LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : l’Ă©dition 100% digitale !

lille-pianos-festival-2020-annonce-concerts-festival-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : 100% digital, les 12, 13 et 14 juin 2020 – Crise sanitaire oblige, le LILLE PIANO(S) FESTIVAL est en 2020, 100% DIGITAL. Le Festival propose tout un cycle de concerts gratuits en direct et en rediffusion sur la chaĂźne youtube et la page facebook de l’Orchestre National de Lille (ON LILLE). Au total sur 3 jours, 30 artistes invitĂ©s dans plusieurs programmes entiĂšrement numĂ©rique. Ce sont 19 concerts en direct ou en diffĂ©rĂ© qui porteront la flamme d’un festival parmi les plus importants de la capitale lilloise. Les performances sont assurĂ©es depuis l’auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille mais aussi Brooklyn, Philadelphie, Amsterdam et Bruxelles ! Les musiciens de l’Orchestre National de Lille participent Ă©videment Ă  l’évĂ©nement. Alexandre Kantorow (laurĂ©at du dernier Concours Tchaikovski de Moscou, 2019) ouvre le bal avec un concert dĂšs le 12 juin depuis le Nouveau SiĂšcle Ă  Lille… En en clĂŽture, le Concerto n°3 pour piano et orchestre de BEETHOVEN (250 ans oblige en 2020 !), avec l’excellent David Kadouch accompagnĂ© par l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre Bloch (version pour orchestre Ă  cordes, car l’orchestre a tenu Ă  respecter les mesures sanitaires) : Dim 14 juin 2020, 20h – 20h40.

La programmation complĂšte et les programmes des concerts sur le site de l’Orchestre National de Lille / page dĂ©diĂ©e au Festival LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020, un festival entiĂšrement digital : https://www.onlille.com/saison_19-20/lille-pianos-festival/

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VIVRE EN DIRECT Le LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020
sur Youtube
https://www.youtube.com/watch?v=zTniJB0ZeCc&fbclid=IwAR0WJttJu82PhUC_J6Tu-PUgMeBfx3NUR6nCut-RSKqbclBMPLu0N8I6Hk0

cliquez ici pour suivre le LILLE PIANO(S) FESTIVAL : lille-pianos-festival-digital-en-direct-sur-youtube-classiquenews

 

 

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Les 12, 13 et 14 juin 2020, les artistes conviĂ©s par l’Orchestre National de Lille pour son LILLE PIANO(S) FESTIVAL s’invitent chez vous, pendant 3 jours. Tous les concerts se vivent en direct et en replay sur la chaĂźne YOUTUBE Orchestre National de Lille. Outre la diversitĂ© des programmes et des profils, le cycle Ă©vĂ©nement, Lille Piano(s) festival 2020 est aussi un dĂ©fi technologique comprenant plusieurs captations depuis Philadelphie, New York ou Amsterdam
 de quoi, avant de pouvoir prendre l’avion, nous donner des ailes. AprĂšs le confinement et alors que les salles de concerts et d’opĂ©ras sont encore Ă  l’arrĂȘt, sans public, l’Orchestre National de Lille nous offre un somptueux cadeaux, riche en ivresse et vertiges prometteurs


TEMPS FORTS
L’ouverture du Festival (ven 12 juin) est un temps fort avec un tremplin remarquable aux nouveaux temĂ©praments ; celui de la trompettiste Lucienne Renaudin Vary Ă  20h (avec FĂ©licien Brut, accordĂ©on : rĂ©cital trompette et accordĂ©on) puis Ă  20h30 : rĂ©cital de piano du 1er Prix du Concours international Tchaikovski, Alexandre Kantorow, qui joue Brahms (Ballades et Sonates n°3).
LILLE PIANO(S) Festival 2020 cĂ©lĂšbre Ă©videmment les 250 ans de la naissance de Beethoven : c’est un fil rouge qui traverse les 3 journĂ©es. IntĂ©grale des Sonates piano et violoncelle (Jonas Vitaud et Victor Julien-LaferriĂšre : sam 13 juin, 19h (Sonates 2, 4 et 5), puis dim 14 juin, 19h (Sonates 1 et 3) ; depuis Philadelphie, Jonathan Biss joue les Sonates pour piano PathĂ©tique opus 13, n°27 opus 90, n°32 opus 111, samedi 13 juin 2020 Ă  21h30 (1h). En clĂŽture, l’excellent David Kadouch aborde le Concerto pour piano et orchestre n°3 (concert de clĂŽture), avec l’ONL et Alexandre Bloch.

 

JAZZ
Depuis Amsterdam (Studio 150 Bethlehemkerk), Xavi Torres Trio, ven 12 juin 2020 Ă  19h (durĂ©e : 40 mn) ; puis Ă  22h, mĂȘme jour, rĂ©cital trompette et piano : Erik Truffaz & Estreilla Besson. Depuis New York, le pianiste Dan Tepfer : natural machines, dim 14 juin Ă  21h.

 

JEUNE PUBLIC
Ciné concert pour les petits (dÚs 3 ans) : « Décrocher la lune » par Ollivier Leroy et Pierre-Yves Prothais, dim 14 juin à 11h. Piano Zolo (Romain Dubois) : concert pour toute la famille, dim 14 juin à 14h

 

 

Les « PLUS »

Le Festival a conçu en marge des concerts proprement dits, plusieurs « intermĂšdes », bulles musicales et bords de scĂšnes avec la complicitĂ© d’Alexandre Bloch, François Bou et le compositeur Julien Joubert : ven 12 (18h30 et 22h50), sam 13 (18h et 22h25), dim 14 juin (16h30 et 20h45)
 A ne pas manquer aussi : un concert Neebiic « avant-ringardiste » avec Ă©lectro et expĂ©rimentations sonores, samedi 13 juin Ă  23h20 (durĂ©e : 1h20) et « Blow up », commande de l’Orchestre National de Lille au compositeur Âke Parmerud : 15 mn en immersion sonore (ven 12 Ă  23h05, et dim 14 juin Ă  18h puis 22h – HervĂ© DĂ©jardin, metteur en ondes). Enfin ne manquez pas deux ateliers explicatifs « un piano, comment ça marche ? » (ven 12 juin, 10h) – « un orgue comment ça marche ? » (ven 12 juin, 10h30).

PLUS D’INFOS : onlille.com

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Le programme JOUR PAR JOUR

 

VENDREDI 12 JUIN 2020
Ouverture du Festival
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18h30 > 19h
Présentation du Lille Piano(s) Festival
Avec François Bou, Alexandre Bloch, Fabio Sinacori, Julien Joubert

19h > 19h40
Depuis Amsterdam (Studio 150 Bethlehemkerk),
Xavi Torres Trio (jazz)
20h > 20h30
Récital trompette / accordéon
Lucienne Renaudin Vary et FĂ©licien Brut

20h30 > 21h30
Concert d’ouverture
RĂ©cital d’Alexandre Kantorow
(1er Prix du Concours international Tchaikovski)
Brahms : 4 ballades opus 10, Sonate n°3 opus 5 en fa mineur
En replay sur le site de France 3 Hauts de Seine

21h30 > 22h
Jean-François Zygel improvise sur Beethoven
250Ăš anniversaire de Beethoven
(concert repris les sam 13, 20h puis dim 14 Ă  18h30).

