Antoine Tamestit et Nikolaj Szeps-Znaider célèbrent les liens musicaux qui unissent la Pologne et la France, dans ce programme dont l’Italie pittoresque et ensoleillée du jeune Harold, le héros de Lord Byron, est le protagoniste magnifique.
Mars 1846 : Berlioz arrive à Wrocław, capitale de la Silésie alors intégrée à la Prusse sous le nom de Breslau. Assistant notamment à la reprise d’un mouvement de sa symphonie avec alto principal, Harold en Italie, le compositeur Français salue la recette du concert, d’un montant inespéré qui démontre alors combien le public polonais aime la musique française. Il est vrai que Berlioz, inspiré par le héros Childe Harold de Lord Byron, signe l’une de ses partitions les plus puissantes et originales : sanguin, fier, Harold est en réalité un anti-héros romantique, âme mélancolique, solitaire, clairement désenchantée. Il est comme Faust : traversant l’histoire, interrogeant les civilisations mortes, voyageant dans une Europe terne et hypocrite qui porte à l’ennui, il rêve d’un idéal, certes nécessaire mais inatteignable. La quête d’Harold est celle d’un idéaliste toujours insatisfait, un rêveur qui cependant trouve l’apaisement dans la célébration de la Nature… ce que la partition de Berlioz exprime avec un génie lui aussi inatteignable. Un vrai défi pour l’orchestre et le soliste (ce soir l’altiste Antoine Tamestit) qui incarne les aspirations profondes de ce héros atypique.
Au siècle suivant, la France devient la terre d’adoption de Tansman, dont elle fait un de ses compositeurs fétiches avant de l’oublier. La Deuxième Symphonie (1926) est dédiée au chef d’orchestre Serge Koussevitzky, qui l’emporte rapidement aux États-Unis. Sa radiodiffusion y provoque un tel enthousiasme que le compositeur polonais est aussitôt invité pour des tournées outre-Atlantique. C’est là qu’il trouvera asile lorsque, naturalisé français, il devra fuir l’antisémitisme durant la guerre. De l’occupation allemande, l’Ouverture de Grażyna Bacewicz rappelle les heures noires dans l’attente de la victoire.
ALEXANDRE TANSMAN
Alexandre Tansman (1897 – 1986), compositeur polonais naturalisé français, est souvent associé à une écriture musicale particulièrement riche qui allie éclectisme stylistique et clarté formelle. Sa qualité la plus emblématique est sans doute son sens mélodique, sa grande vitalité rythmique inspiré des musiques populaires et folkloriques, notamment celles de son pays natal, la Pologne, ainsi que des influences méditerranéennes et orientales. Musique personnelle et moderne, et tout autant accessible et expressive… le style de Tansman est particulièrement séduisant (qui se souvient du modèle de Brahms, dont son professeur Wojciech Gawronski fut l’élève… D’autant que l’orchestration colorée et inventive, alliant néoclassicisme et éléments plus avant-gardistes… sonne comme une signature captivante.
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Jeudi 13 nov 2025, 20h
Samedi 15 nov 2025, 18h
Auditorium Orchestre National de Lyon
Grande Salle
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Auditorium Orchestre National de Lyon : https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/harold-italie
distribution
Orchestre National de Lyon
Nikolaj Szeps-Znaider, direction
Antoine Tamestit, alto
programme
Grażyna Bacewicz : Ouverture / 6 min
Alexandre Tansman : Symphonie n° 2, en la mineur / 27 min
Hector Berlioz : Harold en Italie / 43 min
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