Opéra de NICE. Nouveau Phaéton de Lully

phaeton_nice_correas opera classiquenews annonce critique classiquenews-1-1NICE, Opéra. LULLY : Phaëton. 23, 25, 27 mars 2022. Jérôme Corréas et son ensemble Les Paladins réalisent une nouvelle production de l’opéra Phaëton de Lully, ouvrage rare, créé en 1683. La caractérisation des passions est un champ artistique investi depuis longtemps par le baryton Jérôme Corréas et son ensemble sur instruments d’époque, les Paladins : ils viennent de faire paraître un excellent programme Haendel avec Sandrine Piau… A Nice, les interprètes remontent le temps jusqu’à la création de l’opéra français au XVIIè, conçu pour Louis XIV, comme le miroir spectaculaire de son prestige et de son pouvoir. Phaëton ne fait pas exception. En abordant le cas du fils du Soleil, qui par ambition désobéit, ose conduire le char de son père, risque et les foudres autoritaires et menace l’équilibre du monde. Le message est évident et direct : le pouvoir du Roi-Soleil est unique, exclusif, omnipotent, indiscutable. Comme les rois de l’Egypte ancienne, ne puisant son autorité que de Dieu lui-même, le roi terrestre est aussi le seul garant de l’ordre universel. Voilà qui est dit. Tout ennemi est condamné à être foudroyé, comme le fut le surintendant Fouquet après son éclat à Vaux qui en éblouissant le Roi-Soleil par sa superbe, suscita immédiatement les foudres royales.

PHAËTON FOUDROYÉ… A Lully et à son librettiste en titre, le poète Quinault, de mettre en scène et en musique l’épisode qui voit, l’ambition déraisonnable de Phaëton, sa fausse ascension pilotant le char solaire, sa chute et sa mort, la menace qu’il fait peser sur la terre, les premiers ravages, fruits de son acte sacrilège, puis le rétablissement de l’ordre…
Outre le relief des héros : Phaëton l’ambition incompétent, c’est son rapport aux parents (Clymène et Hélios), c’est aussi la figure protectrice et très humaine d’Apollon qui séduit et s’impose parmi la distribution. Elément important des tragédies de Lully, l’articulation et la déclamation du texte dont être parfaite, intelligible, aux justes accents. Et l’expression de tableaux spectaculaires, ciselée dans la puissance et la précision : Phaëton s’il est l’opéra le plus court (et le plus efficace) de Lully, est celui qui déploie de formidables tableaux : les métamorphoses de Protée à la fin du I ; le tableau des heures et des saisons au début du IV… évidemment la chute du char du soleil au moment où Jupiter foudroie l’orgueilleux fils irresponsable…
On connait la précédente lecture et l’enregistrement du drame lullyste par Les Talens Lyriques (oct 2012 : imparfait en raison d’erreurs dans le choix des solistes) :
https://www.classiquenews.com/cd-lully-phaeton-1683-rousset-2012/

En courtisan aussi avisé qu’il était bon musicien, Lully tint à faire de Phaéton un ambitieux et non un maladroit. Le Roi- Soleil assista à toutes les représentations : la vengeance est un plat qui se mange froid…
La Tragédie lyrique privilégiait le sens des paroles chantées à la pure virtuosité vocale, faisait alterner le chant, les chœurs et les divertissements dansés, jouait d’une ma- chinerie sophistiquée. Ce fut une merveille d’équilibre entre les arts, entre les affects et les passions. Car Phaéton est aussi une histoire d’amour et d’amour du pouvoir. La Tragédie lyrique tint bon pendant deux siècles, jusqu’à la Révolution française et à la chute de la monarchie.

 

 

 

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Opéra de NICE
MER 23 Mars 2022 à 20h,
VEN 25 Mars 2022 à 20h,
DIM 27 Mars 2022 à 15h

PLUS D’INFOS sur le site de l’Opéra de Nice
https://www.opera-nice.org/uploads/opera_nice_saison_2021-2022.pdf

RÉSERVEZ VOS PLACES sur le site des Paladins
/ Jérôme CORREAS
https://www.lespaladins.com/agenda/phaeton/

Durée : 2h40 environ
et un entracte de 30 minutes

Tragédie en musique en 5 actes avec prologue
Livret de Philippe Quinault.
Création au Palais Royal de Versailles le 6 janvier 1683

