vendredi, décembre 9, 2022

Rachmaninov: Les Cloches. Liss, directionEn direct de Nantes, samedi 4 février 2012 à 10h15

A ne pas rater

Rachmaninov


Les Cloches
, 1913
d’après Edgar Poe

France Musique
Arte
En direct
Samedi 4 février 2012 à 10h15

Programme phare de la Folle Journée 2012 à Nantes qui consacre et sacre les grands compositeurs russes dont évidemment Rachmaninov (1873-1943).
Sur le plan musical, Les Cloches composent un ample poème symphonique d’après Poe qui marque le retour à l’écriture d’un compositeur névrosé, silencieux depuis deux années (après l’échec de sa première symphonie); c’est une excellente entrée en matière pour évoquer le génie de leur auteur: un génie d’autant plus important qu’il a essuyé et même subi avec peine et amertume, les critiques acerbes de certains critiques et écrivains dont Adorno. Rachmaninov est un être déraciné que l’exil a rendu de plus en plus nostalgique et sensible aux épisodes dramatiques de son époque: Les Cloches sont composées à la veille de la première guerre; elles portent les convulsions d’une expérience douloureuse, l’exil, la mort (décès de sa chère cousine Véra Skalon) et la guerre ; autant de syncopes et failles intimes qui colorent l’ensemble de l’approche d’une profondeur âpre, comme s’il s’agissait d’une ultime danse crépusculaire. D’autant qu’en 1912 au moment où se précise le plan de l’oeuvre, après la choix du poème de Poe, Rachmaninov est sur les routes avec femme et enfants: jusqu’à Rome où il s’installe dans le même appartement qu’avait choisi Tchaïkovski (si admiré), puis à Berlin… Le compositeur exprime toute l’impuissance dérisoire de l’homme face à la course du temps; de l’enfance à la vieillesse, toute une vie se précipite sans pause confrontant inéluctablement l’individu face au masque de la mort… issue incontournable et terrifiante. C’est bien l’aveu d’un désenchantement qui se manifeste ici, mais au terme d’un périple musical riche en flamboiements sonores, instrumental et vocal.

Cloches de désillusion et d’espérance

Le déroulement de l’oeuvre est porteur de ce lyrisme rentré et suggestif, que d’aucun ont taxé de kitsch et de superficiel voire décoratif et vulgaire (comme on l’a dit aussi du style de Tchaïkovski, trop autobiographique, démonstratif, exhibitionniste…), lorsqu’il s’agit surtout de l’expression à la fois la plus sincère et la plus intime du psychisme de leur concepteur. Les Cloches (créées en novembre 1913 à Saint-Pétersbourg) sont une partition traversée de visions et de sentiments profonds à partir de la traduction en russe du poète Constantin Blamont d’après Poe, il faut en saisir l’opulence et la transparence de la texture orchestrale, comme l’allant irrépressible, éminemment épique, de cette « symphonie en quatre mouvements », qui exige autant des choeurs, admirablement intégrés au tissu orchestral, de bout en bout, mais aussi des trois solistes (soprano, ténor, baryton). Ici s’accomplit le cycle entier d’une vie humaine, symboliquement jalonné par l’évocation des cloches de la naissance, des noces, des funérailles…

En direct et en simultané sur Arte et France Musique:
Yana Ivanilova, soprano
Choeur Symphonique de l’Oural
Orchestre Philharmonique de l’Oural
Dmitri Liss, direction

Rachmaninov : Les Vêpres (Les Vigiles de Nuit) pour choeur mixte a cappella opus 37, extraits
Rachmaninov : Les Cloches, poème pour orchestre symphonique, choeur et solistes

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