RADIO. Sélection de la rentrée 2020

RADIO. Sélection de la rentrée 2020… Classiquenews sélectionne ici les programmes à ne pas manquer sur les ondes. Opéras, concerts symphoniques, plateaux éclectiques, retrouvez ci dessous les programmes incontournables à écouter dès la rentrée 2020 et bien après…

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 Dim 27 sept 2020, 16h
Tribune des critiques de disques : STABAT MATER de POULENC
Quelle est la meilleure version enregistrĂ©e ? Ecoute comparative…

 

Ven 11 sept 2020, 21h.
Musiques en Fête ! en direct d’Orange sur France Musique et France 3

Malgré le contexte sanitaire, voici une soirée musicale inédite avec des artistes en live destinée au plus grand nombre. Présentée par Cyril Féraud (entre autres), cette 10e édition de « Musiques en fête » réunit un plateau de chanteurs pour un mixte de genres mêlés : airs d’opéra, d’opérette, de comédies musicales, ainsi que des musiques traditionnelles et des chansons françaises…
Les mĂ©lodies de Verdi, Donizetti, Bellini s’associent aux airs cultes : “Oh happy day !”, “Calling you”, “La MĂ©lodie du bonheur”, interprĂ©tĂ©s en direct sur France 3 et sur France Musique, depuis la scène du théâtre antique d’Orange.
Se succédent ainsi sur scène Florian Sempey, Thomas Bettinger, Claudio Capeo, Sara Blanch Freixes, Jérôme Boutillier, Alexandre Duhamel, Julien Dran, Julie Fuchs, Thomas Bettinger, Mélodie Louledjian, Patrizia Ciofi, Fabienne Conrad, Marina Viotti, Florian Laconi, Amélie Robins, Béatrice Uria-Monzon, Marc Laho, Jeanne Gérard, Anandha Seethaneen, Jean Teitgen. Avec l’Orchestre national de Montpellier Occitanie. Le Chœur de l’Opéra de Monte Carlo, Chef de chœur : Stefano Visconti. La Maîtrise des Bouches-du-Rhône. Les élèves des classes CHAM du collège de Vaison la Romaine. Chorégraphies de Stéphane Jarny.
Puis les jeunes talents de Pop the Opera, rĂ©unissant une centaine de collĂ©giens et de lycĂ©ens issus d’établissements scolaires de la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂ´te d’Azur, interprètent plusieurs chansons cultes.

PROGRAMME

Georges Bizet : Carmen
Giacomo Puccini : Nessun dorma, ext. de Turandot (Act.III)

Charles Trenet
Paul Misraki
Je chante

Charles Gounod
Je veux vivre – Ariette, ext. de RomĂ©o et Juliette

Giuseppe Verdi
Di geloso amor sprezzato, ext. de Le Trouvère (Act.I, Sc.15)

Michel Polnareff
On ira tous au paradis
Hommage Ă  Jean-Loup Dabadie, auteur

Gaetano Donizetti
Io son ricco e tu sei bella (Barcaruola), ext. de L’ Elisir d’amore (Act.II, Sc.3)
Una furtiva lagrima, ext. de L’ Elisir d’amore (Act.II, Sc.12)

Jules Massenet
Profitons bien de la jeunesse, ext. de Manon (Act.III, Sc.10)

Abba : Björn Ulvaeus, Benny Andersson, Stig Anderson Dancing Queen

Bella ciao (Hymne des Partisans italiens)

Anonyme
Paul Misraki

Qu’est-ce qu’on attend pour ĂŞtre heureux ?
ext. de la BO du film Feux de joie de Jacques Houssin

Pop the Opera : collégiens et lycéens de la région académique Provence-Alpes-Côte-d’azur

Giacomo Puccini
E lucevan le stelle, romance – ext. de Tosca (Act.III, Sc.3)

Giuseppe Verdi
Carlo vive ? , ext. de I masnadieri (“Les Brigands”)
MĂ©lody Louledjian, soprano, Amalia

Di provenza il mar il suol, ext. de La Traviata (Act.II, Sc.13)
JĂ©rĂ´me Boutillier, baryton

Lucio Battisti
E penso a te
Claudio Capeo, chant

Giuseppe Verdi
O Carlo ascolta, ext. de Don Carlo (Act.III, Sc.9)
Pace pace mio Dio, ext. de La forza del destino (“La force du Destin”) – Act.IV Sc.5

Richard Rodgers
Do-Re-Mi (Do le do), ext. de La MĂ©lodie du bonheur
Elèves des classes CHAM du collège de Vaison la Romaine