Direction musicale : Jérôme Correas
Mise en scène : Eric Oberdorff
Lumières Jean-Pierre Michel
Théone : Deborah Cachet
Clymène, Astrée : Aurelia Legay
Libye : Anna Reinhold
Phaéton : Mark Van Arsdale
Triton, Le Soleil, La Terre : Jean-François Lombard
Epaphus : Gilen Goicoechea
Merops, Saturne : Frédéric Caton
Protée Jupiter : Arnaud Richard

Orchestre Philharmonique de Nice
Chœur de l’Opéra de Nice

 

 

 

Lully par Les Paladins. Nouveau Phaëton à Nice

phaeton_nice_correas opera classiquenews annonce critique classiquenews-1-1NICE, Opéra. LULLY : Phaëton. 23, 25, 27 mars 2022. Jérôme Corréas et son ensemble Les Paladins réalisent une nouvelle production de l’opéra Phaëton de Lully, ouvrage rare, créé en 1683. La caractérisation des passions est un champ artistique investi depuis longtemps par le baryton Jérôme Corréas et son ensemble sur instruments d’époque, les Paladins : ils viennent de faire paraître un excellent programme Haendel avec Sandrine Piau… A Nice, les interprètes remontent le temps jusqu’à la création de l’opéra français au XVIIè, conçu pour Louis XIV, comme le miroir spectaculaire de son prestige et de son pouvoir. Phaëton ne fait pas exception. En abordant le cas du fils du Soleil, qui par ambition désobéit, ose conduire le char de son père, risque et les foudres autoritaires et menace l’équilibre du monde. Le message est évident et direct : le pouvoir du Roi-Soleil est unique, exclusif, omnipotent, indiscutable. Comme les rois de l’Egypte ancienne, ne puisant son autorité que de Dieu lui-même, le roi terrestre est aussi le seul garant de l’ordre universel. Voilà qui est dit. Tout ennemi est condamné à être foudroyé, comme le fut le surintendant Fouquet après son éclat à Vaux qui en éblouissant le Roi-Soleil par sa superbe, suscita immédiatement les foudres royales.

PHAËTON FOUDROYÉ… A Lully et à son librettiste en titre, le poète Quinault, de mettre en scène et en musique l’épisode qui voit, l’ambition déraisonnable de Phaëton, sa fausse ascension pilotant le char solaire, sa chute et sa mort, la menace qu’il fait peser sur la terre, les premiers ravages, fruits de son acte sacrilège, puis le rétablissement de l’ordre…
Outre le relief des héros : Phaëton l’ambition incompétent, c’est son rapport aux parents (Clymène et Hélios), c’est aussi la figure protectrice et très humaine d’Apollon qui séduit et s’impose parmi la distribution. Elément important des tragédies de Lully, l’articulation et la déclamation du texte dont être parfaite, intelligible, aux justes accents. Et l’expression de tableaux spectaculaires, ciselée dans la puissance et la précision : Phaëton s’il est l’opéra le plus court (et le plus efficace) de Lully, est celui qui déploie de formidables tableaux : les métamorphoses de Protée à la fin du I ; le tableau des heures et des saisons au début du IV… évidemment la chute du char du soleil au moment où Jupiter foudroie l’orgueilleux fils irresponsable…
On connait la précédente lecture et l’enregistrement du drame lullyste par Les Talens Lyriques (oct 2012 : imparfait en raison d’erreurs dans le choix des solistes) :
https://www.classiquenews.com/cd-lully-phaeton-1683-rousset-2012/

En courtisan aussi avisé qu’il était bon musicien, Lully tint à faire de Phaéton un ambitieux et non un maladroit. Le Roi- Soleil assista à toutes les représentations : la vengeance est un plat qui se mange froid…
La Tragédie lyrique privilégiait le sens des paroles chantées à la pure virtuosité vocale, faisait alterner le chant, les chœurs et les divertissements dansés, jouait d’une ma- chinerie sophistiquée. Ce fut une merveille d’équilibre entre les arts, entre les affects et les passions. Car Phaéton est aussi une histoire d’amour et d’amour du pouvoir. La Tragédie lyrique tint bon pendant deux siècles, jusqu’à la Révolution française et à la chute de la monarchie.

