Spontini : La Vestale, 1807

Spontini: La Vestale. Paris, TCE, du 15 au 28 octobre 2013. Rhorer, Lacascade. Nouvelle production    

La Vestale
On doit donner encore La Vestale… que je l’entende une seconde fois !… Quelle Ɠuvre ! comme l’amour y est peint !… et le fanatisme ! Tous ces prĂȘtres-dogues aboyant sur leur malheureuse victime… Quels accords dans ce finale de gĂ©ant !… Quelle mĂ©lodie jusque dans les rĂ©citatifs ! Quel orchestre ! Il se meut si majestueusement… les basses ondulent comme les flots de l’OcĂ©an.  Les instruments sont des acteurs dont la langue est aussi expressive que celle qui se parle sur la scĂšne.

Hector Berlioz, dans sa 12Ăš SoirĂ©e des SoirĂ©es de l’orchestre ne faiblit d’Ă©loges quant Ă  l’oeuvre de son confrĂšre compositeur.  Le style frĂ©nĂ©tique, l’exacerbation terrible du style sanguin et expressif de Spontini ont de toute Ă©vidence saisi le Romantique français, par ailleurs si difficile ou critique Ă  l’endroit de ses contemporains.

 

SPONTINI_buste_190Aux cĂŽtĂ©s de Berlioz, Wagner qui dirigea l’oeuvre en allemand (Dresde, 1844), tĂ©moigne de sa profonde estime pour l’oeuvre de Spontini. La Vestale demeure l’un des grands Ă©vĂ©nements lyriques du XIXĂš, suscitant un choc unanime et enthousiaste partout en Europe, dĂšs sa crĂ©ation.  A 33 ans, l’auteur fusionne style gluckiste et dĂ©clamation tragique française, prend acte de toutes les critiques constructives qui lui sont avancĂ©es pendant la composition de son opĂ©ra : aprĂšs une annĂ©e de travail, Spontini remet son manuscrit et l’ouvrage est crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris, devant l’Empereur et JosĂ©phine, le 14 dĂ©cembre 1807.  Verve, Ă©clat, grĂące, fulgurance tragique, noble et spectaculaire …  la critique et les spectateurs enchaĂźnent les Ă©loges face Ă  une oeuvre forte, emblĂ©matique du goĂ»t de la France impĂ©riale et romantique, au dĂ©but du XIXĂšme. Par ses nombreux motifs et citations empruntĂ©s Ă  l’antiquitĂ© romaine, l’opĂ©ra de Spontini, protĂ©gĂ© de JosĂ©phine, offre un ouvrage stylistiquement accordĂ© Ă  l’esthĂ©tique impĂ©riale façonnĂ©e par NapolĂ©on.

NĂ©oclassique comme peuvent l’ĂȘtre Canovas et Ingres, Spontini offre le premier cadre du grand opĂ©ra français impĂ©rial. NapolĂ©on premier auditeur de l’ouvrage avant sa crĂ©ation parisienne reste admiratif vis Ă  vis de la maĂźtrise de Spontini.  Trombones, trompettes … le compositeur n’hĂ©site pas Ă  nourrir la texture et le format de l’orchestre, mĂȘme Rossini se souviendra de son solo de clarinette pour Tancredi … C’est dire l’apport de Spontini aprĂšs Gluck et avant Berlioz et Meyerbeer.

Servi par Melle Branchu (grande habituĂ©e des rĂŽles tragiques Ă  l’OpĂ©ra de Paris) dans le rĂŽle de  la vestale Julia, l’opĂ©ra triomphe grĂące aux tempĂ©raments vocaux que la production a su regrouper pour la crĂ©ation parisienne. PortĂ© par le succĂšs de son livret, Etienne de Jouy (plus tard librettiste de Rossini), signe une adaptation plus comique de La Vestale (dans le genre  vaudeville, La marchande de modes), parodie crĂ©Ă©e elle aussi triomphalement au ThĂ©Ăątre du Vaudeville, oĂč la jeune vestale Julia devient Julie, ouvriĂšre dans un magasin de mode parisien. C’est Maria Callas qui Ă  la Scala de Milan en 1954 ose remonter l’ouvrage et incarner le tempĂ©rament de la bouillonnante et digne Julia.  L’oeuvre n’avait pas investi une scĂšne parisienne depuis 1854.

