samedi 10 octobre 2026

CRITIQUE CD événement. « Bezaubert » / Richard Strauss, Oliver Gruhn : Lieder. Diana Schnürpel, Staffan Liljas, Symphoniker, Sebastian Lang-Lessing (1 cd – sept 2024)

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Dans ce cd événement, enregistré à Hambourg en 2024, le compositeur berlinois Oliver Gruhn confirme un tempérament exceptionnel pour l’écriture orchestrale, alliant puissance et subtilité onirique, ce dans une orchestration somptueuse et subtile, et porté par un sens indiscutable du drame intérieur. L’auditeur peut mesurer l’ampleur de son imaginaire (en cela parfaitement en phase avec la poésie d’Hermann Hesse, auteur mis en avant aux côté de Richard Strauss) ; il peut tout autant se délecter de tels dons d’orchestrateur, inspiré par les textes poétiques dont chaque image et sentiment trouve dans la réalisation sonore, un étonnant prolongement musical. Un miroitement de couleurs et de timbres, d’accents et d’effets contrastés au diapason du visuel de couverture, bigarré, flamboyant, détail d’une composition peinte d’Oliver Gruhn lui-même (« sommergarten » / jardin d’été)… L’apport du cd est double : il vient compléter les « derniers lieder de Richard Strauss » en proposant l’orchestration de 2 lieder « Nacht » et « Malven » ; il offre un premier aperçu sur les propres lieder du compositeur berlinois visiblement très inspiré par le modèle straussien…

 

 

 

 

 

Au total se sont 3 cycles de lieder composés par Oliver Gruhn, majoritairement associés aux textes de Hesse. Figurent aussi les vers de la poétesse Ricarda Huch entre autres)…
Deux sont pour soprano (« Sommerliebe » et le dernier « Brennendes Herz »).
Le 3è cycle est pour baryton : soit le très spectaculaire « Der König ohne land / Le roi sans royaume », corpus intégralement écrit par Hermann Hesse et certainement, l’ensemble le plus dramatiquement développé. Les 2 solistes requis sont d’un bout à l’autre étonnamment impliqués et nuancés, véritable diseurs, évidemment d’autant plus naturels qu’ils captent et maîtrisent toutes les nuances de la langue et donc de chaque texte poétique.

Le soprano de Diana Schnürpel déploie tout au long des mélodies un timbre charnu et clair, aux aigus rayonnants, ciselant son intelligibilité avec style et élégance, aussi puissant que fin et précis, aussi souple qu’agile et expressif. Avec des couleurs de fait straussiennes, cuivrées et somptueuses sur l’ensemble du spectre vocal ; sa capacité à suggérer l’univers de la nuit, l’extase et l’ivresse d’un enchantement total se révèle dans les deux lieder de Strauss préalables : « Malven » et surtout le premier « Nacht » véritable révélation, que, dans la forme proposée ainsi, Oliver Gruhn a su admirablement complété puis orchestré.

 

 

Nacht et Malven
2 lieder de Strauss enfin restitués

Le lied est récemment restitué dans sa nouvelle parure orchestrale et s’enchâsse parfaitement dans la suite recomposée (proposée par Oliver Gruhn) réunissant les 7 derniers lieder de Richard Strauss, 7 pièces chronologiquement identifiées et qui, inspirées par la lyre enchanteresse et nostalgique d‘Hermann Hesse, constitue un nouvel ensemble musicalement captivant.
La restitution symphonique révèle une connaissance très précise de l’orchestration de Strauss, déroulant dès son début un tapis instrumental somptueux (bois et cordes); privilégiant des harmonies sourdes et subtiles qui nourrissent constamment le flux orchestral en longues phrases voluptueuses et langoureuses. Le ton est celui d’une ample méditation, à la fois extatique et contemplative, qui finit grave et interrogative.

