Direct cinéma : Jonas Kaufmann chante Florestan (FIDELIO)

royal-opera-house-ROH-logo-2019CINÉMA, Fidelio le 17 mars 2020, 18h. Jonas Kaufmann chante Florestan dans les salles obscures
 CĂ©lĂ©brez le 250Ăšme anniversaire de Mudwig Beethoven, grĂące Ă  la diffusion en live de la nouvelle production du Royal Opera Fidelio, avec dans le rĂŽel de Florestan, le prisonnier, victime de l’arbitraire tyranique, JONAS KAUFMANN dont le timbre rauque, de fĂ©lin blessĂ©, la puissance et la finesse devraient renouveler l’interprĂ©tation du personnage, dans le sillon d’un John Vickers avant lui.

Jonas Kaufmann... grand retour Ă  la scĂšneFidelio narre le parcours de LĂ©onore, qui sous les traits d’un homme (Fidelio), entend sauver son mari Florestan, prisonnier politique dĂ©tenu par le tyran Don Pizarro. Au sommet de l’inspiration digne et tragique de la partition, l’air monologue du prisonnier au bout de tout, mourant, solitaire, dans son cachot tombeau ; puis son duo avec LĂ©onore, celle qui le sauve par amour ; enfin dans le final inondĂ© de lumiĂšre, le chƓur des prisonniers libĂ©rĂ©s, ivresse collective la plus flamboyante de tout le rĂ©pertoire lyrique. La nouvelle mise en scĂšne de Tobias Kratzer, Ă©tablit des parallĂšles entre « la Terreur » de la RĂ©volution Française et les crises politiques actuelles ; elle met en lumiĂšre les thĂšmes intemporels du courage, de l’amour, de la « rĂ©silience Ă©motionnelle ».

ROH_19-20_FIDELIO_ONE_SHEET__FRENCH_L’unique opĂ©ra du compositeur, Fidelio est enregistrĂ©e en live du Royal Opera House le mardi 17 mars. Mise en scĂšne : Tobias Kratzer. Aux cĂŽtĂ©s du tĂ©nor allemand Jonas Kaufmann, la soprano italienne Lise Davidsen dans le rĂŽle-titre(Fidelio / LĂ©onore). Avec l’orchestre du Royal Opera House, le chƓur du Royal Opera, sous la direction du chef Antonio Pappano. Les retransmissions au cinĂ©ma depuis le Royal Opera House comprennent outre la captation de l’opĂ©ra, des entretiens et accĂšs exclusifs en coulisses. ProjetĂ© dans plus de 1000 cinĂ©mas dans 53 pays, le Royal OpĂ©ra House entend dĂ©mocratiser sa saison lyrique.

Durée : 2h55 mn (avec entractes / pauses)

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#ROHfidelio.

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VIDEO

JONAS KAUFMANN chante l’air de Florestan : “Gott, welch Dunkel hier!” / Dieu ! Quelle obscuritĂ© / effroyable silence 
 (Zurich, 2004 – direction : Niklaus Harnoncourt)

 

FIDELIO Salzbourg 2015 – mise en scĂšne Klaus Gut :

Autre extrait de cette production de Fidelio 2015 :
Kaufmann/Pieczonka/König : “Euch werde Lohn in besseren Welten”/Fidelio

 

 

 

Autre version de Fidelio / le choeur final de libération :
Beethoven – Fidelio: O Gott! Welch ein Augenblick! – Bernstein (1978)
Janowitz, Kollo…

 

 

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ANNONCE DE LA ROYAL OPERA HOUSE

