Moulins, Exposition : L’OpĂ©ra Comique et ses trĂ©sors, jusqu’au 25 mai 2015

Couv-Catalogue-OperaComiqueetsestresors--1EXPOSITION. Moulins, CNCS : L’OpĂ©ra Comique et ses trĂ©sors, jusqu’au 25 mai 2015. Pour le tricentenaire en 2015 de l’OpĂ©ra Comique, Moulins expose au CNCS Centre national du costume de scène, une exposition anniversaire qui Ă  travers le prisme des costumes raconte l’histoire singulière du genre lyrique dit “opĂ©ra-comique”, entre opĂ©ra et théâtre. TĂ©lĂ©maque parodie de Lesage et Gillier est le premier opĂ©ra-comique proprement dit crĂ©Ă© en 1715 : l’Ĺ“uvre ainsi contemporaine de la mort de Louis XIV marque le coup d’envoi et l’essor d’un genre nouveau, complĂ©mentaire Ă  la lyre tragique : il s’inspire de la Commedia dell’arte italienne et de l’esprit satirique et parodique des trĂ©teaux de la Foire (celui lĂ  mĂŞme qui marqua la jeunesse de Rameau). Les Troqueurs de Dauvergne (1753) en pleine Querelle des Bouffons, (magistralement recrĂ©Ă© par William Christie) marque au milieu du siècle un premier âge d’or du genre.

Le catalogue Ă©ditĂ© par Fage, suit le propos Ă  la fois synthĂ©tique et thĂ©matisĂ© d’Agnès Terrier, commissaire de l’exposition Ă  Moulins : d’abord, une Ă©vocation par le costume du rĂ©pertoire de l’opĂ©ra-comique dont les conquĂŞtes sont alors “vĂ©ritĂ©, caractère, fantaisie”. Alors se prĂ©cise la stature et l’Ă©paisseur du comĂ©dien chanteur qui par le costume incarne l’intensitĂ© (vĂ©ritĂ© / sincĂ©ritĂ©) d’un personnage : ici se dĂ©voilent la typologie et la signification de chaque costume appelĂ© Ă  identifier les acteurs de la Foire dès les annĂ©es 1730, tels Pierrot, Arlequin, Mezzetin, Colombine… ; c’est peu Ă  peu Ă  mesure de l’importance rĂ©flĂ©chie du costume, la prise de conscience progressive de l’interprète, son jeu, sa vĂ©ritĂ© sur la scène (Justine Favart dans le rĂ´le de Roxelane dans Soliman second…, ThĂ©rèse Vestris dans Scanderberg en tĂ©moignent…), mĂŞmes enjeux dĂ©voilĂ©s et mĂ©tamorphoses de l’acteur perfectionniste Ă  l’Ă©cole de l’illusion grâce au soin du costume sous la RĂ©volution, le Directoire et le dĂ©but du Consulat, soit de 1789 Ă  1801.
Avec la fusion du Feydeau et du premier OpĂ©ra-Comique en 1801, l’histoire de l’institution s’enrichit encore en moyens et en rĂ©alisations… Carmen de Bizet et sa cĂ©lèbre crĂ©atrice CĂ©lestine Galli-MariĂ© affirment le costume et sa pose, affirmation de la posture chantante de l’interprète ; mĂŞme Ă©volution fascinante pendant la direction d’Albert CarrĂ© de 1898 Ă  1914… oĂą l’OpĂ©ra Comique poursuit son exploration inventive de la forme lyrique : Louise de Charpentier, La vie de Bohème et Tosca de Puccini, PellĂ©as et MĂ©lisande sans omettre Mignon de Thomas, Manon de Massenet sont autant de joyaux d’une histoire que l’on gagne Ă  (re)dĂ©couvrir.

Puis, l’histoire rĂ©cente du Théâtre parisien (salle Favart) dont les recrĂ©ations et crĂ©ations des annĂ©es 2000 (rĂ©alisĂ©es avec le concours des petites mains expertes de l’atelier local, le “Central costumes”, seul atelier de fabrication Ă  Paris qui utilise les teintures naturelles !) attestent de l’activitĂ© d’une forme théâtrale qui frappe par sa constante invention, aux cĂ´tĂ©s de l’OpĂ©ra.
L’auteur/commissaire s’intĂ©resse en particulier dans cette partie Ă  l’Ĺ“uvre de 5 crĂ©ateurs costumes Ă  la Salle Favart : Macha MakeĂŻeff (dont l’inspiration s’est manifestĂ©e Ă  travers les productions rĂ©centes de L’Etoile de Chabrier en 2007, Zampa en 2008, Les Mamelles de TirĂ©sias en 2010, ou Boulingrin en 2010), Christian Lacroix (RomĂ©o et Juliette en 1989, Fortunio en 2009…), Alain Blanchot (Cadmus et Hermione en 2010, Egisto en 2012), Renato Bianchi (Amadis de Gaule en 2011), enfin Vanessa Sannino (Mârouf, savetier du Caire en 2013)…

Par le costume, comme un superbe livre d’images se dĂ©voilent ainsi les grandes heures de l’OpĂ©ra-Comique, scène d’une irrĂ©sistible invention qui est Ă  l’OpĂ©ra, ce que sont aujourd’hui les sĂ©ries vis Ă  vis du cinĂ©ma : un rĂ©servoir inĂ©puisable de propositions qui interrogent le genre lyrique et théâtral. Quelques partitions aujourd’hui clĂ©s, toujours piliers du rĂ©pertoire (de tous les théâtres et partout dans le monde) ; d’autres, joyaux retrouvĂ©s qui font de l’OpĂ©ra-Comique, l’actuelle temple de l’imaginaire et de l’original que l’on connaĂ®t au XXIème siècle. Parmi les fleurons des costumes exposĂ©s, on relève entre autres la robe de Manon (portĂ©e par RenĂ©e Fleming Ă  l’OpĂ©ra de Paris en 1997), le costume de PĂ©nĂ©lope portĂ© par Germaine Lubin en 1919… mais bien d’autres trĂ©sors vous attendent dans le parcours de Moulins.

exposition-opera-comique-moulins-tresors-costumes-opera-comique-exposition-clic-de-classiquenews-fevrier-mars-avril-mai-2015Exposition : L’OpĂ©ra Comique et ses trĂ©sors. Tricentenaire de l’OpĂ©ra Comique. Si le livre-catalogue suscite l’enthousiasme, il ne saurait remplacer la prĂ©sence tangible des merveilleux costumes d’une histoire aussi captivante que celle de l’OpĂ©ra Comique. L’exposition offre la contemplation de tous ces trĂ©sors, oĂą l’on passe de la magie de la scène Ă  la rĂ©alitĂ© de la dĂ©lectation, Ă  Moulins, au Centre national du costume de scène et de la scĂ©nographie, du 7 fĂ©vrier au 15 mai 2015. + d’infos sur le site du CNCS Ă  Moulins.