22h
RĂ©cital trompette et piano : Erik Truffaz & Estreilla Besson (jazz)

22h50
Bord de scĂšne avec les artistes

23h05
Blow up
expĂ©rience sonore immersive imaginĂ©e par le compositeur Âke Parmerud Ă  partir des sept « la «  d’un piano
 Commande de l’ONL LILLE Orchestre National de Lille

 

 

 

 

SAMEDI 13 JUIN 2020
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18h
Bulle musicale
avec Alexandre Bloch et Julien Joubert

18h35 > 19h
Bernard Foccroulle, orgue
De Bull à Florentz


19h > 20h05
Intégrale des Sonates piano et violoncelle de Beethoven
Jonas Vitaud et Victor Julien-LaferriĂšre (Sonates 2, 4 et 5),

20h > 20h30
Jean-François Zygel improvise sur Beethoven

20h30 > 21h20
Beethoven Night : hommage Ă  Beethoven
Paul Lay, piano – impros sur les thĂšmes de Beethoven

21h30 > 22h30
Depuis Philadelphie, Jonathan Biss joue Beethoven : Sonates pour piano Pathétique opus 13, n°27 opus 90, n°32 opus 111

22h25 : bulle musicale
avec Alexandre Bloch et Julien Joubert

22h35 > 23h20
Izvora quintet (Jazz)

23h20 > 23h40
Duo Neebiic – concert Ă©lectro avant-ringardiste

 

 

 

 

 

DIMANCHE 14 JUIN 2020
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11h > 11h40
« Décrocher la lune » (Jeune public)
Ciné concert pour les petits (dÚs 3 ans)
par Ollivier Leroy et Pierre-Yves Prothais

14h > 14h30
concert pour toute la famille
Piano Zolo (Romain Dubois)

16h30 > 17h10
Bulle musicale avec Alexandre Bloch et Julien Joubert

17h10 > 18h
RĂ©cital Marie-Ange Nguci
Bach / Busoni, Beethoven, Ravel, Scriabine


18h
Blow up, expérience sonore immersive

18h30 > 19h
Jean-François Zygel improvise sur Beethoven

19h
Intégrale des Sonates piano et violoncelle de Beethoven
Jonas Vitaud et Victor Julien-LaferriĂšre (Sonates 1 et 3)

20h > 20h40
Concert de clĂŽture : Beethoven
David Kadouch aborde le Concerto pour piano et orchestre n°3 l’ONL Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch (direction musicale).

20h40 > 21h
Bord de scĂšne avec les artistes : David Kadouch, Alexandre Bloch et Julien Joubert.

 

 

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COMPTES RENDUS

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lille-pianos-festival-digital-en-direct-sur-youtube-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL Ă©dition 2020, 100% digitale donc se savoure devant l’écran et en direct sur Youtube. Ainsi est cĂ©lĂ©brĂ© le retour des artistes : ils ont vaincu ce silence asphyxiant qui le tenait isolĂ©s ; ils ont rompu l’étouffoir qui les rendait muets pendant le confinement imposĂ© Ă  tous depuis la mi mars. Avant le retour du public dans les salles, tous les concerts 2020 sont retransmis en direct, filmĂ©s pour leur majoritĂ© dans le vaste auditorium du nouveau SiĂšcle de Lille, lieu de la rĂ©sidence de l’Orchestre National de Lille.

VENDREDI 12 JUIN 2020. A son dĂ©marrage, pour ses premiers concerts, le Festival Digital « ose » les mĂ©langes inĂ©dits, entre les rĂ©pertoires et les Ă©poques, les styles et les genres. D’abord Ă  19h, session de Jazz avec le Xavi Torres Trio (en direct depuis Amsterdam) : – encore un pied de nez Ă  l’isolement ! emmenĂ©s par la verve des instrumentistes, on a enfin le sentiment de respirer par grandes bouffĂ©es musicales
 Le sens de l’impro et une vraie entente chantante s’écoulent d’un musicien  Ă  l’autre : suavitĂ© ronde du saxo, motricitĂ© rythmique de la batterie et piano presque enivrĂ© dont sa nature mĂȘme rappelle la source, ce piano laboratoire d’un Beethoven inspirĂ© par la lyre romantique. L’auditeur reconnaĂźt la pulsion frĂ©nĂ©tique, gĂ©nĂ©reuse du compositeur ; ses mĂ©lodies reconstruites dans un flux qui marque en ouverture du Festival, un goĂ»t san frontiĂšre, une curiositĂ© multiple pour les mĂ©tissages de couleurs et de timbres.
Lucienne-renaudin-very-accordeon-trompette-lille-pianos-festival-2020-critique-concert-classiquenewsMĂȘme tremplin inventif aux alliages originaux pour la jeune Lucienne Renaudin Vary et FĂ©licien Brut (20h), s’accordant de concert dans un duo imprĂ©vu 
 trompette, accordĂ©on. Pieds nus, d’une belle ivresse, la trompette s’immisce dans les volutes d’un accordĂ©on lui aussi portĂ© par un pur vent de libertĂ© : un essor Ă  deux voix d’une irrĂ©pressible chorĂ©graphie
 rossinienne (danza / tarentelle en ouverture) ; le clavier Ă  bretelles joue des effets de soufflets. FĂ©licien Brut prend le micro : il s’adresse aux internautes ; les deux artistes honorent par leur complicitĂ© rayonnante ce brin d’impertinente facilitĂ© qui fait la marque des grands instants de musique : jubilatoire entente qui aime aussi Ă©clairer l’ñme des thĂšmes populaires sublimĂ©s par l’écriture des compositeurs savants. Le populaire, le savant savaient se mĂȘler, sans mesure, avec gĂ©nie. Leur Bartok, grand collecteur de thĂšme folkloriques (Danses populaires roumaines) respire, s’enivre lui aussi, exalte un dĂ©sir gĂ©nĂ©reux dans sa saine rusticitĂ©.
PortĂ©e par le clavier Ă  bretelles, aux teintes tĂ©nues, adaptĂ©es, Lucienne RV a ce talent rare de faire oublier la technique pour exprimer l’essence d’une nostalgie viscĂ©rale et toujours d’une finesse musicale Ă  l’élĂ©gance toute française. Et pour finir, rien n’égale la tendresse millimĂ©trĂ©e de Bernstein : « Maria, Maria » (West Side Story), parfum suspendu d’un amour qui s’est imposĂ© contre la loi de la haine et la barbarie des communautĂ©s rivales. L’accordĂ©on danse avec la trompette, bel Ă©cho Ă  cette MASS tonitruante, Ă©chevelĂ©e dans sa tendresse fraternelle que l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre Bloch ont su nous rĂ©galer en clĂŽture de la saison 2018 – 2019. « My Favorite things », jouĂ© aussi par Coltrane, conclut ce formidable duo d’une musicalitĂ© toute de velours tissĂ© Ă  deux voix complices.