Traditionnel Tsigane de Russie
Medley “Les trois tĂ©nors” : Les Yeux noirs (“Otchi tchornye”), Cielito lindo, O sole mio (“mon soleil »)

Gaetano Donizetti
Deh! tu di un umile preghiera, ext. de Maria Stuarda (Act.III, Sc.14)
Cruda funesta smania, ext. de Lucia di Lammermoor (Act.I, Sc.4)

John Kander
Cabaret
Isabelle Georges, chant

Gioacchino Rossini
La calunnia e un venticello, ext de Le barbier de SĂ©ville (” Il Barbiere di Siviglia”) – Act.I Sc.16 Non piu mesta, ext. de La Cenerentola
Marina Viotti, mezzo-soprano, Angelina dite La Cenerentola

The Edwin Hawkins Singers
Oh Happy Day
Choeur de Gospel

Pablo Sorozábal
No puede se, ext. de la zarzuela “La tabernera del puerto »

Vincenzo Bellini
La tremenda ultrice spada, ext. de
Les Capulets et les Montaigus (“I Capuleti e i Montecchi”) – Act.I
HĂ©loĂŻse Mas, mezzo-soprano

Gaetano Donizetti
O luce di quest’anima, ext. de Linda di Chamounix (Act.I, Sc.10)

Louis Ganne
C’est l’amour, ext. de Les Saltimbanques
Julie Fuchs, soprano, Suzanne
Florian Sempey, baryton, Grand-Pingouin

Bob Telson
Calling You
Ext. de la BO du film américano-allemand réalisé par Percy Adlon
Anandha Seethaneen, chant, membre du gospel “Oh happy day »

Vincenzo Bellini
Ah! non giunge uman pensiero, ext. de La Sonnambula (Act.II, Sc.14)
Amélie Robins, soprano, Amina

Deh! non volerli vittime, ext. de Norma (Act.II, Sc.18)
Fabienne Conrad, soprano, Norma
Marc Laho, ténor, Pollione

Franz Schubert
Ave Maria (Ellens Gesang III, Hymne an die Jungfrau D 839 op. 52 n°6)
Sara Blanch Freixes, soprano

Maîtrise des Bouches-du-Rhone
Ivan Petrovitch Larionov
Kalinka (“Petite baie”)
Florian Laconi, ténor
Direction : Didier Benetti

Giuseppe Verdi
Schiudi inferno inghiotti, ext. de Macbeth (Act.I, Sc.11)
Alexandre Duhamel, baryton
BĂ©atrice Uria-Monzon, mezzo-soprano
Jean Teitgen, baryton
Thomas Bettinger, ténor
Jeanne GĂ©rard, soprano

Libiamo nè lieti calici, ext. de La Traviata (Act.I, Sc.3)
Patrizia Ciofi, soprano, Violetta
Julien Dran, ténor, Alfredo Germont

Choeur de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo dirigĂ© par Stefano Visconti
Orchestre National de Montpellier Occitanie
Direction : Luciano Acocella

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Mardi 8 sept 2020, 20h. HAENDEL : Le Messie.
Concert donnĂ© le 10 juin 2019 en l’Abbaye de Melk dans le cadre du Festival International de JournĂ©es de musique baroque de Melk
Georg Friedrich Haendel
Le Messie HWV 56
Oratorio pour solistes, choeur et orchestre en trois parties sur un livret de Charles Jennens d’après des textes bibliques
Charles Jennens, librettiste
Giulia Semenzato, soprano
Terry Wey, contre-ténor
Michael Schade, ténor
Christopher Maltman, basse
Wiener Singakademie
Concentus Musicus de Vienne
Direction : Daniel Harding

 

 

 

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Dim 6 sept 2020, 16h. PUCCINI : TURANDOT.
Tribune des critiques de disques.Quelle meilleure version au disque de l’ultime opĂ©ra de Giacomo Puccini ? Quelle chanteuse a le mieux incarnĂ© la princesse frigide aux 3 Ă©nigmes ?…

 

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Sam 5 sept 2020, 20h. HAENDEL : Agrippina
20h – 23h Samedi Ă  l’opĂ©ra / opĂ©ra donnĂ© le 11 octobre 2019 au Royal Opera House de Londres.