 

La production de La Vestale au TCE Ă  Paris

Le TCE prĂ©sente la version parisienne de la crĂ©ation en français.  Julia, vestale obligĂ©e Ă  la soumission Ă  l’ordre et au dieu qu’elle sert, demeure fidĂšle Ă  son serment de virginitĂ© malgrĂ© la passion que lui voue le gĂ©nĂ©ral vainqueur Licinius. C’est au dĂ©but du siĂšcle romantique une figure quasi mythique qui offre l’exemple d’une vierge sublime, inflexible et loyale mais qui est aussi une grande amoureuse, choisissant jusqu’Ă  la mort, le sacrifice de son bonheur individuel.

 

spontini_et_epouse_448La production choisit une lecture universelle, ni historique ni dĂ©calĂ©e, que met en lumiĂšre l’Ă©pure tragique d’un plateau dĂ©nudĂ© … afin que s’illustre et s’affirme la violence admirable d’une action qui cite le thĂ©Ăątre classique tragique. Tout en soulignant le tempĂ©rament de chaque protagoniste et l’intensitĂ© des confrontations dramatiques, la lecture prĂ©sentĂ©e sur la scĂšne du TCE en octobre 2013, laisse aussi la place au choeur omniprĂ©sent pendant l’accomplissement du drame : “… peuple de vestales, de prĂȘtres, de  guerriers, de citoyens, foule bigarrĂ©e et mĂ©langĂ©e, toujours au bord de l’explosion qui fait aussi la puissance de l’Ɠuvre “ainsi que le prĂ©cise le metteur en scĂšne.

 

SPONTINI_buste_190La Vestale, tragédie lyrique en trois actes
Gaspare Spontini (1774-1851)

Texte de Etienne de Jouy, création en 1807.
Version française -  nouvelle production

Spectacle en français
DurĂ©e de l’ouvrage  : 2h10 environ
6 représentations
mardi 15, vendredi 18, mercredi 23,
vendredi 25, lundi 28 octobre 2013,19h30
dimanche 20 octobre 2013, 17h

Jérémie Rhorer  direction
Eric Lacascade  mise en scÚne

Ermonela Jaho  Julia
Andrew Richards  Licinius
Béatrice Uria-Monzon  La Grande Vestale
Jean-François Borras  Cinna
Konstantin Gorny  Le Souverain Pontife
Le Cercle de l’Harmonie
ChƓur Aedes


La Vestale
Argument

Dans la rome antique.

acte I
Le forum romain et, Ă  gauche, l’atrium avec les appartements  des vestales.  Le gĂ©nĂ©ral Licinius, vainqueur de la guerre contre les Gaulois, aime la belle Julia.  Entretemps, celle-ci est devenue vestale en l’honneur de son  pĂšre disparu et s’est engagĂ©e à  rester chaste sa vie durant, faute de quoi elle prendra la vie. Julia est dĂ©signĂ©e pour remettre au gĂ©nĂ©ral Licinius la couronne du vainqueur ; celui-ci en profite  pour s’annoncer chez la vestale le soir mĂȘme, bien dĂ©cidĂ© à  l’enlever.

acte II
L’intĂ©rieur du temple de Vesta, avec au centre la flamme sacrĂ©e sur un grand autel en marbre. Julia est  gardienne de la flamme pour la nuit, qui ne doit jamais s’éteindre. Licinius arrive  pour enlever la jeune femme, mais celle-ci rĂ©siste Ă  la tentation. La flamme s’éteint pendant leur altercation. Le souverain pontife exige le nom du coupable, mais Julia s’y refuse ; elle est condamnĂ©e Ă  mort.

acte III

Tableau 1 : Les tombes en forme de pyramide de la Porta Collina. Licinius implore  vainement le ciel que Julia survive et avoue sa culpabilitĂ©. Julia nie ces allĂ©gations et entre dans la tombe pour y ĂȘtre enterrĂ©e vivante. Elle dĂ©pose  son voile de vestale devant l’autel, qu’enflamme un Ă©clair. C’est le signe que la  dĂ©esse lui pardonne. PardonnĂ©e, Julia peut Ă©pouser celui qu’elle aime et qui l’aime en retour.
Tableau 2 : Le temple de VĂ©nus Ă  Eryx.  L’union de Licinius et de Julia est cĂ©lĂ©brĂ© dans la joie.

