Eclairs gésualdiens... Or à l'écoute des Hilliard, l'ombre grave de Gesualdo gagne une prodigieuse lumière: ivresse des hauteurs et d'une élévation toute spirituelle, plutôt qu'épanchements noirs d'un homme défait rongé par la faute commise voire le remords; la fermeté de l'élocution, le relief parfois acide et mordant de la sonorité chorale ...
Gergiev embrasé, Elektra en déséquilibre... Dommage que l'Elektra de Jeanne-Michèle Charbonnet manque de précision dans l'articulation, de souffle, de soutien dans le registre haut de la voix, surtout se laisse dépassée par un vibrato envahissant qui gêne considérablement la ligne vocale...
Saintes fait cette année la part belle aux sonorités "authentiques", une ligne artistique toujours défendue depuis ses débuts. Toute approche ne vaut ici que si elle interroge de façon critique, vivante, inventive, la forme choisie... L'Abbaye romane à l'ample volume intérieur accueille le Jeune Orchestre Atlantique
Arabella est un vaudeville viennois post romantique et nostalgique où le flot ininterrompu de la musique exprime plus que le chant et le texte, l'itinéraire amoureux de deux soeurs; l'une (Zdenka) se sacrifiant pour le bonheur de son aînée : Arabella. Car c'est ici, encore comme toujours dans les opéras straussiens, le thème central de la métamorphose
Sablé 2012.
Pour sa première année à la tête du Centre Culturel de Sablé et du Festival estival, Alice Orange démontre que la continuité peut se faire en renouvelant notre regard sur le monde baroque qu'a défendu pendant plus de 30 ans, son prédécesseur Jean-Bernard Meunier
Voici un aperçu de la vitalité des sensibilités lyriques à Paris au XIXè, diversemment accueillies à l'Opéra, Opéra-Comique, Théâtre Lyrique et Théâtre Italien. Tous les auteurs réunis dans ce florilège sont passés par le Conservatoire...
Retour d'Hippolyte et de Rameau à l'Opéra de Paris... Rameau
Hippolyte et Aricie, 1733
Paris, Palais Garnier, jusqu'au 29 juin 2012
Grand retour de Rameau sur la scène de l'Opéra de Paris. Le Dijonais qui a tend composé pour l'Académie Royale de musique à l'époque de Louis XV mérite bien d'être joué au Palais Garnier... Sous la direction (contestée) d'Emmanuelle Haïm, bien peu ramiste et sans vraie vision de l'ouvrage, l
l'Opéra national de Paris mérite davantage que ce décorum qui ne maîtrise en rien l'articulation et les contrastes raméliens. Voici un Rameau conçu (adouci, édulcoré) comme une jolie vitrine de porcelaines de Saxe. Ce surcroît d'effets esthétisants, la présence minoritaire de voix accomplies peuvent-elle faire un opéra de Rameau...?