ARTE : 3 opéras depuis AIX 2021 : Wagner, Mozart, Saariaho (8, 9, 10 juillet 2021)

arte-concert-arts-de-la-scene-ballets-vod-critiques-classiquenewsARTE, les 8, 9 et 10 juillet 2021 : AIX 2021 : Mozart, Wagner, Saariaho
 Les temps forts du Festival d’Aix-en-Provence 2021 sur ARTE et ARTE Concert – L’antenne d’ARTE et ARTE Concert retransmettent les temps forts de l’édition 2021 du Festival d’Aix en Provence. Les noces de Figaro de Mozart (mise en scĂšne de Lotte de Beer), la crĂ©ation mondiale de l’opĂ©ra Innocence de Kaija Saariaho, Tristan et Isolde de Richard Wagner (Sir Simon Rattle, direction).

 

 

 

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WAGNER : Tristan et Isolde
Jeudi 8 juillet 2021 – 18h
En direct sur arteconcert.com
UltĂ©rieurement Ă  l’antenne

Passion interdite, dĂ©sir absolu. De la souffrance Ă  la jouissance refusĂ©e, la mise en musique de la lĂ©gende celtique du mĂȘme nom se joue Ă  Aix cet Ă©tĂ©, sous la direction musicale de Sir Simon Rattle, Ă  la tĂȘte du London Symphony Orchestra, les rĂŽles-titres interprĂ©tĂ©s par Nina Stemme (Isolde) et Stuart Skelton (Tristan) ainsi que Franz-Josef Selig dans le rĂŽle blessĂ©, trahi du roi Marke, dans la mise en scĂšne de Simon Stone. L’amour est-il un poison qui entrave ou une force libĂ©ratrice qui appelle au dĂ©passement?
WAGNER : le Ring Jordan sur France MusiqueOpĂ©ra de Richard Wagner, sous la direction musicale de Sir Simon Rattle, mise en scĂšne de Simon Stone. A l’époque de la crĂ©ation de Tristan und Isolde, en 1865, Wagner rencontre l’homme providentiel, le jeune roi Louis II de BaviĂšre : Ă©bloui par la puissance de la musique wagnĂ©rienne, ses Ă©vocations oniriques et irrĂ©sistibles, en particulier du moyen Ăąge chevaleresque, le souverain devient le protecteur et le financier du compositeur ; c’est aussi l’époque oĂč Wagner et la fille de Liszt, Cosima, se dĂ©couvrent l’un pour l’autre, une passion commune
 comme sur la scĂšne lyrique, Tristan et Yseult.

 

 

 

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2

MOZART : Les noces de Figaro
Vendredi 9 juillet 2021 – 22h30
À l’antenne et sur arteconcert.com 

Depuis le ThĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©, l’opĂ©ra de Mozart mis en scĂšne par Lotte de Beer est prĂ©sentĂ© comme « l’Ă©vĂšnement du festival d’Aix 2021 ». Il est vrai que depuis ses dĂ©buts, Aix qui a souhaitĂ© devenir le Salzbourg français, programme chaque annĂ©e au moins un opĂ©ra mozartien. Avec la soprano Julie Fuchs (Susanna), le trĂšs convaincant AndrĂš Schuen (baryton dans le rĂŽle titre de Figaro), la mezzo-soprano venue du baroque, Lea Desandre (dans le rĂŽle travesti de Cherubino, bouleversante incarnation du dĂ©sir).

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsSYNOPSIS : la Rosine du Barbier de SĂ©ville (Rossini) est devenue la comtesse Almaviva. Libertin et volage voire amoral, son mari poursuit de ses assiduitĂ©s Barberina, la fille de son jardinier, mais Ă©galement la camĂ©riste de son Ă©pouse, Susanna que Figaro, le valet du comte, s’apprĂȘte Ă  Ă©pouser
 pourtant la gouvernante Marcellina compte bien empĂȘcher ces Noces annoncĂ©es, en vertu d’une promesse d’épousailles que lui fit jadis le mĂȘme Figaro
 Jamais l’esprit subversif de Beaumarchais (auteur de la piĂšce originelle) n’avait trouver meilleure mise en musique que chez Mozart.