On l’attendait avec d’autant plus d’impatience que son rĂ©cent Premier Prix au Concours Tchaikovski faisait promettre un son et un style 
 d’excellence. Le rĂ©cital d’Alexandre Kantorow a exaucĂ© nos souhaits (20h30). Programme tout Brahms ; d’abord les Ballades : gravitĂ© inquiĂšte, secrĂšte, intime, d’oĂč s’écoulent des rĂ©sonances presque insouciantes. Appel au rĂȘve et Ă  la nuit. Le pianiste tisse la matiĂšre d’une tendresse affleurante qui fait surgir une contine de l’enfance mais avec une rage qui vainc et organise tout sentiment de nostalgie. La clartĂ© des deux mains Ă©claire la savante alchimie des harmonies, tandis que le jeu se montre Ă  l’écoute de tous les chants intĂ©rieurs qui murmurent Ă  l’oreille du compositeur dont le goĂ»t de la nostalgie mystĂ©rieuse, presque Debussyste, se rĂ©vĂšle alors, dans ce chant d’une pudeur infinie. Alexandre Kantorow passe d’un climat Ă  l’autre, en syncopes trĂ©pidantes, en nuances lovĂ©es dans le mystĂšre ; sa palette explore toutes les teintes et demi teintes du sentiment brahmsien avec une finesse sans dĂ©monstration, un naturel qui Ă©quilibre jaillissements et replis pudiques, fureur Ă  peine contrĂŽlĂ©e. Cette maĂźtrise des contrastes qui laisse toujours claire et limpide la matiĂšre de la confession, gagne une Ă©loquence vive, celle d’une digitalitĂ© inscrite dans l’ombre et le goĂ»t de l’évanescence, la rĂ©sonance. Une vaste bĂ©atitude qui enveloppe la derniĂšre Ballade.

kantorox-alexandre-piano-lille-pianos-festival-critique-BRAHMS-classiquenewsPuis c’est brillante et affirmĂ©e, l’ouverture de la Sonate n°3 (1853) que le pianiste enchaĂźne immĂ©diatement Ă  la fin de la derniĂšre Ballade. Alexandre Kantorow en exprime le symphonisme fougueux  qui impressionna tant Schumann, Ă  Dusseldorf (nov 1853) heureux de reconnaĂźtre en Johannes son hĂ©ritier le plus captivant ; Brahms n’ayant que 20 ans lorsqu’il la composa. De vaste proportions, Ă  la mesure de ce cƓur immense toujours insatisfait, la Sonate de Brahms dure 40 mn, un record dans le genre, comprenant 5 mouvements (Allegro maestoso, Andante, Scherzo, Intermezzo, Finale-Allegro moderato ma rubato). DĂšs l’allegro initial et son arche frĂ©nĂ©tique, Ă  la fois, grave et sombre, d’un tragique mystĂ©rieux, le pianiste sait inscrire la vaste entrĂ©e comme une interrogation viscĂ©rale, avec ses lueurs et ses Ă©chos lointains, d’une infinie rĂȘverie. La souplesse et la tendresse du jeu, Ă  la fois claires et sobres, articulent la suavitĂ© d’un Brahms amoureux dont la vie sentimentale demeure mystĂ©rieuse, certes ancrĂ©e dans la proximitĂ© de Clara Schumann. L’interprĂšte dĂ©tecte tous les chants parallĂšles, les Ă©chos, les scintillements d’une partition au flux versatile, d’une richesse Ă©motionnelle immense. En funambule enivrĂ©, Alexandre Kantorow saisit par la profondeur et la gravitĂ© d’un jeu qui sait ĂȘtre toujours clairement structurĂ©. L’Andante dĂ©roule son chant aux trilles mozartiens d’une infinie tendresse. Le Scherzo plus rapeux, s’électrise tandis que l’intermezzo est traversĂ© d’éclairs et de spasmes d’une intranquillitĂ© fiĂ©vreuse. Tout le cycle est portĂ© par la grande maturitĂ© et une Ă©lĂ©gance sonore rare. La technique elle permet d’échafauder une architecture fine, puissante, riche de mille nuances inquiĂštes. Superbe pianisme. RV est pris demain samedi 14 juin 2020 dĂšs 18h
 RĂ©daction : Lucas Irom / classiquenews 2020.

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vitaud-julien-laferriere-concert-beethoven-critique-classiquenewsSAMEDI 13 JUIN 2020. Nouvelle belle complicitĂ© (qui fait suite aux programmes de vendredi soir), entre le pianiste Jonas Vitaud et le violoncelle Victor Julien-LaferriĂšre ; leur intĂ©grale des Sonates violoncelle et piano de Beethoven, premier volet du cycle aujourd’hui (la suite demain dimanche Ă  19h) dĂ©ploie un appĂ©tit partagĂ©. Les deux instrumentistes affirment la fougue et la vitalitĂ© qui porte le style de Beethoven dont les Ă©lans viriles s’accompagnent toujours d’une rĂ©sonance plus tendre et amoureuse. On regrette parfois une affirmation trop appuyĂ©e, car la malice et l’élĂ©gance haydnienne, dans l’esprit typiquement viennois doivent aussi peser et compenser la volontĂ© et l’autodĂ©termination ; mais le souffle, la verve en diable emporte l’adhĂ©sion (Sonates enchainĂ©es 2, 4 et 5). La derniĂšre Sonate sonne plus Ăąpre et moins « sĂ©duisante », un bain bouillonnant d’idĂ©es et de remise Ă  neuf du dĂ©veloppement formel. HabitĂ© par l’idĂ©e musicale, la nĂ©cessitĂ© et l’urgence traversent cette partition, Ă©cartant toute les dilutions et tentations juvĂ©niles du dĂ©but.

 