Georg Friedrich Haendel
Agrippina HWV 6
Opera seria en trois actes sur un livret de Vincenzo Grimani, crée le 26 décembre 1709 au Teatro San Giovanni Grisostomo de Venise.
Vincenzo Grimani, librettiste
Joyce Di Donato, mezzo-soprano, Agrippina
Franco Fagioli, contre-tĂ©nor, NĂ©ron, fils d’Agrippina
Lucy Crowe,soprano, Poppea
Iestyn Davies, contre-ténor, Ottone
Gianluca Buratto, basse, Claudio, Empereur romain
Andrea Mastroni, basse, Pallante
Eric Jurenas, contre-ténor, Narciso
José Coca Loza, basse, Lesbo
Orchestre du Siècle des Lumières
Direction : Maxim Emelyanychev
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opera-garnier-apollon-lyreLe 14 juillet 2020, 19h30 en direct : gala spécial. DUKAS, FAURE, SAINT-SAENS, R STRAUSS, MOZART. En hommage au dévouement et au courage du personnel soignant et de tous ceux qui ont œuvré en faveur de la collectivité au cours des derniers mois, l’Opéra national de Paris organise deux concerts exceptionnels au Palais Garnier, les 13 et 14 juillet 2020. France Musique diffuse en direct le programme du 14 juillet, fête nationale. Fanfares préliminaires, séquence chorale, enfin scène d’opéra (Mozart), puis conclusion symphonique (la Jupiter et sa rayonnante vitalité)… En direct les 13 et 14 juillet sur la page facebook et Youtube de l’Opéra national de Paris. 1h30 sans entracte

Paul Dukas : Fanfare
pour prĂ©cĂ©der “La PĂ©ri »

Richard Strauss : Feierlicher Einzug
(Einzug der Ritter des Jo-hanniterordens), TrV 224

Gabriel Fauré : Madrigal op. 35
Camille Saint-Saëns: Calme des nuits op. 68 n° 1

MOZART : Le Nozze di Figaro
Ouverture
Hai già vinta la causa »
“”Deh vieni non tardar »
Crudel ! Perché finora farmi languir così ?
Symphonie n° 41, “Jupiter” en ut majeur (K 551)

Avec Julie Fuchs, Stéphane Degout, aux côtés de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris sous la direction de Philippe Jordan et des Chœurs de l’Opéra national de Paris sous la direction de José Luis Basso. Le 14 juillet en direct du Palais Garnier à PARIS.

CHAINE YOUTUBE de l’Opéra national de Paris
https://www.youtube.com/user/operanationaldeparis
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Le Messie de HAENDEL au Québec

messie-haendel-festival-classica-marc-boucher-baryton-noel-2019-annonce-concert-evenemnt-classiquenewsFESTIVAL CLASSICA. QUEBEC, HAENDEL : LE MESSIE : 3 – 8 dĂ©c 2019. CĂ©lĂ©brer la magie de NoĂ«l avec l’oratorio le plus saisissant de Georg Friedrich Haendel. VoilĂ  une invitation qui ne se refuse pas. A la fois dramatique comme un opĂ©ra, Le Messie est une partition de maturitĂ©, emblĂ©matique de Haendel dans le genre de l’oratorio anglais et qui a le souci d’une vĂ©ritable intention spirituelle, permettant de mĂ©diter sur les thèmes de la Passion, de la RĂ©surrection…

Premier acteur de la vie musicale classique au QuĂ©bec, le Festival Classica s’associe Ă   L’Harmonie des saisons pour une nouvelle lecture du Messie de Haendel du 3 au 8 dĂ©cembre 2019, soit 6 concerts en tournĂ©e, en MontĂ©rĂ©gie ; poursuivant ainsi une nouvelle aventure automnale amorcĂ©e en 2017 ; les musiciens chanteurs et instrumentistes se retrouvent dans cette mĂŞme Ĺ“uvre phare du temps des fĂŞtes jouĂ©e sur instruments d’époque. Le chef Eric Milnes dirige les musiciens et chanteurs directement du clavecin, comme le fit Haendel Ă  son Ă©poque.

Mélisande Corriveau
Direction artistique

Magali Simard-Galdès
Soliste, soprano

Florence Bourget
Soliste, mezzo-soprano

Emmanuel Hasler
Soliste, ténor

Marc Boucher
Soliste, baryton

SAINT-LAMBERT
Mardi 3 décembre 2019, 19 h 30
Paroisse catholique de Saint-Lambert
RESERVEZ ici
https://app.beavertix.com/fr/billetterie/achat-de-billet/1034/4878

GRANBY
Mercredi 4 décembre 2019, 19 h 30
Église Sainte-Famille
https://app.beavertix.com/fr/billetterie/achat-de-billet/1034/4874

VAUDREUIL-DORION
Jeudi 5 décembre 2019, 19 h 30
Église Saint-Michel
https://www.trestler.qc.ca/content/concert-bénéfice-de-noël#top-menu