MOZART : les Nozze di Figaro
Direction musicale : Thomas Hengelbrock
Mise en scĂšne : Lotte de Beer
AprĂšs AĂŻda de Verdi, prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Paris en fĂ©vrier 2021, Lotte de Beer aborde ainsi Mozart, faisant ainsi ses dĂ©buts Ă  Aix.

3

Kaija SAARIAHO : Innocence (création)
Samedi 10 juillet – 20h
En direct sur arteconcert.com

CrĂ©ation cosmopolite, Innocence est un drame choral, une tragĂ©die contemporaine pour solistes, choeur et orchestre dans laquelle les ombres du passĂ© font Ă©cho Ă  la perte de l’innocence et Ă  la culpabilitĂ© latente. Le temps s’écoule et Ɠuvre inĂ©luctablement pour la perte d’une candeur, d’une innocence, aussi fragile que fugitive.

saariaho-kaija-portrait-festival-presences-2017SYNOPSIS : Un mariage en Finlande (patrie de la compositrice). Le mariĂ© est finlandais, la mariĂ©e roumaine, la belle-mĂšre française. Alors que les festivitĂ©s ont commencĂ©, la serveuse tchĂšque se sent mal. Quelle tragĂ©die unit ces protagonistes ? Le nouvel opĂ©ra en cinq actes de Kaija Saariaho est le fruit de la collaboration inĂ©dite entre la cheffe finlandaise Susanna MĂ€lkki, la romanciĂšre Sofi Oksanen, le metteur en scĂšne australien Simon Stone. Innocence, crĂ©ation mondiale, sera-t-il comme Written on skin, ou Powder our face, un jalon marquant de la crĂ©ation lyrique de ce dĂ©but XXIĂš siĂšcle


Direction musicale : Susanna MĂ€lkki
Mise en scĂšne : Simon Stone

 

 

 

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CRITIQUE, concert. LIVE STREAMING, BACH Fest Leipzig, le 12 juin : JS BACH : Oratorio de Noël. Gotthold Schwarz

BACH FEST LEIPZIGCRITIQUE, LIVE STREAMING, BACH Fest Leipzig, le 12 juin : JS BACH : Oratorio de NoĂ«l. Gotthold Schwarz. Sous l’immense nef de Saint Thomas, plus grande et impressionnante encore que l’intimiste Saint Nicolas, mais dans le petit choeur et non Ă  la tribune haute, les musiciens entonnent la cĂ©lĂ©bration de JĂ©sus qui vient de naĂźtre, telle que l’a imaginĂ©e JS Bach : tendre lĂ  encore, et d’une douceur inĂ©narrable, que cultivent tout au long des 6 cantates ou 6 parties, les fameux hautbois (d’amour et da caccia) trĂšs sollicitĂ©s en soutien des chanteurs. Leur couleur enveloppe l’opĂ©ra sacrĂ© de Bach d’un nimbe bouleversant ; Ă  travers les Ă©vangiles de Saint-Luc et de Saint-Matthieu (dont les extraits sont citĂ©s par l’évangĂ©liste, qui ne chante pas d’air), c’est d’abord le miracle de la naissance, la candeur admirable de l’Enfant qui sont cĂ©lĂ©brĂ©es ; puis l’espoir et la croyance lumineuse et victorieuse que la Naissance fait naĂźtre dans le cƓur du croyant. La direction de Gotthold Schwarz, Cantor de Saint-Thomas, est sĂ©rieuse, exigeante, soignant la mise en place. Il manque cependant cette Ă©lectricitĂ© et cette urgence poĂ©tique que savait Ă  l’époque de la rĂ©volution baroque, quand tout Ă©tait rĂ©estimĂ©, rĂ©Ă©valuĂ©, insufflĂ© le visionnaire Harnoncourt. Cependant l’exercice dĂ©voile le niveau des jeunes chanteurs locaux(Thomanerchor Leipzig), tous trĂšs engagĂ©s, en particulier dans les « entrĂ©es et ouvertures » au contrepoint vertigineux.

Dans la 1Ăšre partie, se distingue l’air avec les 2 hautbois, Ă©merveillement instrumental, accompagnant le chant des enfants et de la basse qui affirme une assurance rĂ©jouie (Tobias Berndt est un excellent soliste Ă  la voix claire, au texte intelligible, Ă  la technique fluide, au chant jamais contraint), plus encore dĂ©ployĂ© dans l’air qui suit, avec trompette.

