COMPTE RENDU, critique, ballet. PARIS, Opéra National de Paris, le 26 juin 2019. Tree of codes. Wayne McGregor / Olafur Eliasson / Jamie xx.

COMPTE-RENDU, ballet. Paris. OpĂ©ra Bastille, le 26 juin 2019. Tree of codes. Wayne McGregor, mise en scène et chorĂ©graphie. Olafur Eliasson, conception viseulle. Jamie xx, musique. Ballet de l’opĂ©ra & Company Wayne McGregor. Fabuleuse reprise du Tree of Codes de Wayne McGregor, chorĂ©graphe rĂ©sident du Royal Ballet Ă  Londres. Un spectacle protĂ©iforme qui continue d’impressionner par le mariage des talents concertĂ©s du chorĂ©graphe, de l’artiste visuel Oliafur Eliasson et du musicien Jamie xx. Un ballet pleinement ancrĂ© dans le 21e siècle, dĂ©licieusement interprĂ©tĂ© par les danseurs de la Compay Wayne McGregor et les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra National de Paris !

 
 
 

Intellectuel ma non troppo,
Contemporain ma non tanto

   
 
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Le ballet de McGregor est une vĂ©ritable collaboration, une crĂ©ation en Ă©quipe, et la fine Ă©quipe est composĂ©e d’individus talentueux qui semblent avoir des nombreuses affinitĂ©s. Le tout est basĂ© sur un livre qui se veut objet d’art (Tree of Codes de Jonathan Safran Foer), et qui est lui-mĂŞme une sorte de transfiguration « hipsterienne » d’un recueil de nouvelles des annĂ©es 30 au siècle passĂ© (The street of crocodiles de Bruno Schulz). La musique de Jamie xx, de l’électro-pop pure et dure, paraĂ®trait avoir tout une histoire originelle de conception, oĂą des passages du texte passent par un algorithme qui fait des mĂ©lodies… On peut se demander s’il s’agĂ®t des textes de Safran Foer ou de Schulz… et de l’intĂ©rĂŞt artistique du procĂ©dĂ©. La musique enregistrĂ© de Jamie xx fonctionne parfaitement, elle est très souvent entraĂ®nante et percussive, avec quelques moments contemplatifs.

Dans une salle comme l’Opéra Bastille, la vue est un sens qui a une grande importance. En l’occurrence, la vue est sollicitée en permanence, surtout par les décors et la scénographie imposante et haute en couleurs de l’artiste Olafur Eliasson. Chromatismes, transparence, illusions optiques, phares-poursuites qui illuminent les spectateurs, pour éblouir davantage… ou pas. La recherche artistique de cette trinité so 21th century est l’aspect le plus intéressant de la production. Si nous sommes en effet immergés dans le jeux permanent des miroirs et des lumières, nous arrivons malgré tout à apprécier également la danse et les mouvements des danseurs.

Le ballet commence dans l’obscurité totale avec des danseurs habillés des lumières ponctuelles qui déjà troublent la perception sensorielle des spectateurs, pourtant la musique met rapidement en transe et l’on peut questionner d’où viennent ces mouvements fabuleux que seul quelques LEDs dévoilent. Ces lucioles ne reviendront plus après cette sorte d’ouverture dans l’obscurité. Nous aurions droit par la suite à l’arc-en-ciel, à tout un camaïeu de couleurs sur le plateau. Y compris dans les vêtements,… peut-être l’aspect le moins alléchant.

En ce qui concerne l’aspect chorégraphique… c’est du McGregor : mouvements hyper rapides, portés insolents, extensions vertigineuses, un côté acrobatique et gymnastique pleinement assumé, couplages non-conventionnels… on adore. C’est contemporain, parce que, mais tout particulièrement néoclassique. Il y a même des pointes sur scène à un moment !
Pour la première, se sont distingués les danseurs de la compagnie invitée, qu’on a rarement l’occasion de voir, ainsi que six danseurs solistes du Ballet de l’Opéra. Pour les derniers, l’Etoile Valentine Colasante a été de grand impact par la force expressive de ses mouvements et une tonicité stimulante. Le Corps de Ballet, souvent sollicité, est super tonique ; rayonnant même dans ce ballet. Les danseurs ont vraiment l’air de s’y plaire, et nous pouvons voir de temps en temps par ci par là des lueurs de personnalité, y compris chez de jeunes danseurs, comme Nine Seropian ou Francesco Mura. Réjouissante participation des deux groupes associés.

 

 

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C’est donc un spectacle recommandable pour le (très) large public, où nous avons l’illusion d’un équilibre entre trois arts différents qui décoiffe et qui plaît, mais d’où nous sortons surtout avec la sensation d’avoir vécu une expérience artistique séduisante et contemporaine à souhait. La performance des danseurs de deux compagnies est tout simplement formidable. A consommer sans modération ! Encore à l’affiche de l’Opéra Bastille les 1er, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13 et 14 juillet 2019.
Illustrations : ©J Chester Fildes, Manchester Festival 2015