L’un de ses trios n’étant constitué que de l’assemblage de fragments de pièces de Mozart, réunies par l’Abbé Stadler, ce sont au final 6 trios pour clavier, violon et violoncelle que l’Ensemble Bagatelle nous propose en deux concerts. Écrits pour des amis, joués par des amis, ils illustrent un divertissement familial et amical dans lequel Mozart excelle autant sur le plan contrapuntique que mélodique et concertant, avec peu à peu, l’individualisation de la partie de violoncelle, à l’égal des deux autres (violon / piano).
En 2 dates événements, le Collège des Bernardins propose une intégrale des 6 Trios avec clavier de Mozart, jeudi 12 février puis jeudi 12 mars 2026 (20h) – INFOS : https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/mozart-integrale-des-trios-avec-piano—partie-1
Les pièces pour le clavier (clavecin ou piano) avec cordes (violon et violoncelle) paraissent après l’achèvement de la Sérénade Haffner (août 1776).
Dans le style galant, le premier Trio K 254 frappe par sa fluidité mélodique qui rayonne en particulier dans le sublime Adagio central (en mi bémol). Le K 496 remonte à juillet 1786 et affirme la plume souveraine de Mozart dans l’histoire du genre. La vogue du pianoforte dans les milieux privés suscite un engouement pour le trio, genre destiné à la pratique et au divertissement entre amis ; le compositeur sait cultiver un contrepoint fouillé aux accents mystérieux qui enrichit déjà considérablement l’écriture. Le K 502, est achevé à Vienne en nov 1786, quelques jours avant la Symphonie « Prague », marquant une nette amplification polyphonique, car le violoncelle cesse de strictement doubler la main gauche du piano, mais défend une partie indépendante qui dialogue avec le violon (début de l’Allegretto final).
Les 3 derniers Trios relèvent d’une série séparée qui prend naissance en 1788 ; précisément en juin pour le K 542 en mi majeur, pièce particulièrement admirée par Chopin. Dès l’Allegro introductif, l’écriture se fait plus libre, gracieuse, heureuse et transparente où brille la partie émancipée du violoncelle dans un contexte de plus en plus concertant (trait évident dans l’allegro final) – élément encore absent ou embryonnaire dans la série de 1786. L’Andante grazioso touche par sa mélancolie profonde.
Le trio en ut majeur (K 548) composé en juillet 1788, s’intercale juste avant la bouleversante Symphonie en sol mineur (n°40). L‘andante cantabile central fait valoir le tempérament individualisé du violoncelle. Enfin le dernier Trio (K 564, en sol majeur), achevé en oct 1788, est d’une aisance fluide, destiné elle aussià son ami Michael Puchberg (frère de loge soutien financier souvent sollicité). La candeur, voire l’insouciance de l’Andante se distingue : sa clarté et sa transparence approche le miracle de La Flûte enchantée.
____________________________________





