CD. coffret. Renata Tebaldi : Voce d’angelo, the complete Decca recordings (66 cd Decca)

tebaldi renata voce d angelo complete decca recordingsCD. coffret. Renata Tebaldi : Voce d’angelo, the complete Decca recordings (66 cd Decca). Elève de Carmen Melis, diva de La Scala de Milan, la jeune Renata dĂ©bute dans le rĂ´le d’Elena de Mefistofele en 1944, elle a 22 ans (plus tard en 1958 pour Decca justement, elle chantera sous la direction de Tulio Serafin Ă  Rome, le rĂ´le de Marguerite, offrant Ă  l’hĂ©roĂŻne sacrifiĂ©e sa chair angĂ©lique dans une fresque orchestrale pleine de souffle et de ressentiment goethĂ©en…). Puis Ă  24 ans, c‘est le chef Arturo Toscanini antinazi convaincu, qui deux ans plus tard (1946) lance sa prodigieuse carrière pour le concert de rĂ©ouverture de La Scala. Le maestro lui fait apprendre le rĂ´le titre d’Aida dès 1950 (avec del Monaco : c’est un triomphe). Plus qu’en Europe, c’est principalement Ă  New York que La Tebaldi s’impose ensuite sans faiblir jusqu’en 1973 ! La diva enchaĂ®ne les prises de rĂ´les, surtout vĂ©ristes dont Adrienne Lecouvreur montĂ©e pour elle avec Franco Corelli… Le rythme est trĂ©pidant et l’usure de la voix menace : en 1959 Ă  37 ans, Tebaldi doit cependant modĂ©rer ses engagements pour se reposer… La soprano ne fut guère bellinienne, – comme une Sutherland plus tard. Elle avait pourtant la noblesse et la puretĂ© des aigus : mais Tebaldi s’intĂ©resse Ă  Verdi et surtout Ă  ses successeurs italiens : Puccini et les vĂ©ristes (Mascagni, Cilea, Ponchielli…). Cet ange descendu du ciel aurait-elle nĂ©anmoins un grain de voix adaptĂ© pour les rĂ´les très dramatiques ? c’est lĂ  qu’elle rejoint Maria Callas.

 

 

 

Tebaldi, l’ange tragique

 

CLIC D'OR macaron 200Au regard de ce coffret Ă©videmment incontournable, la voix d’ange, vraie rivale de Callas sur le plan expressif et esthĂ©tique, Renata Tebaldi, fut surtout une … vĂ©riste ; moins la verdienne Ă©tincelante comme on aime nous la prĂ©senter exclusivement. Ici 27 opĂ©ras intĂ©graux l’attestent. Certes la voix d’ange comme il est rappelĂ© sur le coffret, saisit par sa puretĂ© d’Ă©mission : la cantatrice avait tout autant un tempĂ©rament ardent, prĂŞte Ă  dĂ©clamer avec une expressivitĂ© ciselĂ©e. De mĂŞme ses Puccini diamantins confirment l’aisance et l’Ă©clat d’une voix Ă©tincelante et inoubliable pour ceux qui l’ont Ă©coutĂ©e sur scène (Mimi ici en 1951, 1959 ; Butterfly de 1951 et 1958 ; Manon Lescaut de 1954…), et qui eut pour partenaires dans les annĂ©es 1950 / 1960 : en particulier l’excellent et solaire Carlo Bergonzi (Rodolfo de La Bohème, ou Pinkerton de Madama Butterfly, Radamès d’Aida), Mario del Monaco (Dick Johnson de la Fanciulla del West, Radamès d’Aida, Manrico du trouvère), Fernando Corena… L’importance des opĂ©ras vĂ©ristes est d’autant plus pertinente qu’elle nuance l’image de la cantatrice blanche, dĂ©sincarnĂ©e, cĂ©leste…

Renata-Tebaldi-1960Qu’il s’agisse de sa subtile Adriana Lecouvreur (1961, Ă  la dĂ©claration digne et tragique propre aux grandes actrices sur la scène du théâtre), surtout de l’Ă©blouissante Gioconda, sur le livret de Boito (1967, pour nous un accomplissement inĂ©galĂ© Ă  ce jour, d’autant que sous la direction de Lamberto Gardelli, Tebaldi chante Gioconda avec des graves riches, aux cĂ´tĂ©s de Nicolai Ghiuselev, Marylin Horne, Carlo Bergonzi… ), surtout son rĂ´le de Marguerite dans Mefistofele d’Arigo Boito (1958), La Tebadli assure un chant plein, expressif proche du texte, d’une dĂ©clamation troublante parce que pure et aussi articulĂ©e : son style, sa musicalitĂ© rayonnent. Sa Tosca confirme l’Ă©tendue d’une voix qui savait ĂŞtre puissante et tragique voire sombre (le coffret rĂ©unit ses deux emplois dans le rĂ´le de Floria, 1951 et 1959) : c’est lĂ  que la comparaison avec la Callas paraĂ®t incontournable : elle rĂ©vèle deux natures lyriques Ă©gales, indiscutables, deux conceptions distinctes tout autant cohĂ©rentes l’une et l’autre… Ses trois rĂ´les les plus tardifs Ă©tant ici Il Trittico de Puccini (Giorgetta, Suor Angelica, Lauretta)1962), La Wally (1968), Un ballo in maschera (Amelia, 1970 aux cĂ´tĂ©s de Luciano Pavarotti). Ce dernier formera ensuite un duo tout autant lĂ©gendaire avec Joan Sutherland toujours pour Decca, dans le sillon ouvert par la sublime Tebaldi.

