OPERA DE PARIS en grève : 12 millions d’euros de pertes au 6 janvier 2020

danseuses-opera-de-paris-garnier-contre-retraite-greve-opera-de-paris-classiquenewsGREVES à l’Opéra de PARIS. Avec 63 spectacles annulés, l’Opéra national de Paris a perdu 12 millions d’euros. Au moment de ses 350 ans, l’Opéra de Paris vit la grève de son personnel la plus longue de son histoire, avec à la clé, une faillite de 12 millions d’euros. En 3 semaines de grèves, dès le 5 décembre 2019, la maison parisienne a annulé l’ensemble des ses programmes, ballets et opéra (dont la nouvelle production du Prince Igor de Borodine), soit 63 spectacles annulés et 12,3 millions d’euros de déficit (perte de billetterie). Le mouvement de grève manifeste contre la réforme des retraites actuelle. En 2007, lors de sa précedente vague de grève, l’Opéra de Paris avait du annuler 17 spectacles produisant 3,2 millions d’euros de pertes net.
Officiellement le ministère de la Culture annonce une reprise des représentations pour le 11 janvier 2020, avec Le barbier de Séville de Rossini, sans omettre la bellet Giselle, ainsi que la poursuite des négociations, alors que les personnels (danseurs, techniciens, musiciens, choristes….) ont obtenu le maintien de leur régime actuel. LIRE notre dépêche précédente L’Opéra de Paris en grève : résistance des grévistes.

Les pertes actuelles aggrave la diminution du fonds de roulement ; hypothèque les investissements pour les saisons futures, en particulier les travaux programmés dans les mois à venir. Pour ses 350 ans en 2019, l’institution parisienne aurait imaginé mieux comme événements commémoratifs.
La participation des danseurs (dont le départ à la retraite à 42 ans a été sanctuarisé et respecté dans la réforme actuelle) est inédite dans un mouvement de contestation ordinairement porté en 1984, 1998, 2007…, par les techniciens.

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LIRE aussi notre précédente dépêche : Grèves contre la réforme des retraites (2ç déc 2019) : http://www.classiquenews.com/retraites-de-lopera-de-paris-resistance-des-grevistes/

Le financement de la caisse de retraite de l’Opéra, selon un mécanisme qui remonte à Louis XIV,  coûte à l’Etat donc aux contribuables : 14 millions d’euros par an, pour près de 1.900 cotisants. Il s’agit d’une crise jamais vue auparavant car largement défendue par le personnel artistique et technique de l’établissement. L’actuel directeur sortant Stéphane Lissner, (auquel succèdera en 2021 l’Allemand Alexander Neef), démuni, impuissant, déplorait les pertes abyssales mais aussi une dégradation importante de la confiance établie avec les publics ;  il craignait en effe que »la relation avec notre public ne sorte durablement abîmée ». Déjà sont prévus, des actions de reconquête auprès du public échaudé…

Mais deux questions subsistent en ce début d’année 2020 : le mouvement de grève va-t-il réellement s’arrêter ce 11 janvier ? Qui va payer les dettes de l’Opéra national de Paris et compenser la perte des déjà 12 millions d’euros début janvier 2020 ?

 

 

LIRE aussi notre dépêche 2016 : grève à l’opéra de Paris en 2016, déjà 12 Millions d’euros de perte

http://www.classiquenews.com/opera-national-de-paris-en-2016-limpact-des-greves-a-lopera-de-paris-produise-deja-des-pertes-de-2-millions-deuros/

 

  

 

RETRAITÉS de l’Opéra de Paris : résistance des grévistes

Ballet Opera de Paris, Albin MichelRETRAITÉS de l’Opéra de Paris : résistance des grévistes  -  Après avoir dansé leur ballet sur les marches de l’Opéra Garnier, les danseuses de la maison « royale » (créée par Louis XIV), en tutu et coiffes blanches, conservent leurs avantages et obtiennent de premières concessions du gouvernement Philippe dont la clause du « grand-père ». Des avancées jugées non recevables. Les danseuses de l’Opéra s’étaient donner en spectacle ce 24 déc 2019, sur le perron Garnier (extrait du Lac des cygnes) pour manifester leur refus du nouveau régime de retraites. Attentif, le gouvernement Philippe leur accordent plusieurs concessions, dont la fameuse « clause du grand-père » : seuls les danseurs recrutés après 2022 seront concernés par la réforme. Contrairement aux autres salariés dont s’est la génération 1975 qui s’impose, les danseurs de l’Opéra de Paris assujettis à la Réforme sont ceux de la génération 1977 et 1980, dérogation exceptionnelle. Mais les personnels de l’Opéra n’ont pas levé leur droit de grève pour autant.

 

 

 

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Actuellement, le régime qui s’applique (créé en 1698) prévoit un départ possible en retraite à 60 ans pour les musiciens de l’orchestre, 57 ans pour les choristes et les techniciens, 42 ans pour les danseurs (au regard de la pénibilité réelle de leur activité). Les 3 dernières années de salaire sont prises en compte pour les artistes ; 6 derniers mois pour le reste du personnel. Il n’existe pas de telles conditions dans les autres institutions françaises. Leur coût s’élève à 27 millions d’euros. Source : Les Échos. D’après la lettre adressée par le directeur de l’Opéra à ses personnels, en date du 23 décembre 2019.

Peu à peu le gouvernement accepte sur certaines filières des concessions qui permettent le maintien des régimes spéciaux. Le gouvernement Philippe et Emmanuel Macron peuvent-ils encore parler de régime universel ? L’allocution du président de la République, pour les vœux de la nouvelle année 2020 sont donc très attendus.

 

 

 

PERTES IMPORTANTES POUR L’INSTITUTION PARISIENNE… Depuis le début du mouvement contestataire contre la réforme des retraites, 54 représentations à l’Opéra de Paris ont été annulées ; la direction craint une perte d’au moins 12 millions, et avec le recul, la perte d’au moins 1/10ème de son CA annuel, faisant craindre des économies drastiques sur les saisons à venir. Consulter régulièrement le site de l’Opéra de Paris pour connaître les spectacles maintenus ou annulés pendant les fêtes 2019 / 2020.