CD, critique. LA TOMBELLE : mĂ©lodies, musique de chambre, chorale et symphonique (3 cd Bru Zane – Coll « Portraits », vol 5 – 2017 – 2018)

TOMBELLE fernand classiquenews bru zane cd critique presentation annonce review cd classiquenews Portraits-La-Tombelle-Bru-ZaneCD, critique. LA TOMBELLE : mĂ©lodies, musique de chambre, chorale et symphonique (3 cd Bru Zane – Coll « Portraits », vol 5 – 2017 – 2018). FOCUS sur un nĂ©oclassique, Ă©lĂšve de Dubois, grand admirateur du Moyen-Age et de lettres grĂ©co-romaines
 Pianiste et organiste fervent, grĂące Ă  ‘encouragement de sa mĂšre, le jeune Fernand de la Tombelle, nĂ© en 1854, enrichit son idĂ©al esthĂ©tique par l’assimilation de la culture et des rĂ©fĂ©rences poĂ©tiques lĂ©guĂ©es par Rome et la GrĂȘce antique. Quand il faut, Ă  19 ans, surmonter le choc traumatique de la disparition brutale du pĂšre, l’art est un rempart solide, voire une ressource inĂ©puisable pour se construire. Dans l’hĂŽtel parisien maternel, rue Newton, le compositeur Ă©crit pour chaque Ă©vĂ©nement familial ou amical, piĂšce de musique de chambre, mĂ©lodies, un peu Ă  la maniĂšre de Schubert et de ses schubertiades
 les « Tombelliades » pourraient ainsi dĂ©signer une riche et rĂ©guliĂšre vie mondaine et musicale, comme dans le PĂ©rigord, dans le chĂąteau de Fayrac, La Tombelle compose Ă  la maniĂšre mĂ©diĂ©vale, instituant des « Cours d’amour » dans le sillon des poĂštes et troubadours du Languedoc. La Tombelle participe avec Guilmant et d’Indy Ă  la crĂ©ation de la schola Cantorum (1894), Ă  Paris.

C’est dans ses terres languedociennes que le compositeur Ă  partir de 1895, Ă©loignĂ© de son Ă©pouse, se retire avec son fils, en un repli identitaire renforcĂ© aprĂšs la mort de sa mĂšre. Mais La Tombelle poursuit son enseignement de l’harmonie Ă  la Schola jusqu’en 1904. Le pĂšre a le goĂ»t de la transmission dont profitent ses propres enfants, mais aussi les habitants du village proche de Sarlat (confĂ©rences, concerts oĂč il joue de la vielle, rencontres Ă  « l’école des FrĂšres » ). Perfectionniste dans l’ñme, et idĂ©aliste, La Tombelle cultive un style trĂšs imagĂ©e qui s’appuie sur les poĂšmes qu’il a pris soin de rĂ©diger lui-mĂȘme. Il s’éteint en 1928.
Fernand_de_La_Tombelle_1890_(2)Pour son volume 5 de la collection « Portraits », aprĂšs Gouvy, Dubois, JaĂ«ll, FĂ©licien David, voici donc un livre disque monographique dĂ©diĂ© Ă  l’art musical du languedocien, Fernand de La Tombelle. On y (re)dĂ©couvre les piĂšces de La Tombelle, sa musique de chambre dont les mĂ©lodies, mais aussi chorale et symphonique. Les enregistrements ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s sur deux ans (2017 – 2018) ; y paraissent ainsi un Ă©ventail large et significatif de l’écriture du compositeur, emblĂ©matique de l’éclectisme entre les deux siĂšcles XIXĂš et XXĂš : Fantaisie pour piano et orch (1888), Impressions matinales, Livre d’images (CDI) ; Suite pour violoncelle, Quatuor avec piano (1894) ; musiques pour choeur (CDII) ; MĂ©lodies, Pages d’amour (Yann Beuron / Jeff Cohen), Sonate pour violoncelle, Fantaisie ballade pour harpe Ă  pĂ©dales (CDIII). Soucieux d’équilibre et d’expression mesurĂ©e, La Tombelle dĂ©veloppe un art marquĂ© par son professeur ThĂ©odore Dubois (1837 – 1924) qui pratique un dramatisme sĂ©duisant et accessible comme un suiveur de l’incontournable compositeur lyrique d’alors, Jules Massenet (1842 – 1912). La Tombelle fut d’ailleurs un proche de l’auteur de Manon. Ses pages pour orchestre, symphoniques pures ou concertantes n’évitent pas comme chez Dubois, un Ă©lan parfois Ă©perdu, clinquant ; mais ses mĂ©lodies, concevant et le texte et la musique, expriment un idĂ©al mieux abouti, plus naturel et portĂ© par une Ă©vidente sincĂ©ritĂ©. Belle rĂ©vĂ©lation.