SAINT-BENOĂŽT-DU-LAC
Samedi 7 décembre 2019, 14 h
Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac
https://app.beavertix.com/fr/billetterie/achat-de-billet/1034/4872

REPENTIGNY
Dimanche 8 décembre 2019, 15 h
Église de la Purification
https://hector-charland.com/programmation/le-messie-de-haendel/

BOUCHERVILLE
Dimanche 8 décembre, 19 h 30
Église Sainte-Famille
https://app.beavertix.com/fr/billetterie/achat-de-billet/1034/4871

 

 

Pour toute information
Le Messie de Haendel, Saint-Lambert
nhoude@festivalclassica.com
(450) 912-0868

 

DUBLIN, 1742…

handel haendel portrait vignette dossier handel haendel 2016 496px-George_Frideric_Handel_by_Balthasar_DennerIncontestablement, l’oratorio en anglais Le Messie (1742) marque le triomphe des efforts de Georg Friedrich Handel (1685-1759) dans le genre de l’opéra sacré. Certes pas de mise en scène, mais le souffle dramatique des chœurs, le raffinement de l’orchestre et surtout la beauté mélodique des airs, solos et duos, incarnent un âge d’or lyrique en langue anglaise, qui tout en prolongeant le travail du compositeur saxon à Londres après ses tentatives (malheureuses) pour perpétuer l’opéra seria italien, parvient à créer de toute pièce, un nouveau genre en Angleterre, l’oratorio anglais. Depuis Trevor Pinnock en 1988, il n’y a guère d’interprètes aujourd’hui qui réussise cette alliance rare de l’intelligibilité, de la subtilité et de la nervosité expressive, tout en restituant aussi cette élégance du geste et de l’intonation qui fonde la singularité du style haendélien. Après La Resurrezzione (1708), Esther (1720), Deborah (1733), Athalia (1733), saul (1739), Israel en Egypte (1739), Le Messie est avant Londres un triomphe irlandais…

DUBLIN, 1742. LONDRES, 1750… Le Messie évoque le succès de Haendel, hors de Londres, en particulier à Dublin, répondant à l’invitation du Lord Lieutenant d’Irlande : créé en avril 1742, Le Messie suscite un triomphe immense (près de 700 spectateurs dès sa création). A Londres, les spectateurs furent plus réservés, hostiles mêmes, choqués d’écouter des textes sacrés au théâtre.
Il fallut attendre 1750 pour que Le Messie s’impose à Londres quand Handel, reprenant la vocation altruiste de ses concerts, imagina de le donner au Foundling Hospital au profit des nécessiteux de Londres. Enrichie de hautbois et de bassons, la partition devait connaître une faveur croissante au point d’être jouée devant une salle comble, chaque année.

Prémices, Passion, Résurrection… Dans la première partie, les Prophètes annoncent l’arrivée du Messie, figure du sauveur, lumière du monde en une succession d’airs, hymnes, prières d’une joie éperdue… tandis que le choeur, plus inspiré et mystique que précédemment, en exprimant son omnipotence, glorifie Dieu.

La seconde partie s’interroge sur le sens de la Passion ; puis la troisième et courte dernière partie, se concentre surtout sur le sens de la Résurrection. Elégantissime, inspiré, plein d’espoir et de tendresse lumineuse, Haendel à la différence des Passions de Bach, plus âpre (Saint-Jean) ou fraternel et déploratif (Saint-Matthieu) explore une ferveur des plus étincelantes où les promesses du pardon envoûtent l’auditeur à force de nobles et très humaines prières. Architecte inspiré, il sait ciseler la délicate modénature entre choeurs méditatifs, airs solos, parure orchestrale de plus en plus raffinée et inspirée. Avec Haendel, l’oratorio anglais devient poésie musicale.

LIRE aussi notre dossier spécial les oratorios de Haendel:
http://www.classiquenews.com/hanendel-handel-les-oratorios/