https://www.roh.org.uk/cinemas/production/39547

https://www.roh.org.uk/cinemas/production/39547

https://www.youtube.com/watch?time_continue=33&v=U3LaeNr9Yyg&feature=emb_logo

LIRE aussi notre dossier FIDELIO de BEETHOVEN

BETHOVEN-2020-deutsche-grammophon-critique-cd-selection-cd-livres-classiquenews-dossier-beethoven-2020-classiquenewsBEETHOVEN CONTRE LES TYRANS… La premiĂšre en 1805 comportait 3 actes, la deuxiĂšme en 1806 n’en comportait que 2. La troisiĂšme version crĂ©Ă©e le 23 mai 1814 Ă  Vienne, a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e en France, Ă  Paris Ă  l’OdĂ©on en 1825. Beethoven a mis au net ce qui ne lui semblait pas totalement achevĂ© dans les versions prĂ©cĂ©dentes. D’ailleurs, il n’était pas tout Ă  fait prĂȘt pour la premiĂšre et il a continuĂ© Ă  l’amĂ©liorer pour les dates suivantes ! Le succĂšs n’a fait qu’augmenter au fur et Ă  mesure des reprĂ©sentations. RĂ©volutionnaire, Beethoven transmet dans cet opĂ©ra sa passion pour la libertĂ©, au point d’assurer aujourd’hui Ă  l’ouvrage, la valeur et le statut d’un mythe lyrique : Fidelio est devenu avec le temps, l’opĂ©ra de la libertĂ© contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir tyrannique. Epouse admirable et d’un courage immense, Leonore incarne l’amour et la force. C’est lapaix armĂ©e, prĂȘte Ă  en dĂ©coudre et ici, capable de changer de sexe et d’apparence, de devenir Fidelio pour libĂ©rer de sa prison son Ă©poux incarcĂ©rĂ©, Florestan…

 

 

 

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La prochaine retransmission live du Royal Opera House sera Le Lac des Cygnes, du Royal Ballet, en direct au cinéma le mercredi 1er avril.

CD, critique. SCHUMANN : L’Hermaphrodite. Laurianne Corneille, piano (1 cd Klarthe records)

KLA094-CORNEILLE-LAURIANNE-cd-KLARTHE-robert-schumann-piano-kreisleriana-critique-cd-classiquenewsCD, critique. SCHUMANN : L’Hermaphrodite. Laurianne Corneille, piano (1 cd Klarthe records) – On ne soulignera jamais assez la fascination des mondes doubles de Robert Schumann, ses masques jaillissants, Ă  l’insolente Ă©nergie dont la volubilitĂ© versatile, changeante comme une onde insaisissable, semble tout synthĂ©tiser de la psychĂ© humaine. Parce qu’il a choisi de s’inscrire au cƓur de ses contradictions mĂȘmes, le piano de Schumann semble offrir le miroir le plus complet de l’ñme humaine
 Le prĂ©sent programme en tĂ©moigne et s’intitulant « L’Hermaphrodite », Ă  la fois masculin et fĂ©minin, il Ă©claire l’ambivalence captivante schumannienne / « doppelgĂ€nger » (sosie / double); Ă  la fois EusĂ©bius et Florestan, telles deux sensibilitĂ©s non pas contradictoires mais complĂ©mentaires. A l’interprĂšte d’en comprendre les enjeux, manifester l’activitĂ©, rĂ©aliser l’unitĂ©.

Sur les traces et dans les sillons de la pensĂ©e critique de Roland Barthes (Rasch dont elle lit aussi un extrait en bonus), la pianiste Laurianne Corneille exprime d’abord les « coups » fragiles, tĂ©nus, passionnĂ©s du fougueux et sombre Florestan, dans les Kreisleriana : « un corps qui bat » ; la lutte de Robert contre lui-mĂȘme ? , puis sait polir la courbe moins explicite d’une premiĂšre Ă©coute ; celle de la douceur d’Eusebius (sa tendresse calme et mĂȘme Ă©nigmatique), conçue comme le nĂ©gatif du tumulte premiĂšrement dĂ©celĂ©.

 

 

Les doubles réconciliés

 

 

Un cheminement qui nous conduit Ă  la clĂ©, sommet de cette libĂ©ration Ă©motionnelle qui va par Ă©tapes : le Widmung (chant de l’amour) et qui dĂ©voile le 3Ăš terme de la trinitĂ© Schumanienne : « Raro », rĂ©bus amoureux qui fusionne ClaRA et RObert Schumann, l’un des rares couples parmi les plus lĂ©gendaires de l’histoire de la musique. Ici, lumineuses et sincĂšres, leurs deux Ăąmes fusionnent. Widmung ici jouĂ© dans sa transcription pour piano seul de Liszt, ravive intacte, la magie du sentiment amoureux le plus pur, tout en se rapprochant de l’indicible nostalgie schubertienne.

