CRITIQUE. Concert. 30ùme FESTIVAL DE SALON DE PROVENCE. Chñteau de l’Emperi, le 30 Juillet 2022. RIMSKY-KORSAKOV, POULENC, IMBERT, E. PAHUD, E. LESAGE, P. MEYER

CRITIQUE. Concert. 30ùme FESTIVAL DE SALON DE PROVENCE. Chñteau de l’Emperi, le 30 Juillet 2022. N. RIMSKY-KORSAKOV. F. POULENC. R. IMBERT. E. PAHUD. E. LESAGE. P. MEYER. F. MEYER. B. DE BARSONY.  G. AUDIN.  R. IMBERT. P.F. BLANCHARD.

Concert d’ouverture magique ce soir dans la sublime acoustique de la cour du ChĂąteau de l’EmpĂ©ri. Rien, pas mĂȘme le coronavirus, n’avait pu freiner l’enthousiasme qui caractĂ©rise ce festival de Musique de Chambre. Mais ce soir sans masque, sans pass sanitaire et sans jauge limitĂ©e, le public a pu s’installer bien confortablement. La chaleur de la journĂ©e cĂ©dant, un lĂ©ger vent offrait une tempĂ©rature proche de l’idĂ©al. Les 3 musiciens fondateurs, Emmanuel Pahud, Paul Meyer, Éric Lesage, sont entrĂ©s entourĂ©s de leurs fidĂšles amis, Benoit De Barsony et Gilbert Audin pour le Quintette de Rimsky-Korsakov. ÉlĂ©gance, prĂ©cision et admiration mutuelle leur ont permis de dĂ©fendre cette partition mal connue avec un panache tout Ă  fait extraordinaire. Certes il ne s’agit pas de la partition la plus typique de Rimsky-Korsakov. Seule une forme de mĂ©lancolie dans le mouvement lent entrouvrait la porte vers l’ñme russe du compositeur, mais l’écriture de cette piĂšce est brillante, sensible, de bonne facture.

 

 

 

Un Ăąge magique

30 ans du Festival de Salon De Provence

 

 

 

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Rien ne justifie le quasi oubli dans lequel elle s’installerait sans des interprĂ©tations si stimulantes, nous rappelant ces beautĂ©s. Les 5 musiciens ont chacun apportĂ© le plus grand soin et la plus belle Ă©nergie dans cette fulgurante interprĂ©tation. Chacun avait des moments d’ouverture ou de virtuositĂ©, c’est toutefois la flĂ»te d’Emmanuel Pahud qui a apportĂ© une touche remarquable par son Ă©lĂ©gance.
Le hautboĂŻste François Meyer les a rejoints pour offrir au public une interprĂ©tation anthologique du Sextuor de Poulenc. Avec une complicitĂ© de chaque instant, une prĂ©cision absolue ; et chic fou, ils ont su mettre dans cette piĂšce si contrastĂ©e toute une gouaille, si chĂšre au Poulenc de la Belle Époque. Cette virtuositĂ© de notes et de ton a fait souffler un vent de fraĂźcheur incroyable. Le public a fait une vĂ©ritable ovation Ă  cette fĂȘte musicale si rĂ©ussie.

 

 

 

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Pour la deuxiĂšme partie du concert, le contraste a Ă©tĂ© savamment prĂ©parĂ©. Le saxophoniste RaphaĂ«l Imbert et le pianiste Pierre-François Blanchard sont entrĂ©s en scĂšne dans une attitude intrigante. D’aucuns ne savaient qu’il s’agissait de musiciens de jazz. Peu importe une fois la surprise passĂ©e, c’est le charme absolu de leur poĂ©sie faite musique qui a opĂ©rĂ©. Le temps s’est suspendu, le chant a volĂ© haut, le rythme du piano a transfigurĂ© espace et temps. Les prĂ©sentations prĂ©cises et pleines d’humour de Raphael Imbert nous a permis de revenir un peu sur terre avant le prochain voyage. Ces deux musiciens, improvisateurs d’exception, nous ont offert des instants de poĂ©sie absolument magiques. Le « chant de l’étoile » de Richard Wagner et « A la musique » de Frantz Schubert avec de tels passeurs, deviennent de vrais standards de jazz s’envolant sans limite sous le ciel Ă©toilĂ© de Provence. Le temps et l’espace abolis, n’est-pas cela le cƓur de la poĂ©sie et de la musique ?
Une ouverture royale pour ce festival qui vit sa trentiÚme édition dans une plénitude jubilatoire. A trÚs vite pour la suite


 

 

 

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CRITIQUE, concert. 30Ăšme Festival International de Salon-de-Provence. ChĂąteau de l’EmpĂ©ri, le 30 juillet 2022. NikolaĂŻ Rimsky-Korsakov (1844-1908) : Quintette en si bĂ©mol majeur ; Francis Poulenc (1899-1963) : Sextuor ; RaphaĂ«l Imbert (nĂ© en 1974) : Improvisations. Emmanuel Pahud, flĂ»te ; Paul Meyer, clarinette ; François Meyer, hautbois ; Gilbert Audin, basson ; Benoit de Barsony, cor ; Éric Lesage piano. RaphaĂ«l Imbert : saxophone et clarinette basse ; Pierre-François Blanchard, piano. Photos : © JaĂ«l Travere.