« Malven / Les Mauves »  est tout aussi réussi et d’une grande richesse poétique : le lied récemment redécouvert après qu’il a été identifié, est bien le dernier jamais composé par Strauss, et que Oliver Gruhn restitue également dans sa propre version orchestrée ; l’hypersensibilité instrumentale favorise un climat plus léger, convoquant l’air du sous-bois, un parfum oxygéné et pastoral.
L’écriture sait réussir de façon remarquable, en trouvant un point d’équilibre entre flamboyance voluptueuse straussienne et sobre mesure dans les choix de l’orchestration. Les deux lieder de Strauss doivent à présent être intégrés dans chaque concert affichant les derniers lieder de Strauss, et dans la succession des 7 à présent établis en cohérence par Oliver Gruhn (lire notre présentation annonce du cd « Bezaubert » : Richard Strauss / Oliver Gruhn.

Ce souci constant, qu’il s’agisse des lieder de Strauss complétés et orchestrés, ou de ses propres lieder, l’inspiration et la conception d’Oliver Gruhn convainquent de bout en bout.
La qualité musicale est constante et le souci d’éloquence textuelle égal, ce dès le premier lied du cycle « Sommerliebe » : « Höhe des Sommers » : l’opulence millimétrée de l’écriture orchestrale respecte chaque nuance du poème. Le climat d’enchantement y est préservé conférant à chaque lied un indiscutable souffle poétique et lyrique (sublime « Nächtlicher Regen », dont l’orchestration est l’une des plus ouvragées et subtile, fusionnant avec le texte entre ivresse, déclamation, gravité tragique, espérance éperdue…).

 

 

Lieder d’après Hermann Hesse

Notre préférence va évidemment au cycle d’essence théâtrale, inspiré de Hesse : « Der König ohne land / Le roi sans royaume » : la mise en musique égale les meilleurs compositeurs romantiques germaniques. La caractérisation musicale évite tout pathos clinquant, cherchant essentiellement à servir la puissance et le sens des mots. Ainsi la somptuosité du cor, souple et enivré dans « August », les climats wagnériens de « Angst », le plus développé des lieder du cycle. Oliver Gruhn y exploite toutes les ressources du vaste orchestre (il est vrai magnifiquement dirigé par le chef Sebastian Lang-Lessing), déployant sa puissance et la finesse de sa palette de timbres, dans des climats poétiques d’une profondeur saisissante (cuivres somptueux), entre renoncement et éclairs mahlériens et méditation straussienne (superbe finale en apothéose suspendue cor / harpe). Ce lied est un condensé de la maîtrise du compositeur contemporain. Même ivresse textuelle et orchestrale dans le climat de plénitude active dans le pénultième « Dunkle Augen », fusion très réussie entre la voix et l’orchestre (à ce titre le baryton Staffan Liljas se révèle fin, mesuré d’une subtilité égale aux instrumentistes de l’orchestre hambourgeois). On ne saurait disposer aujourd’hui d’un meilleur artisan orchestral sachant ainsi vivifier la texture chantante des poèmes d’Hermann Hesse. Eblouissante révélation. L’album « Bezaubert… » obtient le CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

 

 

 

 

CD

CRITIQUE CD, événement. « Bezaubert » / Ricgard Strauss, Oliver Gruhn : Lieder. Diana Schnürpel, Staffan Liljas, Symphoniker, Sebastian Lang-Lessing (1 cd – enregistré en sept 2024, Miralles Saal Hamburg) – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

LIRE aussi notre présentation annonce du cd « Bezaubert » /Oliver Gruhn : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-bezaubert-les-7-derniers-lieder-de-richard-strauss-hommage-pour-le-150eme-anniversaire-de-la-naissance-de-hermann-hesse-diana-schnurpel-soprano-st/

Le compositeur Berlinois Oliver Gruhn questionne le dernier cycle orchestral et vocal de Richard Strauss (« Vier letzte Lieder »), un corpus envoûtant et crépusculaire bâti, pour les 3 premiers lieder, à partir des poèmes de Hermann Hesse (« Frühling / Printemps », « September / Septembre », « Beim Schlafengehen / L’heure du sommeil ». En réalité un montage fabriqué de toute pièce par l’éditeur Eugen Roth. On sait à présent que les « 4 derniers lieder » ne sont pas 4 mais 5, depuis la redécouverte tardive du véritable dernier lied composé par Strauss en 1948, soit 1 an avant la mort de l’auteur en 1949 à 85 ans : « Malven » / Les Mauves.