zygel-jean-francois-piano-improvisation-beethoven-lille-pianos-festival-critique-classiquenewsPuis Ă  20h, place au « MaĂźtre de l’impro », Jean-François Zygel. Le pianiste montre combien la grille transmise par Beethoven, est proche du jazz. A propos du romantisme, le pianiste improvisateur Ă©claire ce en quoi Ludwig peut ĂȘtre Ă  la fois le dernier des classiques et le premier des Romantiques ; la vitalitĂ© nerveuse de Beethoven qui a recueilli des mains de Haydn l’ñme de Mozart, est-il rĂ©ellement cet impĂ©tueux rĂ©solument romantique dont le rapport au monde est viscĂ©ralement dissonant ? ; ses marches funĂšbres si nombreuses indiquent un crĂ©ateur habitĂ© par l’idĂ©e de la mort. Marche funĂšbre de la 3Ăš, de la 7Ăš symphonie, premier mouvement de la Sonate dite « au Clair de Lune »  disent cette obsession permanente. AussitĂŽt l’improvisateur rĂ©tablit le lugubre beethovĂ©nien, cette conscience de la Faucheuse qui donne Ă  son Ɠuvre entiĂšre, son rayonnement et sa profondeur singuliĂšre. Sa mĂ©lancolie solitaire. Oui, Beethoven est-il vraiment romantique ? Zygel subtil enchaĂźne et pose la question : car son style dĂ©signe la souffrance et le funĂšbre plutĂŽt qu’il ne les exprime : c’est un hĂ©roĂŻque thĂ©Ăątral, un tragique au diapason des Ă©vĂ©nements guerriers et de l’épopĂ©e napolĂ©onienne qui ont foudroyĂ© son Ă©poque. La question est posĂ©e : Ludwig est le hĂ©ros de sa propre vie, surtout dans ses concertos pour piano, confrontĂ© Ă  la masse orchestrale ; il trĂ©pigne, intranquille et insatisfait : Jean-François Zygel nous immerge derechef dans un matĂ©riau sonore de son cru oĂč la syncope et les fanfares et les sonneries lointaines des trompettes, les marches guerriĂšres Ă©voquent l’esprit d’une Ă©poque Ă  feu et Ă  sang, celle de Beethoven. VoilĂ  qui fait sonner Ludwig comme Prokofiev et Chostakovitch. La quĂȘte d’un Beethoven expĂ©rimentateur et finalement inventeur se prĂ©cise de la mĂȘme façon : Ludwig n’a-t-il pas inventĂ© le genre du Scherzo, moment de divertissement hĂ©ritĂ© des quatuors classiques, comportant sa danse soit le menuet, que Ludwig magnifie en l’énergisant jusqu’à la transe rythmique. La sĂ©quence jusque lĂ  marquĂ© par le jeu, devient une fulmination d’énergie. De l’explication Ă  l’exemple, Zygel joue une danse enjouĂ©e, frĂ©nĂ©tique, d’une mĂ©canique hallucinĂ©e
 un Scherzo dans l’esprit de Beethoven, Ă  sa maniĂšre. Lumineuse Ă©loquence.

DĂ©cidĂ©ment, Zygel l’improvisateur et le pĂ©dagogue sait nous envoĂ»ter comme un magicien pianiste. Ses rĂ©flexions sur la musique et l’écriture de Beethoven demeurent captivantes. Le dĂ©bat est ouvert. Et la session au piano est une excellente maniĂšre de cĂ©lĂ©brer les 250 ans de la naissance du plus grands des
 Romantiques.

PAUL-LAY-jazz-beethoven-concert-lille-pianos-festival-2020-critique-classiquenews20h30, Paul Lay autre improvisateur, rend son propre hommage Ă  Ludwig mais dans une langue et un vocabulaire jazz. Swing somptueux et d’une volubilitĂ© enchantĂ©e, d’aprĂšs Beethoven, grĂące Ă  un toucher contrĂŽlĂ©, Paul Lay installe une vĂ©ritable ambiance jazzy qui soigne le son, l’élĂ©gance rythmique : sous ses doigts, l’impĂ©tuositĂ© beethovĂ©nienne danse, s’enivre y compris en un Finale aĂ©rien, qui danse avec les Ă©toiles, l’Ode Ă  la joie, traitĂ© en Ă©clairs, scintillements, crĂ©pitements. Un festival Ă©nergisant.

 

 

 

A 21h30, depuis Philadelphie, Jonathan Biss joue les Sonates de Beethoven : PathĂ©tique opus 13 ; n°27 opus 90 ; n°32 opus 111. La PathĂ©tique est emportĂ©e par une ivresse ardente, Ă©nergique qui ne sacrifie en rien la clartĂ© du geste, parfois fougueux Ă  l’extrĂȘme.

BISS-jonathan-piano-beethoven-sonates-concert-critique-classiquenewsDans le cas de l’opus 90, tout est exprimĂ© avec une intensitĂ© tranchante mais un contrĂŽle technique permanent qui insuffle au dĂ©veloppement, une rage intĂ©rieure, impĂ©rieuse et
 dĂ©finitive ; l’hĂ©roĂŻsme tragique de Beethoven s’y dĂ©verse en un torrent au souffle long, hallucinĂ©. L’empreinte du fatum s’épaissit, irrĂ©pressible. Le pianiste s’est enregistrĂ© chez lui aux USA, et la prise de son n’a pas cette clartĂ© ni cette prĂ©cision des concerts diffusĂ©s depuis Lille. Nonobstant, l’implication de l’interprĂšte est totale : les coups de fatum se font martĂšlement, faisant jaillir un flot incessant de pointes sarcastiques, au bord de la folie, auxquelles le hĂ©ros pianiste oppose une ivresse dansante, la volontĂ© dĂ©terminĂ©e d’en dĂ©coudre puis d’assĂ©ner et de rĂ©aliser son appel Ă  la sĂ©rĂ©nitĂ©. Biss aborde enfin l’opus 111 tel une matiĂšre Ă©ruptive. Ultime laboratoire pianistique d’un Beethoven habitĂ© par le sens de la forme, qui s’interroge sur le sens mĂȘme de l’écriture, l’opus 111 semble placer Beethoven dans les rets d’une fatalitĂ© inĂ©luctable. L’homme face Ă  son destin: le lion solitaire y exprime comme une confession personnelle sa propre tragĂ©die intime (thĂšme du destin mordant et glaçant) auquel le pianiste sait opposer une danse intĂ©rieure qui porte la trace d’une infaillible espĂ©rance. Le contraste de deux directions s’avĂšre toujours comme ici, bouleversant. C’est un champ de bataille menĂ© avec une clairvoyance inĂ©dite, l’expression d’une lutte arrachĂ©e Ă  la vie elle-mĂȘme, en dĂ©pit dans son cas propre, de son handicap, le plus lourd payĂ© par un compositeur et un musicien : 
 la surditĂ©. DerniĂšre Sonate, la n°32 est bien le bilan de toute une recherche qui recueille aussi les blessures d’une vie d’épreuves. Biss enflamme son clavier en tensions radicales et contrastes exacerbĂ©s. Y compris dans la seconde partie, ample et long adieu Ă  la forme que le pianiste compositeur a chĂ©ri entre toutes. L’adieu s’étire, dilate la forme et suspend le temps en une forme interrogative, Ă  la fois renoncement et aussi suprĂȘme insatisfaction. L’amertume le dispute Ă  une Ă©tonnante poĂ©sie du dĂ©sespoir. Le pianiste amĂ©ricain questionne l’expression de la lutte. Puis, conduit jusqu’à la rĂ©solution de la seconde partie, le flux libĂ©ratoire, temps de fraternisation sans Ă©carter dans l’ombre, les doutes amers, et l’ivresse de temps intimes dĂ©sormais inaccessibles. MalgrĂ© la faible qualitĂ© sonore de la captation, l’engagement du pianiste suscite l’adhĂ©sion. RĂ©daction : Elvire James.