 

 

 

 

 

 

CRITIQUE, concert. LUXEMBOURG, Philharmonie, le 17 dĂ©c 2022. Ravel, Ibert… Orch. Philh. de Luxembourg / E Pahud (flĂ»te) / G Gimeno (direction)

CRITIQUE, concert. LUXEMBOURG, Philharmonie, le 17 dĂ©c 2022. Orch. Philh. de Luxembourg / Emmanuel Pahud (flĂ»te) / Gustavo Gimeno (direction). VoilĂ  bientĂŽt 7 annĂ©es que le chef espagnol Gustavo Gimeno est Ă  la tĂȘte de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg – qui officie dans le somptueux Ă©crin futuriste que l’architecte star Christian de Porzamparc a dessinĂ© sur le plateau de Kirchberg, Ă  quelques encablures de la vieille ville et du Palais ducal. Au cours d’une saison toujours aussi riche et variĂ©e en termes d’offres musicales, les concerts de la phalange luxembourgeoise sont parmi les plus courus, d’autant qu’ils mettent souvent Ă  l’affiche des solistes de renommĂ©e internationale, comme c’était justement le cas le vendredi 17 dĂ©cembre 2021 avec la venue du flĂ»tiste solo de la Philharmonie de Berlin : le français Emmanuel Pahud (dans un programme 100% français).

Messiaen, Ravel, Ibert
Musique française à la Philharmonie de Luxembourg

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En premiĂšre partie, le chef originaire de Valencia se frotte avec l’OPL aux rares Offrandes oubliĂ©es (1930) d’Olivier Messiaen. Le compositeur a 22 ans lorsqu’il Ă©crit cette « MĂ©ditation symphonique » en 3 volets dont Gimeno rehausse les contrastes. La partie mĂ©diane, avec les sifflements stridents des cordes en harmoniques est empreinte de violence sous sa baguette alerte. Elle s’oppose au temps suspendu des deux autres mouvements, parties d’un extrĂȘme raffinement laissant apprĂ©cier la beautĂ© de cordes chantantes, entiĂšrement seules dans l’extatique finale oĂč passe une forte Ă©motion. AprĂšs un prĂ©cipitĂ©, on passe aussitĂŽt Ă  Maurice Ravel avec son cĂ©lĂšbre ballet « Ma mĂšre l’Oye » (1912), qui retrouve un OPL particuliĂšrement rond et habile, initiĂ©e par la voluptĂ© d’un PrĂ©lude pris trĂšs lentement aux cordes avec une impression d’emphase qui ne s’éteindra que dans les derniers instants du Jardin fĂ©Ă©rique, l’ApothĂ©ose finale du ballet.

En seconde partie de soirĂ©e, le fringant flĂ»tiste Emmanuel Pahud, arrive tout sourire sur la scĂšne de la Philharmonie, visiblement heureux d’ĂȘtre lĂ , et joue (l’également rare) Concerto pour flĂ»te (1932) de Jacques Ibert. Et il offre une interprĂ©tation vibrante de ce dĂ©licat concerto qui a composĂ© de nombreuses piĂšces, avec un style d’une trĂšs grande diversitĂ©, et pour tout dire inclassable. Son concerto pour flĂ»te offre au soliste des passages d’une virtuositĂ© dĂ©moniaque dans le 1er mouvement. L’Andante est une trĂšs longue cantilĂšne Ă  la nostalgie douce et gracieuse. Le final permet des Ă©changes chambristes pleins de charme avec de nombreux instrumentistes. Le jeu du flĂ»tiste prodige est techniquement stupĂ©fiant, avec une sonoritĂ© trĂšs française, d’une grande dĂ©licatesse, qui Ă©vite tant le vibrato que le mĂ©tal. La direction attentive et amicale de Gimeno permet une Ă©coute aisĂ©e de l’instrument jusque dans les nuances les plus tĂ©nues. ElĂ©gance et finesse sont les maĂźtres mots de cette interprĂ©tation particuliĂšrement attrayante. MalgrĂ© les nombreux rappels, le public n’obtiendra pas de bis


Pour conclure la soirĂ©e sous forme de boucle, retour Ă  Messiaen avec une exĂ©cution de son Hymne pour Orchestre (1933), piĂšce magistrale qui passe avec naturel de la rudesse saccadĂ©e Ă  l’extase apaisĂ©e, pour Ă©clater ensuite dans une sorte d’acmĂ© polychrome et Ă©tonnante dont les Ă©clats riches et entremĂȘlĂ©s sont les principales joies de cette partition trop nĂ©gligĂ©e. Et effectivement, pour reprendre les propos du crĂ©ateur, « l’Ɠuvre se caractĂ©rise surtout par ses effets de couleur », des propos corroborĂ©s par Paul Le Flem qui assista Ă  sa crĂ©ation Ă  Paris en 1933 : « L’Hymne
 se fait l’écho d’un mysticisme oĂč l’extase se mĂȘle Ă  l’ardeur
 La ferveur religieuse, la sĂ©rĂ©nitĂ©, la violence humaine mĂȘme y sont Ă©voquĂ©es avec des moyens musicaux hardis jusqu’à l’ñpretĂ© ». Un ouvrage indispensable pour clore en beautĂ© une soirĂ©e de musique française de haute tenue Ă  la Philharmonie de Luxembourg !

