CD événement, annonce. ARNE : Artaxerxes / The Mozartists / Ian Page / 2 cd Signum classics

arne artaxerxes ian page mozartists cd 2009 critque cd review classiquenewsCD événement, annonce. ARNE : Artaxerxes / The Mozartists / Ian Page / 2 cd Signum classics. L’excellent chef Ian Page conduit ses troupes mozartiennes en terres lyriques primitives, quand simultanément à Gluck (Orfeo), le compositeur national Thomas ARNE proposait une version anglaise de l’opéra seria (italien), avec originalité et cohérence comme en témoigne son Artaxerxes, opéra seria chanté en anglais, créé à Covent Garden en 1762.

D’une Antiquité orientale revisitée, le compositeur et son librettiste (sur le texte de Metastase) retiennent ici deux couples princiers (Artaxerxes / Semira et Arbaces / Mandane) dont l’union et le sort sont mis à mal par l’ambition haineuse du général intriguant Artabanes (père d’Arbace). C’est compter sans la loyauté d’Arbace pour le fils de Xerxes, Artaxerxes… en lieto final heureux- poncif du genre, les amants peuvent s’aimer alors que le méchant est exilé à vie de la Cour perse.
La partition restait jusque là difficile à remonter car il y manquait bon nombre de recitatifs et la fin de l’acte III malgré un livret parvenu complet ; c’est à partir de ce dernier que Ian Page a restitué le matériel musical manquant, permettant de mesurer l’impact dramatique de l’ouvrage dans sa continuité musicale ainsi reconstruite.
Au début des années 1760, le style de Arne recueille toute la saveur des operas et oratorios haendéliens conçus pour l’audience londonienne avant lui ; il inféode le cadre de l’aria napolitaine à l’expression naturel du sentiment ; ainsi la succession des airs est moins mécanique, elle acquiert une fluidité émotionnelle qui annonce directement ….le jeune Wolfgang. Il était donc important que Ian Page et les Mozartists, interprètes fameux des premiers opéras de Mozart, rétablissent ainsi le contexte dans lequel Wolfgang s’est « formé », apportant sur le terreau de l’opera seria, sa propre culture : Ian Page aura exprimé en un geste très engagé l’originalité des opéras mozartiens de jeunesse et sa première contribution (avant Idomeneo) au genre italien seria : Bastien und Bastienne / Grabmusik, Apollo et Hyacinthus, Zaide, Il Sogno di Scipione, Mitridate, Re di Ponto, Il Re pastore, sans omettre le programme Die Schuldigkeit des ersten Gebots ou l’album thématique « MOZART IN LONDON »…
CLIC_macaron_2014Sans voix graves (ni baryton ni basse chantantes comme chez Haendel mais 2 ténors), la palette vocale privilégie évidemment les voix hautes : 2 castrats pour les personnages clés – viriles- du rôle-titre Artaxerxes (ici le contre ténor Christopher Ainslie ; d’Arbaces (chanté ici par la mezzo Caitlin Hulcup); la distribution réunie en 2009 dont rend compte cet enregistrement comme chez Hane en avril 2021 souligne la tendresse du style et la sensibilité d’ARNE dans le style galant, expressif et pathétique, offrant des arias courtes d’une grande fraîcheur juvénile. Ce souci de caractérisation, privilégiant le naturel et la sincérité des arias selon chaque situation psychologique et dramatique accrédite la présente lecture et confirme l’affinité des Mozartists avec le répertoire « mozartien », en particulier la période artistique propre aux années 1760, celle qui entre Haendel et Mozart, est contemporaine du théâtre gluckiste. Passionnante Å“uvre de défrichement mozartien. A suivre.

CD événement, annonce. ARNE : Artaxerxes / The Mozartists / Ian Page / 2 cd Signum classics – parution : mi mai 2021 – enregistré à Londres nov 2009, avril 2010. CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2021.

VISITEZ le site des MOZARTIST / IAN PAGE :
https://www.mozartists.com

Orfeo ed Euridice de Gluck, 1762

logo_francemusiqueGLUCKFrance Musique. Le 21 mars 2015, 19h. Orphée et Eurydice de Gluck en direct de Lyon. Il aurait fallu plutôt intituler la production présentée par Lyon, Orfeo ed Euridice car il s’agit de la première version de l’opéra, créé à Vienne en 1762. Le rôle titre est chanté par un castrat (haute contre de nos jours: ici, Christopher Ainslie et Victor von Halem) tandis que parti pris lyonnais le rôle miraculeux de l’amour est chanté par le choeur. Gluck écrit un rôle dense et d’une grandeur tragique pour le poète Thrace, accablé par le deuil : il ne souhaite que sauver Eurydice des Enfers. Mais il échoue car il n’a pas su respecter l’interdit divin : ne pas se retourner pour voir la jeune femme pendant leur ascension jusqu’à la terre et la vie. Au bord du suicide, sujet voué aux mille nuances de la dépression (déjà romantique), Orphée est à nouveau sauvé par l’Amour compassionnel et généreux : Eurydice lui est restituée. Epurée, presque ascétique, réduite à un huis clos entre 3 personnages : Orphée, Eurydice, l’Amour, la partition laisse aussi une place essentielle à l’orchestre qui affirme un style frénétique nouveau (l’air des furies), et aussi étonnamment nostalgique et rêveur (les âme bienheureuses aux Champs Elysées) qui saura lors du séjour de Gluck à Paris, 10 années plus tard, sous le règne de la jeune Marie-Antoinette (son ancienne élève à Vienne), réformer en profondeur l’opéra français. La grandeur tragique de Gluck laisse alors un nouveau modèle lyrique, mais pour l’audience parisienne, Orphée est alors chanté par un ténor…

France Musique, le 21 Mars 2015, 19h30. En direct de Lyon.
Gluck : Orfeo ed Eurydice, créé à Vienne en 1762

David Marton, mise en scène
Enrico Onofri, direction

Avec Christopher Ainslie et Victor von Halem (Orfeo), Elena Galitskaya (Euridice), Maîtrise de l’Opéra de Lyon (Amour).

A l’affiche de l’Opéra de Lyon, du 14 au 29 mars 2015