La 2Ăšme partie marque les esprits par sa superbe sinfonia d’ouverture : page orchestrale et lever de rideau pour le tableau de l’adoration, cĂ©lĂ©bration de l’enfance, de l’innocence oĂč les traversos alternĂ©s avec les hautbois (4, d’amour et da caccia) disent ce recueillement suspendu face au miracle de la naissance de l’enfant et de l’espĂ©rance que l’évĂ©nement suscite. LĂ  encore, au niveau de son confrĂšre, la superbe clartĂ© chantante du tĂ©nor Martin Petzold pour son air avec traverso (« Frohe Hirten, eilt, ach eilet ») convainc de bout en bout.
Une pleine joie intĂ©rieure Ă©mane du non moins bouleversant air pour alto (« Schlafe, mein Liebster, genieße der Ruh’ » / Dors mon amour, profite de la paix
 ) oĂč s’écoule toute la tendresse d’une humanitĂ© saisie par le miracle du nouveau nĂ© (le traverso accompagne tout le long cet air de cĂ©lĂ©bration admirative, et en Ă©chos les hautbois d’amour et da caccia) – Bach a exprimĂ© l’admiration de Marie pour son enfant endormi. Dommage que le chant maĂźtrisĂ© d’Elvira Bill, bien placĂ©, reste lisse comme distanciĂ©.
Le Final (choral entonnĂ© par les enfants) souligne encore l’émerveillement pastoral pour l’enfant dont le sentiment de tendresse est Ă  nouveau portĂ© par les deux hautbois d’amour, emblĂšmes de cette communion miraculeuse autour de l’Enfant.

Gerlinde-Sämann----Tobias-Berndt-oratorio-de-noel-J.-S. Bach- Weihnachtsoratorium oratorio noel bachfest leipzig 2021 streaming review critique classiquenewsDramatique comme un opĂ©ra, la 3Ăš partie affirme la vitalitĂ© de son entrĂ©e, avec trompettes et choeur (d’enfants) ; l’ouverture porte l’espoir des bergers qui marchent (et mĂȘme s’empressent) Ă  BĂ©tlĂ©hem pour y admirer le nouveau nĂ© ; on admire le timbre noble et tendre de la basse qui avec la soprano (trĂšs musicale Gerlinde SĂ€mann) entonne alors le plus duo de parents aimants que Bach a jamais composĂ© (« Ich bin deine, du bist meine ») : aucun doute, Haydn s’en est inspirĂ© pour le duo de sa CrĂ©ation (Adam / Eve) ; et Mozart dut l’avoir en tĂȘte en Ă©crivant son duo de Papagena / Papageno pour La FlĂ»te. La sĂ»retĂ© des deux solistes se rĂ©vĂšle jubilatoire, communion de deux Ăąmes admiratives et sincĂšres. L’intelligibilitĂ© est totale, le sens du texte, nuancĂ© ; une entente parfaite.