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CRITIQUE, concert. Philharmonie du Luxembourg, le 17 décembre 2022. Orchestre Philharmonique de Luxembourg / Emmanuel Pahud (flûte) / Gustavo Gimeno (direction).

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, l’EmpĂ©ri , le 3 aoĂ»t 2019. BEETHOVEN. QUATUOR MONA. E. Pahud, E. Lesage, T. Fouchenneret

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri , le 3 AoĂ»t 2019. L.V. BEETHOVEN. QUATUOR MONA. E. PAHUD. P. MEYER. E. LE SAGE. T. FOUCHENNERET. Beethoven, le grand dĂ©miurge est en fait un compositeur plus complexe que ne le laisse penser l’hagiographie post romantique toujours vivace. Beethoven a Ă©tĂ© un musicien brillant, lĂ©ger, surtout capable d’humour avant de sombrer dans la misanthropie et la surditĂ©. Il n’est pas moins gĂ©nial, Ă  mon avis,  dans la musique moins mĂ»re et plus joyeuse. Le dĂ©but du concert a prĂ©sentĂ© le Beethoven compositeur incontournable de quatuor Ă  cordes.

Multifaces du génie beethovénien

emperi salon de provence quatuor mona concert critique classiquenews festivals ete 2019 critiques concert classiquenewsLe Quatuor n°2 « Razoumovski » a du cran et nous sommes dĂ©jĂ  dans une oeuvre de grand format, avec une Ă©nergie encore jamais vue dans le genre du quatuor Ă  cordes.  DĂšs le dĂ©but, l’énergie des quatre jeunes musiciennes est considĂ©rable, mais surtout leur maniĂšre de remplir de musique les silences,interpelle. C’est lĂ  que je devine la qualitĂ© musicale de ce tout jeune quatuor au fĂ©minin. Car cela ne fait qu‘une petite annĂ©e que le Quatuor Mona se produit. Et dĂ©jĂ  il est possible de leur prĂ©dire une belle carriĂšre. Car outre les qualitĂ©s instrumentales de chacune, que je ne voudrais pas manquer de souligner, c’est cette communication si vivante et si belle Ă  voir dans leur jeux qui fait beaucoup pour donner Ă  l’auditeur accĂšs aux splendeurs des partitions interprĂ©tĂ©es. Certainement  il reste « gonflé » de s’attaquer si jeune Ă  ce deuxiĂšme Razoumovski mais le rĂ©sultat est
 conquĂ©rant. La maturitĂ© artistique est dĂ©jĂ  lĂ  ; la vie va avancer et leur donner cette profondeur si angoissante de l’ñme beethovĂ©nienne pour les quatuors suivants. Pour l’instant c’est une version lumineuse, en recherche de sĂ©rĂ©nitĂ© et pleine de vie qui nous est offerte, avec tout spĂ©cialement ce final caracolant dans une Ă©nergie inĂ©puisable. Bravo mesdames du Quatuor Mona, nous aurons plaisir Ă  vous suivre.

Le Quintette pour piano et vents en mi bĂ©mol majeur est le cousin de celui de Mozart. MĂȘme si la rencontre entre Mozart et Beethoven n’a pas donnĂ© de suite prĂ©cise, il est touchant de comprendre comment Beethoven avec cette piĂšce si singuliĂšre, rend un amical salut au maĂźtre Mozart. De maniĂšre trĂšs personnelle Beethoven suit le modĂšle sans s’y soumettre. C’est avec une belle Ă©nergie que nos interprĂštes, tous fins musiciens, se sont jetĂ©s dans ce quintette du bonheur. Le chant du hautbois de François Meyer, avec cette sonoritĂ© si souple, belle et ronde a Ă©tĂ© une merveille. Et la virtuositĂ© goguenarde du basson de Gilbert Audin, la superbe tenue du cor de BenoĂźt de Barsony dans des solos merveilleux, la clarinette facĂ©tieuse de Paul Meyer, trĂšs prima donna, se sont rĂ©pondus avec art. De mĂȘme Eric Le Sage a su se rĂ©galer et nous rĂ©galer dans une partie trĂšs exposĂ©e par Beethoven. Ainsi nous ont-ils prouvĂ© que le gĂ©ant de Bonn a Ă©tĂ© un temps un musicien heureux.