Festivals 2020 : les 10 ans du festival CLASSICA (QuĂ©bec), de Beethoven, Bowie Ă  MIGUELA…

classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaFESTIVALS 2020. Printemps 2020 (mai et juin 2020) : le Festival CLASSICA au QuĂ©bec prĂ©pare une prochaine Ă©dition exceptionnelle pour ses 10 ans. Le succĂšs est lĂ  (60 000 festivaliers chaque annĂ©e) : il a fait de l’évĂ©nement rayonnant Ă  Saint-Lambert (MontĂ©rĂ©gie, rive sud du Saint-Laurent) le premier festival qui ouvre la saison estivale et le plus populaire au QuĂ©bec. IntitulĂ© « de Beethoven Ă  Bowie », CLASSICA 2020 programme un vaste volet Beethoven (250Ăš anniversaire oblige), mais aussi plusieurs grandes soirĂ©es symphoniques sous les Ă©toiles, sans omettre son 4Ăš RĂ©cital-Concours de mĂ©lodies françaises, et la crĂ©ation mondiale du dernier opĂ©ra de ThĂ©odore Dubois : Miguela (1891), emblĂšme de l’écriture dramatique et mĂ©lodique du « Verdi français ».

 Québec : Festival CLASSICA 2019, jusqu'au 16 juin 2019

CLASSICA 2020, L’ANNÉE DE TOUS LES DÉFIS : 

De Beethoven à Miguela


En 2020, un cycle supérieur en nombre devrait marquer la programmation (entre 3 et 5 grands concerts symphoniques sous les étoiles, alternant rock symphonique et programme purement classique), de quoi séduire de nombreuses phalanges, soucieuses de renouveler leur image et de conquérir de nouveaux spectateurs.

Mais l’édition CLASSICA 2020 Ă©largit encore son champs d’activitĂ©. IntitulĂ© de « Beethoven Ă  David Bowie » (comme il y eut « De Schubert aux Rolling Stones » et « De Berlioz aux Bee Gees »)  : un trĂšs riche cycle BEETHOVEN est annoncĂ© afin de cĂ©lĂ©brer l’anniversaire du grand Ludwig. Au programme d emai et juin 2020 : intĂ©grale des Sonates pour piano, Sonates pour violoncelle, pour violon, lieder et aussi Bagatelles (joyaux mĂ©connus), sans omettre en grand format justement et sur la grande scĂšne en plein air : la Missa Solemnis, l’oratorio Le Christ au mont des Oliviers (en partenariat avec l’Atelier Lyrique de Tourcoing), les Symphonies n°3 et 5


MIGUELA DE DUBOIS, UNE CRÉATION MONDIALE TRES ATTENDUE

 

dubois_theodoreCLASSICA comme tous les grands festivals internationaux cultive les genres symphoniques et populaires, les rĂ©citals chambristes, mais aussi le goĂ»t du chant, mĂ©lodies et opĂ©ra. CLASSICA n’est rien sans la prĂ©sence de la voix. Les Festivaliers retrouveront la 4Ăš Ă©dition du RĂ©cital-Concours de mĂ©lodies françaises (juin 2020, Ă©dition programmĂ©e comme chaque annĂ©e comme conclusion de l’évĂ©nement). Enfin, l’annĂ©e prochaine est celle de tous les dĂ©fis car y sera rĂ©alisĂ©e aussi la crĂ©ation du dernier opĂ©ra de ThĂ©odore Dubois, compositeur romantique français rĂ©cemment ressuscitĂ© ici et lĂ , mais de façon trop disparate pour juger pleinement de son Ă©criture comme de son tempĂ©rament lyrique. Marc Boucher prolonge ainsi le travail pionnier, rĂ©alisĂ© dans un vĂ©ritable esprit de famille et de troupe, avec son mentor, le regrettĂ© chef, fondateur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire. Le chef français avait le souci de jouer les Ɠuvres de Dubois : Ă  Tourcoing furent ainsi crĂ©Ă©s en premiĂšre mondiale, l’oratorio Le Paradis perdu (dans une version orchestrale restaurĂ©e), puis l’opĂ©ra ABEN HAMET, Ă©blouissante production qui rĂ©unissait Marc Boucher, Guillaume Andrieux, Ruth Rosique, Hasnaa Bennani, Nora Sourouzian
).