 

 

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LILLE PIANO(S) DIGITIAL 2020
Dimanche 14 juin 2020

17h10
NGUCI-marie-ange-piano-jeune-talent-critique-piano-classiquenewsRĂ©cital de MARIE-ANGE NGUCI AUTOUR DE LA FANTAISIE DE BEETHOVEN – ƒuvres de Bach/Busoni – Beethoven – Froberger – Ravel – Scriabine. Fulgurant, mordant et d’une Ă©tonnante intelligence des contrastes, le jeu de Marie-Ange Nguci Ă©coute la matiĂšre, fait surgir des Ă©lans murmurĂ©s d’une poĂ©tique Ă©trange, liquide, suspendue, auxquels rĂ©pondent des dĂ©flagrations tranchantes ; mais il y aussi un impressionnisme sonore qui s’écoule, et des rythmes qui s’entrecroisent et se chevauchent dans un festival Ă©motionnel permanent, contrĂŽlĂ©, scintillant : son Scriabine (Sonate n°5 opus 53) Ă©claire la fabrique des rĂ©sonances et des couleurs du compositeur magicien. Jamais diluĂ©e, ni dĂ©monstrative comme beaucoup, jamais dure mais Ă©vocatrice, la pianiste ouvre large la fenĂȘtre des horizons de l’inouĂŻ. Son Scriabine cisĂšle la fureur des cosmos rugissants comme le plus petit atome sonore.
C’est la mĂȘme Ă©coute intĂ©rieure et un son souverain dans Une barque sur l’ocĂ©an de Ravel : aucun doute, la pianiste maĂźtrise le sens pictural de la matiĂšre pianistique ; elle colore par touches, par effets entrelacĂ©s, sculpte chaque inflexion avec un souci du son, admirable. Le toucher est de velours, vĂ©ritable appel au rĂȘve, Ă  l’imaginaire, au dĂ©passement
 une perfection sensuelle qui n’omet en rien les aspĂ©ritĂ©s et la soliditĂ© de l’architecture. Le temps et l’espace fusionnent sous les doigts de cette nouvelle enchanteresse du clavier. L’intelligence des enchaĂźnements souligne combien il y a parentĂ© et continuitĂ© de Scriabine Ă  Ravel, deux alchimistes de la matiĂšre sonore.

NGUCI-marie-ange-piano-concert-critique-lille-pianos-digital-classiquenews-juin-2020Majeures aussi Ă  l’écoute de ce rĂ©cital Ă©vĂ©nement : l’intensitĂ© du jeu, la clartĂ© de l’architecture, l’écoute intĂ©rieure rĂ©vĂ©lant les intentions souterraines en particulier dans la Fantaisie d’un Beethoven qui expĂ©rimente, Ă©coute, murmure, va toujours au delĂ  de la sonoritĂ© Ă©noncĂ©e, Ă  la recherche des vibrations harmoniques, sublimant le cadre formel. Tout est prodigieusement dĂ©veloppĂ© dans le sens d’une exploration cohĂ©rente ; la digitalitĂ© de l’excellente jeune pianiste albanaise Marie-Ange Nguci Ă©blouit par la douceur articulĂ©e de son approche, Ă©clairant dĂ©jĂ  chez Beethoven, une effusion prolixe
 dĂ©jĂ  schumanienne ; tout s’organise peu Ă  peu, du magma sonore qui bouillonne, vers un climat de tendresse tĂ©nu, Ă©perdu, et toujours amoureusement Ă©noncĂ©. Le style hĂ©roĂŻque de Beethoven se lit directement dans une Ă©criture qui proclame, ivre de sa propre joie. D’une douceur dĂ©terminĂ©e qui enchante, berce et captive grĂące Ă  un toucher rare, idĂ©al.

Son Bach / Busoni est d’une intĂ©rioritĂ© lovĂ©e dans les plis et replis d’une pudeur ornementĂ©e mais en rien maniĂ©riste, tant le jeu reste sobre, dĂ©pouillĂ©, essentiel, direct, et d’une suggestivitĂ© de velours; l’éloquence et la pensĂ©e musicale de l’interprĂšte lui permettent des passages inouĂŻs entre l’infini tĂ©nu, murmurĂ© et la solennitĂ© d’une architecture colossale. La vision et le parcours tracĂ©s relĂšvent d’une poĂ©tesse du clavier tant sa maĂźtrise technique et la maturitĂ© esthĂ©tique, le goĂ»t du beau son, l’évidence de la construction, la sobriĂ©tĂ© surtout d’un jeu rĂ©servĂ© mais incandescent
 sont fusionnĂ©es, admirables. RĂ©vĂ©lation totale. Une dĂ©jĂ  grande musicienne dont la sincĂ©ritĂ© et la pudeur Ă©lectrisent. Certes des signes d’une fĂ©brilitĂ© juvĂ©nile qui montrent encore le chemin Ă  parcourir, mais le potentiel est immense. Merci Ă  LILLE PIANO(S) FESTIVAL de nous offrir ce tremplin exaltant. AprĂšs tout la vocation d’un festival de piano n’est-elle pas de nous surprendre en nous faisant vivre le grand frisson. Ce rĂ©cital en direct nous en a rĂ©servĂ© l’expĂ©rience mĂ©morable. A suivre.

Programme
SCRIABINE : Sonate n°5 op. 53
RAVEL : Une barque sur l’ocĂ©an
FROBERGER : Tombeau
BEETHOVEN : Fantaisie op.77
J.-S. BACH / BUSONI : Chaconne

VOIR, REVOIR, les concerts LILLE PIANO(S) DIGITAL 2020 ici :
sur la chaine Youtube de l’ON LILLE – Orchestre National de Lille

Le concert de Marie-Ange NGUCI :
https://www.youtube.com/watch?v=TpgPGamR-fM

Player vidéo : la journée de dimanche 14 juin 2020, dans sa totalité :

 

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18h. Parmi les « intermĂšdes » rĂ©jouissant, citons « BLOW UP », proposition Ă  savourer les yeux fermĂ©s, formidable expĂ©rience auditive stĂ©rĂ©ophonique Ă  Ă©couter avec un casque pour en mesurer la plasticitĂ© spatialisĂ©e, d’une oreille Ă  l’autre. Composition : Åke Parmerud / RĂ©alisation et mise en ondes : HervĂ© DĂ©jardin

Les afficionados et les nĂ©ophytes avaient le bonheur de retrouver les leçons non moins rĂ©jouissantes du professeur improvisateur Jean-François Zygel (18h30) / « JEAN-FRANÇOIS ZYGEL IMPROVISE SUR BEETHOVEN #3 », 3Ăš et derniĂšre session d’un cycle dont s’agissant de la sĂ©quence d’hier, – samedi 14 juin-, nous avons dit tout le bien, ou comment croiser Ă©coute, Ă©rudition, divertissement.

De mĂȘme, le dernier volet de l’INTÉGRALE DES SONATES POUR VIOLONCELLE ET PIANO DE BEETHOVEN #2 (19h) permet de mesurer l’entente des deux instrumentistes invitĂ©s pour se faire : Victor Julien-LaferriĂšre et Jonas Vitaud, dont l’écoute croisĂ©e a gagnĂ© davantage de prĂ©cision et de naturel dans les deux Sonates (n°1 et n°3) ; c’est le chant d’une vitalitĂ© heureuse, oĂč dans le jeu alternĂ©, dialoguĂ© des deux musiciens, s’écoulent et se renforcent l’éloquence frĂ©nĂ©tique, une ardeur toute classique, des Ă©chos lyrique et tendres
 soit un Beethoven ardent, brillant et profond Ă  la fois.

