Présences 2014. Concert 5: Henze, Schreier, Weil. Sofi Jeannin

PrĂ©sences 2014, le festival de Radio France 100% musique contemporaineParis, Maison de Radio France, le 16 fĂ©vrier 2014,16h. PrĂ©sences 2014.  Paris-Berlin. Du 13 au 25 fĂ©vrier 2014. Festival de crĂ©ation msuicale … 13 jours de programmation dĂ©diĂ©e exclusivement aux Ă©critures contemporaines produisent ici le plus important festival français de musique actuelle, consacrĂ© Ă  la crĂ©ation musicale, soit 13 concerts synthĂ©tisant sur le thème choisi (Paris-Berlin donc en 2014 pour la 24ème Ă©dition) les Ă©critures les plus significatives. Un nombre impressionnant de crĂ©ations (crĂ©ations françaises ou crĂ©ations mondiales soit pour cette annĂ©e respectivement 17 et 9 !) renforce encore la valeur d’un Ă©vĂ©nement qui frappe toujours par la diversitĂ© de son regard et le très haut niveau de la sĂ©lection artistique. En 2014, le festival PrĂ©sences invite interprètes français et allemands pour un formidable partage avec le public : National de France pour l’ouverture le 13 fĂ©vrier ; Philharmonique de Radio France les 14 et 25 fĂ©vrier; ensembles : Neue vocalsolisten, 2e2m, Modern, Alternance, Variances, Cairn, Kammerensemble Neue Musik Berlin… C’est aussi l’occasion pour les formations maison : MaĂ®trise et Choeur de Radio France, Orchestre Philharmonique et Orchestre national de France de s’investir totalement dans l’interprĂ©tation des oeuvres actuelles, souvent, bĂ©nĂ©fice exceptionnel, en compagnie du compositeur prĂ©sent Ă  leur cĂ´tĂ©. En lire +

Présence 2014. Concert 5: Henze, Schreier, Weill
Paris, Maison de Radio France, dimanche 16 février 2014,16h

Hans Werner Henze  : Wiegenlied der Mutter Gotter

Anno Schreier : Berceuse, création mondiale

Kurt Weil : Das Berliner Requiem
version de David Crew 2000

Hans Werner Henze : Being Beateous

Maîtrise de Radio France
Orchestre Philharmonique de Radio France
Sofi Jeannin, direction

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Diffusion en différé sur France Musique, le 26 février 2014, 20h

Compte-rendu : Paris. Théâtre des Champs-Elysées, le 24 mai 2013. Concert Wagner. Johan Botha. Staatskapelle de Dresde. Christian Thielemann, direction

Christian Thielemann chefDeux jours après le 200e anniversaire de la naissance de Richard Wagner (22 mai 2013), la légendaire Staatskapelle de Dresde fait halte dans la capitale pour un concert hommage au maître de Bayreuth, avec au programme des extraits d’opéras, ouvertures et airs, et une pièce de Hans Werner Henze.
Sous la baguette de leur nouveau directeur musical, Christian Thielemann, les musiciens déploient une couleur admirable, à la fois brillante et veloutée, avec notamment des cordes graves à la sonorité profonde et des cuivres étincelants. Les violons se montrent ce soir en petite forme, plus audiblement dans le prélude du premier acte de Lohengrin, où les pianissimi dans l’aigu semblent difficiles à réaliser, malgré un bel effort dans cette impression de tremblement de la lumière voulu par Wagner pour illustrer le Saint Graal.

 

 

Hommage au maître de Bayreuth

 

Les autres ouvertures permettent aux instrumentistes de donner le meilleur d’eux-mêmes, notamment celle de Rienzi, qui enchante toujours par son premier thème poignant, et celle de Tannhäuser, où chacun semble se libérer, pour un déferlement sonore des plus réjouissants. La pièce de Henze déconcerte un peu au cœur de ce programme, mais ce salut au « Capell-Compositeur » – ainsi l’avait désigné Christian Thielemann à son arrivée à la tête de l’orchestre –, disparu voilà quelques mois, offre un lyrisme qui répond bien à celui des autres morceaux. Wagner ayant tant servi la voix, il était naturel de l’inviter à cette soirée.

Au tĂ©nor sud-africain Johan Botha revient le mĂ©rite de remplir cette mission. Si le timbre n’est pas des plus sĂ©duisants, force est de constater, dès les premiers accents, que le chanteur sonne parfaitement Ă  l’aise dans cette Ă©criture large, exigeant mĂ©dium solide et aigu conquĂ©rant. Après une prière de Rienzi un rien dĂ©monstrative mais chantĂ©e avec sĂ»retĂ©, c’est dans le rĂ©cit du Graal de Lohengrin que l’interprète se rĂ©vèle. La voix, puissante et d’une projection impressionnante, se dĂ©ploie sans effort dans toute la salle. MalgrĂ© un regard qu’il dĂ©tourne peu des notes posĂ©es devant lui, il ose de superbes nuances, jusqu’à des piani parfaitement timbrĂ©s, avant de libĂ©rer son instrument dans des aigus insolents de facilitĂ©, d’assise, de concentration de l’émission.

Mais avec Tannhäuser, qu’il connaît bien, le technicien, toujours aussi sidérant de puissance et de sécurité, fait place à l’interprète, enfin extraverti, s’incarnant dans une théâtralité d’autant plus forte qu’elle s’avère exclusivement musicale.
L’attention au texte, littéralement ciselé, est totale, et chaque inflexion, d’un piano quasi-parlando à un aigu forte véritable javelot sonore, se met au service du drame et de la partition. Un exemple de beau chant wagnérien devenu rare à notre époque. Face à une salle en liesse, l’orchestre se lance, en bis, dans le prélude de l’acte III de Lohengrin, avec une énergie redoutable, faisant tourbillonner les lignes instrumentales, concluant ainsi avec éclat ce bel hommage rendu au compositeur allemand.

Paris. Théâtre des Champs-ElysĂ©es, 24 mai 2013. Richard Wagner : Der fliegende Holländer, Ouverture ; Eine Faust-OuvertĂĽre en rĂ© mineur ; Rienzi, “Allmächt’ger Vater” ; Ouverture ; Lohengrin, PrĂ©lude de l’acte I ; “In fernem Land” ; Hans Werner Henze : FraternitĂ©, air pour orchestre. Richard Wagner : Tannhäuser, “Innbrunst im Herzen” ; Ouverture. Johan Botha, tĂ©nor. Staatskapelle de Dresde. Christian Thielemann, direction musicale.