Le Messie de Haendel

Bruxelles : Tamerlano et AlcinaFrance Musique. Handel : Le Messie. Jeudi 20 aoĂ»t 2015, 20h. Le Messie de Haendel. Le Messie s’appuie sur le livret de Charles Jennens qui sĂ©lectionne des pages de l’Ancien et du Nouveau testament, soulignant la nature divine et miraculeuse de JĂ©sus, les prophĂ©ties Ă©noncĂ©es dans l’Ancien testament, s’accomplissant bien dans le Nouveau. Pourtant pas de drame tragique Ă©voquant la Passion et le Sacrifice ni la RĂ©surrection après la mort, mais comme un oratorio, la lumière de la croyance, la ferveur de la foi et de l’espĂ©rance qui trouvent dans les images musicales, toujours dramatiques – c’est lĂ  le gĂ©nie lyrique et théâtral de Haendel-, l’accomplissement attendu. Au dĂ©but des annĂ©es 1740 – la partition a Ă©tĂ© “expĂ©diĂ©e” en peu de temps (3 semaines seulement) Ă  la fin de l’étĂ© 1741 (Jennens se plaindra du manque d’inspiration musicale, d’une indignitĂ© patente au regard de l’élĂ©vation du livret, en particulier vis Ă  vis de l’ouverture…), le compositeur affirme pourtant sa maturitĂ©, rĂ©ussissant dans le langage de l’oratorio, une Ă©vocation pleine de souffle et d’emportements (mesurĂ©s cependant) qui passe par l’engagement des chĹ“urs (très prĂ©sents, acteurs principaux dans cette fresque contemplative plus que narrative), et oĂą les airs solistes dĂ©veloppent les sentiments d’admiration, de certitude fervente, d’épanouissement individuel portĂ© par l’esprit de compassion et de fraternitĂ© fervente que leur inspire le Sacrifice… CrĂ©Ă© en 1742 Ă  Dublin, puis en 1743 à  Londres, Le Messie ne suscita pas ce triomphe escomptĂ© par Jennens. Trop mĂ©ditatif, pas assez dramatique et spectaculaire comme Samson, Le Messie fut moins apprĂ©ciĂ© par sa nature immĂ©diatement oratorienne.
La progression dramaturgique du cycle est scindée en trois parties : Prophéties (Annonciation, Nativité) ; Passion (Résurrection puis Ascension) ; Rédemption et salut de l’âme chrétienne compatissante… Ce n’est qu’au cours de la décennie suivante, dans les années 1750 que Le Messie s’imposa et fut véritablement apprécié, quand Haendel le donna chaque Carême à Covent Garden dans la chapelle de sa propre fondation pour les jeunes enfants démunis et abandonnés, du Foundling Hospital à Londres. Il pouvait s’appuyer alors sur le talent de son castrat favori, l’alto Gaetano Guadagni.

logo_france_musique_DETOUREHaendel (1685-1759) : Messiah HWV 56, 1742. France Musique, jeudi 20 août 2015, 20h. Rosemary Joshua, Patricia bardon, Topi Lehtipuu, Neal Davies. Le Concert Spirituel. Hervé Niquet, direction.

Compte-rendu, concert. Avignon, Opéra-Théâtre, le 29 mars 2015. Georg Friedrich Haendel : The Messiah. Magali Arnault Stanczak, Julien Freymuth, David Munderloh, Raymond Ayers. Le Parlement de Musique. Chœur Orlando de Fribourg. Laurent Gendre, direction.

Bruxelles : Tamerlano et AlcinaVoilĂ  quinze ans que le Festival de Musique Baroque d’Avignon – prĂ©sidĂ© par Robert Dewulf – ponctue la vie musicale de la cĂ©lèbre citĂ© papale. Après un Requiem de Mozart (dirigĂ© par le talentueux chef argentin Leonardo Garcia Alarcon) qui a remportĂ© tous les suffrages en dĂ©but de saison, c’est un autre titre parmi les plus fameux du rĂ©pertoire sacrĂ© que le festival proposait en cette pĂ©riode pascale : Le Messie de Georg Friedrich Haendel.  Pour dĂ©fendre le chef d’Ĺ“uvre de Haendel, sont rĂ©unis Ă  Avignon la formation baroque Le Parlement de Musique (fondĂ©e et dirigĂ©e par Martin Gester) et le ChĹ“ur Orlando de Fribourg, tous deux placĂ©s sous la direction de Laurent Gendre (directeur du ChĹ“ur prĂ©citĂ©). Parfois exĂ©cutĂ© avec un orchestre – et surtout un chĹ“ur – plĂ©thoriques, c’est au contraire une approche chambriste, en quĂŞte d’équilibre, que propose ici le chef suisse. On se rapproche ainsi de la première exĂ©cution du Messie qui – sous la baguette de Haendel lui-mĂŞme venu se rĂ©fugier Ă  Dublin en 1742 – ne comportait qu’une cinquantaine d’interprètes (seize chanteurs et quarante instrumentistes pour ĂŞtre prĂ©cis).

Messie chambriste

Incontestablement, l’approche de Laurent Gendre est très musicale, et c’est un véritable bonheur que d’entendre une sonorité aussi chantante et enlevée, dans un ouvrage si galvaudé par tant de versions « musclées » et pesantes.
Quant aux solistes, s’ils ne comptent pas parmi les stars du moment, ils n’en sont pas moins remarquables, et s’avèrent Ă  la hauteur de l’entreprise, vivant et disant l’amour et les souffrances du Christ avec une belle ferveur. Ces derniers interviennent dans de multiples combinaisons de rĂ©citatifs et airs aux accompagnements variĂ©s qui confèrent tout l’attrait de cet opus.

Le ténor californien David Munderloh, notamment, signe une prestation remarquable tout au long du concert, entamant le cycle d’airs des « Prophéties » par une « Annonciation » interprétée avec joie et bonheur : une très belle présence vocale, assise sur une parfaite maîtrise technique du chant, une excellente conduite de la voix et une grande précision rythmique, le tout marié à une intense sensibilité théâtrale.

CĂ´tĂ© fĂ©minin, la soprano suisse Magali Arnault-Stanczak contribue Ă  l’excellence de la soirĂ©e par une technique vocale impeccable, le timbre prĂ©sentant un Ă©clat tout spĂ©cial, sans jamais sacrifier le texte. Son interprĂ©tation du rĂ©citatif de « La NativitĂ© » – qui traduit la première manifestation du Christ auprès des bergers – est emplie d’une ferveur lumineuse, et l’on retrouve la mĂŞme expression pleine de joie dans la description qu’elle donne de « La RĂ©surrection ».

Il n’en va pas de mĂŞme du jeune contre-tĂ©nor alsacien Julien Freymuth qui trahit trop de retenue vocale par rapport aux autres solistes. Si sa voix fait preuve d’une grande prĂ©cision, et surtout bĂ©nĂ©ficie d’une diction très propre, sa projection est trop limitĂ©e, notamment dans le fameux « He was despised », le plus bel air de la partition (qui dĂ©crit le mĂ©pris qu’essuie le Christ). Quant au baryton amĂ©ricain Raymond Ayers, il impressionne en revanche par sa prĂ©sence tant physique que vocale : le tableau qu’il dresse du « Jugement dernier » – le magnifique « The trumpet shall sound » – fait ainsi parcourir le frisson dans l’Ă©chine des auditeurs.

Enfin, le remarquable ChĹ“ur Orlando – composĂ© d’une vingtaine de chanteurs – participe Ă©galement pleinement Ă  la grandeur de l’Ă©difice. On retiendra en particulier un « And he shall purify » qui parvient Ă  crĂ©er une ambiance emprunte d’une douce paix et d’une chaleureuse confiance, mais voilĂ  surtout  longtemps que nous n’avions entendu un « Alleluia ! » aussi Ă©lectrique ! Bref, une exĂ©cution du Messiah qui « rend meilleur », comme le souhaitait Haendel…

Compte-rendu, concert. Avignon, Opéra-Théâtre, le 29 mars 2015. Georg Friedrich Haendel : The Messiah. Magali Arnault Stanczak, Julien Freymuth, David Munderloh, Raymond Ayers. Le Parlement de Musique. Chœur Orlando de Fribourg. Laurent Gendre, direction.

CD. Haendel : Messiah, Le Messie (HaĂŻm, 2013, 2 cd Erato)

haendel handel messiah le messie jennens  cd Erato emmnauelle haim 2 cd erato compte rendu critique classiquenewsCD. Haendel : Le Messie (HaĂŻm, 2013, 2 cd Erato). Le Messie s’appuie sur le livret de Charles Jennens qui sĂ©lectionne des pages de l’Ancien et du Nouveau testament, soulignant la nature divine et miraculeuse de JĂ©sus, les prophĂ©ties Ă©noncĂ©es dans l’Ancien testament, s’accomplissant bien dans le Nouveau. Pourtant pas de drame tragique Ă©voquant la Passion et le Sacrifice ni la RĂ©surrection après la mort, mais comme un oratorio, la lumière de la croyance, la ferveur de la foi et de l’espĂ©rance qui trouvent dans les images musicales, toujours dramatiques – c’est lĂ  le gĂ©nie lyrique et théâtral de Haendel-, l’accomplissement attendu. Au dĂ©but des annĂ©es 1740 – la partition a Ă©tĂ© “expĂ©diĂ©e” en peu de temps (3 semaines seulement) Ă  la fin de l’Ă©tĂ© 1741 (Jennens se plaindra du manque d’inspiration musicale, d’une indignitĂ© patente au regard de l’Ă©lĂ©vation du livret, en particulier vis Ă  vis de l’ouverture…), le compositeur affirme pourtant sa maturitĂ©, rĂ©ussissant dans le langage de l’oratorio, une Ă©vocation pleine de souffle et d’emportements (mesurĂ©s cependant) qui passe par l’engagement des chĹ“urs (très prĂ©sents, acteurs principaux dans cette fresque contemplative plus que narrative), et oĂą les airs solistes dĂ©veloppent les sentiments d’admiration, de certitude fervente, d’Ă©panouissement… crĂ©Ă© en 1742 Ă  Dublin, puis en 1743 à  Londres, Le Messie ne suscita pas ce triomphe escomptĂ© par Jennens. Trop mĂ©ditatif, pas assez draamtique et spectaculaire comme Samson, Le Messie fut moins apprĂ©ciĂ© par sa nature immĂ©diatement oratorienne.