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DAVID-KADOUCH-BEETHOVEN-LILLE-PIANOS-DIGITAL-2020-alexandre-Bloch-orchestre-national-de-Lille-critique-classiquenews20h, CONCERT DE CLÔTURE. L’attente se concentre surtout sur le dernier programme, concert de clĂŽture d’un Festival aussi inĂ©dit que rĂ©ussi : Ă  20h, le 3Ăš Concerto pour piano et orchestre de Beethoven. Ces deux lĂ  devaient se rencontrer tĂŽt ou tard et fusionner littĂ©ralement. Entre le chef Alexandre Bloch et David Kadouch, pianiste dont classiquenews suit le parcours depuis longtemps, une complicitĂ© Ă©vidente se tisse ; un bonheur du jeu partagĂ© s’offre immĂ©diatement Ă  l’image. Et les musiciens du National de Lille (que les cordes) ne se font guĂšre prier.
ImmĂ©diatement se distingue l’éloquence tendre, d’une Ă©lĂ©gance souveraine du premier mouvement dont le soliste exprime entre expressivitĂ©, tension, fluiditĂ©, la volubilitĂ© 
mozartienne. Cette vision trĂšs articulĂ©e cisĂšle l’introspection de ce massif que beaucoup aborde plus sec et tendu, plus Ă©pais et minĂ©ral. Le choix du caractĂšre, celui d’une introspection « fiĂ©vreuse » selon les propres mots du soliste, Ă©tait juste.
L’Adagio est le chant d’une paix hors temps, Ă©noncĂ© avec une simplicitĂ© Ă©conome, un naturel sans effet aucun, et aussi une gravitĂ© feutrĂ©e qui Ă©branle toute triomphalisme : l’accord cordes et piano est ici le plus sĂ»r, amoureusement, tendrement rĂ©alisĂ©. David Kadouch en exprime les vertiges d’une errance (la pĂ©dale) profonde et qui se rattache enfin de sĂ©quence Ă  la rĂ©alitĂ© de l’espoir. Le pianiste dĂ©ploie une palette de couleurs, riches et sensibles, dans le sillon de ce qu’il a appris en Ă©coutant Daniel Barenboim.
La version pour cordes par quelques instrumentistes du National de Lille, Ă  bonne distance les uns des autres, distanciation sanitaire oblige, revĂȘt un symbole fort : le retour Ă  la parole des instruments qui s’étaient tu jusque lĂ , hors des salles de concert. Moment suspendu qui nous rappelle le pouvoir poĂ©tique essentiel de la divine musique. Le chef trouve des respirations amples et graves, justes et sincĂšres. Laissant au piano, la vitalitĂ© et l’éloquence du cƓur. Le caractĂšre est bien celui d’une confession d’un Beethoven amoureux, inspirĂ© par une submersion de sentiments d’une intensitĂ© saisissante ; le style du pianiste orchestre de mains de maĂźtre cette immersion pleine de grĂące, puis enchaĂźne l’énergique Allegro final avec une douceur impĂ©riale, une vitalitĂ© chorĂ©graphique, bondissante et mĂȘme swinguĂ©e que les cordes du National de Lille colorent d’une nervositĂ© ronde
 toute viennoise. L’hĂ©roisme beethovĂ©nien a ici l’élĂ©gance presque facĂ©tieuse de Haydn et la sincĂ©ritĂ© de Wolfgang. L’architecture de la partition en sort lumineuse, de la conscience du destin (do mineur) au dĂ©but ; au sentiment de la perte (Adagio), jusqu’à la rĂ©sistance portĂ©e dans le finale, son espĂ©rance qui porte au triomphe. C’est dire la rĂ©ussite de ce dernier concert qui referme l’édition 100% digitale du LILLE PIANO(S) FESTIVAL en apothĂ©ose. Sublime conclusion Ă  une Ă©dition inĂ©dite technologiquement, indiscutable artistiquement.
Sans embrassades mais s’applaudissant entre eux, la joie entre les musiciens est palpable. Pour les deux musiciens Alexandre Bloch et David Kadouch, il s’agit de leur premier concert en grande formation (depuis le dĂ©but du confinement). Formidable moment de partage et d’élĂ©gance, de sincĂ©ritĂ©, de bonheur. MĂ©morable. RĂ©daction : Camille de Joyeuse pour classiquenews.com.

BEETHOVEN, CONCERTO POUR PIANO N°3
Concerto pour piano n°3 (version pour orchestre à cordes, arrangement Vinzent Lachner d’aprùs la version à deux pianos de Franz Liszt)
Piano : David Kadouch
Orchestre National de Lille
Direction : Alexandre Bloch

REVOIR le concerto n°3 pour piano et orchestre de Beethoven
par David Kadouch et Alexandre Bloch, Orchestre National de Lille :
https://www.youtube.com/watch?v=hQX7NdLPQR4

 

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REVOIR TOUS LES CONCERTS DU LILLE PIANO(S) DIGITAL 2020
sur la chaüne youtube de l’ON LILLE Orchestre National de Lille
https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw

 

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LILLE : Lionel Bringuier dirige l’ONL / Destin Russe

DESTIN RUSSE pour l'Orchestre National de LilleLILLE, ONL, le 11 mars 2020, 20h. DESTIN RUSSE. Tchaikovski, Prokofiev. A partir de la musique de Bach (choral « Es ist genug » extrait de la cantate « O Ewigkeit du Donnerwort » BWV 20), le compositeur finlandais en rĂ©sidence Ă  l’ON LILLE Orchestre National de Lille, Magnus Lindberg, suit le traces d’Alban Berg qui a parodiĂ© le mĂȘme choral pour son Concerto pour violon. Le Finlandais en dĂ©duit une partition flamboyante, intitulĂ©e simplement et logiquement “Chorale”, pleine d’espĂ©rance et aussi de vertiges sombres et de tensions inquiĂ©tantes.
Prokofiev compose en France son Concerto pour piano n°3 pendant l’étĂ© 1921 ; il le crĂ©e en dĂ©c 1921 Ă  Chicago : mĂȘme conçue comme un complĂ©ment lĂ©ger au n°2, la partition est un sommet de difficultĂ©s rythmiques, de vivacitĂ© mĂ©lodiques voire de dĂ©fis dans les tempos, car Prokofiev reste avant tout inqualifiable et irrĂ©ductible Ă  toute classification. Pianiste virtuose, Prokofiev joue lui-mĂȘme la partie soliste Ă  la crĂ©ation

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1Dense, Ă©lĂ©gante, mais aussi grave, annonçant les vertiges et le passage dans l’audelĂ , inscrit dans le dernier mouvement de la 6Ăš symphonie (« PathĂ©tique »), la Symphonie n°5 est conçue en 1888, soit une dĂ©cennie aprĂšs la 4Ăš. Moment de doute et de questionnement intense sur le sens de la musique et de sa propre vie, le contexte explique la gravitĂ© qui soustend toute la symphonie. Tchaikovski souligne la constance de son inspiration qui n’a jamais faibli et regrettera aprĂšs les rĂ©serves des critiques, ce trop d’affectation, un manque de sincĂ©ritĂ© qui auraient soit disant nui Ă  son travail
 Quoiqu’il en soit c’est justement son ambivalence entre Ă©claircie ou dĂ©paysante insouciance qui fonde la valeur de l’opus symphonique.

