CRITIQUE, opéra. PARIS, TCE, le 22 juin 2022. SPONTINI : La Vestale. Marina Rebeka, Les Talens Lyriques, C Rousset (version de concert)

SPONTINI_buste_190CRITIQUE, opĂ©ra. PARIS, TCE, le 22 juin 2022. SPONTINI : La Vestale. Maria Rebeka, Les Talens Lyriques, C Rousset (version de concert)  – Aujourd’hui quelque peu oubliĂ©e, la musique de Gaspare Spontini (1774-1851) fut pourtant l’une des prĂ©fĂ©rĂ©es de NapolĂ©on Bonaparte (voir notre dossier dĂ©taillĂ© Ă  ce sujet : https://www.classiquenews.com/napoleon-1er-et-lopera-1804-1814), Ă  l’instar de celle de son ainĂ© NiccolĂČ Zingarelli (1752-1837), rĂ©cemment redĂ©couverte par l’OpĂ©ra de Versailles, avec l’un de ses plus grands succĂšs, Giulietta e Romeo (1796). Alors que Spontini tentait de faire carriĂšre Ă  Paris dans l’ombre de Cherubini, La Vestale (1807) rencontra un succĂšs inattendu, du fait d’un livret statique aux pĂ©ripĂ©ties peu nombreuses, sans parler de l’inspiration musicale inĂ©gale, surtout le faible premier acte (voir notre prĂ©sentation rĂ©alisĂ©e Ă  l’occasion de la derniĂšre production entendue au ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es, en 2013 https://www.classiquenews.com/spontini-la-vestale-1807/). Pour autant, l’ouvrage ne manque pas d’atouts, ayant su rĂ©sister aux outrages du temps par le rĂŽle Ă©minent confiĂ© au destin de Julia, dont les accents tragiques ont su sĂ©duire les plus grandes cantatrices, de Maria Callas Ă  Renata Scotto, en passant par Montserrat CaballĂ©. On pense aussi Ă  la MĂ©dĂ©e (1797) de Cherubini, qui possĂšde les mĂȘmes qualitĂ©s au service des grands tempĂ©raments (voir par exemple en 2012, toujours au ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es https://www.classiquenews.com/paris-thtre-des-champs-elyses-le-10-dcembre-2012-luigi-cherubini-mde-opra-en-3-actes-livret-de-franois-benot-hoffmann-choeurradio-france/).

Plus encore que cet attrait vocal irrĂ©sistible, influencĂ© par la dĂ©clamation Ă©loquente de la tragĂ©die lyrique (notamment les audaces verticales et le rĂŽle proĂ©minent du chƓur, proches du ThĂ©sĂ©e de Gossec – voir l’excellent disque de Guy Van Waas https://www.classiquenews.com/gossec-thse-1782-guy-van-waas-directionlige-versailles-les-11-puis-13-novembre-2012/), l’ouvrage impressionne par sa capacitĂ© Ă  innover sur de nombreux plans : autant la forte prĂ©sence des cuivres que les dĂ©tails raffinĂ©s aux vents en contraste, eurent une influence durable sur Berlioz et Meyerbeer, tandis que la continuitĂ© dramatique entre les scĂšnes (rĂ©duction drastique des numĂ©ros sĂ©parĂ©s) ne manqua pas de sĂ©duire le jeune Wagner. On pense aussi Ă  Bellini dans les passages plus apaisĂ©s, d’une douceur diaphane, mĂȘme si Spontini déçoit le plus souvent dans l’inspiration mĂ©lodique.