SOMMET LYRIQUE DU VERDI FRANCAIS

RĂ©tablir la crĂ©ation de ce qui serait bien le dernier ouvrage de ThĂ©odore Dubois, Miguela, dans le sillon de ces Ɠuvres dĂ©jĂ  recrĂ©Ă©es est d’autant plus pertinent que son livret souligne les mĂȘmes thĂšmes que Aben Hamet (1884) : l’élan amoureux ici entre une espagnole et un officier français (dans Aben Hamet, il s’agit d’un arabe et d’une princesse catholique) confrontĂ© Ă  la violence de la guerre, du terrorisme, des armes. « ThĂ©odore Dubois est pour moi, le Verdi français », prĂ©cise Marc Boucher. « Comme Verdi, Dubois connaĂźt la voix ; il choisit les tessitures selon le profil dramatique des personnages ; sa prosodie est parfaite : chanter Dubois, c’est parler et respirer ; il n’y a aucun arrangement Ă  concĂ©der, aucune transposition Ă  envisager : tout coule de source, en parfaite connexion avec la situation dramatique, et les ressources de chaque tessiture ».

Le baryton en parle avec d’autant plus d’assurance qu’il a interprĂ©tĂ© ses Ɠuvres et chantera aussi lors de la crĂ©ation de Miguela (le rĂŽle du mĂ©chant, Fernandes, l’agent de la barbarie et de la haine, celui qui ne cesse de rappeler Miguela Ă  son devoir
). La haine des autres contre l’amour de tous. VoilĂ  un schĂ©ma dĂ©jĂ  passionnant qui suscite la plus grande attente d’ici au printemps 2020 au QuĂ©bec. DĂ©jĂ , le directeur de CLASSICA, heureux de poursuivre l’enthousiasme et la curiositĂ© de Jean-Claude Malgoire par delĂ  l’Atlantique, prĂ©pare le matĂ©riel musical laissĂ© par ThĂ©odore Dubois. L’auteur du livret de Miguela est Jules Barbier, d’aprĂšs les derniĂšres dĂ©couvertes : Dubois a pu ainsi s’appuyer sur un homme d’expĂ©rience.

C’est Marc Boucher qui dans les cahiers constituant l’inventaire des Ɠuvres dĂ©posĂ©es Ă  BNF avait repĂ©rĂ© et identifiĂ© le dernier opus lyrique de ThĂ©odore Dubois, probablement composĂ© en 1891 : un ouvrage ambitieux (en trois actes et six tableaux), dans le style du grand opĂ©ra français qui tĂ©moigne des derniĂšres Ă©volutions lyriques du directeur du Conservatoire, au dĂ©but des annĂ©es 1890.

Miguela serait-il ce grand opĂ©ra romantique oubliĂ©, jalon essentiel de l’opĂ©ra français de la fin du XIXĂš et au dĂ©but du XXĂš, Ă  l’époque du dernier Verdi et des opĂ©ras de Massenet ? L’idĂ©e est sĂ©duisante. Pour Marc Boucher, Miguela se rapprocherait « de Manon de Massenet, dans une forme en route vers Falstaff oĂč le rĂ©cit accompagnĂ© est prĂ©dominant et oĂč l’intrigue bien qu’ayant ses protagonistes principaux, est soutenue par les rĂŽles secondaires. »