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Opéra de NICE
MER 23 Mars 2022 à 20h,
VEN 25 Mars 2022 à 20h,
DIM 27 Mars 2022 à 15h

PLUS D’INFOS sur le site de l’Opéra de Nice
https://www.opera-nice.org/uploads/opera_nice_saison_2021-2022.pdf

RÉSERVEZ VOS PLACES sur le site des Paladins
/ Jérôme CORREAS
https://www.lespaladins.com/agenda/phaeton/

Durée : 2h40 environ
et un entracte de 30 minutes

Tragédie en musique en 5 actes avec prologue
Livret de Philippe Quinault.
Création au Palais Royal de Versailles le 6 janvier 1683

Direction musicale : Jérôme Correas
Mise en scène : Eric Oberdorff
Lumières Jean-Pierre Michel
Théone : Deborah Cachet
Clymène, Astrée : Aurelia Legay
Libye : Anna Reinhold
Phaéton : Mark Van Arsdale
Triton, Le Soleil, La Terre : Jean-François Lombard
Epaphus : Gilen Goicoechea
Merops, Saturne : Frédéric Caton
Protée Jupiter : Arnaud Richard

Orchestre Philharmonique de Nice
Chœur de l’Opéra de Nice

Rameau 2014, Les Indes Galantes. Entretien avec Jérôme Corréas

CORREAS jerome_correas.jpgAu cours d’une tournée qui passe ce 25 novembre 2014 à La Piscine de Châtenay Malabry (92), Jérôme Corréas célèbre aussi le génie révolutionnaire de Rameau en proposant comme Hugo Reyne récemment une nouvelle lecture de l’opéra ballet Les Indes Galantes. Flamboyante partition portée par le rythme des danses et des divertissements, l’œuvre illustre l’invention inégalée dont Rameau fut capable de son vivant. Explications. Entretien avec Jérôme Corréas, directeur musical de l’ensemble qu’il a créé, Les Paladins. 

 

 

 

 

Quel regard jetez vous sur Les Indes Galantes ? De quelle manière la musique unifie toutes les entrées ?

Les Indes Galantes sont souvent considérées comme une revue, de par le caractère divertissant et ludique des différentes entrées. C’est un opéra-ballet, avec une certaine liberté de ton par rapport à une tragédie lyrique. Un opéra ballet est constitué d’un prologue et de plusieurs histoires indépendantes se terminant par des divertissements dansés. C’est une forme assez libre, plus libre en tous cas que celle du grand opéra qu’on appelle tragédie lyrique.  Cette souplesse favorise l’humour, le second degré, un niveau de langage un peu plus familier. Pour autant, on trouve dans cette œuvre des thèmes sérieux comme l’esclavage, la parole donnée (dans Le turc généreux), la liberté d’aimer, la colonisation, la paix ou la fraternité entre les peuples (Les Sauvages) .

Sans verser dans un discours féministe ou anticolonialiste militant qui n’a rien à voir avec l’œuvre, on peut dire que ces thèmes permettent de relier les différentes histoires à notre monde actuel tout en nous rapprochant de l’imaginaire de ce XVIIIeme siècle très attiré par l’exotisme, mais aussi très préoccupé de générosité envers les peuples et les individus, et de lutte contre les inégalités.

Dans ce contexte, la musique agit comme un cataliseur des énergies, elle apporte rythme et couleur en caractérisant chaque personnage, chaque univers différent. Chaque histoire est un voyage.

Que peut nous apporter en 2014 le spectacle version Rameau tel qu’il se déploie dans Les Indes Galantes ?

Les Indes galantes parlent du triangle amoureux habituel : amant-amante-rival. Cette relation triangulaire nous a incités avec Constance Larrieu, la metteure en scène,  à imaginer un travail entre chanteurs, marionnettes et marionnettistes, pour mettre en valeur ces histoires simples, ces intrigues vite résolues qui sont des numéros, voire des sketches se terminant invariablement par des numéros dansés.

Rameau est un homme de spectacle, c’est un maître de l’harmonie, un amoureux des belles mélodies; on trouve dans sa musique une joie de vivre, un enthousiasme et un sens du rythme qui plongent l’auditeur dans un état de jubilation; la « Danse du grand calumet de la paix », qu’on appelle aussi «  Les Sauvages », en est un bon exemple.  Cette année Rameau a été pour moi l’opportunité d’interpréter beaucoup de ses musiques. Plus je joue Rameau, plus j’ai cette impression qu’on peut aussi aller le chercher hors de la conception grandiose dans laquelle on l’enferme parfois.

Cette forme légère des Indes galantes est pour moi l’occasion de présenter un Rameau plus proche, plus direct, plus accessible à tous publics et à tous âges. Il est important de montrer que la musique baroque n’est ni élitiste, ni compassée, et que l’on peut se divertir avec Rameau. C’est le cas avec Platée, c’est aussi le cas dans certaines scènes des Indes galantes.

De quelle manière cette nouvelle production met-elle en avant les qualités propres des Paladins ?