On doit l’origine de ce projet aux Ă©quipes du Palazzetto Bru Zane, dĂ©jĂ  aux manettes pour la rĂ©surrection d’Olympie du mĂȘme Spontini (voir le disque Ă©ditĂ© par le Palazzetto avec JĂ©rĂ©mie Rohrer http://www.classiquenews.com/olympie-de-spontini-1819/), qui outre la reprĂ©sentation en version de concert, donnera lieu Ă  l’édition d’un disque avec la mĂȘme distribution vocale. C’est heureux, tant on touche Ă  l’un des grands points forts de la soirĂ©e, illuminĂ©e par la prĂ©sence de Marina Rebeka (voir l’entretien qu’elle avait accordĂ© Ă  la rĂ©daction pour son album Spirito https://www.classiquenews.com/entretien-avec-marina-rebeka-soprano-chanter-donizetti-bellini-spontini/). La Lettone n’a pas son pareil pour se jouer de toutes les difficultĂ©s vocales du rĂŽle, autour d’une Ă©mission souple sur toute la tessiture, ainsi qu’une belle attention aux nuances. Seuls certains passages semblent la montrer moins Ă  son aise au niveau de la projection dans les graves, mais le disque devrait gommer ces imperfections de dĂ©tail.

Avant le disque, un concert révélateur
La Vestale de Spontini
ressuscite au TCE, Paris

A ses cĂŽtĂ©s, bien qu’un rien trop timide dans l’incarnation au dĂ©but, Stanislas de Barbeyrac compose un vibrant Licinius, au timbre de velours parfaitement articulĂ©. On aime aussi le Souverain pontife Ă©loquent de Nicolas Courjal, toujours aussi investi dramatiquement, de mĂȘme que la percutante Grande Vestale d’Aude ExtrĂ©mo, qui bĂ©nĂ©ficie de la rondeur et de la rĂ©sonance impeccables de ses phrasĂ©s. Tassis Christoyannis et David Witczak complĂštent cette distribution de haut niveau avec bonheur, imposant leur qualitĂ© de diction dĂ©cisive dans ce rĂ©pertoire, tandis que le ChƓur de la Radio flamande montre combien la semaine d’enregistrement avec le Palazzetto lui a Ă©tĂ© bĂ©nĂ©fique, au service d’une prĂ©cision bienvenue dans les attaques comme dans la souplesse des transitions.

Enfin, Christophe Rousset surprend dĂšs l’ouverture par sa volontĂ© d’allĂšgement et de minutie dans les dĂ©tails, en un sens de la respiration toujours attentif Ă  la conduite du discours musical d’ensemble, menant de main de maĂźtre sa formation sur instruments d’époque, Les Talens Lyriques, parfois en difficultĂ© dans les parties pĂ©rilleuses (quelques verdeurs aux vents et imprĂ©cisions aux cors). LĂ  encore, le disque saura gommer ces quelques imperfections inĂ©vitables lors d’un concert.

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CRITIQUE, opĂ©ra. Paris, TCE, ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es, le 22 juin 2022. SPONTINI : La Vestale. Stanislas de Barbeyrac (Licinius), Tassis Christoyannis (Cinna), Nicolas Courjal (le Souverain pontife), Marina Rebeka (Julia), Aude ExtrĂ©mo (la Grande Vestale), David Witczak (un Consul, le Chef des Aruspices), ChƓur de la Radio flamande, Les Talens Lyriques, Christophe Rousset (direction musicale). Photo : 


Spontini : La Vestale, 1807

Spontini: La Vestale. Paris, TCE, du 15 au 28 octobre 2013. Rhorer, Lacascade. Nouvelle production    

La Vestale
On doit donner encore La Vestale… que je l’entende une seconde fois !… Quelle Ɠuvre ! comme l’amour y est peint !… et le fanatisme ! Tous ces prĂȘtres-dogues aboyant sur leur malheureuse victime… Quels accords dans ce finale de gĂ©ant !… Quelle mĂ©lodie jusque dans les rĂ©citatifs ! Quel orchestre ! Il se meut si majestueusement… les basses ondulent comme les flots de l’OcĂ©an.  Les instruments sont des acteurs dont la langue est aussi expressive que celle qui se parle sur la scĂšne.

Hector Berlioz, dans sa 12Ăš SoirĂ©e des SoirĂ©es de l’orchestre ne faiblit d’Ă©loges quant Ă  l’oeuvre de son confrĂšre compositeur.  Le style frĂ©nĂ©tique, l’exacerbation terrible du style sanguin et expressif de Spontini ont de toute Ă©vidence saisi le Romantique français, par ailleurs si difficile ou critique Ă  l’endroit de ses contemporains.

