LE TROUVERE dans les rues de ROUEN (sam 2 oct 2021, 18h)

opera-de-rouen-normandie-trouvere-2-oct-2021-critique-opera-classiquenewsOPERA de ROUEN. Sam 2 oct 2021, 18h. En direct à ROUEN sur grands écrans. Malgré une météo guère agréable (pluie continue ce samedi 2 octobre 2021), l’Opéra de Rouen affiche Le Trouvère de Verdi à 18h, sur 20 écrans géants dans les rues de Rouen, en direct depuis la scène du Théâtre des ARTS à Rouen. 300 transats attendent les amateurs place de la Cathédrale : une expérience collective exemplaire qui s’apparente à un retour à la vie normale post-covid (sans pass sanitaire mais masque obligatoire). Diffusion simultanée sur la page facebook de France3 Normandie / à l’entracte : entretiens dans les coulisses avec l’équipe de production : les metteurs en scène du studio Clarac-Deloeuil > Le Lab, la mezzo-soprano Sylvie Brunet-Grupposo, le directeur musical Pierre Bleuse.

PLUS D’INFOS sur le site de l’opéra de Rouen Normandie :
https://www.operaderouen.fr/saison/21-22/opera-en-direct/

Equipe artistique :
Direction musicale : Pierre Bleuse
Mise en scène, scénographie, costumes :
Clarac-Deloeuil > Le Lab

Le Comte de Luna : Lionel Lhote
Leonora : Jennifer Rowley
Azucena : Sylvie Brunet-Grupposo
Manrico : Ivan Gyngazov

Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie
Chœur accentus / Opéra de Rouen Normandie

CRITIQUE, Opéra. Opéra de Rouen, le 9 juin 2021. VERDI : Simon Boccanegra. Dario Solari, Klara Kolonits, Otar Jorjikia, Jongmin Park, Kartal Karagedik… P. Himmelmann / A. Allemandi.

CRITIQUE, Opéra. Opéra de Rouen, le 9 juin 2021. VERDI : Simon Boccanegra. Dario Solari, Klara Kolonits, Otar Jorjikia, Jongmin Park, Kartal Karagedik… P. Himmelmann / A. Allemandi. De tous les opéras de la « seconde période » de Verdi, Simon Boccanegra reste le plus méconnu. Son intrigue passablement compliquée et les invraisemblances de son livret, associées à une musique qui est presque continue et d’où ne se détachent quasiment pas d’airs spectaculaires et destinés à servir les chanteurs, en font une œuvre encore difficile pour le grand public – on connaît les déboires de sa création et sa révision, plus de vingt ans après, par Verdi lui-même. Pourtant, derrière la couleur sombre dans laquelle baigne tout le drame et par-delà les rebondissements rocambolesques de son histoire, perce une lumière humaniste parfaitement représentative de la pensée de son auteur.

 

 

 

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Simon Boccanegra à l’Opéra de Rouen Normandie (DR)

 

 

 

On sait aussi qu’avec l’ouvrage de Giuseppe Verdi – titre à l’affiche pour la réouverture de l’Opéra de Rouen Normandie (après 13 mois de fermeture, comme l’indique douloureusement en préambule Loïc Lachenal, le directeur de l’institution normande…) -, la difficulté pour le metteur en scène est d’animer une intrigue singulièrement statique, tout en tentant d’éclaircir certains rebondissements aux yeux du spectateur. Le régisseur allemand Philipp Himmelmann se concentre sur le personnage principal, en imaginant un spectacle situé dans un XXe siècle aux contours indéterminés, d’un dépouillement aussi austère qu’anxiogène : le décor unique d’une vaste pièce aux hauts murs, aux tapisseries défraîchies, percées de multiples portes. Dans le Prologue ainsi que pour le tableau final, un cube s’y encastre et laisse entrevoir le cadavre de Maria pendue au bout d’une corde (meurtre ou suicide ?), tandis qu’un énigmatique cheval (bien vivant, lui) se tient aux côtés de la dépouille. A la fin, Simon viendra expirer sous le cadavre de l’être aimé. Quant à la mer, si présente dans la partition et le livret de Piave et Boito, elle apparaît sous la forme d’un grand tableau tout en largeur, qui reste quasi omniprésent tout au long de la soirée.

La distribution rallie tous les suffrages, à commencer par Dario Solari qui campe un Simon d’un bel aplomb et d’une belle solidité : le baryton uruguayen possède un timbre racé et une réelle musicalité qui lui permet de nombreuses nuances, mais surtout ce surplus d’humanité qui fait qu’il est pleinement le personnage. La soprano hongroise Klara Kolonits, Amelia, fait également démonstration de grands moyens : sa voix est particulièrement large, mais bien conduite et souple. Et si les sons filati sont quelque peu hors de sa portée, on se laisse facilement emporter par ses moyens aussi beaux que généreux. Cultivant un chant de qualité supérieure, la basse coréenne Jongmin Park épate en Jacopo Fiesco par l’ampleur et la puissance de sa voix, ainsi que par la profondeur et le magnétisme de son timbre, mais l’émission reste un peu dans les joues au détriment des voyelles insuffisamment diversifiées. Le ténor géorgien Otar Jorjika est quant à lui un Adorno prometteur, très engagé et motivé, au timbre généreux et à l’aigu épanoui. Éblouissant Posa à Anvers il y deux ans, le baryton turc Kartal Karagedik renouvelle notre enthousiasme grâce à sa présence scénique et un raffinement vocal qui révèlent un acteur / chanteur d’exception.

L’excellent chef italien Antonello Allemandi parvient à rendre la sombre ardeur de la partition de Verdi en sonorités puissamment modelées et empreintes de mystère. La contribution des cordes se distingue notamment par une vigoureuse plasticité, et la disposition de la phalange normande sur le parterre plonge l’audience directement dans la musique. Sous sa direction, l’Orchestre maison est, de bout en bout, admirable de cohésion, de clarté et de pugnacité, tandis que le chœur Accentus / Opéra de Rouen Normandie se montre lui aussi au-delà de tout éloge. Une grande soirée verdienne !

 

 

 

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CRITIQUE, Opéra. Opéra de Rouen, le 9 juin 2021. VERDI : Simon Boccanegra. Dario Solari, Klara Kolonits, Otar Jorjikia, Jongmin Park, Kartal Karagedik… P. Himmelmann / A. Allemandi.