Tous les projets des Paladins sont de expériences, des défis ou des recherches. Je ne peux faire autrement et j’ai besoin d’avancer et progresser à chaque étape de mon travail.

Les Indes galantes, c’est pour moi une exploration de la théâtralité dans la musique française, c’est l’opportunité de chercher plus de naturel dans les récitatifs, plus de souplesse dans la texture orchestrale, et d’expérimenter sans cesse en matière de nuances et d’expressivité, tant avec les chanteurs qu’avec l’orchestre.

Cette musique est tellement bien écrite pour les instruments que les musiciens se sentent tout de suite à l’aise et peuvent prendre des risques.

Avec les chanteurs, nous explorons les possibilités du parlé-chanté tel que nous l’avons déjà travaillé dans l’opéra italien, mais en s’adaptant aux exigences de la langue française, faisant en sorte qu’elle soit toujours claire, naturelle et résonnante.

Je souhaite surtout que ces Indes galantes présentent une version décomplexée et jubilatoire du répertoire baroque français, c’est l’objectif que nous nous sommes fixé avec les musiciens des Paladins et les chanteurs. J’espère que le public aura envie de danser avec sur l’air du Grand calumet de la paix !

 

 

Propos recueillis par Alexandre Pham en novembre 2014.

 

 
 
 

AGENDA. Les Paladins en concert avec Jérôme Corréas. Rameau : les Indes Galantes, le 25 novembre 2014 – Théâtre La Piscine, Châtenay Malabry (92)

 

Les Indes Galantes de Rameau par Jérôme Corréas

correas jerome les paladins jcorreas2Châtenay-Malabry. Rameau: Les Indes Galantes, 25 novembre 2014. En résidence dans le 92, Jérôme Corréas et ses Paladins revisitent le grand ballet baroque façon Rameau, semé d’orientalisme surtout baigné de sensualité souveraine irrésistible…  Composées en 1735 par un Rameau en pleine gloire après le choc de son premier opéra Hippolyte et Aricie, Les Indes Galantes constituent le chef-d’œuvre du compositeur français, à l’honneur en 2014 à l’occasion du 250e anniversaire de sa disparition. Avec ce modèle d’opéra-ballet, Rameau offrit à la cour du roi Louis XV un divertissement grandiose et raffiné : simple dans son intrigue, l’œuvre se consacre à étudier les mœurs amoureuses des habitants d’ailleurs. Dans un grand tourbillon de duos, d’airs, de récitatifs et de danses, on découvre avec délice les disputes de Bellone (déesse de la guerre), d’Hébé (la Jeunesse) et de Cupidon, avant d’embarquer pour la Turquie et les Amériques !

Pour leur troisième année de résidence au Théâtre Firmin Gémier / La Piscine, Jérôme Correas et son ensemble de musique baroque Les Paladins interprètent cette œuvre à quatre chanteurs, neuf musiciens et trois marionnettistes : car le projet de ces Indes Galantes est de mêler interprètes de chair et marionnettes de bois à taille humaine, à l’image de Cupidon tirant les ficelles des histoires d’amour représentées. Un mariage des arts et des disciplines mêlées qui pose un regard original voire inédit sur un classique de l’opéra baroque. On aurait tort d’y chercher une quelconque vraisemblance d’acte en acte ou plus précisément s’agissant d’un ballet, d’entrée en entrée : la musqiue souveraine orchestre ici ballets et divertissements. Tout oeuvre au plaisir, à la sensualité rayonnante dans l’esprit et le style des amusements que La Pompadour savait réserver au monarque Louis XV souvent dépressif et mélancolique. La grâce le dispute à l’onirisme exotique avec ce raffinement et cette audace mélodique et harmonique dont Rameau a le secret.

 

 

Jérôme Correas et Les Paladins sont en résidence au Théâtre Firmin Gémier / La Piscine depuis 2012. Ils ont récemment présenté Dans les rues de Naples, d’après le répertoire classique et populaire napolitain, plusieurs concerts, et les deux opéras de Monteverdi, Le Couronnement de Poppée et Le retour d’Ulysse dans sa patrie.

 

 

 

Jean-Philippe Rameau  : Les Indes Galantes, opéra ballet
Les Paladins – Jérôme Correas, Constance Larrieu
Mardi 25 novembre 2014, 20h30
Châtenay Mamabry (92) – Théâtre La Piscine
Voyage en terres inconnues pour les grandes noces de l’opéra et des marionnettes
Durée : 1h45 entracte compris

 

Lire notre critique du cd Les Indes Galantes de Rameau récemment édité par La Simphonie du Marais