Mais la deuxiĂšme partie du concert nous a rĂ©servĂ© la surprise de dĂ©couvrir l’humour et la bonhommie dans l’oeuvre de Beethoven ; certes les thĂšmes et variations d’aprĂšs « La ci darem la mano » est tout Ă  la gloire ce soir de la flĂ»te d’Emmanuel Pahud. Pourtant la maniĂšre dont le thĂšme est dĂ©tournĂ©, inversĂ©, sublimĂ©, moquĂ©, par Beethoven permet aux instruments Ă  vent, de s’amuser ensemble. Quel brio dans les moments de virtuositĂ© du basson de Gilbert Audin ! La flĂ»te qui remplaçait le hautbois a Ă©tĂ© souveraine sous les doigts agiles d’Emmanuel Pahud, avec cette maniĂšre dansante si enthousiaste qui caractĂ©rise ce musicien d’exception. Humour et bonne humeur au rendez-vous de cette soirĂ©e tout Beethoven, voilĂ  qui a du ĂȘtre une sacrĂ©e surprise pour d’aucun.

emperi salon de provence concert piano beethoven thierry fouchenneret concert critique festival ete 2019 classiquenewsPour finir le concert et rendre hommage au gĂ©nie pianistique de Beethoven, quelle sonate peut le mieux en dire la grandeur que la gigantesque Hammerklavier (plus de 50 minutes) ? Le jeune pianiste français ThĂ©o Fouchenneret (24 ans), s’y engouffre avec panache. Il met un peu de temps Ă  gommer une certaine duretĂ© dans le premier mouvement. Comme si l’interprĂšte cherchait Ă  garantir la clartĂ© de l’articulation, la fermetĂ© rythmique et la puissance des forte. Tout ceci rentre rapidement dans l’ordre et ce qui sĂ©duit l’auditeur, c’est l’engagement du musicien dans cette partition fleuve. Il est Ă©vident que ce jeune artiste a quelque chose Ă  dire.
Tout du long les choix sont intĂ©ressants, seul un petit manque de legato dans le troisiĂšme mouvement attĂ©nue notre plein enthousiasme ; ce legato prĂ©-chopinien, que seuls les plus grands musiciens savent prserver, peut ĂȘtre relever. Car peu de pianistes savent rendre toutes les facettes de cette sonate avec le mĂȘme bonheur.  En tout cas la puissance digitale est sidĂ©rante, les couleurs sont multiples et les phrasĂ©s trĂšs intĂ©ressants : ils nous emmĂšnent loin, trĂšs loin. Seul un musicien avec une vue claire et gĂ©nĂ©reuse peut ainsi guider l’auditeur dans les merveilles incroyables d’une partition absolument magistrale. Le piano roi de Beethoven portĂ© par ThĂ©o Fouchenneret a terminĂ© en apothĂ©ose ce trĂšs bon concert donnant une juste vision du GĂ©nie BeethovĂ©nien, en ses facettes multiples.

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COMPTE-RENDU, concert. Salon de Provence, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , le 3 Aout  2019.; Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Quatuor Ă  cordes n°8 en mi mineur Op.59, n°2 « Razoumovski » ; Quintettte Op.16 en mi bĂ©mol majeur ; Variations en si bĂ©mol majeur sur « Laci darem la mano » Op.2 ; Sonate Op.106en si bĂ©mol majeur « Hammerklavier » ; Quatuor Mona : Verena Chen , Roxana Rastegar, violons ; Ariana Smith, alto ; Caroline Sypniewski, violoncelle ;  Emmanuel Pahud, flĂ»te;  François Meyer, hautbois ; Paul Meyer, clarinette ; Gilbert Audin, basson ; BenoĂźt de Barsony, cor ; Eric Le Sage, ThĂ©o Fouchenneret, Piano.  Illustrations : © Hubert Stoecklin 2019

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, l’EmpĂ©ri, le 1er aoĂ»t 2019. FAURE, MOZART, FARENC
 TISHCHENKO, P.MEYER, LESAGE


COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri, le premier aoĂ»t 2019. G. FAURE W.A. MOZART. L.FARENC. C. GOUNOD. D.TISHCHENKO. P.MEYER. A.PASCAL. F. NOACK. E. LE SAGE. Ce concert a dĂ©butĂ© plus Ă©nergiquement que les prĂ©cĂ©dents, sans prĂ©paration progressive. Le Quatuor avec piano n° 2 de FaurĂ© est une Ɠuvre, au dĂ©but Ă©nergique quasi brahmsien, avec les cordes jouant le thĂšme de concert et avec feu, sur une base pianistique trĂšs animĂ©e. VĂ©ritablement galvanisĂ©s par le jeu et la personnalitĂ© flamboyante de la violoniste Diana Tishchenko, ses collĂšgues ont vite Ă©tĂ© au diapason. Le jeu d‘Eric Le Sage a retrouvĂ© le souffle pianistique nĂ©cessaire. Il a pris les choses Ă  bras le corps et a vraiment Ă©tĂ© moteur dans le quatuor. Mais ce sont les deux cordes graves qui se sont surtout rĂ©vĂ©lĂ©es. Joaquin Riquelme Garcia Ă  l’alto a su s’exprimer avec gĂ©nĂ©rositĂ© dans des sonoritĂ©s chaudes et des phrasĂ©s Ă©tirĂ©s trĂšs expressifs. Il faut dire que FaurĂ© a rĂ©servĂ© Ă  l’alto un rĂŽle trĂšs important car il Ă©nonce souvent le thĂšme. Au violoncelle AurĂ©lien Pascal a su se mettre au niveau et a rĂ©vĂ©lĂ© sa capacitĂ© Ă  chanter avec passion et Ă  interagir finement avec ses collĂšgues; il est nĂ©cessaire Ă  prĂ©sent que ce jeune artiste croit en lui et expĂ©rimente son pouvoir de sĂ©duction musical, qu’il ose s’exprimer davantage s’éloignant de sa trop grande recherche de maĂźtrise polie.