 

SPONTINI_buste_190Aux cĂŽtĂ©s de Berlioz, Wagner qui dirigea l’oeuvre en allemand (Dresde, 1844), tĂ©moigne de sa profonde estime pour l’oeuvre de Spontini. La Vestale demeure l’un des grands Ă©vĂ©nements lyriques du XIXĂš, suscitant un choc unanime et enthousiaste partout en Europe, dĂšs sa crĂ©ation.  A 33 ans, l’auteur fusionne style gluckiste et dĂ©clamation tragique française, prend acte de toutes les critiques constructives qui lui sont avancĂ©es pendant la composition de son opĂ©ra : aprĂšs une annĂ©e de travail, Spontini remet son manuscrit et l’ouvrage est crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris, devant l’Empereur et JosĂ©phine, le 14 dĂ©cembre 1807.  Verve, Ă©clat, grĂące, fulgurance tragique, noble et spectaculaire …  la critique et les spectateurs enchaĂźnent les Ă©loges face Ă  une oeuvre forte, emblĂ©matique du goĂ»t de la France impĂ©riale et romantique, au dĂ©but du XIXĂšme. Par ses nombreux motifs et citations empruntĂ©s Ă  l’antiquitĂ© romaine, l’opĂ©ra de Spontini, protĂ©gĂ© de JosĂ©phine, offre un ouvrage stylistiquement accordĂ© Ă  l’esthĂ©tique impĂ©riale façonnĂ©e par NapolĂ©on.

NĂ©oclassique comme peuvent l’ĂȘtre Canovas et Ingres, Spontini offre le premier cadre du grand opĂ©ra français impĂ©rial. NapolĂ©on premier auditeur de l’ouvrage avant sa crĂ©ation parisienne reste admiratif vis Ă  vis de la maĂźtrise de Spontini.  Trombones, trompettes … le compositeur n’hĂ©site pas Ă  nourrir la texture et le format de l’orchestre, mĂȘme Rossini se souviendra de son solo de clarinette pour Tancredi … C’est dire l’apport de Spontini aprĂšs Gluck et avant Berlioz et Meyerbeer.

Servi par Melle Branchu (grande habituĂ©e des rĂŽles tragiques Ă  l’OpĂ©ra de Paris) dans le rĂŽle de  la vestale Julia, l’opĂ©ra triomphe grĂące aux tempĂ©raments vocaux que la production a su regrouper pour la crĂ©ation parisienne. PortĂ© par le succĂšs de son livret, Etienne de Jouy (plus tard librettiste de Rossini), signe une adaptation plus comique de La Vestale (dans le genre  vaudeville, La marchande de modes), parodie crĂ©Ă©e elle aussi triomphalement au ThĂ©Ăątre du Vaudeville, oĂč la jeune vestale Julia devient Julie, ouvriĂšre dans un magasin de mode parisien. C’est Maria Callas qui Ă  la Scala de Milan en 1954 ose remonter l’ouvrage et incarner le tempĂ©rament de la bouillonnante et digne Julia.  L’oeuvre n’avait pas investi une scĂšne parisienne depuis 1854.

 

La production de La Vestale au TCE Ă  Paris

Le TCE prĂ©sente la version parisienne de la crĂ©ation en français.  Julia, vestale obligĂ©e Ă  la soumission Ă  l’ordre et au dieu qu’elle sert, demeure fidĂšle Ă  son serment de virginitĂ© malgrĂ© la passion que lui voue le gĂ©nĂ©ral vainqueur Licinius. C’est au dĂ©but du siĂšcle romantique une figure quasi mythique qui offre l’exemple d’une vierge sublime, inflexible et loyale mais qui est aussi une grande amoureuse, choisissant jusqu’Ă  la mort, le sacrifice de son bonheur individuel.