BRINGUIER lionel concert classiquenews destinrussePour ce programme, Lionel Bringuier (photo ci dessus) dirige l’Orchestre national de Lille (initialement prĂ©vue, la cheffe Han-Na Chang a annulĂ© sa venue Ă  Lille, Ă©tant souffrante) – Aux cĂŽtĂ©s du maestro français, le pianiste – 1er prix du Concours Reine Elisabeth – LukĂĄĆĄ Vondráček initialement programmĂ©, malade, est remplacĂ© par le jeune virtuose russe ALEXANDER MALOFEEV, tempĂ©rament dĂ©jĂ  puissant et tout en finesse (photo ci dessous) qui est prĂȘt Ă  relever les dĂ©fis du Concerto de Prokofiev.

 

malofeev alexander piano orchestre national de lille concert classiquenews

 

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Lionel Bringuier, direction

 

LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcleboutonreservation
Mercredi 11 mars 2020, 20h

 

 

Programme

Lindberg :
Chorale

Prokofiev :
Concerto pour piano et orchestre n°3 en do Majeur o p.26

TchaĂŻkovski :
Symphonie n°5 en mi mineur op.64

 

 

 

 

Tarifs : 5 Ă  55€ – RĂ©servations sur www.onlille.com et Ă  la Boutique de l’Orchestre, 3 place MendĂšs
France – LILLE – Renseignements 03 20 12 82 40
(du lundi au vendredi 10h-18h)

 

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Programme repris également en région Hauts-de-France :
Jeudi 12 mars au ZĂ©phyr de HEM Ă  20h

ONL, ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, nouvelle saison 2019 – 2020

ONL-orchestre-national-de-lille-saison-2019-2020-nouvelle-saison-symphonique-annonce-concerts-symphonies-chefs-maestro-opera-classiquenews-VIGNETTE-COR-19-20SAISON 2019 – 2020. ONL, Orchestre National de Lille. L’orchestre fondĂ© par Jean-Claude Casadesus poursuit sa formidable odyssĂ©e grĂące Ă  son nouveau directeur musical, Alexandre BLOCH. Un musicien dynamique qui ne s’économise guĂšre, ayant le goĂ»t des dĂ©fis impressionnants, fusionnant grands effectifs et sens du dĂ©tail comme de l’architecture. Les deux annĂ©es Ă©coulĂ©es ont dĂ©montrĂ© cette capacitĂ© du colossal et de l’intime dans le choix de partitions qui supposent un grand engagement collectif : l’inclassable mais fraternelle MASS de Bernstein, le cycle en cours dĂ©diĂ© aux Symphonies de Gustav Mahler (avec bientĂŽt le massif herculĂ©en de la 8Ăš dite des « mille » qui rĂ©unit alors, les 20 et 21 novembre 2019, pas moins de 300 artistes sur le plateau)

La nouvelle saison 2019-2020 s’annonce sous les mĂȘmes proportions (dont la 9Ăš de Beethoven associant solistes, chƓurs et orchestre pour un final somptueusement festif les 25 et 26 juin 2020), avec un souci « pĂ©dagogique » d’ampleur, celui de rĂ©vĂ©ler les « chefs d’Ɠuvres intemporels » du rĂ©pertoire, ceux qui ressuscitent pour le plus grand nombre, les vertiges de l’expĂ©rience symphonique.

 

 

En 2019 – 2020, l’ONL Ă©crit un nouveau chapitre de son odyssĂ©e symphonique


MAHLER, BEETHOVEN, LINDBERG


 

 

BLOCH-alexandre-UPonte-ONL-582-390

 

 

Ainsi l’ONL Ă©largit toujours davantage sont rĂ©pertoire, interrogeant les pages ambitieuses taillĂ©es par les plus grands compositeurs : Haydn, Bizet, TchaĂŻkovski, Dvorak, Brahms, Schubert, sans omettre les rĂ©formateurs du XXĂš : Ravel et Debussy (entre autres, cycle « J’aime la musique française » : concerts des 24, 25 janvier, puis 28 janv au 1er fĂ©vrier 2020 : La Mer, Ma mĂšre l’Oye, La Valse) ; mais aussi Chostakovtich (Symphonies n°1 par Jean-Claude Casadesus, les 6 et 7 nov, / Symphonie n°5 par Alexandre Bloch, les 24 et 25 avril 2020), aux cĂŽtĂ©s de Beethoven dont 2020 marque le 150Ăš anniversaire. Pleins feux aussi sur l’écriture du compositeur en rĂ©sidence et chef Magnus Lindberg dont plusieurs programmes dĂ©voileront davantage la singularitĂ© instrumentale : samedi 8 fĂ©vrier 2020 (« Lindberg exprience »: concert dirigĂ©, commentĂ© par le compositeur : Ottoni, Parada
) – autres rvs Lindberg : les 5 sept 2019, 11 mars et 25 et 26 juin 2019.

2019 voit l’achĂšvement du cycle GUSTAV MAHLER : soit 5 nouveaux rendez vous dĂ©sormais incontournable au Nouveau SiĂšcle de Lille pour tous ceux que le grand frisson orchestral attire et captive : Adagio de la 10Ăš (le 5 sept), surtout 6Ăšme (les 1er et 2 octobre), la sublime 7Ăš ou « chant de la nuit » (le 18 octobre), Symphonie n°8 des « mille » (les 20 et 21 nov), enfin ultime programme ou « Adieu mahlĂ©rien », Symphonie n°9, les 15 et 16 janvier 2020.

Riche en propositions musicales nouvelles, l’ONL sait aussi se rĂ©inventer pour chaque nouvelle saison : en tĂ©moignent ses formats orchestraux inĂ©dits capables de sĂ©duire et fidĂ©liser un public de plus en plus Ă©largi : cinĂ©-concerts (Star Wars, Ă©pisodes VI et VII, les 21 et 22 fĂ©v 2020 : « Le retour du Jedi » ; puis, les 2 et 3 avril 2020 : « Le rĂ©veil de la force »), « Just play » (24 sept), « concert flash » (45 mn de musique Ă  la pause dĂ©jeuner : les 10 oct, 7 nov 2019 ; 20 janv, 12 mars 2010), «  Famillissimo » (programmes oniriques pour les petits et leurs familles : les 31 oct, 30 nov 2019 ; puis 28 et 29 fĂ©v : session autour de Beethoven et le hip hop ; le 4 avril 2020)

Autres temps forts d’une saison Ă©clectique et pĂ©dagogique : les grands invitĂ©s solistes de la nouvelle saison 2019 – 2020 qui travailleront avec Alexandre Bloch, 
 tels le violoniste Sergey Khachatryan (Concerto n°1 de Chostakovitch), ou le violoncelliste style Jean-Guilhen Queyras (Haydn, Bizet, Beethoven).