 

 

Quasi una sinfonia romantica

 

 

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Comme dans un grand souffle post romantique ce quatuor a voguĂ© avec noblesse, Ă©nergie et passion. Cette trĂšs belle Ɠuvre de la maturitĂ© de FaurĂ© a trouvĂ© Ă  Salon de Provence des interprĂštes Ă  la hauteur des enjeux. Le public a applaudi trĂšs vivement, pris par cette passion flamboyante. AprĂšs un tel sommet de qualitĂ© musicale, le choix de la sĂ©rĂ©nade en do mineur de Mozart en octuor Ă  vents s‘est rĂ©vĂ©lĂ©e particuliĂšrement judicieuse. La partition dĂ©passe de plus anciennes par une qualitĂ© d’écriture soignĂ©e et revendiquĂ©e par Mozart lui-mĂȘme.
Le soin dans la composition, le choix de la tonalitĂ© de do mineur, la complexe Ă©criture contrapuntique et en canon du final, font de cette piĂšce un moment d’anthologie, de rĂ©crĂ©ation pour fins musiciens. Nos acolytes si soudĂ©s ont offert une interprĂ©tation idĂ©ale de ce chef d’Ɠuvre. Ils ont semblĂ© dĂ©guster Ă  chaque instant cette extraordinaire qualitĂ© d’écriture du Mozart de la maturitĂ©.

AprĂšs l’entracte, la dĂ©couverte des qualitĂ©s du Trio de Louise Farenc a Ă©tĂ© un enchantement. A nouveau, c’est la surprise de dĂ©couvrir un compositeur de grande valeur qui est une femme et qui pour cette raison n’est pas passĂ©e Ă  la postĂ©ritĂ© alors que de son vivant, elle a tout offert Ă  la musique. Le Trio est plein de mĂ©lodies qui coulent avec ravissement dans un respect des canons d’écriture de l’époque, entre Mendelssohn et Gounod,  sachant richement utiliser l’harmonie. Et l’association clarinette, violoncelle et piano est trĂšs rĂ©ussie. Seul Paul Meyer a su s’autoriser du brillant alors qu’AurĂ©lien Pascal a repris un jeu trop prudent, tout comme Florian Noack au piano, n’osant pas s’exprimer, alors que la partition entre opĂ©ra, virtuositĂ© instrumentale et romance le rĂ©clamait.

Tout change dans la petite Symphonie de Gounod dans laquelle nous retrouvons l’octuor de vents et Emmanuel Pahud Ă  la flĂ»te. TrĂšs sĂ©ducteur, le flĂ»tiste sans utiliser sa sonoritĂ© la plus maĂźtrisĂ©e et soignĂ©e, mais toujours trĂšs prĂ©sent, a su avec aplomb faire apprĂ©cier toutes les interventions de la flĂ»te, qui apportaient lumiĂšre et fraĂźcheur dans l’écriture assez compacte de Gounod. Sans l’esprit ludique d’Emmanuel Pahud, le sĂ©rieux aurait trop pris le dessus. Car cette symphonie de vents a de grandes qualitĂ©s d’écriture et sonne magnifiquement, rĂ©servant Ă  la flĂ»te la lumiĂšre et l’air planant. Pour terminer ce grand concert, en terme de niveau d’inspiration, la forte prĂ©sence des 9 musiciens a Ă©tĂ© vivement rĂ©compensĂ©e par un public enthousiaste qui a failli obtenir un bis avec ses applaudissements si nourris.

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. Salon de Provence, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , le 31 Juillet 2019. Gabriel FaurĂ© (1845-1924) : Quatuor n°2 en sol mineur Op.45 ; Wolfgang Amadeus Mozart ( 1756-1791) : SĂ©rĂ©nade pour octuor Ă  vents n°12 en do mineur KV. 388 ; Louise Farenc (1804-1875) : Trio pour piano n°1 Op.33 ; Charles Gounod (1818-1893) : Petite symphonie. Diana Tishchenko, violon ; Joaquin Riquelme Garcia, alto ; Aurelien Pascal, violoncelle ; Eric Le Sage, piano ; Emmanuel Pahud, flĂ»te ; François Meyer, Gabriel Pidoux, hautbois ; Paul Meyer, Carlos Ferreira, clarinettes ; Gilbert Audin, Marie Boicharde, bassons ; David Guerrier, Benoit de Barsony, cors ; Florian Noack, piano. Illustration : © Hubert Stoecklin

 

 

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, l’ EmpĂ©ri, le 31 juil 2019. MOZART, BOTTESINI, CHAMINADE / E.PAHUD. P.MEYER


COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri , le 31 Juillet 2019. W.A. MOZART. G. BOTTESINI. L.V. BEETHOVEN. C.CHAMINADE. C. REINECKE.  E.PAHUD. P.MEYER. F. MEYER. A.PASCAL. F. NOACK. Le Quatuor pour flĂ»te en rĂ© majeur de Mozart a une forme de perfection oscillant entre style « Sturm und Drang” et Ă©lĂ©gance. Le bouillonnant premier mouvement, le dĂ©licat Adagio qui dĂ©ploie sa mĂ©lancolie sur un tapis de pizzicati, puis le final virevoltant sont la musique du bonheur et de la libertĂ© gagnĂ©e par le jeune Mozart. Emmanuel Pahud dans un son concentrĂ©, un souffle immense et des couleurs chaudes a phrasĂ© sa partie avec le grand art que nous lui connaissons. D’humeur mutine, le grand flĂ»tiste n’a pas cachĂ© son immense joie. Ses compĂšres un peu moins libres, trĂšs concentrĂ©s ont Ă©tĂ© aux petits soins, n’atteignant pas cependant la facilitĂ© dĂ©concertante et si charmante du flĂ»tiste inspirĂ©.

 

 

La flûte de Pahud irradie dans le soir

 

 

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Plus tard dans la soirĂ©e avec le jeune pianiste Florian Noack, Emmanuel Pahud a offert une interprĂ©tation parfaite du concertino de CĂ©cile Chaminade. La question de l’effroyable virtuositĂ© de cette oeuvre ne semble mĂȘme pas se poser : tout est musique, charme ravageur avec Emmanuel Pahud et la longueur du souffle permet des phrasĂ©s semblant infinis. VoilĂ  le grand art de la flĂ»te française Ă  son sommet, dans une composition trĂšs aboutie de CĂ©cile Chaminade. Dans le rĂ©duction au piano de la partie d’orchestre, le jeune pianiste Florian Noack a semblĂ© respectueux de son ainĂ© et prudent, ne jouant pas Ă  faire sonner l’orchestre assez fermement. Pourtant les moyens pianistiques sont lĂ  ; un peu plus d’audace aurait mieux Ă©quilibrĂ© musicalement le duo qui lĂ  Ă©tait plus un accompagnement de super soliste.
C’est dans le final du concert, l’Octuor de Carl Reinecke, que l’équilibre a Ă©tĂ© atteint avec un Emmanuel Pahud Ă  Ă©galitĂ© avec ses compagnons des vents. Le dialogue avec le hautbois de Gabriel Pidoux a Ă©tĂ© savoureux ; la prĂ©sence des bassons, incroyablement vive ; les cors nobles ou taquins, magnifiques et les clarinettes, trĂšs en verve. L’Octuor de Reinecke s’apparente Ă  celui plus connu de Mozart ou encore Beethoven, mais ne leur cĂšde en rien sur le plan du charme comme de l’invention. Ainsi l’association des timbres est plus riche avec une flĂ»te au lieu de deux hautbois.
Le sextuor de Beethoven, aprĂšs celui de Mozart la veille, retrouvait la complicitĂ©, la fusion et l’humour des six musiciens, avec le plaisir de voir le jeune clarinettiste Carlos Ferreira prendre ses marques et sembler trouver sa place dans ce beau monde, sous les yeux bienveillants de ses ainĂ©s.

Olivier-Thiery contrebasse concert critique classiquenews 09_rec-800x966LA CONTREBASSE CHEZ BOTTESINI
 Mais je ne voudrais pas oublier le moment de surprise incroyable de la soirĂ©e avec le contrebassiste de charme tout Ă  fait inoubliable : Olivier Thiery. Ce musicien est extraordinairement touchant, capable de faire chanter avec son court archet sa contrebasse comme on ne le croyait pas possible. Le duo concertant avec la clarinette de Giovanni Bottesini le met en valeur car ce que fait la clarinette, malgrĂ© la virtuositĂ© de Paul Meyer, semble trop facile ! Le soutient de Florian Noack est prĂ©cis et lĂ  encore
 trop modeste. C’est vraiment la contrebasse qui sera inoubliable grĂące Ă  l’art tout Ă  fait subtil d’Olivier Thiery que nous nous rĂ©jouissons de retrouver dans la Truite de Schubert bientĂŽt.
La musique de Giovanni Bottesini est trĂšs belle, admirablement Ă©quilibrĂ©e entre virtuositĂ© et Ă©motion. Et quelle habiletĂ© Ă  mettre en valeur la contrebasse ! La courte rĂȘverie a Ă©tĂ© un moment quasi surnaturel tant le chant de la contrebasse Ă©tait beau et Ă©mouvant en profondeur. Plus que le concerto de CĂ©cile Chaminade, qui a une belle notoriĂ©tĂ© chez les flĂ»tistes, c’est la dĂ©couverte de la musique de Giovanni Bottesini et son amour pour la contrebasse qui nous a Ă©tonnĂ© ce soir. Un grand merci aux directeurs artistiques, Emmanuel Pahud, Paul Meyer et Eric Le Sage, pour ce programme trĂšs original offrant une beautĂ© constamment renouvelĂ©e.

