NOUVELLE PRODUCTION événement … Construite en « constellations », chacune aux couleurs de chaque saison, la première série d’événements musicaux à L’Opéra de Lille met à l’honneur l’opéra baroque ; c’est l’un des chefs d’œuvre de Haendel, ALCINA, qui occupe le cœur de la constellation d’automne. Sous la direction d’Emmanuelle Haïm, c’est moins la puissance de la magicienne que sa solitude amoureuse et même son impuissance qui enrichissent chez Haendel, un remarquable portrait de femme : un être fragile et inquiet, ce malgré le spectacle de sa plénitude heureuse voire voluptueuse, au début de l’opéra, alors souveraine soumettant le beau Ruggiero à ses plaisirs sensuels…
Portrait de femme
L’œuvre est d’autant plus bouleversante que c’est l’ouvrage d’un Haendel mûr, maître de son art et qui propose depuis 20 ans à Londres, les vertiges de l’opéra seria italien. Un genre qui même très codifié, emprunte grâce au génie haendélien, une souplesse et une profondeur musicale, psychologique inédite. La succession parfois sèche arias / recitativos se brouille et les mouvements entre épisodes d’action (recitativos) et exposition des sentiments (arias) fusionnent indistinctement. Ainsi la place du récitatif accompagné, tel le sublime « Ombre pallide », où Alcina démuni, détruite, « invoque les esprits des ombres afin qu’ils lui viennent en aide, tout ce qui constituait jusque-là le matériau musical semble se dissoudre.
On entre alors dans une forme d’errance qui nous fait quitter le cadre traditionnel de l’air », précise avec justesse Emmanuelle Haïm. Et pour mieux souligner le relief voluptueux, lascif d’Alcina, Haendel redessine le profil de Bradamante, l’épouse de Ruggiero, dont il fait à l’inverse, la figure de la fidélité combattive : Bradamante recherche Ruggiero sans hésiter. Coûte que coûte. De son côté Ruggiero, chanté à la création par le castrat Carestini, semble engourdi, cotonneux, moins volontaire, comme envoûté par la Sorcière amoureuse ; puis, comme réveillé d’un songe qui l’illusionnait, le chevalier condamne les plaisirs de l’île enchantée (« Verdi prati »)…
Dans le rôle titre, l’Opéra de Lille retrouve Karine Deshayes (qui avait chanté dans Tamerlano pour la réouverture de la maison lilloise en 2004) et autour d’elle, une distribution de jeunes chanteurs venus de France, d’Afrique du Sud et d’Arménie, avec lesquels la cheffe Emmanuelle Haïm a conçu chaque reprise des da capo, selon leur identité vocale respective. — LIRE l’intégralité de l’entretien avec Emmanuelle Haïm : « la solitude des magiciennes », sur le site de l’Opéra de Lille : https://www.opera-lille.fr/magazine/la-solitude-des-magiciennes/
_______________
HAENDEL : Alcina à l’Opéra de Lille
6 représentations
Mardi 6 octobre19h30
Jeudi 8 octobre19h30
Dimanche 11 octobre16h
Mardi 13 octobre19h30
Jeudi 15 octobre19h30
Samedi 17 octobre18h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Lille :
https://www.opera-lille.fr/spectacle/alcina/
Durée : +/- 3h30 entracte compris
Chanté en italien
Surtitré en français et en anglais
Tarif A : 77 €|56 €|36 €|14 €|6 €
ALCINA
Opéra de Georg Friedrich Händel (1685-1759)
Livret de Riccardo Broschi d’après Orlando furioso de L’Arioste
Créé en 1735 à Londres
Avec
Karine Deshayes : Alcina
Adèle Charvet : Ruggiero
Jasmin White : Bradamante
Josh Lovell : Oronte
Lilit Davtyan : Morgana
Camille Chopin : Oberto
Ashley Riches : Melisso
Danseurs
Warren Anicet-Siger, Yohann Baran, Camerone Bida, Florie Laroche, Hartmut Reichel
Le Concert d’Astrée
Direction musicale : Emmanuelle Haïm
Mise en scène : Ewelina Marciniak
Scénographie et costumes : Natalia Mieczak
Lumières : Monika Stolarska
Chorégraphie : Mikolaj Karczewski
Assistante mise en scène : Lea Theus
Dramaturgie : Miron Hakenbeck
Nouvelle production de l’Opéra de Lille
_________________________