 

spontini_et_epouse_448La production choisit une lecture universelle, ni historique ni dĂ©calĂ©e, que met en lumiĂšre l’Ă©pure tragique d’un plateau dĂ©nudĂ© … afin que s’illustre et s’affirme la violence admirable d’une action qui cite le thĂ©Ăątre classique tragique. Tout en soulignant le tempĂ©rament de chaque protagoniste et l’intensitĂ© des confrontations dramatiques, la lecture prĂ©sentĂ©e sur la scĂšne du TCE en octobre 2013, laisse aussi la place au choeur omniprĂ©sent pendant l’accomplissement du drame : “… peuple de vestales, de prĂȘtres, de  guerriers, de citoyens, foule bigarrĂ©e et mĂ©langĂ©e, toujours au bord de l’explosion qui fait aussi la puissance de l’Ɠuvre “ainsi que le prĂ©cise le metteur en scĂšne.

 

SPONTINI_buste_190La Vestale, tragédie lyrique en trois actes
Gaspare Spontini (1774-1851)

Texte de Etienne de Jouy, création en 1807.
Version française -  nouvelle production

Spectacle en français
DurĂ©e de l’ouvrage  : 2h10 environ
6 représentations
mardi 15, vendredi 18, mercredi 23,
vendredi 25, lundi 28 octobre 2013,19h30
dimanche 20 octobre 2013, 17h

Jérémie Rhorer  direction
Eric Lacascade  mise en scÚne

Ermonela Jaho  Julia
Andrew Richards  Licinius
Béatrice Uria-Monzon  La Grande Vestale
Jean-François Borras  Cinna
Konstantin Gorny  Le Souverain Pontife
Le Cercle de l’Harmonie
ChƓur Aedes


La Vestale
Argument

Dans la rome antique.

acte I
Le forum romain et, Ă  gauche, l’atrium avec les appartements  des vestales.  Le gĂ©nĂ©ral Licinius, vainqueur de la guerre contre les Gaulois, aime la belle Julia.  Entretemps, celle-ci est devenue vestale en l’honneur de son  pĂšre disparu et s’est engagĂ©e à  rester chaste sa vie durant, faute de quoi elle prendra la vie. Julia est dĂ©signĂ©e pour remettre au gĂ©nĂ©ral Licinius la couronne du vainqueur ; celui-ci en profite  pour s’annoncer chez la vestale le soir mĂȘme, bien dĂ©cidĂ© à  l’enlever.

acte II
L’intĂ©rieur du temple de Vesta, avec au centre la flamme sacrĂ©e sur un grand autel en marbre. Julia est  gardienne de la flamme pour la nuit, qui ne doit jamais s’éteindre. Licinius arrive  pour enlever la jeune femme, mais celle-ci rĂ©siste Ă  la tentation. La flamme s’éteint pendant leur altercation. Le souverain pontife exige le nom du coupable, mais Julia s’y refuse ; elle est condamnĂ©e Ă  mort.

acte III

Tableau 1 : Les tombes en forme de pyramide de la Porta Collina. Licinius implore  vainement le ciel que Julia survive et avoue sa culpabilitĂ©. Julia nie ces allĂ©gations et entre dans la tombe pour y ĂȘtre enterrĂ©e vivante. Elle dĂ©pose  son voile de vestale devant l’autel, qu’enflamme un Ă©clair. C’est le signe que la  dĂ©esse lui pardonne. PardonnĂ©e, Julia peut Ă©pouser celui qu’elle aime et qui l’aime en retour.
Tableau 2 : Le temple de VĂ©nus Ă  Eryx.  L’union de Licinius et de Julia est cĂ©lĂ©brĂ© dans la joie.

 

Spontini : La Vestale, 1807

Spontini: La Vestale. Paris, TCE, du 15 au 28 octobre 2013. Rhorer, Lacascade. Nouvelle production…NĂ©oclassique comme peuvent l’ĂȘtre Canovas et Ingres, Spontini offre le premier cadre du grand opĂ©ra français impĂ©rial. NapolĂ©on premier auditeur de l’ouvrage avant sa crĂ©ation parisienne reste admiratif vis Ă  vis de la maĂźtrise de Spontini.  Trombones, trompettes … le compositeur n’hĂ©site pas Ă  nourrir la texture et le format de l’orchestre, mĂȘme Rossini se souviendra de son solo de clarinette pour Tancredi … C’est dire l’apport de Spontini aprĂšs Gluck et avant Berlioz et Meyerbeer.