Comme deux pĂŽles fascinants, la pianiste aborde d’abord Les Chants de l’aube, une toute autre confession / contemplation personnelle, frappĂ©e par l’épaisseur grave de la maturitĂ©, Ă©laborĂ©e quelques temps avant son suicide dans le Rhin.
Puis, miroir de la jeunesse de Robert, ses Ă©lans et sa dĂ©claration d’amour pour Clara : les Kreisleriana ; ce sont moins les secousses chaotiques d’une pensĂ©e confuse, au bord de la folie (comme on le joue trop souvent, comme on les prĂ©sente aussi systĂ©matiquement), que la manifestation Ă©clatante d’un tempĂ©rament divers, pluriel, Ă©tonnamment riche qui a affrontĂ© la peur et le rĂȘve ; les espoirs et la dĂ©sillusion. Les 8 Ă©pisodes caressent l’intranquille et tenace activitĂ© schumanienne, comme une sĂ©rie de crĂ©pitements ardents, semĂ©s de coups et de chocs, physiques comme cĂ©rĂ©braux. Schumann a tout vĂ©cu, tout senti, tout mesurĂ©. L’interprĂšte embrasse le flux pianistique dans sa sauvage complexitĂ© sans jamais perdre son fil.

Comme leur aboutissement logique, Les Chants de l’aube en sont la rĂ©alisation finale, l’aveu du renoncement et de la mort. 5 sections conçues comme un lent mais inexorable effondrement progressif, Ă©noncĂ© comme un chant doux et liquide (le dernier en particulier, envisagĂ© comme un ocĂ©an qui se retire : « Im Anfange ruhiges  »).
En recueillant pour elle-mĂȘme les disparitĂ©s faussement confuses du chant schumanien, Laurianne Corneille trouve ce « fil d’or » qui unifie les directions, Ă©quilibre les tensions, enrichit toujours sa propre expĂ©rience intĂ©rieure ; voilĂ  qui rend les Ɠuvres de Schumann, rĂ©vĂ©latrices d’un cheminement, en rien instinctif et prĂ©cipitĂ©, plutĂŽt rĂ©flĂ©chi et magistralement contrĂŽlĂ©, conscient et assumĂ©. L’éprouvĂ©, brisĂ©, saisi est rĂ©unifié  voire « sublimé » selon l’esthĂ©tique japonaise du kintsugi, cet art qui rĂ©pare les cĂ©ramiques cassĂ©es et leur offre une nouvelle vie (cf la notice trĂšs personnelle qui accompagne le cd). Chez Schumann, ce voyage entre deux rives, devient bĂ©nĂ©fique. A la fois, salvateur et rĂ©parateur. Lumineuse et intime rĂ©alisation.

 

 

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CD, critique. SCHUMANN : L’Hermaphrodite. Kreisleriana, Les Chants de l’aube
 Laurianne Corneille, piano (1 cd Klarthe records – enregistrement rĂ©alisĂ© en fĂ©v 2019).

https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/lhermaphrodite-detail

Robert Schumann
GesĂ€nge der FrĂŒhe / Chants de l’aube, opus 133
“Kreisleriana” opus 16
Liebeslied aus Myrthen, opus 25  (transcription de Franz Liszt)

Laurianne Corneille, piano

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CONCERT
Soirée Klarthe records
Lundi 2 mars 2020, PARIS, salle Colonne, 20h.
SCHUMANN par Laurianne Corneille, piano
BRAHMS : Florent HĂ©au, clarinette et le Quatuor Voce.
RĂ©servez vos places directement auprĂšs de Klarthe :
https://www.billetweb.fr/schumann-brahms-klarthe

 

 

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ENTRETIEN avec Laurianne Corneille

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KLA094-CORNEILLE-LAURIANNE-cd-KLARTHE-robert-schumann-piano-kreisleriana-critique-cd-classiquenewsENTRETIEN avec Laurianne Corneille, Ă  propos de son album Schumann : “L’Hermaphrodite” (1 cd Klarthe records). « Doubles rĂ©conciliĂ©s », c’est ainsi que notre rĂ©dacteur Hugo Papbst rĂ©sumait la rĂ©ussite du dernier album de la pianiste Laurianne Corneille, interprĂšte des personnalitĂ©s mĂȘlĂ©es, complĂ©mentaires de Robert Schumann. A l’appui de sa critique dĂ©veloppĂ©e, voici l’entretien que nous a rĂ©servĂ© la pianiste pour laquelle l’écriture Schumanienne revĂȘt des significations singuliĂšres et personnelles. Un engagement intime qui scelle la valeur de son regard sur Robert Schumann
 Explications. LIRE notre entretien avec Laurianne Corneille Ă  propos de Robert Schumann

