CD coffret, événement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon)

Brigit fesbaender mezzo edition lieder operas coffret box cd set review critique cd opera concert festivals classiquenews 4836913CD coffret, Ă©vĂ©nement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon). Elle vient d’avoir 80 ans ce 3 juillet 2019 (nĂ©e berlinoise en 1939) : la mezzo Brigitte Fassbaender aura marquĂ© les planches surtout Ă  partir de 1970 , – premiĂšre dĂ©cennie oĂč elle se saisit de premiers rĂŽles lyriques, grĂące Ă  un tempĂ©rament dramatique qui sait articuler et aussi projeter le texte : la chanteuse lyrique est aussi une formidable diseuse, habile et convaincante dans les lieder de Schubert, Wolf, Strauss, surtout Brahms et Liszt
 ce que rappelle avec justesse le coffret de 11 cd, Ă©ditĂ© en ce mois de juillet anniversaire par DG Deutsche Grammophon. Son timbre souple et sombre mais heureusement cuivrĂ©, Ă©blouit dans les rĂŽles travestis dont tĂ©moigne la rĂ©ussite de ses prises des rĂŽles tel surtout l’amant de La MarĂ©chale, Ă  son lever au I : « Quinquin » / Octavian (Le Chevalier Ă  la rose de R Strauss), mais aussi Sextus dans La ClĂ©mence de Titus de Mozart
 La Fassbaender est de la trempe des Christa Ludwig (nĂ©e aussi Berlinoise mais en 1924) : une voix, un jeu dramatique, et une personnalitĂ© admirable, une partenaire qui savait se fondre et participer dans chaque maison d’opĂ©ra avec un rĂ©el esprit de troupe. Les 11 cd ainsi regroupĂ©s forment un portrait Ă©quilibrĂ©, emblĂ©matique des choix artistiques de la cantatrice qui fut capable de chanter l’opĂ©ra italien, Mozart, Wagner et Verdi, surtout le lied. Les 7 premiers cd sont dĂ©diĂ©s Ă  l’articulation des textes germaniques mis en musique par Schubert (Die Schöne MĂŒllerin, Schwanengesang; lieder
) ; Loewe (Lieder, Frauenliebe), Schumann (Frauenliebe und leben, lieder
) ; Wolf (Mörike lieder) ; surtout l’excellent programme rĂ©unissant les lieder de Strauss et Liszt. En bonus, les duos de Dvorak et Brahms.
CLIC D'OR macaron 200Puis, DG souligne le mĂ©tal colorĂ© de ce timbre qui s’est entendu avec l’orchestre, chez Mahler (lieder avec orchestre, extraits du Chant de la terre), Brahms (Alt-Rhapsodie), Moussorsgki (Chants et danses de la mort). Enfin les deux derniers cd (10 et 11) sont dĂ©diĂ©s aux personnages lyriques : de VERDI (Azucena / Il Trovatore) Ă  WAGNER (BrangĂ€ne dans Tristan und Isolde), sans omettre SCHOENBERG (ses fabuleux Gurre-lieder). A noter aussi ses rĂŽles mozartiens : Sextus (Titus), Dorabella (Cosi)
 Portrait discographique incontournable. Bon anniversaire Brigitte !

 

 

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CD coffret, événement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon)

Works by
Schubert · Loewe · Schumann
Wolf · Lizst · R. Strauss
Dvoråk · Brahms · Mahler
Mussorgsky · R. Wagner · A. Scarlatti
Mozart · Humperdinck · Pfitzner
Puccini · J. Strauss II · Verdi
Schoenberg
Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano

Wiener Staatsopernchor
Wiener Philharmoniker
Karl Böhm

Mozarteum Orchester Salzburg
Leopold Hager

Berliner Philharmoniker
Carlo Maria Giulini

Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
Riccardo Chailly

Symphonieorchester
des Bayerischen Rundfunks
Rafael Kubelik
Parution international le 7 Juin 2019

CD coffret, Ă©vĂ©nement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon – 0289 483 6913 3

Cecilia Bartoli & Friends : un portrait de la diva romaine

bartoli-mezzo-soprano-critique-opera-concert-annonce-classiquenews-Cecilia-Bartoli-AlcinaARTE. Dim 3 mars 2019. 23h40. Cecilia Bartoli. BARTOLI & Friends. NĂ© Ă  Rome le 4 juin 1966, la quinqua Bartoli peut ĂȘtre fiĂšre de sa carriĂšre, marquĂ©e par la jeunesse virtuose et dĂ©fricheuse, passionnĂ©e par le Baroque et muse de l’opĂ©ra romantique italien. Elle a dĂ©montrĂ© l’étendue de ses talents : du XVIIĂš montĂ©verdien, au opĂ©ras belliniens et rossiniens, dĂ©voilant un bel canto, articulĂ©, habitĂ©, aussi captivant que celui de La CALLAS
 c’est dire. On n’oubliera pas non plus son incursion chez Berlioz, Ă©gĂ©rie, ambassadrice du dĂ©sir berliozien, celui suscitĂ© par la vĂ©nĂ©ration pour la jeune actrice Hariett Smithson (qui deviendra son Ă©pouse) et qui lui transmet le virus de Shakespeare. MĂ»re, riche d’une expĂ©rience passionnante qui s’est Ă©crite en jalons discographique surtout Ă©ditĂ© par Decca, la mezzo coloratoure ne cesse d’étendre encore les champs de ses explorations : un rĂ©cent Vivaldi acte II, a confirmĂ© son sens de la sculpture du mot