Pour les 10 ans de sa disparition, Decca a bien raison de rĂ©Ă©diter l’intĂ©grale des opĂ©ras (et rĂ©citals thĂ©matiques) devenus mythiques Ă  juste titre, d’autant que le duo qu’elle forme avec Mario del Monaco (la fĂ©linitĂ© mordante du timbre), avec Carlo Bergonzi (au style musical d’une Ă©lĂ©gance princière absolue) est un modèle inoubliable de musicalitĂ© comme d’intelligence expressive. Quelle autre diva d’une telle trempe peut revendiquer des partenariats aussi convaincants ? Coffret Ă©vĂ©nement. Cadeau idĂ©al pour les fĂŞtes 2014.

 

 

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CD. Carlo Bergonzi : the Verdi Tenor (17 cd Decca)

decca-carlo-bergonzi-17-cd-90-ans-celebration-carlo-bergonzi-the-Verdi-tenor-CD. Carlo Bergonzi : the Verdi Tenor (17 cd Decca). On parle facilement du baryton Verdi… dont les rĂ´les sur scène offrent des caractĂ©risations pour l’interprète rĂ©ellement stimulantes : Rigoletto, Boccanegra… Mais c’est oublier la place central sur le plan dramatique du tĂ©nor verdien : Rodolfo (Luisa Miller puis Traviata), Il Trovatore avec la comète fulgurante Manrico, Un Ballo in Maschera (Ricardo), Surtout Don Carlo, et Ă©videmment Radamès chez Aida… HĂ©roĂŻsme et grâce, Ă©lĂ©gance et sanguinitĂ© : le tĂ©nor verdien doit tout maĂ®triser.  Aussi bon Puccinien (son Rodolfo de La Bohème reste anthologique) que verdien, Carlo Bergonzi nĂ© en 1924 incarne l’Ă©lĂ©gance et le style dans une arène de tĂ©nors verdiens qui le plus souvent confondent expressivitĂ© et … puissance. Il a commencĂ© Ă  chanter Rossini (comme bayrton dans le rĂ´le de Figaro!), perfectionnant ce bel canto saisissant propre au dĂ©but du XIXème. Son expĂ©rience verdienne, capitale s’en ressent logiquement.  Le sens du texte accordĂ© Ă  un legato (tenue et longueur de phrase sont mirifiques grâce Ă  un souffle exceptionnel) et un phrasĂ© d’une musicalitĂ© rayonnante font toute le prix d’un chant inspirĂ©, subtil (qui fut aussi bon dans Monteverdi que dans les opĂ©ras postverdiens, vĂ©ristes) : une suavitĂ© souple qui illustre au mieux ce bel canto verdien que d’autres caricaturent tant. En rĂ©alitĂ©, Bergonzi a prĂ©cĂ©dĂ© Pavarotti dont il partage cette couleur solaire et tendre, totalement irrĂ©sistible. EN LIRE +

CD. Carlo Bergonzi : the Verdi tenor 17 cd Decca 478 7373. Au programme du coffret Carlo Bergonzi : The Verdi Tenor

 

CD. Carlo Bergonzi : the Verdi Tenor (17 cd Decca)

decca-carlo-bergonzi-17-cd-90-ans-celebration-carlo-bergonzi-the-Verdi-tenor-CD. Carlo Bergonzi : the Verdi Tenor (17 cd Decca). On parle facilement du baryton Verdi… dont les rĂ´les sur scène offrent des caractĂ©risations pour l’interprète rĂ©ellement stimulantes : Rigoletto, Boccanegra… Mais c’est oublier la place central sur le plan dramatique du tĂ©nor verdien : Rodolfo (Luisa Miller puis Traviata), Il Trovatore avec la comète fulgurante Manrico, Un Ballo in Maschera (Ricardo), Surtout Don Carlo, et Ă©videmment Radamès chez Aida… HĂ©roĂŻsme et grâce, Ă©lĂ©gance et sanguinitĂ© : le tĂ©nor verdien doit tout maĂ®triser.  Aussi bon Puccinien (son Rodolfo de La Bohème reste anthologique) que verdien, Carlo Bergonzi nĂ© en 1924 incarne l’Ă©lĂ©gance et le style dans une arène de tĂ©nors verdiens qui le plus souvent confondent expressivitĂ© et … puissance. Il a commencĂ© Ă  chanter Rossini (comme bayrton dans le rĂ´le de Figaro!), perfectionnant ce bel canto saisissant propre au dĂ©but du XIXème. Son expĂ©rience verdienne, capitale s’en ressent logiquement.  Le sens du texte accordĂ© Ă  un legato (tenue et longueur de phrase sont mirifiques grâce Ă  un souffle exceptionnel) et un phrasĂ© d’une musicalitĂ© rayonnante font toute le prix d’un chant inspirĂ©, subtil (qui fut aussi bon dans Monteverdi que dans les opĂ©ras postverdiens, vĂ©ristes) : une suavitĂ© souple qui illustre au mieux ce bel canto verdien que d’autres caricaturent tant. En rĂ©alitĂ©, Bergonzi a prĂ©cĂ©dĂ© Pavarotti dont il partage cette couleur solaire et tendre, totalement irrĂ©sistible.