La seconde partie du streaming, dĂ©bute avec la 4Ăš partie, fĂȘte pour le 1er janvier. La sĂ©quence est riche d’espĂ©rance, cĂ©lĂ©brant en JĂ©sus, le Sauveur et le guide protecteur. Le Choeur d’ouverture est plein de sĂ©rĂ©nitĂ© aux couleurs cynĂ©gĂ©tiques (cor naturel), annonçant l’avĂšnement du Fils RĂ©dempteur. Puis l’Arioso de la basse fait alliance avec « Mon JĂ©sus » protecteur qui Ă©carte toute inquiĂ©tude de la mort
 ce que reprend l’air (central de cette JournĂ©e IV) de la soprano (excellente car sobre et claire Gerlinde SĂ€mann) en dialogue avec le hautbois (dĂ©licieux effets d’échos) et le soliste du chƓur d’enfants ; en un focus inouĂŻ, la ferveur devient individuelle et le texte comme la musique renforcent le lien entre JĂ©sus et chaque croyant. Ce dialogue entre Dieu et le fidĂšle est au coeur de la nouvelle section : les nombreux « Ja / oui » repris par la voix et le hautbois soulignent la certitude du croyant, comme baignĂ© par la tendresse infinie et caressante de JĂ©sus. MĂȘme fusion entre croyant et JĂ©sus, en un jeu de miroir, d’identitĂ© dĂ©doublĂ©e, dans ce qu’exprime le sublime rĂ©citatif qui suit, associant la basse accompagnĂ© par l’orchestre et le choeur des garçons sopranos. Comme un chƓur « cĂ©leste », les garçons accompagnent l’ñme du fervent : la basse, dĂ©cidĂ©ment parfaite par sa justesse humaine et tendre).
BACHfest-leipzig-2021-Martin-Petzold-review-critique-opera-classiquenews-oratorio-noel-js-BACHAvec 2 violons obligĂ©s, l’air du tĂ©nor cĂ©lĂšbre l’humanisme du Sauveur (« Ich will nur dir zu Ehren leben / Je veux vivre pour ta seule gloire ») : ardente, tendue, Ă  la fois martiale et dansante mĂȘme, la volontĂ© du croyant est dĂ©bordante d’une sincĂ©ritĂ© qui s’exalte au contact des deux cordes. Martin Petzold, a la dĂ©termination de celui qui pense exactement ce qu’il dit : le chant se fait prĂ©dication et tĂ©moignage. La fusion spirituelle des trois solistes, violons I, II et tĂ©nor est un autre moment bouleversant.

Comme le dĂ©but de la IIIĂš exprimait l’exaltation des bergers marchant vers BĂ©thlĂ©em, le portique d’ouverture de la VĂš partie (pour le dimanche aprĂšs le 1er janvier), atteste de l’impatience presque frĂ©nĂ©tique des rois mages venus honorĂ©s l’Enfant. Les instrumentistes de l’Akademie für Alte Musik Berlin expriment cette exaltation qui devient prĂ©cipitation
 socle Ă  une cathĂ©drale sonore vertigineuse qui exige de tous les pupitres choraux. En cela les garçons, sopranos, altos, tĂ©nors et basses, relĂšvent les dĂ©fis d’un massif contrapuntique parmi les plus impressionnants de Bach. Point d’orgue de la sĂ©quence, le trio sop / alto / tĂ©nor, parfaitement bien caractĂ©risĂ© (avec violon solo obligĂ©) : « Ach, wenn wird die Zeit erscheinen? / Ah quand viendra-t-il ce jour tant attendu ? », exprime le feu, la fiĂšvre des croyants, qui s’exaspĂšrent dans l’attente de l’avĂšnement du royaume de JĂ©sus. Les 3 interprĂštes offrent une leçon de ligne vocale d’une sĂ»retĂ© absolue, oĂč le chant se fait certitude.

Dans la derniĂšre sĂ©quence (6Ăš partie), l’oratorio dĂ©voile et souligne l’autoritĂ© de JĂ©sus, sa nature divine, telle que le proclament (aprĂšs le superbe choeur introductif avec les trompettes), d’abord la soprano (air « Nur ein wink von seinem hĂ€nden / D’un seul signe de sa main ») ; puis le tĂ©nor, fier et heureux, presque martial, dont l’air « Nun mögt ihr stolzen feinde schrekken / Durs ennemis essayer de me terroriser » confirme qu’il sera invincible, protĂ©gĂ© par le Sauveur. En dĂ©voilant l’essence divine de JĂ©sus, la musique souligne son caractĂšre protecteur. Le choral final complĂšte ce tableau des dĂ©lices en annonçant une nouvelle Ăšre pour l’humanitĂ©. On souscrit totalement Ă  l’exaltation finale portĂ©e par l’engagement de tous les musiciens.

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CRITIQUE, LIVE STREAMING, BACH fest, LEIPZIG. Sam 12 juin 2021 / 18h puis 20h30. Leipzig, Thomaskirche : J. S. Bach: Weihnachtsoratorium, BWV 248 (I–III) puis (IV-VI) – Gerlinde SĂ€mann (Soprano), Elvira Bill (Alto), Tobias Hunger (TĂ©nor – Evangeliste), Martin Petzold (TĂ©nor – Arien), Tobias Berndt (Basse), Thomanerchor Leipzig, Akademie für Alte Musik Berlin – Direction : Thomaskantor / Gotthold Schwarz.

LIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND

NGUCI-Marie-ange-piano-concert-critique-classiquenews-orchestre-national-de-lille-streaming-liveLIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND. Programme Ă©vĂ©nement ce samedi grĂące Ă  la complicitĂ© de l’Orchestre National de Lille et du chef (actuel directeur musical de l’Orchestre national de Metz), David Reiland : l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle affiche en direct samedi Ă  partir de 20h, l’un des concertos les plus Ă©blouissants de Mozart, son n°20 : frappĂ© du sceau de l’urgence, de la gravitĂ©, de la profondeur et de l’élĂ©gance
 mozartienne. Il faut un toucher de velours qui sait aussi mordre pour exprimer l’écriture Ă  la fois tendre et tragique du compositeur. En fĂ©vrier 1785, Wolfgang est l’auteur le plus en vue de Vienne, capable d’un prodige alliant tendresse ineffable et grandeur sombre ; Haydn s’inclinera alors devant la partition et dĂ©clare Ă  Leopold, le pĂšre de Mozart : « votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse ». Le raffinement de l’orchestration, la partie jamais « bavarde » ou strictement virtuose du piano, la volubilitĂ© des atmosphĂšres, contrastĂ©es qui se succĂšdent avec naturel et mĂȘme vertige, indiquent la maturitĂ© de Wolfgang qui choisit la mĂȘme tonalitĂ© que l’ouverture du futur opĂ©ra « Don Giovanni » dĂšs le dĂ©but du Concerto. Un souffle intensĂ©ment dramatique saisit immĂ©diatement l’auditeur (Allegro). Le point d’accomplissement de la partition demeure le mouvement central ou « Romance » , ample priĂšre suspendue, touchĂ©e par la grĂące d’une inspiration qui regarde au delĂ  du rĂ©el, qui exprime au delĂ  de tout sentiment terrestre. Le Rondo final laisse se libĂ©rer l’invention parfois tumultueuse d’un esprit Ă  vif : Mozart exprime tous les sentiments humains en un drame aussi intĂ©rieur que dĂ©monstratif. Il s’émancipe de la frivolitĂ© du style galant pour atteindre une profondeur nouvelle, prĂ©-romantique. La fin semble d’une allĂ©gresse insouciante jusqu’au dernier accord, singulier qui interroge (rĂ©/do diĂšse) : ainsi est la facĂ©tie mozartienne, trouble, ambivalente, multiple voire insondable Ă  l’égal du choix du rĂ© mineur pour ce rondo Ă©tourdissant, bouleversant. Une richesse allusive qui suscite l’interrogation. Est ce la raison pour laquelle le n°20 fut apprĂ©ciĂ© et jouĂ© par Beethoven (qui Ă©crivit mĂȘme sa propre cadence), inaugurant une passion que partageront (Ă  juste titre) Brahms, Clara Schumann, Busoni
 ?

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La jeune pianiste française Marie-Ange Nguci retrouve ainsi LILLE dont elle Ă©tait la rĂ©vĂ©lation du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL (juin 2020) : on se souvient qu’en plein confinement de la culture, dans la stricte observation des mesures sanitaires, l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE proposait alors un festival 100% digital dont CLASSIQUENEWS a rendu compte des programmes principaux :
https://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020/

Aux cĂŽtĂ©s de Jonathan Biss (direct depuis Philadelphie), Jean-François Zygel (improvisant d’aprĂšs Beethoven), David Kadouch dans un formidable concert de clĂŽture, Marie-Ange Nguci affirmait son tempĂ©rament lunaire et cristallin dans un programme personnel (Bach / Busoni), Beethoven, Ravel, Scriabine.

NGUCI-marie-ange-piano-concert-critique-lille-pianos-digital-classiquenews-juin-2020« Fulgurant, mordant et d’une Ă©tonnante intelligence des contrastes, le jeu de Marie-Ange Nguci Ă©coute la matiĂšre, fait surgir des Ă©lans murmurĂ©s d’une poĂ©tique Ă©trange, liquide, suspendue, auxquels rĂ©pondent des dĂ©flagrations tranchantes ; mais il y aussi un impressionnisme sonore qui s’écoule, et des rythmes qui s’entrecroisent et se chevauchent dans un festival Ă©motionnel permanent, contrĂŽlĂ©, scintillant  », Ă©crivions-nous lors du LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020. LIRE ici nos comptes rendus du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 :
http://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020-ledition-100-digitale/

Ambassadrice des la profondeur mozartienne, l’interprĂšte devrait dĂ©voiler toute la palette de sa dĂ©jĂ  riche sensibilitĂ©, d’autant plus sous la baguette d’un chef lui aussi mozartien jusqu’au bout des ongles, l’excellent David Reiland.

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VOIR le concert MOZART : Concerto pour piano n°20ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-AUDITO-2.00-concert-digital-en-direct-depuis-l-auditorium-du-nouveau-siecle-lille-annonce-critique-concert-classiquenews
Marie Ange NGUCI, piano
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
David Reiland, direction
https://www.youtube.com/watch?v=WPvxff5nKEg&list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-&index=1

LIRE le programme de salle ici :
https://bit.ly/MozartConcertoONL​

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RETROUVER les concerts digitaux de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
sur la chaĂźne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE / «  AUDITO 2.0 », la salle de concert numĂ©rique de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille :
https://bit.ly/2INlAIg

RETROUVER LA PROCHAINE PROGRAMMATION du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2021
ici : www.lillepianosfestival.fr

 

 

 

LIVE STREAMING, concert, critique. LILLE, ONL, sam 10 avril 2021 : Ravel, Debussy. Orchestre National de Lille, AS OTT, piano / Elim CHAN, direction.

ELIM CHAN cheffe classiquenews ON LILLE steaming concert audito 2LIVE STREAMING, concert, critique. LILLE, ONL, sam 10 avril 2021 : Ravel, Debussy. Orchestre National de Lille, AS OTT, piano / Elim CHAN, direction. Comme un signe annonciateur, espĂ©rĂ© du retour du public dans les salles de concerts, confirmant la continuitĂ© du travail musical de l’Orchestre National de Lille, ce malgrĂ© l’application des mesures sanitaires, voici un nouveau jalon de l’offre digitale de la phalange lilloise ; le catalogue des programmes ainsi captĂ©s depuis l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille (offre 100 numĂ©rique intitulĂ©e « AUDITO 2.0 ») est devenu plĂ©thorique et variĂ© : tout est accessible depuis la chaĂźne youtube de l’Orchestre National de Lille (ICI). / Photo : Elim CHAN (DR).

Pour ce concert double Ravel / Beethoven, deux tempĂ©raments asiatiques affrontent la vitalitĂ© de l’Ă©criture concertante et symphonique.
D’emblĂ©e l’entente, la complicitĂ© entre cheffe, soliste et instrumentistes portent leurs fruits ; le Premier mouvement du Concerto en sol de Ravel, Ă  la vitalitĂ© enivrĂ©e et swinguĂ©e, « amĂ©ricaine » , rĂ©alise ce que recherchait Ravel aprĂšs sa tournĂ©e aux USA (1928) : produire une piĂšce mouvante, parfois superactive dans l’esprit d’un « divertissement », oĂč brille Ă  armes Ă©gales, l’éloquence du piano et des instruments de l’orchestre, en particulier les vents. Le mouvement central (Adagio assai) a cette rĂȘverie que chef et soliste inscrivent dans la nonchalance mozartienne (claire rĂ©fĂ©rence au Quintette pour clarinette de Wolfgang) entre abandon et suprĂȘme nostalgie (voire climat d’insaisissable rĂȘverie enchantĂ©e) puis le finale (Presto) devient transe dans laquelle la cheffe soigne la vitalitĂ© des timbres auquel le piano frĂ©tillant de la pianiste (germano-nippone) Alice Sara Ott apporte une claque dĂ©taillĂ©e et lumineuse qui fouette les rythmes.

