CD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans (2 cd Deutsche Grammophon)

Domingo placido the 50 greatest tracks placido domingo 75 ans review critique cd CLASSIQUENEWSCD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans (2 cd Deutsche Grammophon). Vaste tour d’horizon du plus cĂ©lèbre tĂ©nor au monde après Pavarotti et qui comme lui, combine longĂ©vitĂ© vocale et intelligence artistique. Pour ses 75 ans en 2016, Deutsche Grammophon rend un (premier) hommage par ce double coffret commĂ©moratif, Ă  Placido Domingo (nĂ© Ă  Madrid le 21 janvier 1941), traversant les multiples rĂ´les d’une carrière marquante par sa pertinence, son sens de la justesse poĂ©tique, son constante quĂŞte de la sincĂ©ritĂ© dramatique. Domingo n’est pas seulement un tĂ©nor Ă  la voix prodigieuse, c’est surtout un acteur nĂ©, douĂ© de subtilitĂ© qui lui permet d’aborder chaque personnage avec un souci expressif d’une rare sĂ©duction. Devenu aujourd’hui baryton, et malgrĂ© une usure de la voix repĂ©rable, le madrilène doit sa gloire lĂ©gitime Ă  des phrasĂ©s millimĂ©trĂ©s dans toutes les langues, en particulier, singulièrement dĂ©tectable dans le français romantique de Don JosĂ© (Carmen de Bizet) ou surtout d’Hoffmann dans les Contes d’Hoffmann d’Offenbach ici, courte Ă©vocation de 1972 (l’une de ses plus anciennes gravures dans la prĂ©sente sĂ©lection : plage 20 cd1). Outre son sens du texte, son dramatisme linguistique, Domingo est capable d’aigus ardent et mĂ©talliques d’une tenue impeccable (comme en tĂ©moigne, plage 21 cd1, de 1984, l’air de Manrico : “Di Quella pira”, sous la direction de Giulini).

Les 75 ans de Placido Domingo

Parmi le florilège Ă©tendu donc qu’offrent les 2 cd commĂ©moratifs du tĂ©nor vĂ©nĂ©rable autant que miraculeusement tenace, citons ici les grands rĂ´les de son rĂ©pertoire, bien reprĂ©sentĂ©s dans le choix de ce double coffret :
Rodolfo (avec Cotrubas : Brindisi de La Traviata de Verdi, sous la direction de Carlos Kleiber de 1976) ; Samson de Samson et Dalila de 1978 sous la direction de Georges PrĂŞtre : ample extrait oĂą le tĂ©nor dĂ©fend un sens du texte en français exemplaire (plus de 6mn, reflĂ©tant la complexitĂ© humaine et hĂ©roique du protagoniste, Ă©pris de Dieu). Fervent et blessĂ© Werther de Massenet (Chailly, 1979) d’une totale vĂ©ritĂ©. Comme son JosĂ© de Bizet dĂ©jĂ  citĂ© (1975, avec Solti Ă  Londres) : soit deux immenses rĂ´les qui suffiraient Ă  imposer dĂ©finitivement l’interprète, superbe acteur, rĂ©vĂ©lant une intensitĂ© intĂ©rieure dĂ©chirante. Hoffmann donc dĂ©jĂ  citĂ© et dans un plus large extrait sous la direction de Seiji Ozawa en 1986 (triomphant et clair dans le fameux air “Dans la cour d’Eisenach”.

Distinguons aussi ses Wagner tout aussi convaincants : Lohengrin avec Solti en 1986 (air confession rĂ©vĂ©lation oĂą le chevalier Ă©lu rĂ©vèle son identitĂ© : “In fernem Land, unnahbar euren Schritten” : l’articulation sobre de l’allemand y dĂ©montre l’instinct du diseur, son sens de la ligne qui fera l’admiration de l’un de ses Ă©mules, Villazon. Domingo est ainsi, ce que l’on oublie parfois, un immense wagnĂ©rien. Son Parsifal que nous avons eu la chance d’Ă©couter Ă  Bastille relevait du mĂŞme mĂ©tier, prĂ©cis, nuancĂ©, ciselĂ©).
Aux côtés de Verdi, où il est naturel et flexible, convaincant et ciselé, Puccini se taille une autre part du lion : Mario Cavaradossi de La Tosca (Sinopoli, 1990, et Zubin Mehta en 1990), Edgar (2005), Des Grieux (Manon Lescaut, Sinopoli, 1984).

Le CD2 regroupe tous les tubes latinos qui complètent les choix du cd1 mettant en avant ses grands rĂ´les Ă  l’opĂ©ra. Evidemment L’irrĂ©sistible et scintillant Granada de Lara (1975), le caressant El dia que me quieras d’après Le Pera / Gardel, rĂ©vĂ©lant le crooner argentin (1981) ; sans omettre la sincĂ©ritĂ© recueillie du Panis Angelicus (en son souffle idĂ©alement gĂ©rĂ©) de Franck (2002) ; surprenant, la transposition d’un Wesendonck-lieder de Wagner (Der Engel, sous la direction de Marcello Viotti en 2002)
Mais l’instinct d’un canto sĂ©ducteur alliĂ© Ă  un legato envoĂ»tant s’affirment mieux qu’ailleurs, au registre plus lĂ©ger, proche de l’opĂ©rette, dans la zarzuela dont Domingo aura Ă©tĂ© un fidèle et long interprète : l’ardeur tragique de No puede ser (La taberna del puerto de Sorozábal, 1990) ou chez Lehar, faussement insouciant mais d’une poĂ©sie suggestive que le tĂ©nor (douĂ© d’un’ finesse naturelle rĂ©element dĂ©sarmante) savait comprendre intuitivement (Das land des Lächelns, Dein ist mein ganzes Herz, 1990). Le tour d’horizon est dans sa diversitĂ© très fidèle Ă  l’Ă©nergie dramatique du tĂ©nor mythique, diseur, tragĂ©dien, d’une exceptionnelle vĂ©ritĂ© vocale. Et pour ce 21 janvier 2016, donc pour vos 75 ans, bon anniversaire Placido !

CD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans. 2h45mn. 2 cd Deutsche Grammophon 0028947953210

Visitez le site officiel de Placido Domingo :
http://www.placidodomingo.com