 

 

Pour les 90 ans de Bergonzi

 

Pour ses 90 ans en 2014, Decca rĂ©Ă©dite en un coffret de 17 cd,  les intĂ©grales verdiennes rĂ©vĂ©lant aux cĂ´tĂ©s d’autres très grands interprètes, l’art du chant façon Bergonzi : Aida (avec Tebaldi), Un Ballo in maschera (avec Birgit Nilsson) La Traviata avec la Stupenda (Joan Sutherland), Don Carlo (avec Fischer-Dieskau dont il partage ce souci du verbe Ă©lĂ©gant et clair : il n’est guère Ă©tonnant que les deux chanteurs aient eu plaisir Ă  se retrouver en rĂ©cital, formant un duo lĂ©gendaire : leur duo Carlo/Posa sen ressent ici), Rigoletto (avec Renata Scotto et le mĂŞme Fischer Dieskau : une lecture sidĂ©rante que la direction de Kubelik transcende dramatiquement), enfin Il Trovatore (avec Fiorenza Cossotto, dans une gravure scaligène dirigĂ©e par Tullio Serfain).
Outre ce Rigoletto suprême de Kubelik (rare enregistrement du chef chez Verdi), deux autres maestros se révèlent stimulants pour notre ténor : Karajan (qui signe ici Aida) et surtout Solti dont Un Ballo in Maschera et Don Carlo restent les piliers de la discographie verdienne.
En complĂ©ment, l’Ă©diteur ajoute 4 cd additionnels regroupant les rĂ©citals titre oĂą Carlo Bergonzi aborde diffĂ©rents rĂ´les, Ă©largissant son rĂ©pertoire jusqu’Ă  d’autres opĂ©ras : La Forza del destino, Giovanna d’Arco, I due Foscari, I Vespri Sicilianni, Il Corsaro, naturellement Luisa Miller, Macbeth, et surtout Otello auquel il apporte une couleur rayonnante enivrĂ©e d’une musicalitĂ© absolue…  ; approfondissant aussi ses visions dĂ©jĂ  Ă©clairĂ©es dans les intĂ©grales. Le dernier cd aborde en plus de Verdi: Puccini, Cilea, Giordano, Mayerbeer. Coffret Ă©vĂ©nement donc incontournable pour l’Ă©tĂ© 2014.

 

 

CD. Carlo Bergonzi : the Verdi tenor 17 cd Decca 478 7373. Au programme du coffret Carlo Bergonzi : The Verdi Tenor :

 

Aida (Renata Tebaldi, Carlo Bergonzi, Giulietta Simionato, Wiener Philharmoniker, Herbert von Karajan)
+Un Ballo In Maschera (Birgit Nilsson, Giulietta Simionato, Carlo Bergonzi, Cornell MacNeil, Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Sir Georg Solti)
+La Traviata (Joan Sutherland, Carlo Bergonzi, Robert Merrill, Orchestra del Maggio Musicale Fiorentino, John Pritchard)
+Don Carlos (Renata Tebaldi, Grace Bumbry, Carlo Bergonzi, Dietrich Fischer-Dieskau, Nicolai Ghiaurov, Orchestra of the Royal Opera House Covent Garden, Sir Georg Solti)
+Rigoletto (Renata Scotto, Carlo Bergonzi, Dietrich Fischer-Dieskau, Orchestra del Teatro alla Scala di Milano, Rafael Kubelik)
+Il Trovatore (Antonietta Stella, Fiorenza Cossotto, Carlo Bergonzi, Ettore Bastianini, Orchestra del Teatro alla Scala di Milano, Tullio Serafin)
+Tenor-Arien aus Oberto, Un giorno di regno, I Lombardi, I due Foscari, Alzira, Macbeth, Giovanna d’Arco, Attila, I Masnadieri, Il Corsardo, Luisa Miller, Simon Boccanegra, I vespri siciliani, Falstaff, Otello, La forza del destino
+Opern-Recital (Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Gianandrea Gavazzeni)