La Vestale
On doit donner encore La Vestale… que je l’entende une seconde fois !… Quelle Ɠuvre ! comme l’amour y est peint !… et le fanatisme ! Tous ces prĂȘtres-dogues aboyant sur leur malheureuse victime… Quels accords dans ce finale de gĂ©ant !… Quelle mĂ©lodie jusque dans les rĂ©citatifs ! Quel orchestre ! Il se meut si majestueusement… les basses ondulent comme les flots de l’OcĂ©an.  Les instruments sont des acteurs dont la langue est aussi expressive que celle qui se parle sur la scĂšne.

Hector Berlioz, dans sa 12Ăš SoirĂ©e des SoirĂ©es de l’orchestre ne faiblit d’Ă©loges quant Ă  l’oeuvre de son confrĂšre compositeur.  Le style frĂ©nĂ©tique, l’exacerbation terrible du style sanguin et expressif de Spontini ont de toute Ă©vidence saisi le Romantique français, par ailleurs si difficile ou critique Ă  l’endroit de ses contemporains.

 

SPONTINI_buste_190Aux cĂŽtĂ©s de Berlioz, Wagner qui dirigea l’oeuvre en allemand (Dresde, 1844), tĂ©moigne de sa profonde estime pour l’oeuvre de Spontini. La Vestale demeure l’un des grands Ă©vĂ©nements lyriques du XIXĂš, suscitant un choc unanime et enthousiaste partout en Europe, dĂšs sa crĂ©ation.  A 33 ans, l’auteur fusionne style gluckiste et dĂ©clamation tragique française, prend acte de toutes les critiques constructives qui lui sont avancĂ©es pendant la composition de son opĂ©ra : aprĂšs une annĂ©e de travail, Spontini remet son manuscrit et l’ouvrage est crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris, devant l’Empereur et JosĂ©phine, le 14 dĂ©cembre 1807.  Verve, Ă©clat, grĂące, fulgurance tragique, noble et spectaculaire …  la critique et les spectateurs enchaĂźnent les Ă©loges face Ă  une oeuvre forte, emblĂ©matique du goĂ»t de la France impĂ©riale et romantique, au dĂ©but du XIXĂšme. Par ses nombreux motifs et citations empruntĂ©s Ă  l’antiquitĂ© romaine, l’opĂ©ra de Spontini, protĂ©gĂ© de JosĂ©phine, offre un ouvrage stylistiquement accordĂ© Ă  l’esthĂ©tique impĂ©riale façonnĂ©e par NapolĂ©on.

 

Servi par Melle Branchu (grande habituĂ©e des rĂŽles tragiques Ă  l’OpĂ©ra de Paris) dans le rĂŽle de  la vestale Julia, l’opĂ©ra triomphe grĂące aux tempĂ©raments vocaux que la production a su regrouper pour la crĂ©ation parisienne. PortĂ© par le succĂšs de son livret, Etienne de Jouy (plus tard librettiste de Rossini), signe une adaptation plus comique de La Vestale (dans le genre  vaudeville, La marchande de modes), parodie crĂ©Ă©e elle aussi triomphalement au ThĂ©Ăątre du Vaudeville, oĂč la jeune vestale Julia devient Julie, ouvriĂšre dans un magasin de mode parisien. C’est Maria Callas qui Ă  la Scala de Milan en 1954 ose remonter l’ouvrage et incarner le tempĂ©rament de la bouillonnante et digne Julia.  L’oeuvre n’avait pas investi une scĂšne parisienne depuis 1854.