  

 

Salzbourg. Jonas Kaufmann chante Florestan

Jonas Kaufmann, le plus grand tĂ©nor du monde !Salzbourg. Beethoven : Fidelio, les 4,7,10,13, 16, 19 aoĂ»t 2015. Alors que Cecilia Bartoli chante Norma et IphigĂ©nie, Jonas Kaufmann crĂ©e aussi l’Ă©vĂ©nement Ă  Salzbourg 2015, en incarnant un rĂŽle qui lui va comme un gant : le prisonnier Florestan, hĂ©ros moderne prĂȘt Ă  quitter l’ombre pour la lumiĂšre. Leonore, Ă©pouse de Florestan, est dĂ©terminĂ©e Ă  sauver son mari. DĂ©guisĂ©e en garçon, sous le nom de Fidelio, elle parvient Ă  s’introduire auprĂšs du geĂŽlier Rocco, Ă  gagner sa confiance et Ă  libĂ©rer Florestan, aidĂ©e par l’arrivĂ©e providentielle du ministre venu mettre fin Ă  l’arbitraire tyrannique de Don Pizarro
 Fidelio, opĂ©ra romantique, recueille les fruits solaire des LumiĂšres, soulignent la vertu d’une Ă©pouse fidĂšle et loyale prĂȘte Ă  sauver jusqu’à la mort celui qu’elle aime : telle Alceste de Gluck, c’est une figure de femme droite et dĂ©terminĂ©e que l’amour conduit jusqu’au sublime exemplaire. Livret Josef Sonnleithner et Georg Friedrich Treitschke.
Hymne Ă  l’amour triomphal, la partition de Fidelio exalte la vertu de la fidĂ©litĂ© conjugale contre la tyrannie. L’auteur illustre la constance de l’épouse, sa dĂ©termination exemplaire contre l’autoritĂ© du despote Pizzaro. Si Alceste descend aux enfers pour sauver son Ă©poux AdmĂšte, Leonore, devenue Fidelio, rejoint son Ă©poux Florestan dans la prison pour l’en libĂ©rer.  Le chef d’oeuvre lyrique de Beethoven est crĂ©Ă© dans sa version dĂ©finitive Ă  Vienne, en 1814. La partition met en lumiĂšre le long processus d’écriture dont tĂ©moigne aussi les diffĂ©rentes versions de l’ouverture notĂ©es Leonore I, II, III, selon les temps de rĂ©vision et de rĂ©Ă©criture. L’énergie et l’espĂ©rance de Beethoven sont portĂ©es Ă  leur plus haut degrĂ© d’accomplissement. Quand Beethoven compose, il Ă©crit pour la fraternitĂ© Ă  bĂątir, l’humanitĂ© Ă  sauver d’elle mĂȘme.
Un sujet Ă©difiant qui fait l’apothĂ©ose de la fidĂ©litĂ© d’une Ă©pouse.Tout d’abord inspirĂ© par le livret hĂ©roĂŻque d’Emmanuel Shikaneder, « Vestas Feuer » (Le feu de Vesta), le compositeur se dĂ©cida finalement pour la piĂšce en trois actes du secrĂ©taire du thĂ©Ăątre impĂ©rial de Vienne, Joseph Ferdinand von Sonnleithner, lui-mĂȘme s’inspirant de LĂ©onore ou l’amour conjugal du français Jean Nicolas Bouilly.‹L’histoire s’inspire d’un fait avĂ©rĂ©. Bouilly alors procureur du Tribunal rĂ©volutionnaire avait notĂ© le dĂ©vouement de la comtesse de Semblançay qui avait permis la libĂ©ration de son mari en pĂ©nĂ©trant dans la prison jacobine oĂč Ă©tait sequestrĂ© son Ă©poux, le Comte RenĂ©. Le texte de Bouilly fut ensuite portĂ© Ă  la scĂšne et mis en musique dans le style de Cherubini, par Pierre Gaveaux, au ThĂ©Ăątre Feydeau, le 19 fĂ©vrier 1798. L’heure Ă©tait au culte des hĂ©ros, du moins aux manifestations d’un idĂ©alisme exemplaire.