 

 

 

 

entretien

ENTRETIEN avec OLIVER GRUHN : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-oliver-gruhn-a-propos-de-version-des-7-derniers-lieder-de-richard-strauss/

 

Le compositeur Berlinois Oliver GRUHN propose une nouvelle versiondes « derniers Lieder » de Richard Strauss ; si l’on savait qu’ils n’étaient en rien 4, mais… 5 (depuis la révélation du dernier Lied avéré « Malven », tenu secret jusque là par sa dédicataire, la cantratrice Maria Jeritza), Oliver Gruhn va plus loin encore ; après une enquête musicologique minutieuse, se précisent en réalité… 7 Lieder que Richard Strauss conçoit dans la dernière période créatrice, et qui approfondissent encore sa découverte des poèmes d’Hermann Hesse. Il revient au compositeur contemporain d’avoir ainsi rétabli pour certains dans une parure orchestrale complétée (« Nacht »), une nouvelle succession lyrique et orchestrale qui renouvelle totalement notre connaissance du dernier Strauss. Le résultat se dévoile dans son récent cd intitulé « BEZAUBERT », en une totalité renouvelée, dont la cohérence poétique et musicale convainc absolument. Explications…
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OLIVER GRUHN
bio

Né à Berlin, Oliver Gruhn a d’abord joué de la trompette et étudié le trombone et la composition à l’Académie de musique Hanns Eisler. Il est tromboniste principal de la Norddeutsche Philharmonie Rostock depuis 2007.
Son œuvre de composition va des premières pièces pour trombone et compositions pour le BigBand de la HfM Berlin à la musique de chambre et aux grandes pièces symphoniques, à la musique de film et aux œuvres sous l’influence du jazz; il s’est également particulièrement illustré à l’opéra et dans le genre flamboyant des lieder avec orchestre.
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En 2022, il remporte le Concours international de musique mondiale avec la meilleure note attribuée pour sa mélodie orchestrale « Schmetterlinge im Spätsommer ».
En 2023, il décroche le Prix platine au Concours international de musique canadienne pour « Schmetterlinge im Spätsommer » et la même distinction pour l’orchestration et la production du lied « Malven » de Richard Strauss.
La même année (2023), Oliver Gruhn remporte l’or au concours international de musique Euro Elite avec 2 lieder orchestraux. Lors de la 7ème édition du Concours de musique du Québec 2023, il remporte le concours dans la catégorie composition avec un « Absolute Platinum Award » pour « Nächtlicher Regen ».
VISITEZ le site du compositeur OLIVER GRUHN :
https://www.olivergruhn.de/

 

 

english
Born in Berlin, first played the trumpet and studied trombone and composition at the Hanns Eisler Music Academy.
Since 1988 he has been the deputy principal trombonist of the Norddeutsche Philharmonie Rostock, and its principal trombonist since 2007.
His compositional work ranges from first pieces for trombone and compositions for the BigBand of the HfM Berlin to chamber music and large-scale symphonic pieces, film music and works under the influence of jazz to opera and orchestral songs.

 

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Amazon: https://www.amazon.de/dp/B0FSQ83VLJ

Spotify: https://open.spotify.com/intl-de/album/4W8DO973ajl4gOqdRr7g8N

iTunes/Apple-Musik: https://music.apple.com/de/album/bezaubert-orchesterlieder-von-richard-strauss-und-oliver/1840130517

 

 

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