Jamais en reste d’un redĂ©finition crĂ©ative ou d’une exploration complĂ©mentaire, l’ONL Orchestre national de Lille proposera en juin 2020, une nouvelle version du LILLE PIANO(S) Festival (cycle de concerts autour du piano qui investit plusieurs lieux de Lille, les 12, 13 et 14 juin 2020), et aussi un nouveau rendez-vous estival, « Les Nuits d’été », qui propose de relire un opĂ©ra cĂ©lĂšbre en son auditorium du Nouveau siĂšcle, noyau de ses activitĂ©s musicales.

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TOUTES LES INFOS et les modalités de réservation
(différentes formules et pass, abonnements saison
sur le site de
l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
https://www.onlille.com/saison_19-20/pass_19-20/

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CD
les derniers cd de l’Orchestre National de Lille, critiquĂ©s sur CLASSIQUENEWS

CD, critique. Les PĂȘcheurs de Perles de BIZET : Fuchs, Dubois, Sempey


CD, critique. CHAUSSON : oeuvres symphoniques / Poùme de l’amour et de la mer / Symphonie opus 20

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REPORTAGES VIDEOS
Les derniers reportages dĂ©diĂ©s au travail de l’ONL Orchestre National de Lille :

REPORTAGE VIDEO : Les PĂȘcheurs de perles

REPORTAGE VIDEO : MASS de Bernstein

ET bientĂŽt en nov 2019 : Symphonie des Mille de Gustav Mahler

LILLE, ONL. Les 8, 9 nov 2018 : JC Casadesus dirige Rimsky, Dvorak

LILLE, ONL. Les 8, 9 nov 2018 : JC Casadesus dirige Rimsky, Dvorak. FiĂšvre russe Ă  Lille pour un programme exaltant et ambitieux intitulĂ© « MILLE ET UNE NUITS », en rĂ©fĂ©rence au conte oriental qu’a mis en musique l’excellent Rimsky-Korsakov (Sheherazade).

casadesus_jean_claude_portrait_290Pour sa premiĂšre sĂ©rie de la saison 2018-2019, le chef fondateur de l’ONL Orchestre National de Lille invite le jeune soliste français Victor Julien-LaferriĂšre dans le Concerto pour violoncelle de DVORAK; Victor Julien-LaferriĂšre, a Ă©tĂ© rĂ©cemment rĂ©compensĂ© de la Victoire de la musique classique de l’annĂ©e. Il a aussi remportĂ© le Concours Reine Elisabeth 2017.

Le Concerto pour violoncelle op.104 de Dvoƙák est l’un des piliers du rĂ©pertoire du violoncelle ; comme la Symphonie du Nouveau Monde, le Concerto remonte Ă  l’annĂ©e 1894 quand Dvorak dirigeait le Conservatoire de New-York. Que la tonalitĂ© affirmĂ©e de si mineur ait Ă©tĂ© inspirĂ©e par le son des chutes du 
 Niagara, ou pas, il ne manque pas de souffle et de grandeur dans un Concerto qui place clairement le violoncelle au centre d’un drame passionnĂ©, Ă  la mesure de dĂ©flagrations aquatiques amples et suggestives. Dvorak Ă©crit une piĂšce majeure qui ne cite pas ou trĂšs peu le nouveau continent, mais plutĂŽt sa terre natale (mouvement lent, et finale du dernier) : rien ne rĂ©siste Ă  l’appel de la BohĂšme originelle.

7 annĂ©es auparavant, Rimsky-Korsakov dĂ©montre une inspiration Ă©blouissante dans sa mise en musique de la lĂ©gende orientale, « les Mille et une Nuits », source littĂ©raire et onirique puissante, Ă  la mode en Russie au cours du XIXe siĂšcle. Que rehausse encore le gĂ©nie du compositeur russe, comme orchestrateur : de fait, son Ă©criture partage cet orientalisme fiĂšvreux et trĂšs colorĂ©, avec le peintre français GĂ©rĂŽme, inventeur de l’orientalisme pictural, et qui Ă©blouit spĂ©cifiquement par son sens d’un chromatisme d’une sensualitĂ© irrĂ©sistible.

REPORT D’UNE MISE A MORT PROGRAMMÉ
 Rimski-Korsakov explicite lui-mĂȘme le programme de son poĂšme symphonique ainsi : « Le sultan Shahriar, persuadĂ© de la perfidie et de l’infidĂ©litĂ© des femmes, jura de faire mettre Ă  mort chacune de ses Ă©pouses aprĂšs la premiĂšre nuit. Mais la sultane ShĂ©hĂ©razade rĂ©ussit Ă  sauver sa vie en le captivant par des histoires qu’elle lui raconta pendant mille et une nuits. Pris par la curiositĂ©, le sultan remettait de jour en jour l’exĂ©cution de son Ă©pouse et finit par y renoncer dĂ©finitivement. ShĂ©hĂ©razade lui conta bien des merveilles, en citant les vers des poĂštes et les textes des chansons, et en imbriquant les histoires les unes dans les autres.» Comme son hĂ©roĂŻne multiplie les Ă©pisodes et enrichit sa narrations de milles rebondissements imprĂ©vus, Rimsky, qui orchestre simultanĂ©ment l’opĂ©ra « Le Prince Igor » de son compatriote Borodine, s’ingĂ©nie Ă  dĂ©velopper 1001 nuances et couleurs instrumentales, osant des combinaisons de timbres, des mĂ©langes Ă  foison. S’il cite de façon rĂ©pĂ©titive, un mĂȘme motif, Rimsky s’écarte du principe du leitmotiv wagnĂ©rien, car jamais un mĂȘme air n’est attachĂ© Ă  la mĂȘme idĂ©e : de fait, le mĂȘme motif mĂ©lodique Ă©voque tour Ă  tour, le sultan magnifique, l’ocĂ©an sur lequel navigue le marin Sindbad
 rien n’est figĂ©, tout se mĂ©tamorphose
 comme l’écriture de Rimsky qui atteint un raffinement proche des futurs impressionnistes. Dans cette houle mouvante et enivrĂ©e, perce le violon solo sublime de ShĂ©hĂ©razade qui lui incarne toujours la figure de la princesse au gĂ©nie poĂ©tique et narratif central.

LAFERRIERE violoncelleVictor Julien-Laferriere © Lyodoh KanekoAGENDA : ne manquer aussi le 9 novembre 2018, 12h30

A noter que le violoncelliste aura sa « carte blanche » Ă  Lille, Ă  l’Auditorium le vend 9 nov 2018, 12h30. Au programme de ce rĂ©cital de la mi journĂ©e : JS BACH (Suite pour violoncelle n°1) et KODALY (Sonate pour violoncelle seul).

LILLE, Auditorium le Nouveau SiĂšcle
Les 8 et 9 novembre 2018
Jean-Claude CASADESUS (chef fondateur) dirige l’ONL ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE dans  DVORAK et RIMSKY-KORSAKOV
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