A l’heure des rĂ©surrections plus ou moins heureuses rĂ©vĂ©lant souvent de façon tronquĂ©e, des partitions exhumĂ©es que l’on croyait connaĂźtre, Marc Boucher a dĂ©cidĂ© de tout jouer : Miguela pourra ainsi ĂȘtre jugĂ©e dans sa continuitĂ© originelle. A la BNF, de fait, tout le matĂ©riel existait (le conducteur, la partie chant / piano, les parties d’orchestre
) ; ils attendaient d’ĂȘtre ressuscitĂ©es pour une crĂ©ation intĂ©grale. Probablement pour une rĂ©alisation partielle dĂ©cidĂ©e pour la Palais Garnier en 1916. « la genĂšse de l’opĂ©ra demeure mystĂ©rieuse ; beaucoup d’élĂ©ments de la genĂšse restent dans l’ombre » prĂ©cise Marc Boucher. Et d’ajouter en interprĂšte connaisseur :  « Il y a 12 rĂŽles : 2 pour voix de femmes dont un soprano lyrique pour le rĂŽle-titre ; et 10 voix masculines, le hĂ©ros amoureux Ă©tant ici chantĂ© par un tĂ©nor ; fait assez surprenant quand on sait le goĂ»t de Dubois pour la voix de baryton – comme Verdi : Aben Hamet est chantĂ© par un baryton ». En somme, Miguela est le sommet lyrique de ThĂ©odore Dubois, et certainement une prochaine rĂ©vĂ©lation majeure pour notre connaissance de l’opĂ©ra romantique français.

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classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaRĂ©servez dĂšs Ă  prĂ©sent votre sĂ©jour au QuĂ©bec, au moment du festival CLASSICA : concerts chambristes, grands Ă©vĂ©nements symphoniques en plein air, opĂ©ra en crĂ©ation, mais aussi le cycle Beethoven 2020
 promettent une nouvelle Ă©dition mĂ©morable, celle des 10 ans (« de Beethoven Ă  David Bowie »). Le rendez-vous est d’ores et dĂ©jĂ  pris.

TOUTES LES INFOS sur le site du FESTIVAL CLASSICA

https://www.festivalclassica.com

TOURCOING. Théodore Dubois : Aben Hamet ressuscité

ABEN-HAMET_dubois_malgoire_atelier_lyrique-de-Torucoing_affiche-petite-246Tourcoing: Aben Hamet de Dubois, recrĂ©ation. Les 14,16,18 mars 2014. CrĂ©ation mondiale en version scĂ©nique. AprĂšs en avoir proposĂ© la version de concert au Canada (en juin 2013 Ă  Saint-Lambert), Jean-Claude Malgoire et sa fidĂšle Ă©quipe (Atelier lyrique de Tourcoing, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy) proposent en 3 soirĂ©es la crĂ©ation en français et mise en scĂšne de l’opĂ©ra Aben Hamet du compositeur classique acadĂ©mique ThĂ©odore Dubois. Le chant des amants contre la guerre religieuse. Le sujet brosse le portrait du dernier AbencĂ©rage (Aben Hamet, lui-mĂȘme fils du dernier roi des Maures, Boabdil); prĂȘt en accostant Ă  Grenade a reconquĂ©rir l’Espagne (malgrĂ© la dĂ©faite des Maures depuis 1492). Sur fond historique, exhalant parfums, couleurs et dĂ©cors orientalisants Ă  la maniĂšre du peintre GĂ©rĂŽme (lui-mĂȘme pompier et acadĂ©mique, ami proche de Dubois), le compositeur imagine vertiges et Ă©preuves d’un amour impossible, celui du musulman Aben Hamet passionnĂ©ment Ă©pris de la belle chrĂ©tienne Bianca, fille du gouverneur de Grenade… tout les sĂ©pare et pourtant ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. La loi des cƓurs contre la fatalitĂ© des conflits sĂ©culaires… En mars 2014, Jean-Claude Malgoire ressuscite un opĂ©ra crĂ©Ă© en 1884 qui eut un immense retentissement et dont le sujet polĂ©mique (le chant de deux coeurs amoureux contre les antagonismes politiques et la barbarie de la guerre) explique qu’il fut scrupuleusement Ă©cartĂ© et mis dans l’ombre trĂšs vite. Le chef en propose sa version personnelle d’aprĂšs un long travail de recherche et de mise en forme respectueuse de l’esprit de l’oeuvre. L’opĂ©ra crĂ©Ă© en italien est ici chantĂ© en français. Et la partition d’orchestre a Ă©tĂ© totalement rĂ©Ă©crite Ă  partir d’une version chant piano, seule manuscrit parvenu, transmis par l’arriĂšre-petit fils du compositeur.