De fait, Emmanuelle HaĂŻm semble prendre littĂ©ralement Ă  la lettre le mode poĂ©tique mais statique des Ă©pisodes : la cohĂ©sion et la sonoritĂ© souveraine du choeur, la plĂ©nitude ronde et bondissante du Concert d’AstrĂ©e montrent indiscutablement combien Haendel a trouvĂ© – depuis les pionniers : Christie et Malgoire-, des interprètes inspirĂ©s, convaincants ; les solistes de cette version sont diversement impliquĂ©s : le plus engagĂ© et expressif reste la basse Christopher Purves, et aussi le contre tĂ©nor ou alto : Tim Mead (qui faisait aussi la valeur du rĂ©cent programme des Arts Florissants dĂ©diĂ© aux musique haendĂ©liennes pour la Reine Caroline, 1 cd Les Arts Florissants, William Christie Éditions). Plus lisse, la vocalitĂ© sans aspĂ©ritĂ©s donc souvent distante de Lucy Crowe, ou l’impassible tĂ©nor Andrew Staples. Pour autant prenons nous bien en compte la progression dramaturgique du cycle scindĂ© en trois parties : ProphĂ©ties (Annonciation, NativitĂ©) ; Passion (RĂ©surrection puis Ascension) ; RĂ©demption et salut de l’âme chrĂ©tienne compatissante… Ce n’est qu’au cours de la dĂ©cennie suivante, dans les annĂ©es 1750 que Le Messie s’imposa et fut vĂ©ritablement apprĂ©ciĂ©, quand Haendel le donna chaque CarĂŞme Ă  Covent Garden dans la chapelle de sa propre fondation pour les jeunes enfants dĂ©munis et abandonnĂ©s, du Foundling Hospital Ă  Londres. Il pouvait s’appuyer a lors sur le talent de son castrat favori, l’alto Gaetano Guadagni.

Contrairement Ă  William Christie son ancien mentor dont elle assurait le continuo, Emmanuelle HaĂŻm s’en tient Ă  un juste milieu, ni trop expressif ni trop neutre ; une voie mĂ©diane, très (trop?) british et politically correct. D’ailleurs les artisans de cette production (membres du chĹ“ur, solistes et instrumentistes) sont majoritairement britanniques. William Christie a tranchĂ© depuis longtemps : particulièrement soucieux de l’intelligibilitĂ© textuel – le livret de Jennens y gagne un surcroĂ®t d’Ă©loquence dramatique-, le directeur fondateur des Arts Florissants sait aussi caractĂ©riser comme peu, l’essence théâtrale de la musique haendĂ©lienne. Car ici, mĂŞme en terres sacrĂ©es, l’opĂ©ra n’est jamais loin d’une sĂ©quence mĂŞme si elle s’identifie constamment Ă  l’oratorio.
Plus dĂ©concertantes chez HaĂŻm… les tournures de fin de phrases et les variations dans la rĂ©solution des ornements, ou la grille flottante et mobile des tempi (chĹ“ur Hallelujah !, plage 21)… ces effets inĂ©dits tournent parfois au maniĂ©risme hors sujet qui contredit l’Ă©lĂ©gance naturelle comme le goĂ»t si Ă©quilibrĂ©, haendĂ©liens.

En final qu’avons nous ? Une sonoritĂ© sĂ©duisante, des solistes appliquĂ©s mais souvent peu habitĂ©s (sauf Mead et Purves), un lĂ©chĂ© oratorien qui reste de bon aloi : la puissante théâtralitĂ© contenue dans la partition de Haendel en sort-elle vraiment gagnante ?

Haendel (1685-1759) : Messiah HWV 56. Lucy Crowe, Tim Mead, Andrew Staples, Christopher Purves, ChĹ“ur et orchestre du Concert d’AstrĂ©e (David Bates, chef de choeur). Emmanuelle HaĂŻm, direction (2 cd Erato RĂ©f. 0825646240555. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Lille, en dĂ©cembre 2013).

Le Messie de Haendel

Haendel, handel Messielogo_france2_2014Télé. France 2. Haendel : Le Messie. Jeudi 17 avril 2014, 00h30. Oratorio atypique. Le Messie est un collage de textes bibliques évoquant la figure du Christ, de sa naissance à sa résurrection. L’ouvrage de Haendel se prête aux visions scéniques les plus démesurées; celle d’Oleg Kulik, l’artiste russe qui a conçu une spacialisation saisissante des Vêpres de la Vierge de Monteverdi est à riche en références, suggestive et très rythmée. Un support idéal pour l’élévation spirituelle de la musique ? A chacun de juger.L’oratorio miraculeux. La partition au titre salvateur est l’un des chefs d’oeuvre de la musique sacrée baroque et aussi dans la vie de Haendel, la source d’un renouvellement puissant, l’étape qui scelle après un cycle d’échecs dans le genre de l’opéra seria (dont le dernier Deidamia montre combien le théâtre italien ne plaît plus au public londonien), un nouvel essor musical. Il s’est tourné vers l’oratorio en langue anglaise: l’avenir est là. Son librettiste habituel, l’aristocrate anglican assez conservateur, Charls Jennens, sélectionne une série d’épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament afin de concevoir une trame autour du Messie. Haendel pourtant affecté par ses revers cuisants sur la scène lyrique, mais toujours en quête d’un jaillissement nouveau de l’inspiration pour conquérir une nouvelle audience, compose la partition du Messie du 22 août au 14 septembre 1741.

Gloire dublinoise

C’est pourtant en Irlande que le musicien baroque redore son blason et retrouve une gloire jusque là émoussée. A Dublin, le compositeur trouve un accueil plus chaleureux qu’à Londres; il y organise aussitôt une série de répétitions. Le Messie est créé dans la cité dublinoise le 13 avril 1742. Dès la première très applaudie, les auditeurs admiratifs (700 billets vendus immédiatement) louent le “sublime, la grandeur, la tendresse” d’une partition parmi les meilleures du compositeur. Au regard de ce premier triomphe, Haendel organise à Dublin également, une seconde représentation le 3 juin.

Malédiction londonienne

Raphael_christ_resurrection Le_Messie_HaendelTrès engagé pour reprendre son poste de premier compositeur dans la capitale anglaise, Haendel entend reconquérir le public britannique, en particulier ces bourgeois bigots plus curieux de drames sacrés que les aristocrates qui avaient au début soutenu ses opéras seria. Le concert du 23 mars 1743 à Covent Garden est demi succès: Haendel est ébranlé, d’autant que Charles Jennens, son librettiste semble s’étonner de la musique qu’il ne trouve pas à son goût. L’affaire devient une catastrophe personnelle, et Haendel qui souhaitait redorer sa gloire, est traîné plus bas que dans ses pires cauchemars: il fait une attaque cérébrale. Incroyable ténacité du génie: deux années plus tard, Haendel fait programmer son oeuvre en 1745, avec d’ultimes aménagements… réglés par Jennens. A force d’opiniâtreté, le compositeur impose ses oratorios en langue anglaise, suffisamment pour s’offrir un Rembrandt en 1750 et payer l’orgue de la chapelle du Foundling Hospital (destiné à l’éducation des jeunes orphelins).D’ailleurs, jusqu’à sa mort, le compositeur fera donner chaque année au Foundling Hospital, une représentation de son Messie, dont les bénéfices renflouent les caisses de la noble et charitable institution londonienne. Vertueux Haendel qui en recevant, sait aussi redonner…

france2-logo_2013France 2, « Au clair de la lune »: Le Messie, oratorio en 3 parties de Georg Friedrich Haendel (orchestration de Mozart). Le Jeudi 17 avril à 00h30. Durée : 2h13mn. Réalisé par : Denis Caïozzi. Enregistré au Théâtre du Châtelet en 2011. Orchestre philarmonique de Radio France Chœur du Châtelet. Direction musicale : Hartmut Haenchen. Mise en scène, conception visuelle et costumes : Oleg Kulik

Soprano : Christina Landshamer 
Mezzo-soprano : Anna Stéphany
TĂ©nor : Tilman Lichdi
Basse : Darren Jeffery

Danseur soliste du ballet de Mariinski : Andrei Ivanov RĂ©citant : Michel Serres