 

Spontini : La Vestale, 1807

Spontini: La Vestale. Paris, TCE, du 15 au 28 octobre 2013. Rhorer, Lacascade. Nouvelle production…NĂ©oclassique comme peuvent l’ĂȘtre Canovas et Ingres, Spontini offre le premier cadre du grand opĂ©ra français impĂ©rial. NapolĂ©on premier auditeur de l’ouvrage avant sa crĂ©ation parisienne reste admiratif vis Ă  vis de la maĂźtrise de Spontini.  Trombones, trompettes … le compositeur n’hĂ©site pas Ă  nourrir la texture et le format de l’orchestre, mĂȘme Rossini se souviendra de son solo de clarinette pour Tancredi … C’est dire l’apport de Spontini aprĂšs Gluck et avant Berlioz et Meyerbeer.

La Vestale
On doit donner encore La Vestale… que je l’entende une seconde fois !… Quelle Ɠuvre ! comme l’amour y est peint !… et le fanatisme ! Tous ces prĂȘtres-dogues aboyant sur leur malheureuse victime… Quels accords dans ce finale de gĂ©ant !… Quelle mĂ©lodie jusque dans les rĂ©citatifs ! Quel orchestre ! Il se meut si majestueusement… les basses ondulent comme les flots de l’OcĂ©an.  Les instruments sont des acteurs dont la langue est aussi expressive que celle qui se parle sur la scĂšne.

Hector Berlioz, dans sa 12Ăš SoirĂ©e des SoirĂ©es de l’orchestre ne faiblit d’Ă©loges quant Ă  l’oeuvre de son confrĂšre compositeur.  Le style frĂ©nĂ©tique, l’exacerbation terrible du style sanguin et expressif de Spontini ont de toute Ă©vidence saisi le Romantique français, par ailleurs si difficile ou critique Ă  l’endroit de ses contemporains.

 

SPONTINI_buste_190Aux cĂŽtĂ©s de Berlioz, Wagner qui dirigea l’oeuvre en allemand (Dresde, 1844), tĂ©moigne de sa profonde estime pour l’oeuvre de Spontini. La Vestale demeure l’un des grands Ă©vĂ©nements lyriques du XIXĂš, suscitant un choc unanime et enthousiaste partout en Europe, dĂšs sa crĂ©ation.  A 33 ans, l’auteur fusionne style gluckiste et dĂ©clamation tragique française, prend acte de toutes les critiques constructives qui lui sont avancĂ©es pendant la composition de son opĂ©ra : aprĂšs une annĂ©e de travail, Spontini remet son manuscrit et l’ouvrage est crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris, devant l’Empereur et JosĂ©phine, le 14 dĂ©cembre 1807.  Verve, Ă©clat, grĂące, fulgurance tragique, noble et spectaculaire …  la critique et les spectateurs enchaĂźnent les Ă©loges face Ă  une oeuvre forte, emblĂ©matique du goĂ»t de la France impĂ©riale et romantique, au dĂ©but du XIXĂšme. Par ses nombreux motifs et citations empruntĂ©s Ă  l’antiquitĂ© romaine, l’opĂ©ra de Spontini, protĂ©gĂ© de JosĂ©phine, offre un ouvrage stylistiquement accordĂ© Ă  l’esthĂ©tique impĂ©riale façonnĂ©e par NapolĂ©on.

 

Servi par Melle Branchu (grande habituĂ©e des rĂŽles tragiques Ă  l’OpĂ©ra de Paris) dans le rĂŽle de  la vestale Julia, l’opĂ©ra triomphe grĂące aux tempĂ©raments vocaux que la production a su regrouper pour la crĂ©ation parisienne. PortĂ© par le succĂšs de son livret, Etienne de Jouy (plus tard librettiste de Rossini), signe une adaptation plus comique de La Vestale (dans le genre  vaudeville, La marchande de modes), parodie crĂ©Ă©e elle aussi triomphalement au ThĂ©Ăątre du Vaudeville, oĂč la jeune vestale Julia devient Julie, ouvriĂšre dans un magasin de mode parisien. C’est Maria Callas qui Ă  la Scala de Milan en 1954 ose remonter l’ouvrage et incarner le tempĂ©rament de la bouillonnante et digne Julia.  L’oeuvre n’avait pas investi une scĂšne parisienne depuis 1854.