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirRĂ©orchester Aben. A partir des traitĂ©s d’orchestration de Gounod et de Massenet, Jean-Claude Malgoire a rĂ©tabli une pĂąte sonore aux Ă©vocations orientales de Dubois ; le chef a aussi consultĂ© la matiĂšre disponible aujourd’hui, c’est Ă  dire les partitions des oratorios de Dubois : Le Paradis Perdu rĂ©cemment ressuscitĂ©, Les Sept paroles du Christ en croix, de ses symphonies dont la Symphonie française. ThĂ©odore Dubois Ă©tait alors plus connu comme compositeur Ă  l’Ă©glise qu’auteur lyrique. Autant de sources permettant aujourd’hui de mieux connaĂźtre l’orchestrateur Ă©lĂ©gant, sensible, raffinĂ© et transparent que fut Dubois : une personnalitĂ© musicale du milieu parisien trĂšs estimĂ©e. Dans la fosse d’opĂ©ra, Ă  l’Ă©poque de Dubois se distinguent les cordes (dont la harpe inĂ©vitable alors), mais aussi l’importance du pupitre des vents (saxophone) et des cuivres (ophiclĂ©ide) sans omettre la richesse des percussions aux couleurs nettement orientalisantes (clochettes, castagnettes, tambour de basque …).

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirL’amour ou le devoir. Jean-Claude Malgoire a resserrĂ© le livret français tout en adaptant les mots et les rĂ©fĂ©rences religieuses selon notre propre sensibilitĂ© ; s’agissant d’un terrain toujours polĂ©mique, les choix linguistiques et lexicaux ont Ă©tĂ© particuliĂšrement soignĂ©s afin d’inscrire le sujet et l’action de l’oeuvre de Dubois dans notre actualitĂ©. Pour se faire, la seconde version validĂ©e par l’auteur en 1888, – pour d’Ă©ventuelles reprises, aprĂšs la crĂ©ation de 1884, a Ă©tĂ© adoptĂ©e, dont les tailles dans l’acte III, mais aussi l’ajout d’une scĂšne ultime oĂč la mĂšre d’Aben, ZulĂ©ma, voix de la fatalitĂ© guerriĂšre et de la vengeance suicidaire, exhorte son fils Ă  rĂ©aliser par devoir, son destin politique : venger l’Ăąme de son pĂšre en conquĂ©rant Grenade : or comment pourrait-il honorer son pĂšre le roi Boabdil s’il Ă©pouse une chrĂ©tienne ? La violence du sujet vient du choix que fait Dubois : montrer l’impossibilitĂ© des deux amants de vivre leur amour face Ă  l’antagonisme religieux et politique hĂ©ritĂ© de leurs aĂźnĂ©s.

 

 

Théodore Dubois (1837-1924)
Aben Hamet, 1884
création mondiale
version réorchestrée (JC Malgoire)
livret en français

boutonreservation

 

Vendredi 14 mars 2014 Ă  20h
Dimanche 16 mars 2014 Ă  15h30
Mardi 18 mars 2014 Ă  20h
Tourcoing, Théùtre Municipal R. Devos

Billetterie / 03 20 70 66 66

Livret de LĂ©once DĂ©troyat et Achille de LauziĂšres d’aprĂšs la nouvelle de Chateaubriand : Les Aventures du dernier AbencĂšrage. OpĂ©ra crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre Italien Ă  Paris le 16 dĂ©cembre 1884

Jean Claude Malgoire et Vincent Boyer, orchestration
Jean Claude Malgoire, direction musicale
Alita Baldi, mise en scĂšne
Alain Lagarde, scénographie
Enrico Bagnoli, lumiĂšres
Christine Rabot-Pinson, costumes

Aben Hamet : Guillaume Andrieux, baryton
Bianca : Ruth Rosique, soprano
AlfaĂŻma : Hasnaa Bennani, soprano
Zuléma : Nora Sourouzian, mezzo-soprano
Le Duc de Santa-Fe : Marc Boucher, baryton-basse

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy