jeudi, décembre 8, 2022

Arques la Bataille. Eglise, le 24 août 2012. L’Arte del Lamento: il teatro delle Passioni. Monika Mauch, soprano. Daedalus : Roberto Festa, direction

A ne pas rater
concert, compte rendu
Festival de musique ancienne d’Arques la Bataille

Compte rendu rédigé par notre envoyée spéciale à Arques, Monique Parmentier

Les concerts de l’ensemble Daedalus, nous semblent toujours trop rares, eux dont les projets sont toujours passionnants, mélangeant érudition et hédonisme.

Savamment construit, le programme de ce soir est loin de leur être inconnu. Ils nous ont déjà offert en 2007 au disque un programme consacré comme ce soir à l’art de la mélancolie, thème ô combien baroque, y reviennent aujourd’hui avec un autre regard. L’Arte del Lamento, nous offre un instant de méditation et de pure poésie musicale. Loin des larmes des violes anglaises qui étaient en partie l’objet de ce double CD, c’est le sfumato de la lumière du sud, si expressif des passions de l’âme et des tourments de l’Italie du Seicento, que les instruments et la voix nous disent ici.


L’Arte del Lamento : une diaphane mélancolie

Roberto Festa (à la flûte) n’a fait qu’une courte apparition ouvrant et concluant le concert, avec des pièces instrumentales de Maurizio Cazzati. Mais ce trop court passage, se révèle envoûtant. Il nous permet de nous enlever vers ces mondes où sensualité et épicurisme donnent aux larmes de la mélancolie un goût moins amer. D’ailleurs tout le concert nous donnera ensuite l’étrange sentiment d’une maîtrise des émotions par ce sentiment de bien être qu’apporte au-delà de la blessure, la connaissance.

Si la grande figure musicale de l’époque fut Monteverdi, de très nombreux compositeurs ont tenu une place essentielle dans la vie musicale italienne, marquant de leur empreinte, le développement de l’art du madrigal, ce théâtre des affects. Tous ceux qui figurent au programme du concert, attachèrent une grande importance à cet équilibre entre musique et poésie, harmonie musicale et effets déclamatoires et expressifs.

Les musiciens de l’ensemble Daedalus ont rendu avec talent les nuances des ombres et lumières de l’Italie du Caravage et d’Artemisia Gentileschi et de chacune de ces miniatures où se jouent le plaisir et la souffrance d’aimer. Les couleurs moirées des cordes pincées et la flamboyance tendre des violons, ont donné à ce récital un goût d’éternité. La soprano Monika Mauch, de son timbre diaphane nous a porté avec douceur dans ces mondes pourtant âpres, peut–être même avec trop de douceur. Sa prosodie perfectible, ne souligne pas assez le sens des mots, tout particulièrement chez Barbara Strozzi ou dans la Canzonetta spirituale sopra alla nana de Tarquinio Merula. On aimerait dans ces moments là, sentir le théâtre, la tragédie avec un peu plus de présence.

La belle soirée musicale que nous a offert l’ensemble Daedalus, restera longtemps dans nos esprits. Le très beau cadre de l’église Renaissance d’Arques la Bataille, permettant au charme quasi mystique de cette soirée d’agir, nous permettant d’oublier, l’absence d’indignation et de fureur dans le chant. Plus que mélancolique ce concert fut porteur de nostalgie.

Arques la Bataille. Eglisel, e 24 août 2012. L’Arte del Lamento: il teatro delle Passioni. Maurizio Cazzani (1616 – 1678), Ballo del Ombre, Giga detta la Bergellina. Barbara Strozzi (1619-1877), Eraclito amoroso, Serenata a tre con i violini ; Biago Marini (1597-1665), Sonata sopra « Fuggi dolente core » ; Domenico Mazzocchi (1592-1665)/Virgilio (C. 70 av. J.-C.-19 av. J.-C.) (paroles), Lamentum Matris Euryali. Tarquinio Merula (1595 – 1665), Folle è ben chi si crede, Canzonetta spirituale sopra alla nana ; Johann Heinrich Schmelzer (1623-1680)/Giacomo Antonio Bergamori (paroles), Lamento di Arielle (de La Caduta di Gerusalemme sotto l’impero di Seditia). Francesco Corbetta (1615-1681), Ciaconna. Monika Mauch, soprano. Daedalus : Roberto Festa, direction et flûte

Compte rendu rédigé par notre envoyée spéciale à Arques, Monique Parmentier

Illustration: Roberto Festa (DR)

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