 

La production de La Vestale au TCE Ă  Paris

Le TCE prĂ©sente la version parisienne de la crĂ©ation en français.  Julia, vestale obligĂ©e Ă  la soumission Ă  l’ordre et au dieu qu’elle sert, demeure fidĂšle Ă  son serment de virginitĂ© malgrĂ© la passion que lui voue le gĂ©nĂ©ral vainqueur Licinius. C’est au dĂ©but du siĂšcle romantique une figure quasi mythique qui offre l’exemple d’une vierge sublime, inflexible et loyale mais qui est aussi une grande amoureuse, choisissant jusqu’Ă  la mort, le sacrifice de son bonheur individuel.

 

spontini_et_epouse_448La production choisit une lecture universelle, ni historique ni dĂ©calĂ©e, que met en lumiĂšre l’Ă©pure tragique d’un plateau dĂ©nudĂ© … afin que s’illustre et s’affirme la violence admirable d’une action qui cite le thĂ©Ăątre classique tragique. Tout en soulignant le tempĂ©rament de chaque protagoniste et l’intensitĂ© des confrontations dramatiques, la lecture prĂ©sentĂ©e sur la scĂšne du TCE en octobre 2013, laisse aussi la place au choeur omniprĂ©sent pendant l’accomplissement du drame : “… peuple de vestales, de prĂȘtres, de  guerriers, de citoyens, foule bigarrĂ©e et mĂ©langĂ©e, toujours au bord de l’explosion qui fait aussi la puissance de l’Ɠuvre “ainsi que le prĂ©cise le metteur en scĂšne.

 

SPONTINI_buste_190La Vestale, tragédie lyrique en trois actes
Gaspare Spontini (1774-1851)

Texte de Etienne de Jouy, création en 1807.
Version française -  nouvelle production

Spectacle en français
DurĂ©e de l’ouvrage  : 2h10 environ
6 représentations
mardi 15, vendredi 18, mercredi 23,
vendredi 25, lundi 28 octobre 2013,19h30
dimanche 20 octobre 2013, 17h

Jérémie Rhorer  direction
Eric Lacascade  mise en scÚne

Ermonela Jaho  Julia
Andrew Richards  Licinius
Béatrice Uria-Monzon  La Grande Vestale
Jean-François Borras  Cinna
Konstantin Gorny  Le Souverain Pontife
Le Cercle de l’Harmonie
ChƓur Aedes


La Vestale
Argument

Dans la rome antique.

acte I
Le forum romain et, Ă  gauche, l’atrium avec les appartements  des vestales.  Le gĂ©nĂ©ral Licinius, vainqueur de la guerre contre les Gaulois, aime la belle Julia.  Entretemps, celle-ci est devenue vestale en l’honneur de son  pĂšre disparu et s’est engagĂ©e à  rester chaste sa vie durant, faute de quoi elle prendra la vie. Julia est dĂ©signĂ©e pour remettre au gĂ©nĂ©ral Licinius la couronne du vainqueur ; celui-ci en profite  pour s’annoncer chez la vestale le soir mĂȘme, bien dĂ©cidĂ© à  l’enlever.

acte II
L’intĂ©rieur du temple de Vesta, avec au centre la flamme sacrĂ©e sur un grand autel en marbre. Julia est  gardienne de la flamme pour la nuit, qui ne doit jamais s’éteindre. Licinius arrive  pour enlever la jeune femme, mais celle-ci rĂ©siste Ă  la tentation. La flamme s’éteint pendant leur altercation. Le souverain pontife exige le nom du coupable, mais Julia s’y refuse ; elle est condamnĂ©e Ă  mort.

acte III

Tableau 1 : Les tombes en forme de pyramide de la Porta Collina. Licinius implore  vainement le ciel que Julia survive et avoue sa culpabilitĂ©. Julia nie ces allĂ©gations et entre dans la tombe pour y ĂȘtre enterrĂ©e vivante. Elle dĂ©pose  son voile de vestale devant l’autel, qu’enflamme un Ă©clair. C’est le signe que la  dĂ©esse lui pardonne. PardonnĂ©e, Julia peut Ă©pouser celui qu’elle aime et qui l’aime en retour.
Tableau 2 : Le temple de VĂ©nus Ă  Eryx.  L’union de Licinius et de Julia est cĂ©lĂ©brĂ© dans la joie.