Dans la Symphonie n°2 de Beethoven (1802, crĂ©Ă©e en 1803), la cheffe hong-kongaise souligne l’énergie et l’impĂ©tuositĂ© de l’écriture, celle qui affirme le gĂ©nie crĂ©ateur et conquĂ©rant d’un Beethoven qui a alors surmontĂ© la crise d’Heiligenstadt ; dĂ©pression en liaison avec sa surditĂ© croissante, finalement surpassĂ©e et sublimĂ©e par une rage dĂ©terminĂ©e : tout cela s’entend (Scherzo Ă  la fois capricieux et allĂšgre) et rĂ©sonne sous la baguette vive, affĂ»tĂ©e, musclĂ©e d’Elim Chan (Finale / Allegro molto d’un pur esprit de joie sĂ©ditieuse). C’est la vigueur qui l’emporte ici sur toute virtuositĂ© et Ă©lĂ©gance viennoise : Elim Chan confirme le souffle martial d’un Beethoven prĂȘt Ă  en dĂ©coudre, armĂ© pour surmonter tous les revers de sa destinĂ©e foudroyĂ©e.

LIVE STREAMING, concert, critique. LILLE, ONL, sam 10 avril 2021 : Ravel, Debussy. Orchestre National de Lille, AS OTT, piano / Elim CHAN, direction. CONCERT Ă  revoir sur la chaĂźne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE ici :

LIVE STREAMING: l’Orchestre des Champs ElysĂ©es joue RAVEL

orchestre-champs-elysees-louis-langreee-concert-live-streaming-classiquenews-concert-chez-soiE CONCERT de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, ce soir, jeudi 17 dĂ©c 2020, 19h30. L’Orchestre des Champs ElysĂ©es propose un concert en streaming, Ă  19h30, en remplacement de sa tournĂ©e Ravel qui devait avoir lieu en dĂ©cembre et qui a Ă©tĂ© annulĂ© en raison du confinement (cf annonces prĂ©sidentielles du 10 dĂ©c dernier). L’orchestre prĂ©sente ainsi son travail Ă  tous et enregistre dimanche 20 dĂ©c le programme pour une diffusion tv. Ce concert en direct diffusĂ© sur Youtube fait partie de l’offre digitale de l’Orchestre, intitulĂ©e « odyssĂ©es numĂ©riques ». C’est l’occasion d’écouter deux chefs d’oeuvres de Maurice Ravel et Claude Debussy sur instruments d’époque : festival de timbres rares, motricitĂ© rythmique (Ravel), sensualitĂ© enivrante (Debussy)


 

 

Jeudi 17 décembre à 19h30
Orchestre des Champs Elysées
Louis Langrée, direction

 

PROGRAMME :

PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune, C.DEBUSSY
Boléro, M.RAVEL

VOIR LE CONCERT RAVEL / DEBUSSY :
sur le site du TAP Poitiers, lieu de rĂ©sidence de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es :
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/debussy-ravel-en-streaming/

 

 

 

bakst-ballets-russes-nijinsky-prelude-faune-1912-classiquenewsL’AprĂšs-midi d’un faune, poĂšme de MallarmĂ©, inspire la partition que Debussy compose en 1894, piĂšce musicale sensuelle et bucolique qui inspire Ă  son tour Nijinski, auteur et interprĂšte d’un ballet, scandaleusement Ă©rotique, demeurĂ© lĂ©gendaire. Ravel enthousiasme la qualifia de « miracle unique dans toute la musique ». De son cĂŽtĂ©, BolĂ©ro de Ravel est d’abord pensĂ© comme un ballet, mais sa puissance rythmique et sa force elle aussi expressive, « orgiaque », en font actuellement le morceau orchestral le plus jouĂ© depuis des dĂ©cennies. La formule rythmique Ă©noncĂ©e d’un bout Ă  l’autre par la caisse claire organise le crescendo de l’histoire musical, le plus outrageusement lascif et rĂ©volutionnaire de tous les temps. Ravel enchaĂźne deux thĂšmes mĂ©lodiques permettant Ă  tous les pupitres de briller et dialoguer en une transe paroxystique dont le compositeur, orfĂšvre de l’orchestration, dĂ©tient la clĂ©. Fascinant et poĂ©tique.

 

 

VOIR LE CONCERT EN DIRECT :

Concert diffusĂ© en live sur la page internet du TAP-ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers, sur Facebook et sur Youtube via un lien. Plus d’informations sur la page Facebook de l’Ă©vĂ©nement :

https://fb.me/e/39NcuznxU

 

 

 

 

 

Louis Langrée, maestro © S. Giles