samedi 26 septembre 2026

ENTRETIEN avec FANNY CLAMAGIRAND, directrice artistique du Festival Les Classiques de la VILLA CHARLOTTE aux Sables d’Olonne (3ème édition en 2025)

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CLASSIQUENEWS : Cette année, vous mettez à l’honneur l’Espagne et aussi la clarinette, de quelle façon et pourquoi ?

FANNY CLAMAGIRAND : Cette année j’ai souhaité convier la guitare, pour élargir encore l’univers des cordes et dévoiler de nouvelles complicités. La guitare est effectivement l’un des instruments les plus représentatifs du répertoire espagnol. La carte blanche proposée par Raphaël Feuillâtre « Bach et l’Espagne » a fini de donner le ton, pour une partie de la programmation du moins ! Et, en dernier lieu, pour le thème de la conférence « La musique à l’heure espagnole ».
En parallèle, le choix du répertoire se fait par petites touches, suivant une idée, une envie, une inspiration, des souvenirs de concerts ou d’oeuvres jouées ou entendues qui m’ont marquées.
Et le souhait aussi de mettre en valeur un instrument d’une autre famille. Pour toutes ces raisons, la clarinette s’est imposée ! Et avec elle, le Quintette de Brahms op.115, chef d’oeuvre absolu, mais aussi les Contrastes de Bartok ou l’Ouverture sur des thèmes juifs de Prokofiev. La thématique des musiques folkloriques en est ressortie et la résonance avec l’Amérique au sens large. Ainsi, l’Espagne, qui n’est pas sans évoquer la danse et par extension fait référence à la musique latine et au tango notamment, a trouvé comme écho indispensable l’Histoire du Tango de Piazzolla, pour violon et guitare.

 

 

CLASSIQUENEWS : Parlez-nous de la prochaine création, quelle en est la genèse?

FANNY CLAMAGIRAND : Après Karol Beffa, l’année dernière, nous avons passé commande cette année à Johan Farjot, autre compositeur français aux multiples facettes ! L’oeuvre « A Hymn to the Morning » est un duo pour violon et clarinette et sera créée le samedi soir 13 septembre.
C’était également mon souhait de mettre à l’honneur la clarinette au travers de cette création et dans une formation moins habituelle. Je serai en compagnie du clarinettiste Sérgio Pires.
Le titre est emprunté à un poème de Phillis Wheatley, première poétesse afro-américaine publiée au XVIIIè siècle. Et voici ce qu’en dit le compositeur :
« L’oeuvre n’est pas une illustration littérale du poème. Il s’agit plutôt d’un hommage implicite, d’une transposition sensible, où le matin n’est pas une heure mais un état fragile du monde.
Écrite pour deux instruments solistes — clarinette et violon — la pièce explore une poétique du dépouillement, dans laquelle chaque note pèse, chaque silence résonne. Les lignes musicales se croisent sans jamais se dominer, comme deux voix intérieures ou deux ombres dans une lumière naissante. Derrière une apparente clarté harmonique, se nichent parfois des troubles diffus, des infimes bascules de timbre ou de tension : une manière de dire que l’aube, si elle éclaire, n’efface pas tout. »

 

CLASSIQUENEWS : En tant qu’artiste soliste, que vous apportent la pratique de la musique de chambre, le fait de vous associer avec d’autres solistes au profil différent ? Qu’apporte le fait de jouer quintettes et sextuors ? Comment se passent le travail de préparation, les répétitions ?

FANNY CLAMAGIRAND : J’aime l’idée de pouvoir partager sur scène une expérience différentes avec d’autres solistes grâce à la musique de chambre. En effet, nous nous connaissons, nous croisons souvent, mais plus rarement avons ce temps nécessaire, ce bonheur et l’occasion de préparer ensemble des oeuvres aux effectifs plus importants qui demandent une autre écoute et d’autres réflexes. Un soliste, par définition, est seul la plupart du temps ! Mais la musique, dans ou sous toutes ses formes, reste toujours un échange, un dialogue et la plus belle source d’inspiration et de complicité sur scène, prolongeant ce moment privilégié avec le public, et en amont lors des répétitions.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment s’inscrit cette nouvelle édition comparée aux précédentes ? Que renforce-t-elle dans le projet global ? Quels sont pour vous les temps forts et pourquoi ?