De 1805 Ă  1806: les deux premiĂšre versions

Fidelio de BeethovenBeethoven couche ses premiĂšre mesures fin 1803. Il faudra attendre encore deux annĂ©es avant la premiĂšre, le 20 novembre 1805. Entre temps, deux autres ouvrages lyriques furent crĂ©Ă©s sur le sujet, composĂ©s Ă  Dresde par PaĂ«r (3 octobre 1804), Ă  Padoue par Mayr (1805). Il est probable que Beethoven connut parfaitement la version de PaĂ«r. L’accueil dans une Vienne alors occupĂ©e par les français, – NapolĂ©on rĂšgne sur l’Europe-, ne fut pas des plus chaleureux. Les raisons de cette Ă©chec restent conjectures. Beethoven sourd qui avait imposĂ© sa dĂ©cision de diriger « sa Leonore », fut-il un Ă©lĂ©ment fragilisant la crĂ©ation ? L’orchestre Ă©tait-il Ă  la hauteur de ses exigences?‹Ainsi qu’il en est pour les Ɠuvres des gĂ©nies insatisfaits, Beethoven meurtri, demanda dĂšs le lendemain de la premiĂšre, Ă  Stephan von Breuning, de remanier le texte initial, de passer de trois Ă  deux actes, selon une formule efficace qui avait dĂ©jĂ  montrer ses avantages pour la Clemenza di tito de Mozart en 1791. Beethoven remanie aussi la partition, compose une nouvelle ouverture, aujourd’hui connue sous le nom d’ « ouverture Leonore III ». La premiĂšre n’ayant jamais Ă©tĂ© jouĂ©e du vivant du compositeur, c’est la seconde version qui fut abordĂ©e lors de la crĂ©ation de 1805.‹Avec l’ouverture Leonore III, son dĂ©coupage nouveau en deux actes, la nouvelle Leonore de Beethoven fut prĂ©sentĂ©e au public le 29 mars 1806. SuccĂšs immĂ©diat mais, obstacles ourdis par un destin contaire, Beethoven en brouille avec l’intendant du thĂ©Ăątre an der Wien qui affichait l’opĂ©ra, retira illico son Ɠuvre.

Version finale de 1814
Pour autant, le destin de Leonore n’était pas terminĂ©. Georg Friedrich Treitschke, sous-directeur du mĂȘme thĂ©Ăątre an der Wien en 1814, proposa Ă  Beethoven de remonter l’ouvrage. Et le compositeur de bonne volontĂ©, accepta de reprendre sa partition pour une troisiĂšme nouvelle version. “Cet opĂ©ra me vaudra la couronne des martyrs”, Ă©crit-il alors. RĂ©duction du texte de Sonnleithner, nouvelle ouverture en mi majeur, dite « Fidelio », nouvelle fin plus Ă©clatante, puisque les protagoniste chantent leur libĂ©ration non plus dans le cachot mais sur la place du chĂąteau. L’hymne Ă  la lumiĂšre y est d’autant plus explicite que Beethoven rĂ©utilise pour l’air final une mĂ©lodie tirĂ©e de sa cantate composĂ©e en 1790 pour la mort de Joseph II. Un style oratoire clame la libĂ©ration du couple, et au delĂ , la libertĂ© des hommes tournĂ©s vers l’idĂ©al des LumiĂšres.‹Si la fidĂ©litĂ© est la valeur premiĂšre cĂ©lĂ©brĂ©e dans l’Ɠuvre, il en est de mĂȘme pour la chanteuse crĂ©atrice de la premiĂšre Leonore en 1805 : Anna Midler chanta, presque dix ans plus tard, le rĂŽle-titre, lors de la recrĂ©ation de l’Ɠuvre, le 23 mai 1814. L’opĂ©ra suscita enfin un vĂ©ritable triomphe.
Ludwig van Beethoven, Fidelio (1805-1814)‹OpĂ©ra en deux actes sur un livret de Joseph Sonnleithner et Georg Friedrich Treischke d’aprĂšs le mĂ©lodrame de Jean-Nicolas Bouilly « LĂ©onore ou l’amour conjugual »

Salzbourg. Beethoven : Fidelio, les 4,7,10,13, 16, 19 août 2015. Avec Jonas Kaufmann, Pieczonka, Bezsmertna, König, Tézier. Welser-Möst, direction. Guth, mise en scÚne.