombreuses tombes et à la destruction de mausolées islamiques, assimilés à de l’idôlatrie.
Palmyre est classée par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.

 

Le lion de Palmyre ne rugira plus

 

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Palmyre forever

PALMYRE NE SERA PLUS QU’UN OPÉRA? Dimanche 17 mai 2015,  vers minuit, l’organisation terroriste DAESH est entrée dans les secteurs nord de Palmyre, la perle du désert syrien.  Evidemment que pour le lecteur d’un magazine musical, cette information est une redondance, peut-être fastidieuse,  des dépêches de l’AFP ou de REUTERS. Si le propre du journalisme, même spécialisé, est d’informer, pourquoi réserver l’émoi informatif aux seuls médias généralistes ?

Great Colonnade

 

 

Palmyre forever

La prise en otage et, pire encore, l’anéantissement des sites immémoriaux du Croissant Fertile n’incombent pas que la politique, l’archéologie ou l’économie militaire. La musique est aussi concernée dans le cœur même de son existence : l’inspiration. Si l’on doit revenir sur les sites vandalisés et saccagés tels l’antique Nimrod ou les murs de Ninive, le mélomane les retrouverait à chaque fois que résonne la Semiramide de Rossini et même dans pléthore d’opéras du baroque.

zenobie palmyreEt Palmyre, la mythique cité de Zénobie ? Source d’inspiration des livrets de Matteo Norris et surtout du génial Metastasio dont la Zenobia a été mise en musique par des prestigieux compositeurs tels Hasse, Piccinni, Paisiello et Perez.  Pourquoi laisser cette musique pâtir de son abandon et que le site même qui fit rêver les artistes devienne la pâture de la barbarie ? Pour les moins baroqueux, c’est à Palmyre que se déroule l’action de l’Aureliano in Palmira, un des premiers opéras de Rossini (1813) dont l’ouverture est un tube absolu parce qu’elle fut réutilisée dans son Barbiere di Siviglia en 1816.

Faut-il sauver Palmyre ? La contemplerons nous derrière un écran sombrer sous les pioches et la dynamite ? Malheureusement il ne suffit plus d’écouter la musique. Ne laissons pas les jalons de notre histoire humaine, devenir, par le seul mandat du chaos, de vieux souvenirs ruinés, des légendes faites de poussière.  Et pourtant, si Palmyre devait périr, elle survivra encore à ses décombres par la scène et la musique !