FANNY CLAMAGIRAND : Cette nouvelle édition s’inscrit dans la continuité des précédentes ! Le violon, et les cordes, en sont toujours le fil conducteur, mais dialoguant avec le plus grand bonheur avec tous !
J’ai tenu également à ce que le répertoire soit toujours aussi varié, aussi bien dans le choix des oeuvres que des formations ou associations d’instruments. Autre attachement fidèle à l’âme des lieux et du festival, avec Le Grand Concert I aux couleurs de la Belle Epoque, avec comme oeuvres maîtresses le Prélude, Choral et Fugue de Franck donné par Jean-Paul Gasparian, et la Première Sonate pour violon et piano de Fauré. La diversité des lieux, des atmosphères, les artistes de premier plan ainsi que la place faite à la création en miroir d’un passé nourri d’art, de beauté et d’inspiration, font de ce Festival un événement sablais devenu rendez-vous. Et j’espère pouvoir dire que nous aurons rassemblé encore plus de public !

Je dirais que tous les concerts sont autant de temps forts car ils sont tous très différents ! Je suis heureuse si l’émotion, le partage, le Concert, la Musique tout simplement ont pu être mis en valeur… comme dans un écrin, et ainsi offrir au public un moment hors du commun, hors du temps, porté par un lieu et son histoire.
Le concert au musée avec Raphaël Feuillâtre, en duo violon-guitare est la promesse d’un voyage plein de caractère et de poésie.

 

 

CLASSIQUENEWS : Le festival est un chantier en cours qui prévoit à terme de nouveaux équipements… Pouvez vous évoquer les lieux investis, ceux à présents achevés, ceux en cours ? Quelle en est la conséquence sur le plan artistique?

FANNY CLAMAGIRAND : Un festival est par essence en constante évolution ; l’expérience est nouvelle chaque année mais évidemment une ligne, une identité se dessinent et en font son coeur battant.
L’édition 2026 va effectivement connaître beaucoup de changements.
Nous investirons complètement le site de la Villa Charlotte ; le musée, lui, sera en travaux et nous quitterons, non sans émotion, le Logis du Fenestreau, lieu dont la beauté remarquable a contribué à l’âme de l‘événement. Mais gardons la surprise de la nouvelle configuration, qui devrait beaucoup plaire je crois ! La Villa Charlotte offre un point de vue à couper le souffle sur l’océan…

 

Propos recueillis en septembre 2025

 

 

 

présentation

LIRE notre présentation du 3ème Festival Les Classiques de la Villa Charlotte : du 11 au 14 septembre 2025 : https://www.classiquenews.com/sables-dolonne-les-classiques-de-la-villa-charlotte-11-14-sept-2025-fanny-clamagirand-jean-paul-gasparian-brahms-bartok-dvorak-prokofiev/

Aux Sables d’Olonne, la 3ème édition du festival Les Classiques de la Villa Charlotte s’annonce aussi généreuse et intense que les précédentes éditions. Le festival de fin d’été est devenu le rendez vous majeur aux Sables d’Olonne, chaque mois de septembre. Emblème de la ville en bord de mer, comme « Ville de Culture, d’Art et d’Histoire », la Villa Charlotte, mise à l’honneur pendant le cycle des concerts…

 

 

 

SABLES D’OLONNE. Les CLASSIQUES de la VILLA CHARLOTTE, 11-14 sept 2025. Fanny Clamagirand, Jean-Paul Gasparian… Brahms, Bartok, Dvorak, Prokofiev…

 

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