Le seul documentaire qui lui avait jusque-lĂ  Ă©tĂ© consacrĂ© date Ă©trangement de vingt-six ans, alors que la jeune mezzo-soprano colorature dĂ©butait Ă  peine sa prodigieuse carriĂšre. Un quart de siĂšcle plus tard, ce film, tournĂ© Ă  l’aube de ses 50 ans, retrace son extraordinaire parcours. Le rĂ©alisateur Fabio De Luca a suivi l’incandescente cantatrice italienne, nĂ©e Ă  Rome en 1966, dans tous les thĂ©Ăątres d’Europe oĂč elle se produisait, sur scĂšne comme dans les coulisses. Dans ce portrait intime, l’artiste, interprĂšte majeure de Rossini, Vivaldi et Mozart, ses compositeurs fĂ©tiches, mais aussi inlassable exploratrice musicale, se livre en Ă©voquant les Ă©tapes et les rencontres qui ont marquĂ© sa vie. Un hommage Ă  l’une des plus grandes divas actuelles, nourri aussi des tĂ©moignages des musiciens qui l’ont accompagnĂ©e, de Daniel Barenboim Ă  Gustavo Dudamel en passant par Antonio Pappano, Martha Argerich ou encore Philippe Jaroussky. Cecilia Bartoli comme on ne l’a encore jamais entendue


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ARTE. Bartoli & Friends, Dim 3 mars 2019. 23h40. Cecilia Bartoli. BARTOLI & Friends – Documentaire de Fabio De Luca (France/Suisse, 2018, 54mn)

CD, critique. MIROIR(S). ELSA DREISIG, soprano (1 cd ERATO).

500x500-ELSA-DREISIG-miroirs-cd-critique-clic-de-classiquenews-la-nouvelle-diva-francaise-par-classiquenewsCD, critique. MIROIR(S). ELSA DREISIG, soprano (1 cd ERATO). DĂ©jĂ  la prise de son est un modĂšle du genre rĂ©cital lyrique : la voix de la soliste se dĂ©tache idĂ©alement sur le tapis orchestral, dĂ©taillĂ© et enveloppant. Le programme de la soprano Pretty Yende enregistrĂ© chez SONY ne bĂ©nĂ©ficiait pas d’un tel geste orchestral ni d’une telle prise de son. Dans cet espace restituĂ© avec finesse, la voix somptueuse de la jeune mezzo française affirme un beau tempĂ©rament, sensuel, Ă©panoui, naturel, et aussi espiĂšgle (sa Rosina qui l’avait rĂ©vĂ©lĂ© au Concours de Clermont Ferrand : voir notre entretien avec la jeune diva, alors non encore distinguĂ© par son prix Operalia 2016) : du chien, une finesse enjouĂ©e, et donc un talent belcantiste naturel. Sa comtesse, quoiqu’on en dise trouble malgrĂ© une couleur qui manque de profondeur, mais la justesse de l’intonation, le souci de la ligne, indique lĂ  aussi, aux cĂŽtĂ©s de la rossinienne, l’excellente mozartienne (plus Ă©vidente pour elle et son Ăąge, Ă©videmment Pamina). Pas encore trentenaire, la mezzo Ă©blouit littĂ©ralement dans les hĂ©roĂŻnes de l’opĂ©ra romantique français : ThaĂŻs de Massenet, Marguerite du Faust de Gounod avec cette dĂ©licatesse articulĂ©e du verbe : la grande classe. IntĂ©ressant jeu de miroirs pour reprendre le titre du cd, ses Manons chez Massenet (dĂ©chirant et sobre « Adieu notre petite table ») et chez Puccini (couleur idĂ©ale du timbre). Nouvel effet d’échos pour sa Juliette : celle acadĂ©mique et ennuyeuse de Daniel Steibelt (mort en 1823), que l’on oubliera vite, quand celle de Gounod (scĂšne du poison) transpire d’émotion tragique, de suavitĂ© mortifĂšre, d’une Ă©vanescence poĂ©tique admirable.

CLIC D'OR macaron 200La piĂšce de choix ou l’apothĂ©ose de ce rĂ©cital quand mĂȘme un brin ambitieux, reste la SalomĂ© en français (validĂ©e par Strauss) lui-mĂȘme : la candeur perverse, l’innocente obscĂšne se dĂ©lecte ici en une danse vocale autour de la tĂȘte coupĂ©e du ProphĂšte Jokanaan (hallucinĂ©e, entre le thĂ©Ăątre et le monologue Ă©perdu : « je la mordrai avec les dents  ») : pour une fois que nous avons lĂ  une interprĂšte qui a et l’ñge et la couleur et la technique du rĂŽle, on dit : « brava ». Le rĂ©sultat est sidĂ©rant car la juvĂ©nilitĂ© primitive, irradiante de cette adolescente malade Ă©blouit littĂ©ralement dans la monstruositĂ© de sa folie barbare. L’intelligence de la diction, la subtilitĂ© de l’émission, tout en sobriĂ©tĂ© sensuelle suscitent notre admiration. A suivre. LIRE aussi notre prĂ©sentation du cd MIROIR(S) de la mezzo soprano ELSA DREISIG