dimanche 18 octobre 2026

CRITIQUE CD événement. « Partout Amour me vient chercher »… DU MONT, COUPERIN, GRIGNY, BOESSET… Ensemble CAPELLA LEONIS / Cédric Costantino, Philippe Foulon (1 cd Indésens Calliope records 2022)

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D’un XVIIè introspectif et secret, les interprètes de CAPELLA LEONIS font jaillir l’ivresse hypnotique de partitions méconnues dont ils savent rétablir la flamboyante activité instrumentale autant que vocale. D’emblée, le Grigny préliminaire est d’un Lullysme dansant, alliant finesse, élégance, poésie ; puis s’affirme un Du Mont méconnu, celui là mélodiste qui exprime avec une distance pudique égale à Grigny, les tourments permanents du cruel amour (« Partout amour me vient chercher »), soulignant la peine et les souffrance des coeurs amoureux (éprouvés par Phillis ou Aminte)…

 

 

 

 

Le programme est riche et composé d’airs instrumentaux et vocaux d’une indiscutable cohérence, étirant comme un ruban soyeux, l’insondable langueur éperdue des âmes éreintées (« Quand l’esprit accablé / d’après le Psaume IV : « Cum invocarem »)…
Alternant chant des instruments et trio vocal, les 14 airs ici réalisés témoignent du sens de la couleur, de la caractérisation linguistique autant que poétique du collectif réunis autour du claviériste Cédric Costantino.
La sensibilité instrumentale des interprètes se révèle dans le jeu continu des timbres associés, dans des solos inattendus (prélude pour le « sordun alto » : « Je n’ai jamais parlé de mon amour extrême… » ; virginal préalable, puis chalumeau ténor dans la Sarabande mesurée, presque évanescente et d’une noblesse secrète (Étienne Richard) ; superbe gravité dépouillée de la Fantaisie en rondeau de Jean de Sainte-colombe par la viole seule de Philippe Foulon ; même mordant inspiré et belle caractérisation instrumentale pour l’air à boire de Du Mont qui suit (« je ne sçai ce que c’est que d’un fa ny d’un sol »)…
Ici « Les carillons de Paris » de Louis Couperin font danser les instruments requis (violons, hautbois, ténor de chalumeau), dans un jeu d’expositions et de réponses, élégant, presque facétieux.

Dans ce jeu des transpositions, on se délecte du Prélude d’orgue de Charles Richard, ici défendu et superbement animé par violes, violone et …basson.
Le final est une apothéose, soulignant la poétique musicale d’Antoine Boësset (« Ô mort, l’objet de mes plaisirs », 1617), prière adressée à la mort libératrice et salvatrice, pour éteindre ici « l’ardeur de mes feux »… quatuor de violes, organetto en dessinent l’épure évocatrice comme dépouillée, promesse d’un effacement consenti vers l’apaisement ultime. Chanteurs et instrumentistes y réalisent un sommet nostalgique et pudique, en nuances et suggestivité, à l’ombre de plus en plus prenante, offrant de ce programme pictural, un adieu collectif qui s’efface graduellement. Choix très affiné des partitions, cohésion des enchainements, instrumentarium audacieux et poétiquement juste, ce concert de l’Ensemble CAPELLA LEONIS, dirigé par Cédric Constantino défend une très belle trajectoire. Superbe geste vocal et instrumental. CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026.

 

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CRITIQUE CD événement. « Partout Amour me vient chercher »… DU MONT, COUPERIN, GRIGNY, BOESSET… ENSEMBLE CAPELLA LEONIS, Cédric Costantino / Philippe Foulon, co-direction – enregistré en juillet 2022 – durée : 1h18 mn. CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

 

PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur Indésens : https://indesenscalliope.com/boutique/partout-amour-me-vient-chercher/

 

 

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