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , le 31 Juillet 2019.; Wolfgang Amadeus Mozart ( 1756-1791) : Quatuor pour flĂ»te en rĂ© majeurK.285 ; Giovanni Bottesini (1821-1889) : RĂȘverie ; Grand duo concertant. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Sextuor pour vents en mi bĂ©mol majeur Op.71. CĂ©cile Chaminade (1857-1944) : Concertino en rĂ© majeur Op.107. Carl Reinecke (1824-1910) : Octuor pour vents Op.216. Emmanuel Pahud, flĂ»te ; Maja Avramovic, violon ; Joaquin Riquelme Garcia, alto ; Aurelien Pascal, violoncelle ; Olivier Thiery, contrebasse; Gabriel Pidoux, hautbois ; Paul Meyer, Carlos Ferreira, clarinettes ; Gilbert Audin, Marie Boicharde, bassons ; David Guerrier, Benoit de Barsony, cors ; Florian Noack, piano. Illustrations : Octuor de Reinecken © Hubert Stoecklon 2019. Olivier Thiery, contrebasse (DR)

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, L’EmpĂ©ri, le 30 juil 2019. ROTA, MOZART, RAVEL
PAHUD, MEYER
TRIO KARENINE

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , le 30 Juillet 2019. N. ROTA. R. CLARKE. W.A. MOZART. M. RAVEL. E.PAHUD. P.MEYER. F. MEYER. E. LE SAGE. TRIO KARENINE.  AprĂšs la sublime dĂ©ferlante de la veille aux ChorĂ©gies d’Orange, (lire notre compte rendu du 29 juillet 2019) retrouver le rituel d’accueil serein de la nuit Ă  Salon a Ă©tĂ© un baume pour les oreilles, un doux rĂ©gal pour les yeux. La 27 Ăšme Ă©dition du Festival International de Musique de Chambre de Salon de Provence a dĂ©butĂ© Ă  Aix en Provence ce 28 juillet. Le 29 juillet a Ă©tĂ© la grande soirĂ©e d’ouverture dans la magnifique cours du ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri. D’autres concerts ont lieu Ă  midi et dans l’aprĂšs midi dans le cadre plus intimiste de l’Abbaye de Sainte Croix. La richesse de cette programmation nous amĂšne donc ce soir Ă  assister au 5Ăšme concert du festival depuis trois jours !

 

 

Salon de Provence : musique de chambre Ă  l‘EmpĂ©ri

Les Jolies Notes offertes Ă  la nuit

 

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Le charme des concerts du soir est unique. Lors des premiĂšres notes, il fait encore jour, le soleil n’est pas couchĂ©. À la fin du concert, la nuit est complĂšte. Ce passage est un vĂ©ritable dĂ©lice en si agrĂ©able compagnie. La variĂ©tĂ© de la programmation, elle semble encore plus grande cette annĂ©e ; elle mĂ©nage des surprises aux mĂ©lomanes les plus aguerris. Ainsi qui connait la musique savante de Nino Rota, musicien si indissociable de la musique de films dont tous ceux de Fellini ?  Son Trio pour clarinette, violoncelle et piano a une fraicheur d’inspiration, une veine mĂ©lodique et une saveur harmonique tout Ă  fait dĂ©lectables. Sa Piccola offerta mucicale pleine d’esprit est un dĂ©lice d’humour et d’invention en hommage dĂ©calĂ© Ă  Bach. Et lorsque trĂšs malicieusement la flĂ»te d’Emmanuel Pahud relance le tempo par un thĂšme primesautier le sourire intĂ©rieur s’épanouit en chacun de nous et vient aux lĂšvres. Et cette superbe association de musiciens tous talentueux et complices est un rĂ©gal constant!

Les frĂšres Meyer, Paul Ă  la clarinette et François au hautbois sont de vĂ©ritables enchanteurs. Gilbert Audin au basson est craquant de musicalitĂ© et de virtuositĂ©. CotĂ© humour, Benoit de Barsony au cor n’est pas en reste. Les femmes compositeurs sont Ă  l’honneur tout particuliĂšrement cette annĂ©e. Ainsi Rebecca Clarke et sa Sonate pour alto et clarinette. DĂ©jĂ  le choix de ces deux instruments est musicalement trĂšs subtil. Le PrĂ©lude, allegro et pastorale est une trĂšs beau moment d’échange et de partage, dans une sorte de gĂ©mellitĂ© d’ñme entre ces deux instruments, si proches en couleurs nostalgiques. Les qualitĂ©s de son de Paul Meyer sont bien connues ; la beautĂ© de timbre et la subtilitĂ© des phrasĂ©s de Joaquin Riquelme Garcia Ă  l’alto sont sur le mĂȘme plan. Quelle Ɠuvre intĂ©ressante et Ă©mouvante ! Quand on sait que ces qualitĂ©s de compositeur de Rebecca Clarke ont tellement Ă©tĂ© niĂ©es au point d’avoir Ă©crit dans un journal que Rebecca Clarke n’existait tout simplement pas, on reste sans voix devant les effets de la jalousie et de la mĂ©chancetĂ© des hommes en ces temps ! Bravo madame et Grand Merci pour cette superbe dĂ©couverte !
Si Don Juan de Mozart n’a pas besoin de prĂ©sentation, l’arrangement qu’en a fait un certain Joseph Triebensee, pour plusieurs extraits trĂšs bien choisis, est une vraie dĂ©couverte. L’intelligence des arrangements,  la perspicacitĂ© des choix, la place chantante centrale donnĂ©e au premier hautbois nous mettent sur la voie. Il s’agit d’un ami de Mozart celui qui Ă©tait son hautboĂŻste pour son ultime opĂ©ra La FlĂ»te enchantĂ©e
 Il n’y a pas de mystĂšre, l’esprit du divin Mozart, Ă  l’humour si particulier est dans ces pages plus giocoso que dramatiques, mĂȘme si l’ouverture de Don Juan fait grand effet. C’est donc la jubilation qui termine la premiĂšre parte du concert avec une impression de facilitĂ© et de simplicitĂ©.

 

 

En deuxiĂšme partie, le Sextuor de Mozart en forme de sĂ©rĂ©nade pour 2 clarinettes, 2 bassons et 2 cors nous ramĂšne en paysages connus. La parfaite Ă©coute et l’intelligence du mariage des timbres fonctionne Ă  merveille et l’équilibre entre tous est d’ une parfaite musicalitĂ©. Nous dĂ©couvrons la forte prĂ©sence des bassons de Gilbert Audin et Marie Boichard comme la grande dĂ©licatesse des deux cors grĂące Ă  David Guerrier et Benoit de Barsony. Tandis que les deux clarinettes se complĂštent : Paul Meyer souverain enchanteur, secondĂ© par le jeune Carlos Fereirra dont le potentiel se devine. Pour terminer le concert c’est le jeune et talentueux Trio KarĂ©nine qui prend place sur l’estrade. L’enregistrement qu’ils ont rĂ©alisĂ© du trio de Ravel Ă©tait dĂ©jĂ  de trĂšs bon augure, mais il faut ĂȘtre devant eux pour percevoir toute cette Ă©coute, cette attention intime Ă  l’autre, cette sensibilitĂ© subtile qui les unit. L’émotion dĂ©licate qui parcourt le jeu du violoncelliste est au bord de la rupture ; la sonoritĂ© est pleine et belle mais peut aller vers une nuance infinitĂ©simale. Le violon est pur, dans des zones cĂ©lestes. Et le piano socle inĂ©branlable, puissance rythmique tellurique. Des qualitĂ©s complĂ©mentaires qui permettent une interprĂ©tation remarquable et inoubliable du Trio de Ravel. Tout particuliĂšrement la maniĂšre de construire et dĂ©graisser la Passacaille nous permet de juger de la puissance expressive de chaque musicien lorsqu’il prend possession du thĂšme, puis l’amplitude sidĂ©rante qui naĂźt de leur union avant de retrouver la puretĂ© noire du piano dans ses sonoritĂ©s graves pour finir ce mouvement lent. C’est le final qui revient Ă  la force de vie Ă©lĂ©mentaire. Vent, eau, feu, terre sont Ă©voquĂ©s par la richesse des sonoritĂ©s mĂȘlĂ©es avec une variĂ©tĂ© incroyable. Ravel a inventĂ© une sonoritĂ© Ă  trois, mouvante comme la vie. Le Trio KarĂ©nine parvient Ă  cette alchimie rare. Il a bien de l’hĂ©roĂŻne Ă©ponyme cette puissance expressive et la vie mĂȘme chevillĂ©e au corps.
Une trĂšs belle soirĂ©e qui nous conduit avec art et dĂ©licatesse vers l’un des sommets de la musique de chambre dans une interprĂ©tation de haut vol.

 

   

 

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COMPTE-RENDU, concert. Salon de Provence, ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri , le 30 Juillet 2019. Nino Rota (1911-1979) : Trio pour clarinette, violoncelle et piano ; Piccola offerta musicale ; Rebecca Clarke (1886-1979) : PrĂ©lude, Allegro et pastorale pour alto et clarinette ; Wolfgang Amadeus Mozart ( 1756-1791) :  Don Juan , ouverture et airs arrangement de Joseph Tribensee ; Sextuor Ă  vents SĂ©rĂ©nade n° 11 K 375 ; Maurice Ravel ( 1875-1937) : Trio en la mineur M.67. Emmanuel Pahud, flĂ»te ; François Meyer, hautbois ; Paul Meyer, Carlos Ferreira, clarinettes ; Gilbert Audin, Marie Boicharde, bassons ; David Guerrier, Benoit de Barsony, cors ; Eric Le Sage, piano ; Aurelien Pascal, violoncelle ; Joaquin Riquelme Garcia, alto ; Trio Karenine : Fanny Robilliard, violon ; Louis Rodde, violoncelle ; Paloma Kouider, piano. Illustration : © Hubert Stoecklin.