 

La production de La Vestale au TCE Ă  Paris

Le TCE prĂ©sente la version parisienne de la crĂ©ation en français.  Julia, vestale obligĂ©e Ă  la soumission Ă  l’ordre et au dieu qu’elle sert, demeure fidĂšle Ă  son serment de virginitĂ© malgrĂ© la passion que lui voue le gĂ©nĂ©ral vainqueur Licinius. C’est au dĂ©but du siĂšcle romantique une figure quasi mythique qui offre l’exemple d’une vierge sublime, inflexible et loyale mais qui est aussi une grande amoureuse, choisissant jusqu’Ă  la mort, le sacrifice de son bonheur individuel.

 

spontini_et_epouse_448La production choisit une lecture universelle, ni historique ni dĂ©calĂ©e, que met en lumiĂšre l’Ă©pure tragique d’un plateau dĂ©nudĂ© … afin que s’illustre et s’affirme la violence admirable d’une action qui cite le thĂ©Ăątre classique tragique. Tout en soulignant le tempĂ©rament de chaque protagoniste et l’intensitĂ© des confrontations dramatiques, la lecture prĂ©sentĂ©e sur la scĂšne du TCE en octobre 2013, laisse aussi la place au choeur omniprĂ©sent pendant l’accomplissement du drame : “… peuple de vestales, de prĂȘtres, de  guerriers, de citoyens, foule bigarrĂ©e et mĂ©langĂ©e, toujours au bord de l’explosion qui fait aussi la puissance de l’Ɠuvre “ainsi que le prĂ©cise le metteur en scĂšne.

 

SPONTINI_buste_190La Vestale, tragédie lyrique en trois actes
Gaspare Spontini (1774-1851)

Texte de Etienne de Jouy, création en 1807.
Version française -  nouvelle production

Spectacle en français
DurĂ©e de l’ouvrage  : 2h10 environ
6 représentations
mardi 15, vendredi 18, mercredi 23,
vendredi 25, lundi 28 octobre 2013,19h30
dimanche 20 octobre 2013, 17h

Jérémie Rhorer  direction
Eric Lacascade  mise en scÚne

Ermonela Jaho  Julia
Andrew Richards  Licinius
Béatrice Uria-Monzon  La Grande Vestale
Jean-François Borras  Cinna
Konstantin Gorny  Le Souverain Pontife
Le Cercle de l’Harmonie
ChƓur Aedes


La Vestale
Argument

Dans la rome antique.

acte I
Le forum romain et, Ă  gauche, l’atrium avec les appartements  des vestales.  Le gĂ©nĂ©ral Licinius, vainqueur de la guerre contre les Gaulois, aime la belle Julia.  Entretemps, celle-ci est devenue vestale en l’honneur de son  pĂšre disparu et s’est engagĂ©e à  rester chaste sa vie durant, faute de quoi elle prendra la vie. Julia est dĂ©signĂ©e pour remettre au gĂ©nĂ©ral Licinius la couronne du vainqueur ; celui-ci en profite  pour s’annoncer chez la vestale le soir mĂȘme, bien dĂ©cidĂ© à  l’enlever.

acte II
L’intĂ©rieur du temple de Vesta, avec au centre la flamme sacrĂ©e sur un grand autel en marbre. Julia est  gardienne de la flamme pour la nuit, qui ne doit jamais s’éteindre. Licinius arrive  pour enlever la jeune femme, mais celle-ci rĂ©siste Ă  la tentation. La flamme s’éteint pendant leur altercation. Le souverain pontife exige le nom du coupable, mais Julia s’y refuse ; elle est condamnĂ©e Ă  mort.

acte III

Tableau 1 : Les tombes en forme de pyramide de la Porta Collina. Licinius implore  vainement le ciel que Julia survive et avoue sa culpabilitĂ©. Julia nie ces allĂ©gations et entre dans la tombe pour y ĂȘtre enterrĂ©e vivante. Elle dĂ©pose  son voile de vestale devant l’autel, qu’enflamme un Ă©clair. C’est le signe que la  dĂ©esse lui pardonne. PardonnĂ©e, Julia peut Ă©pouser celui qu’elle aime et qui l’aime en retour.
Tableau 2 : Le temple de VĂ©nus Ă  Eryx.  L’union de Licinius et de Julia est cĂ©lĂ©brĂ© dans la joie.